Méthylphénidate

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Méthylphénidate
formule développée du méthylphénidate avec ses carbones chiraux marqués (en haut)  Énantiomère (+)-(R,R)-méthylphénidate (en bas à gauche) et (-)-(S,S) (en bas à droite)
formule développée du méthylphénidate avec ses carbones chiraux marqués (en haut)  Énantiomère (+)-(R,R)-méthylphénidate (en bas à gauche) et (-)-(S,S) (en bas à droite)
formule développée du méthylphénidate avec ses carbones chiraux marqués (en haut)
Énantiomère (+)-(R,R)-méthylphénidate (en bas à gauche) et (-)-(S,S) (en bas à droite)
Identification
Nom UICPA (R,S)-phényl((R,S)-pipéridin-2-yl)acétate de méthyle
No CAS 113-45-1
Code ATC N06BA04
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C14H19NO2  [Isomères]
Masse molaire[3] 233,3062 ± 0,0133 g/mol
C 72,07 %, H 8,21 %, N 6 %, O 13,72 %,
Données pharmacocinétiques
Biodisponibilité 11 à 52 % (Oral)
Métabolisme Foie
Demi-vie d’élim. 2 - 4 heures
Excrétion
Composés apparentés
Autres composés
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le méthylphénidate ou MPH, est un stimulant du système nerveux central dérivé des pipéridines[4]. Il est utilisé en pharmacie pour la fabrication de psychostimulants. Sa principale indication est le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), et secondairement pour traiter la narcolepsie. On le retrouve dans différents médicaments sous les noms commerciaux de Ritalin(e) (Rilatine en Suisse romande et en Belgique, Ritalin en Suisse alémanique et au Québec), Concerta, Quasym ou Equasim, Focalin (forme dextrogyre), Biphentin (Québec) et Medikinet.

Historique[modifier | modifier le code]

Comprimés de Ritalin dosés à 20 mg.

Le chimiste Leandro Panizzon synthétisa la molécule en 1944 à Bâle, et son nom commercial provient du prénom de son épouse Marguerite (qu'il surnommait Rita). Ils l'utilisèrent sur eux-mêmes comme stimulant, ce dernier se révélant beaucoup plus efficace sur son épouse qui, selon une anecdote, en prenait volontier avant leurs parties de tennis[5]. Il a été breveté en 1954 par la Compagnie pharmaceutique Ciba (un précurseur de Novartis) et fut d'abord prescrit comme traitement dans la dépression et la narcolepsie chronique sous le nom de « Ritalin » — sauf en Belgique où les lettres initiales « Rit » appartenant à la Société « RIT = Recherche et industrie thérapeutique » (actuellement GlaxoSmithKline), il fut appelé « Rilatine ». C'est depuis le début des années 1960 qu'il est utilisé pour traiter les enfants, puis bien plus tard des adultes, atteints de Trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). En 2005, le méthylphénidate était le médicament le plus généralement prescrit pour ces troubles. La production et la prescription du méthylphénidate ont augmenté de manière significative des années 1960 aux années 1990, particulièrement aux États-Unis, ce qui a eu pour effet de générer nombre d'études cliniques sur ce produit.

Pharmacologie[modifier | modifier le code]

Le MPH est un stimulant du système nerveux central, inhibiteur de la recapture des catécholamines, et particulièrement de la dopamine dont il augmente la concentration ainsi que celle de la noradrénaline dans la fente synaptique[6]. Son mode d'action et son effet chez l'homme ne sont pas encore clairement déterminés[7].

Il a aussi une activité IMAO[8] et plus précisément sur la MAO A[réf. souhaitée].

Le méthylphénidate est un racémique composé de 1: 1 d-méthylphénidate (d-MPH) et l-méthylphénidate (l-MPH)[7], ce dernier étant probablement pharmacologiquement inactif.

D'un point de vue pharmacologique, il est considéré comme étant proche des amphétamines[9],[10],[11],[12],[13],[14].

Chimie[modifier | modifier le code]

Synthèse du méthylphénidate
Methylphenidate synthesis graphic
Méthode 1 : préparation du méthylphénidate. D'après Jeffrey M. Axten et al. (1998)[15]
Methylphenidate synthesis graphic
Méthode 2 : synthèse alternative du méthylphénidate[2]

Bien qu'il ne fasse pas partie de la même famille de composés, il est souvent comparé aux amphétamines, dont il mime certains mécanismes d'action.

Mécanisme d'action[modifier | modifier le code]

On pense [pas clair] que le TDAH est lié à la diminution de la performance des processus liés à la dopamine, la norépinéphrine et du glutamate dans le cerveau, d'abord dans le cortex pré-frontal et le cortex périphérique responsable pour les fonctions d'auto-régulation, ce qui mène aux troubles de l'auto régulation qui compromettent l'attention du patient, son auto contrôle, son comportement, sa motivation, et ses fonctions exécutives.

Le méthylphénidate agit principalement en diminuant la recapture de la dopamine et de la norépinéphrine ce qui augmente leur concentration dans la fente synaptique. Il n'augmente toutefois pas la libération de ces neurotransmetteurs ce qui le différencie, entre autres, des amphétamines. Le fait qu'il mime une partie du mode d'action de ces dernières lui vaut d'être qualifié d'amphetamine-like dans certaines études anglo-saxones[16].

