Rite opératif de Salomon

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Le Rite Opératif de Salomon est un rite maçonnique apparu dans le courant des années 1960 à l’issue d’un travail de recherche mené par Jacques de La Personne, alors président de la Commission des rituels et grand orateur adjoint du Grand Orient de France.

Le Rite Opératif de Salomon propose aux francs-maçons qui le pratiquent une approche très symboliste de la franc-maçonnerie, avec un accent particulier mis sur le cérémonial des réunions maçonniques. Ce rite est principalement pratiqué au sein de l'Ordre initiatique et traditionnel de l'Art royal (OITAR) que Jacques de La Personne créé en 1974.

Historique[modifier | modifier le code]

Jacques de La Personne, entré en franc-maçonnerie au Grand Orient de France le 16 décembre 1959, appartient à cette génération de francs-maçons qui se passionnent pour l'étude du rite français à partir des sources des textes, dans la mouvance de frères comme René Guilly, par exemple. Initié dans la loge "Les Inséparables du Progrès", Jacques de la Personne commence son travail au sein de cet atelier dont il est le vénérable maître en 1964. Devenu grand orateur adjoint et président de la commission des rites du Grand Orient de France[1], c'est mandaté par elle pour mener à bien son projet qu'il obtient une patente pour créer la loge « Les Hommes » qui pratique sous forme expérimentale le résultat de ses travaux, à savoir, les trois premiers degrés de ce qui deviendra le Rite Opératif de Salomon. La loge se crée le 7 février 1972.

La loge « Les Hommes » pratique toujours ce rite. Par la suite Jacques de la Personne, soucieux de pouvoir continuer l'expérience de la création d'un rite original au XXe siècle siècle dans un cadre plus libre,et désireux de l'ouvrir à la mixité, crée l'Ordre initiatique et traditionnel de l'Art royal en janvier 1974 et se détache du GODF pour se constituer en structure indépendante. La première loge créée dans ce nouveau cadre, « Les Fondateurs » devient loge numéro un de l'OITAR[2].

Pendant près de dix ans, Jacques de la Personne, suivi par plusieurs frères et sœurs venus en grande partie du GODF, mais aussi du Droit Humain, travaille à l'élaboration du Rite Opératif de Salomon, à la fois au niveau des cahiers rituels (cérémonies des différents degrés, etc.) mais également au niveau des livres "de fonctionnement" fixant les usages et les consignes de l'ordre et de ses loges.

Au début des années 1980, le projet de constituer à perfectionner le rite, au sein d' une Loge de recherche et d'études: la loge « Hermes» se fait jour. Il s'agit notamment d'expérimenter une nouvelle structure symbolique et notamment un ordre différent des degrés maçonniques. Le but avoué par son concepteur[3] est de faire du second degré de la maçonnerie bleue le pivot symbolique du rite.

Pour ce qui est de l'OITAR, les degrés ampliatifs à la maîtrise proposent un parcours symbolique original dans le monde maçonnique.

Degrés du rite[modifier | modifier le code]

Le Rite opératif de Salomon pratiqué à l'OITAR se divise en neuf degrés répartis en trois ordres :

  • Ordre Œuvrier des Bâtisseurs du Temple (Premier Ordre – voie artisanale en cinq degrés)
    • Apprenti
    • Compagnon
    • Maître
    • Maître Secret
    • Maître Maçon de la Marque
  • Ordre Chevaleresque du Temple de Salomon (Deuxième Ordre – voie chevaleresque en deux degrés)
    • Chevalier de l’Arche Royale
    • Chevalier Rose-Croix
  • Ordre Intérieur du Saint Temple (Troisième Ordre – voie sacerdotale en deux degrés)
    • Passeur de Lumière
    • Maître du Nom Ineffable

Les trois premiers degrés : apprenti, compagnon, maître, sont, comme le veut la tradition maçonnique, gérés indépendamment des degrés suivants dits "de Perfection" (à partir du quatrième degré). Les trois premiers degrés sont gérés par un grand maître général, entouré d'un conseil des grands maîtres territoriaux. Les degrés dits « de Perfection » sont gérés par le Suprême Conseil universel du Rite.

Analyse[modifier | modifier le code]

En toute rigueur, le travail de création originale du ROS, de Jacques de La Personne a consisté en une élaboration (l'auteur parlait de recomposition) symbolique focalisée sur les trois premiers degrés de la maçonnerie bleue qui correspondent au noyau initial et traditionnel de l'ancienne franc-Maçonnerie. Le système originellement conçu par Jacques de La Personne intègre dans les degrés dits « bleus » des degrés inspirés par la franc-maçonnerie anglaise, comme le rituel de la Marque ou le degré de « maître noachite ».

Le ROS pratiqué à l'OITAR reprend du travail de Jacques de La Personne (d'après le manuscrit initialement déposé à la SGDL en 1983), les trois premiers degrés de la "Maçonnerie Bleue", ainsi que l'ensemble de la structure administrative.

Par ailleurs, la loge "Les Hommes", au GODF, pratique elle aussi un ROS au seul niveau des Loges "bleues" et dans une version qui lui est propre.

Au-delà de ces formes maçonniques bien identifiables, un certain nombre de loges franches pratiquent également, en France ou à l'étranger, l'une ou l'autre des versions disponibles du Rite opératif de Salomon sans qu'il soit possible actuellement d'en établir le recensement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Marc de Jode, ed.Larousse, p.518
  2. "OITAR 1974-2014, Renaissance d'une Franc-maçonnerie Initiatique et et Traditionnelle", Editions Detrad 2014, collection Récits maçonniques
  3. Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Marc de Jode, ed.Larousse, Préface de Marc de Jode

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monique Carat, Jean-Marc Carat et Marc de Jode, Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Larousse,‎ 2011 (ISBN 978-2035848406)
  • Collectif, Oitar 1974-2014, Renaissance d'une franc-maçonnerie initiatique et traditionnelle, Detrad,‎ 2014 (ISBN 978-2916094571)

Liens externes[modifier | modifier le code]