Roaming

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L’itinérance ou roaming (anglicisme) est la faculté pour un abonné d'un réseau de téléphonie mobile de pouvoir appeler ou être appelé via le réseau radio d'un opérateur mobile autre que le sien.

Le roaming et le handover sont les deux caractéristiques fondamentales des réseaux mobile GSM, UMTS et LTE, définies par les normes relatives aux GSM/ UMTS (normes ETSI et 3GPP) ou au CDMA (normes 3GPP2).

Généralités[modifier | modifier le code]

En pratique, le roaming (ou « itinérance ») désigne la faculté des abonnés d'un opérateur de réseau mobile à utiliser les services de téléphonie mobile (voix ou données) de différents réseaux au fur et à mesure de leurs déplacements. Cette fonctionnalité est utile chaque fois qu'un client est hors de portée du réseau de son opérateur. C'est notamment le cas lors d'un déplacement dans un pays étranger ; mais aussi quand les infrastructures d'un opérateur ne couvrent pas totalement le territoire national. Cette faculté est possible du fait que le réseau mobile GSM conserve à chaque instant une information dans ses HLR (enregistreurs de localisation) sur la zone où est localisé l’abonné mobile.

Commercialement (dans les contrats d'abonnement), le terme roaming désigne généralement le roaming international (voir la section dédiée ci-dessous).

Le terme handover désigne la possibilité technique de passer d'une cellule à une autre pendant une même communication (voix ou données) au cours d'un déplacement.

Plusieurs notions et types de roaming[modifier | modifier le code]

Plusieurs niveaux de roaming sont possibles.

Roaming régional[modifier | modifier le code]

Dans ce cas, la faculté d'interconnexion d'un abonné est limitée à une région donnée, par exemple, la Gironde ou la région Midi-Pyrénées.

Dans les premiers temps du réseau GSM, certains opérateurs mobiles avaient prévu de proposer des offres restreintes à une région. Avec le succès du GSM et la baisse des coûts du mobile, ce type d’offre a disparu, sauf dans les départements d'outre-mer.

Quoique dans les pays de grande extension géographique et constitués de plusieurs États (USA, Russie, Inde, Chine, etc.), ce genre de roaming peut exister mais est à la limite de la notion entre roaming régional et roaming national.

Roaming national[modifier | modifier le code]

Le « roaming national » est la faculté d'utiliser les réseaux de différents opérateurs mobiles dans un même pays.

Zones blanches[modifier | modifier le code]

Le « roaming national » n’était pas très répandu en France. Mais au début des années 2000 l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) a imposé aux trois opérateurs français[1] de s’associer pour couvrir les zones mal couvertes, nommées zones blanches qui représentaient environ 3 000 communes. Des antennes-relais spécifiques y ont été installées par les 3 opérateurs historiques. Concrètement, le roaming national dans les zones blanches permet à des abonnés Orange France d’utiliser les antennes « zones blanches » des réseaux SFR ou Bouygues Telecom là où Orange France n’offre pas de couverture, et réciproquement. Les antennes installées dans ces zones blanches sont spécifiques et sont identifiées par des codes MNC (Mobile Network Code) différents ("F-Contact") de celui des antennes « normales » des 3 opérateurs. L’accord d’itinérance « zones blanches » ne concerne que ces antennes.

Free Mobile[modifier | modifier le code]

Depuis début 2012, l'opérateur Free Mobile dispose d'un accord de « roaming national », qui permet à ses clients, dans les zones non couvertes par le réseau 3G de Free Mobile, d'utiliser les réseaux 2G et 3G d'Orange.

Métropole-DOM[modifier | modifier le code]

Un autre cas de roaming national existe dans le cadre des communications métropole-DOM. Un client d’un opérateur mobile métropolitain utilisant son téléphone dans un département d'outre-mer, les opérateurs métropolitains n’y ayant pas de réseau (même si parfois l’opérateur local est une filiale), sera accueilli sur le réseau d’un opérateur local (et réciproquement). Les accords de roaming national entre les opérateurs métropolitains et d’outremer permettant ce type d’itinérance sont conclus librement et ne résultent pas d’une obligation réglementaire. Depuis le , les tarifs facturés sont réglementés et soumis aux mêmes prix plafonds que ceux appliqués à l’itinérance internationale par les règlements de juin 2007 et juin 2012 du Parlement et du Conseil européens[2].

Licences 3G seule[modifier | modifier le code]

C'est aussi le cas des opérateurs 3G ayant une licence UMTS (opérateurs 3G) et n’ayant pas de licence d’opérateur GSM. Pour des raisons de compétition loyale imposée par le régulateur national, un accord de roaming national limité géographiquement et dans le temps est négocié entre l’opérateur 3G et un des opérateurs GSM du pays. Typiquement, cela fut le cas pour les filiales Hutchinson 3G au Royaume-Uni (« 3 » : Three-UK) et en Italie (« 3 » : Tre-Italia) ; c’est également le cas en France pour les abonnés Free Mobile disposant d'un téléphone uniquement GSM.

