Robert Bork

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Robert Heron Bork (né le à Pittsburgh et mort le à Arlington) est un juriste américain qui soutenait l'originalisme, une des théories de l'interprétation juridique. Il a été avocat général des États-Unis, temporairement procureur général des États-Unis, et juge à la cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia. En 1987, il est nommé à la Cour suprême par le président Ronald Reagan, mais le Sénat rejette sa nomination. Par la suite, Bork exerce comme avocat, professeur de droit et auteur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bork est né à Pittsburgh, Pennsylvanie, aux États-Unis. Son père, Harry Philip Bork (1897-1974), travaillait dans l'aciérie, et sa mère, Elisabeth Kunkle (1898-2004), était institutrice. Il a été marié à Claire Davidson de 1952 jusqu'à la mort de cette dernière, décédée d'un cancer en 1980. Ils ont eu une fille, Ellen, et deux fils, Robert et Charles. En 1982, il épouse Mary Ellen Pohl[1], une ancienne religieuse catholique.

Jeune, Bork étudie à Hotchkiss School[2] (Lakeville, Connecticut) puis à l'Université de Chicago où il obtient son baccalauréat. Tout en poursuivant ses études, il devient membre de la fraternité Phi Gamma Delta. En 1953, il est admis au barreau. En 1954, après sa période de service dans le Corps des Marines des États-Unis, Bork travaille comme avocat dans un cabinet privé puis exerce comme professeur à l'Université Yale de 1962 à 1975 et de 1977 à 1981. Parmi ses étudiants se trouvent Bill Clinton, Hillary Clinton, Anita Hill, Robert Reich, Jerry Brown et John R. Bolton[3],[4].

Il meurt le 19 décembre 2012 à Arlington, près de Washington. Il souffrait de problèmes cardiaques et pulmonaires.

Carrière[modifier | modifier le code]

Avocat général[modifier | modifier le code]

Bork a exercé comme avocat général au département de la Justice des États-Unis de juin 1973 à 1977. Dans le cadre de ses fonctions, il a débattu de nombreux cas devant la Cour suprême dans les années 1970, y compris le cas Milliken v. Bradley en 1974, où son dossier en faveur de l'État du Michigan a eu une certaine influence sur la justice. L'alors président de la Cour suprême Warren Earl Burger l'a appelé l'avocat le plus efficace devant la Cour durant son mandat. Bork a engagé beaucoup de jeunes avocats comme assistants, dont certains ont eu une carrière remarquable, comme les juges Danny Boggs et Frank H. Easterbrook mais aussi Robert Reich, secrétaire au travail sous la présidence de Bill Clinton.

Le 20 octobre 1973, Bork servi d'instrument au président Richard Nixon lors du « Massacre du samedi soir ». Nixon avait demandé le renvoi du procureur indépendant Archibald Cox. Elliot Richardson, alors procureur général, refusa de s'exécuter et démissionna, suivi par le sous-procureur William Ruckelshaus. Le président contacta ensuite Robert Bork et lui ordonna, en tant que chef par intérim du ministère de la Justice, de renvoyer Cox. Richardson et Ruckelhaus avaient tous deux assuré personnellement au comité du Congrès chargé de superviser l'enquête du procureur spécial qu'il n'interféreraient pas dans l'enquête ; Bork n'avait pas fait une telle promesse au comité. Il obéit et renvoya Cox. Broke est resté procureur général temporaire jusqu'à la nomination de William Bart Saxbe le 17 décembre 1973.

Juge fédéral[modifier | modifier le code]

Robert Bork a été juge fédéral pour la cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia entre 1982 et 1988. Il a été nommé par le président Reagan le 7 décembre 1981 et confirmé par le Sénat le 8 février 1982.

Nomination à la Cour suprême[modifier | modifier le code]

Bork est, avec William Rehnquist et Samuel Alito, l'un des trois nominés à la Cour suprême à s'être heurté à l'opposition de l'Union américaine pour les libertés civiles[5]. Son rôle dans le « Massacre du samedi soir » a amplifié les critiques contre lui.

Le philosophe Ronald Dworkin a pris position contre sa nomination dans les colonnes de la New York Review of Books[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Vile, John R. (2003), Great American Judges: An Encyclopedia, p. 111.
  2. (en) Ethan Bronner, Battle for Justice : How the Bork Nomination Shook America, p. 43.
  3. (en) Special Counsel Investigation, 11 août 1998, C-SPAN / Washington Journal.
  4. (en) John Bolton: State Department Mired in Bureaucracy, newsmax.com, 5 novembre 2007.
  5. (en) "ACLU Opposes Nomination of Judge Alito". American Civil Liberties Union. 8 août 2007.
  6. (en) Ronald Dworkin, « The Bork Nomination », The New York Review of Books,‎ 13 août 1987 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) Biographie sur le site du Federal Judicial Center