Rivière Sainte-Anne (Mauricie)

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Rivière Sainte-Anne
Le barrage de la Chute Ford, sur la rivière Sainte-Anne, dans les environs de Sainte-Christine-d'Auvergne.
Le barrage de la Chute Ford, sur la rivière Sainte-Anne, dans les environs de Sainte-Christine-d'Auvergne.
Caractéristiques
Longueur 123 km [1]
Bassin 2 694 km2 [1]
Bassin collecteur Fleuve Saint-Laurent
Débit moyen 78 m3/s (Sainte-Anne-de-la-Pérade) [2]
Cours
Source Lac Sainte-Anne
· Localisation Lac-Croche (Réserve faunique des Laurentides)
· Altitude 656 m
· Coordonnées 47° 15′ 24″ N 71° 39′ 11″ O / 47.256628, -71.653037 (Source - Rivière Sainte-Anne)  
Confluence Fleuve Saint-Laurent
· Localisation Sainte-Anne-de-la-Pérade
· Altitude 0 m
· Coordonnées 46° 33′ 13″ N 72° 12′ 22″ O / 46.55361, -72.20611 (Confluence - Rivière Sainte-Anne)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche rivière Tourilli
· Rive droite rivière Chézine, rivière Talayarde, bras du Nord, rivière Jacquot, rivière Noire, rivière Niagarette et rivière Charest
Pays traversés Drapeau du Canada Canada
Province Québec
Régions Capitale-Nationale, Mauricie
Principales villes Saint-Raymond

La rivière Sainte-Anne, aussi simplement appelé la Sainte-Anne[3], est un affluent du Saint-Laurent dont l'embouchure se retrouve à Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Le bas de la rivière est bien connue pour sa pêche blanche au poulamon atlantique qui se pratique sur la glace habituellement entre la fin décembre jusqu'à mars. Le village de pêche de Sainte-Anne-de-la-Pérade composé de centaines de cabane à pêche accueille des dizaines de milliers de visiteurs à chaque année.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom de la rivière est inconnue[4]. Samuel de Champlain lui attribua le nom de rivière Sainte-Marie en 1609 sans y indiquer ses motifs[4]. Elle fut inscrite sous le nom de rivière Sainte-Anne sur la carte de Jean Bourdon de 1641, appellation qui s'imposa rapidement[4]. Les Hurons, quant à eux, la nomment Telahiar[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

Cours[modifier | modifier le code]

La Sainte-Anne commence son cours à 656 m d'altitude dans les Laurentides. Elle prend source dans le lac Sainte-Anne dans la réserve faunique des Laurentides. La rivière coule principalement en direction sud-ouest sur une longueur de 123 km jusqu'à Sainte-Anne-de-la-Pérade, pour finalement se jeter dans le Saint-Laurent au niveau de la mer[1].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le bassin hydrographique a une superficie de 2 694 km2[1]. Son débit moyen à son embouchure est de 78 m3/s[2]. Les principaux affluent de la rivière sont, d'amont en aval, la rivière Tourilli, la rivière Chézine, la rivière Talayarde, le bras du Nord, la rivière Jacquot, la rivière Noire, la rivière Blanche, la rivière Niagarette et la rivière Charest[5]. Il comprend aussi 900 km de cours d'eau[5]. Le bassin comprend 828 lacs dont les plus importants sont les lacs Montauban, Long, Blanche, Carillon et Clair[5].

Géologie[modifier | modifier le code]

La Sainte-Anne fait partie de deux provinces géologiques. En amont de Saint-Alban, le sous-sol fait partie des Laurentides, et est composé de roches ignées et métamorphiques, principalement du gneiss et du granite, résistante à l'érosion[6]. La rivière pénètre dans les basses-terres du Saint-Laurent à l'aval de Saint-Alban et la roche mère est principalement constituée de calcaire et de schiste du Paléozoïque[6].

Le tout est recouvert de dépôts marins et continentaux du Quaternaire, dont l'épaisseur est d'environ 40 m dans les basses-terres du Saint-Laurent et inférieur à 5 m dans les Laurentides[6].