Roaming international[modifier | modifier le code]

L’abonné peut utiliser le réseau des opérateurs d’un pays étranger.

Il est d’usage courant de réduire le terme « roaming » au seul roaming international.

Pour permettre aux abonnés d’un opérateur mobile de passer en toute transparence d’un réseau de communication sans fil à un autre, les deux opérateurs mobiles passent un accord à plusieurs niveaux :

  • contractuel,
  • commercial,
  • financier,
  • technique,
  • etc.

Tous les opérateurs de téléphonie mobile passent des accords de ce type d’un pays à l’autre pour permettre à leurs clients d’être en continuité de service où qu’ils se trouvent. L’accord est souvent bilatéral pour permettre aux abonnés de chaque opérateur d’utiliser le réseau de l’autre opérateur, sauf pour certains opérateurs virtuels (les full-MVNO) qui ne disposent pas de réseau radio (antennes-relais) et ne peuvent donc pas signer de contrats de réciprocité. L’accord bilatéral est séparable en deux parties, inbound roaming et outbound roaming, qui n'ont pas nécessairement le même montant financier.

  • Itinérance de clients étrangers (inbound roaming)[3] : L’opérateur A accueille les abonnés de l’opérateur étranger B : l'opérateur A va facturer leur opérateur en fonction de leur utilisation (appels entrant et sortant) de son réseau (exemple pour un opérateur français : un abonné allemand visitant la France et utilisant son téléphone mobile).
  • Itinérance depuis l'étranger (outbound roaming)[4] : Les abonnés de l’opérateur A sont accueillis par l’opérateur étranger B : l'opérateur A est facturé par l'opérateur B pour ses abonnés utilisant le réseau étranger (appels entrant et sortant), sur la base des justificatifs reçus de l'opérateur étranger (exemple pour un opérateur français : un abonné français qui utiliserait son téléphone mobile en Allemagne).

Réglementation et tarifs au sein de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Ce service était historiquement très cher pour les consommateurs. Pour mettre fin à l'opacité des tarifs et aux ententes entre opérateurs pour maintenir des prix élevés au détriment du consommateur, l'Union européenne a décidé d'en réglementer le prix en instituant un « Eurotarif »[2].

La législation européenne sur les frais d'itinérance fait l'objet de trois règlements :

Appels vocaux[modifier | modifier le code]

Le règlement du plafonnait le prix des appels vocaux passés d'un pays à l'autre de l'Union à 0,49 €/min pour les appels sortants, et 0,24 €/min pour les appels entrants (hors TVA)[8]. Dès la fin de l'année 2007, les frais d'itinérance ont été réduits de 60 % en moyenne pour tous les consommateurs européens[9].

Les règlements du et du poursuivent ces avancées : ils prévoient un abaissement progressif des plafonds des tarifs d'itinérance pour les appels vocaux passés ou reçus à l'étranger.

Ces règlements introduisent également l'obligation pour les opérateurs téléphoniques de facturer à la seconde les appels passés en itinérance après les 30 premières secondes, et dès la première seconde pour les appels reçus à l'étranger. En outre, depuis juillet 2010, le signalement d'un message déposé dans la messagerie vocale est gratuit, mais l'écoute des messages depuis un autre État membre de l'Union européenne est généralement facturé[10].

Prix maximum HT par minute pour un appel vocal effectué entre deux États membres de l'Union européenne (en centimes d'euro)[7]
Appel sortant Appel entrant terminaison d'appel entrant, prix le plus bas
Septembre 2007 49 c 24 c
Juillet 2008 46 c 22 c
Juillet 2009 43 c 19 c
Juillet 2010 39 c 15 c 3 c Autriche
Juillet 2011 35 c 11 c 2 c Autriche
Juillet 2012 29 c 8 c 2 c Autriche
Juillet 2013 24 c 7 c
Juillet 2014 19 c 5 c
15 décembre 2015 même prix qu'un appel local[11] gratuit

Suisse[modifier | modifier le code]

La Suisse ne faisant pas partie de UE, l'application de l'Eurotarif n'y est pas obligatoire ; le coût d'un appel entrant en itinérance y coûte deux ou trois fois plus cher que dans les pays voisins (environ 30 c€ par minute en 2013 pour un appel entrant depuis la France). Les prix locaux ne sont pas encore symétriques ; au 1er janvier 2011, ils étaient de 8,75 ct/min pour terminer un appel dans le réseau Sunrise de Orange, et 7 ct/min pour terminer un appel dans le réseau Swisscom.

SMS[modifier | modifier le code]

En 2008, la Commission européenne prend acte de la mauvaise volonté des opérateurs de téléphonie mobile à faire jouer la concurrence : le prix des SMS en itinérance dans l'Union européenne est dix fois supérieur à ceux envoyés dans le cadre d'un réseau national[12].

