Robert-Hugues Lambert

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Robert-Hugues Lambert

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Nom de naissance Hugues Robert Lambert
Naissance 1er avril 1908
Paris 4e, Drapeau de la France France
Nationalité France Française
Décès 7 mars 1945 (à 36 ans)
Camp de concentration de Flossenbürg, Allemagne
Profession Acteur

Hugues Lambert, dit Robert-Hugues Lambert, est un acteur français, né le 1er avril 1908 à Paris[1] et mort le 7 mars 1945 au camp de concentration de Flossenbürg[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est fils de Jean Lambert, vendeur au BHV et de Louise, caissière dans le même magasin[1]. Sa mère meurt en 1934, laissant le jeune homme désespéré. Il se brouille avec son père et n'assiste pas au remariage de ce dernier.

Carrière[modifier | modifier le code]

Hugues Lambert, son brevet en poche, est d'abord employé de banque puis il commence à se produire dans une troupe de théâtre amateur. À 18 ans, il est émancipé par ses parents et suit des cours d'art dramatique avant de partir effectuer son service militaire dans les chasseurs alpins.

À son retour, garçon romantique à l'âme d'artiste, il erre dans Paris, en déclamant des vers de Musset dans le parc Monceau. Il décroche un engagement au théâtre de l'Odéon mais, le soir de la première, il oublie de se présenter pour tenir son rôle[1]. Il est renvoyé.

Il fréquente le milieu homosexuel, c'est ainsi qu'il rencontre Jean Cocteau[réf. nécessaire] qui lui permet de jouer dans une pièce de Giono[3]. C'est lors d'une de ces représentations qu'il est remarqué pour un projet de film retraçant la vie de Jean Mermoz[4]. La mère de l'aviateur, à qui Robert-Hugues se présente, est bouleversée par la ressemblance du comédien avec son fils.

Le tournage débute en 1942, et le film est presque terminé lorsqu'un matin de mars 1943, Robert-Hugues se rend chez Harcourt pour une séance de photos. Une fois les prises de vues terminées, il s'arrête dans un café fréquenté par les homosexuels, Le Sans-souci, où la police allemande fait soudain irruption pour un contrôle d'identité. Robert-Hugues Lambert est arrêté et inculpé pour « oisiveté » (sans doute homosexualité) puis, dirigé vers le camp de Royallieu près de Compiègne[1].

Pour terminer le film sur Mermoz, une doublure physique le remplace, en la personne d'Henri Vidal. Pour les raccords voix, le réalisateur, Louis Cuny dépêche une équipe jusqu'au lieu de détention de Robert-Hugues pour effectuer une prise de son, avec une perche passée par dessus les clôtures du camp[1].

Mermoz reste le seul film où l'on peut retrouver Robert-Hugues Lambert. Le 16 août 1943, il est déporté au camp de concentration de Buchenwald sous le matricule 21 623, affecté au bloc 31. Le 28 novembre 1944, il est transféré au camp de concentration de Flossenbürg, où il travaille à la briqueterie. Très affaibli, souffrant d'œdèmes aux jambes, il meurt d'épuisement le 7 mars 1945[1].

À Buchenwald, il est très ami avec François Francen (1922-1943), fils naturel de la comédienne Mary Marquet et de Firmin Gémier[1], lui aussi est mort en déportation, dans ce camp[5].

En 1998, Marcel Bluwal a consacré un film à tout cet épisode de la vie de Robert-Hugues Lambert, intitulé Le Plus Beau Pays du monde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Siclier, La France de Pétain et son cinéma, Veyrier, 1981.
  • René Chateau, Le Cinéma français sous l'Occupation, 1940-1944, René Chateau, 1995.
  • Paul Le Caër, Mauthausen, crimes impunis, OREP, 2007.

Lien externe[modifier | modifier le code]