Population[modifier | modifier le code]

On estime qu'il y avait environ 16 000 personnes qui vivait dans le bassin de la Sainte-Anne en 2001[7]. La ville de Saint-Raymond possède à elle seule la moitié de la population du bassin[7]. Quatre autres villages sont situés sur le cours de la rivière, soit Sainte-Christine-d'Auvergne, Saint-Alban, Saint-Casimir et Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Milieux naturels[modifier | modifier le code]

Forêt dans la vallée du Bras du Nord

Le nord du bassin est compris dans les zecs de zec de la Rivière-Blanche et Batiscan-Neilson ainsi que la réserve faunique des Laurentides. Le sud-ouest du bassin est inclus dans le parc régional des Lacs-Long-et-Montauban[8].

La forêt domine en occupant 80 % du bassin hydrographique. La forêt publique, qui inclut 56 % de la superficie forestière, est composée de 58 % de forêts mixtes, de 26 % de conifères et de 16 % de feuillus[9]. Le bassin s'étend sur quatre domaines bioclimatiques, soit l'érablière à tilleul, l'érablière à bouleau jaune, la sapinière à bouleau jaune et la sapinière à bouleau blanc[9].

La rivière et ses affluents est fréquentée par 33 espèces de poisson[10]. Les principales espèces servant à la pêche sportive vivant dans la rivière sont l'omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), le doré jaune (Sander vitreus) et l'achigan à petite bouche (Micropterus dolomieu)[11].

Poulamon atlantique (Microgadus tomcod)

La rivière est aussi reconnue comme étant une frayère importante du poulamon atlantique (Microgadus tomcod). Il y aurait entre 600 et 800 millions d'individus qui viennent se reproduire dans la rivière entre décembre et février dont deux millions sont pêchés chaque année[12]. La frayère aurait été créée en 1894 par un important glissement de terrain à Saint-Alban, donnant à la rivière un fond de sable et de gravier idéal pour la reproduction du poisson[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

La rivière était connue par les Iroquoiens du Saint-Laurent qui y pratiquaient déjà la pêche blanche vers l'an 1000[13].

La population de poulamon atlantique fut redécouverte dans la rivière en 1938[13]. La pêche blanche devint rapidement une activité prisée développant un village allant jusqu'à 1 200 cabanes[13]. La pression combinée de la pêche commerciale et la pêche sportive provoquèrent le déclin de la population du poisson[13]. Pour remédier à ce déclin, un moratoire sur la pêche commerciale fut décrété en 1992 ce qui permit à la population de poulamon de se rétablir[13].

Aménagement[modifier | modifier le code]

On trouve cinq barrages sur la rivière Sainte-Anne, dont trois servent à la production hydroélectrique[14]. Celles-ci sont les centrales de Saint-Alban (8,2 MW), des Chutes-à-Gorry (10,76 MW) et Glenford (4,2 MW)[14].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Corporation d’aménagement et de protection de la Sainte-Anne 2006, p. 1
  2. a et b Municipalité de Sainte-Anne-de-la-Pérade, Règlement numéro 2008-261: Plan d'ubanisme,‎ 2009, 75 p. (lire en ligne), p. 16
  3. « Genre (masculin ou féminin) des noms de cours d'eau quand leurs génériques (rivière, ruisseau...) sont omis », sur Commission de Toponymie (consulté le 28 février 2011)
  4. a, b, c et d « Rivière Sainte-Anne », Banque de noms de lieux du Québec, sur Commission de toponymie (consulté le 28 février 2011)
  5. a, b et c Corporation d’aménagement et de protection de la Sainte-Anne 2006, p. 7–8
  6. a, b et c Corporation d’aménagement et de protection de la Sainte-Anne 2006, p. 6–7
  7. a et b Corporation d’aménagement et de protection de la Sainte-Anne 2006, p. 10–11
  8. Corporation d’aménagement et de protection de la Sainte-Anne 2006, p. 2
  9. a et b Corporation d’aménagement et de protection de la Sainte-Anne 2006, p. 16
  10. « La diversité des poissons: Bassin versant de la rivière Sainte-Anne », sur Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (consulté le 28 février 2011)
  11. a et b Corporation d’aménagement et de protection de la Sainte-Anne 2006, p. 38–39
  12. René-Pierre Beaudry, « Claude Valade au Royaume des petits poissons des chenaux », Laurentides Express,‎ 18 janvier 2011 (lire en ligne)
  13. a, b, c, d et e « Historique », sur Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux inc. (consulté le 28 février 2011)
  14. a et b « Bassin de la rivière Sainte-Anne », sur Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (consulté le 28 février 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Corporation d’aménagement et de protection de la Sainte-Anne, Plan directeur de l’eau du bassin versant de la rivière Sainte-Anne,‎ 2006, 92 p. (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]