Le règlement du vise à mettre fin à cette situation. Les tarifs d'itinérance sont plafonnés pour l'envoi d'un SMS d'un État membre à l'autre à 0,11 € (hors taxe) en juillet 2009, à 0,09 € en juillet 2012[7], puis à 0,08 € à partir de juillet 2013[13]. Le règlement interdit également aux opérateurs de facturer la réception d'un SMS reçu de l'étranger. Il est entré en vigueur dès le [14]. Suite à un nouveau vote du Parlement européen en avril 2014, les surcoûts appliqués à un SMS émis en mode itinérance devraient disparaître fin 2015[11].

Données téléchargées[modifier | modifier le code]

Le règlement du concerne également les tarifs des données téléchargées à partir d'un téléphone mobile, dont les prix pouvaient auparavant, en l'absence de toute régulation, atteindre 5 voire 6 euros par mégaoctet.

L'Union européenne a limité le prix des données téléchargées en itinérance à 1 000 euros par gigaoctet à partir de juillet 2009 dans les 27 États membres. Ce plafond est ensuite abaissé à 800 euros par gigaoctet en 2010 et à 500 euros par gigaoctet en 2011. Comparé aux tarifs locaux les plus bas, pour le moment offert en Autriche de 1 euro par gigaoctet, les 800 euros restaient assez élevés pour inciter les politiciens à imposer une autre règlementation : À partir de 80 % du maximum mensuel de 50 euros, une alerte doit être envoyée vers le client, et s'il ne dit rien, la connexion sera coupée[15],[16],[17]. À partir de l'été 2011, les règlements et même les prix cibles fixés par la règlementation se sont éloignés de la réalité des prix pratiqués dans certains pays; par exemple, des opérateurs en Allemagne et en Autriche offrent des tarifs de 80 à 200 euros par Go[18],[19].

Prix de gros maximum pour des données téléchargées à partir d'un téléphone mobile entre deux États membres de l'Union européenne[13]
Prix plafond par gigaoctet Prix local le plus bas par gigaoctet
Juillet 2009 1 000 € ?
Juillet 2010 800 € 1 €
Juillet 2011 500 € 1 € Autriche
Juillet 2012 250 € ?
Juillet 2013 150 €
Juillet 2014 50 €
Décembre 2015 même prix qu'entre opérateurs du même pays[réf. souhaitée]

Les eurodéputés ont aussi voté des baisses des prix de détail au niveau de l'Union Européenne[20],[13]:

Données (par mégaoctet) Plafonds pour le marché de détail (imposés aux opérateurs) hors TVA
1er juillet 2012 70 centimes (soit 700 € par gigaoctet)
1er juillet 2013 45 centimes
1er juillet 2014 20 centimes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Orange, SFR et Bouygues.
  2. a et b L'itinérance internationale (roaming) : l’Eurotarif Arcep, le 18 décembre 2012
  3. Roaming in ou inbound roaming
  4. Roaming out ou outbound roaming
  5. Règlement (CE) N° 717/2007 du Parlement européen et du Conseil du 27 juin 2007 - Journal officiel de l'Union européenne, 29 juin 2007 [PDF]
  6. Règlement (CE) N° 544/2009 du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 - Journal officiel de l'Union européenne, 29 juin 2009 [PDF]
  7. a, b et c (en) Tarifs maximum de roaming en Europe en juillet 2012 ec.europa.eu 2012
  8. Le règlement européen sur les tarifs d'itinérance internationale entrera en vigueur le 30 juin dans les 27 États membres - Communiqué de la Commission européenne, 25 juin 2007
  9. Itinérance: réduction des prix de 60 % pour les consommateurs - Communiqué de presse de la Commission européenne, 4 octobre 2007
  10. [PDF] Règlement UE concernant l’itinérance sur les réseaux publics de communications mobiles, voir (57) J.O. Union européenne, 13 juin 2012
  11. a et b La fin du « roaming » dans l'Union européenne prévue fin 2015 lemonde.fr, le 3 avril 2014
  12. « SMS sans frontières » : la Commission veut mettre fin aux coûts exorbitants des SMS envoyés ou reçus de l'étranger en itinérance (roaming) - Communiqué de presse de la Commission européenne, 15 juillet 2008
  13. a, b et c Nouvel accord pour réduire les prix de l'itinérance et des services de données, sur le site europarl.europa.eu, juin 2012
  14. Le règlement de l’UE sur l’itinérance lève un dernier obstacle: le Conseil ouvre la voie à une tarification moins élevée de l’itinérance à compter du 1er juillet - Communiqué de presse de la Commission européenne, 8 juin 2009
  15. (de) iPad-Tarife: Surfen ab fünf Euro - futurezone.at
  16. (de) Pressemitteilung: Tarife für Mobilfunkgespräche im EU-Ausland zum 1. Juli 2010 erneut abgesenkt - Bundesnetzagentur, 30 juin 2010 [PDF]
  17. (de) Rübig sieht Tarif-"Schockwelle" bei Daten-Roaming
  18. (de) Die erste EU-weite Daten-Roaming-Flatrate - futurezone.at, 15 février 2011
  19. (de) A1 senkt Roaming-Tarife - futurezone.at, 9 juin 2011
  20. Mobile : l'Union européenne fait baisser les tarifs d'itinérance, sur le site lemonde.fr du 10 mai 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]