Indications[modifier | modifier le code]

Chlorhydrate de méthylphénidate
Noms commerciaux
  • Biphentin * (Canada)
  • Concerta * (Belgique, Canada, Suisse),
  • Concerta LP * (France),
  • Equasym XR * (Belgique, Suisse), Quasym * (France)
  • Focalin XR (Suisse),
  • Medikinet (Belgique, Suisse),
  • Ritalin (Canada, Suisse alémanique), Ritalin SR **, Ritalin LA *** (Suisse alémanique)
  • Ritaline, Ritaline SR **, Ritaline LA *** (Suisse romande)
  • Rilatine, Rilatine Modified Release * (Belgique),
  • Ritaline, Ritaline LP * (France),
  • Metadate, Metadate extended release * (États-Unis)
    (* = libération prolongée
    (** pour slow release))
    (*** = Long Acting (à longue durée d'action) pour un effet encore plus durable)
Laboratoire Apotex, Janssen, Novartis, Pharmel, Pharmascience, Pro Doc, Purdue pharma, Teva
Classe psychoanaleptiques psychostimulants, agents utilisés en cas de trouble déficit de l'attention/hyperactivité (TDAH) et nootropiques, sympathicomimétiques centraux, ATC code N06BA04
Autres informations
  • Belgique : médicament spécialement réglementé
  • France : Ordonnance sécurisée, prescription limitée à 28 jours.
    Prescription sur ordonnance correspondant aux spécifications fixées par l'arrêté du 31 mars 1999.
    Prescription initiale annuelle réservée aux specialistes exerçant en établissement de santé public ou privé
  • Québec : Distribution régie par la Loi réglementant certaines drogues et autres substances et les règlements d’application de cette loi, soit le Règlement sur les stupéfiants, le Règlement sur les drogues contrôlées ainsi que le Règlement sur les benzodiazépines et autres substances ciblées
  • Suisse : Soumis à la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes

On utilise le MPH dans le traitement :

Usages expérimentaux[modifier | modifier le code]

Les résultats extrapolés à partir d’expériences sur des rats montreraient que l'on pourrait réduire la phase de réveil après une anesthésie générale de quelques heures à quelques minutes. Cette même molécule pourrait être également utilisée pour réveiller certains patients dans le coma[18].

Contre-indications[modifier | modifier le code]

  • La notice mentionne des cas de mort subite chez des enfants ayant préalablement présenté des anomalies cardiaques. Pour eux et les adolescents présentant les mêmes risques, la prescription n'est pas recommandée.
  • En cas d'hypertension artérielle grave ou de troubles hépatiques.
  • Il est contre-indiqué notamment dans le cas d'une utilisation d'un antidépresseur tricyclique, ou certains autres médicaments de la classe des inhibiteurs de la mono-amine-oxydase (IMAO)[19].

Mésusage[modifier | modifier le code]

En dehors de ses indications thérapeutiques, le MPH est notamment connu par les étudiants ou des sportifs cherchant à améliorer leurs performances ou des jeunes en recherche de sensations fortes par qui il est absorbé par voie orale, nasale, rectale, et intraveineuse[20],[21]. Son mésusage, par injection, peut conduire à des amputations chirurgicales de doigts ou membres nécrosés[21].

Une utilisation chronique abusive, au-delà des doses thérapeutiques, notamment chez des personnes ne souffrant pas de TDAH peut entraîner une accoutumance marquée et une dépendance, associées à des troubles comportementaux d'intensité variable. Des épisodes psychotiques caractérisés peuvent survenir, en particulier lors d'une utilisation abusive par voie parentérale[22].

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

[23] «Très fréquent» (>1/10), «fréquent» (>1/100, <1/10), «occasionnel» (>1/1'000, <1/100), «rare» (>1/10'000, <1/1'000), «très rare» (<1/10'000). Certains effets indésirables observés lors de utilisation de médicaments contenant du méthylphénidate sont considérés comme un effet de classe. Les effets indésirables les plus fréquents sont les suivants: Troubles du métabolisme et de l'alimentation: anorexie, diminution de l'appétit, prise de poids et de taille modérément réduite en cas d'utilisation prolongée chez les enfants. Troubles psychiatriques: insomnie, nervosité, anorexie, faiblesse affective, agressivité, excitation, anxiété, dépression, irritabilité, comportement anormal. Troubles neurologiques: céphalées, vertiges, dyskinésie, hyperactivité psychomotrice, somnolence. Maladies cardiaques: arythmie, tachycardie, palpitations. Maladies vasculaires: hypertension artérielle. Voies respiratoires et cavité thoracique: toux, douleurs pharyngées et laryngées. Troubles gastro-intestinaux: douleurs abdominales, diarrhée, nausées, maux d'estomac et vomissements, sécheresse de la bouche. Peau: alopécie, prurit, éruptions cutanées, urticaire. Appareil locomoteur: arthralgie. Troubles généraux: pyrexie, ralentissement de la croissance en cas d'utilisation prolongée chez les enfants. Investigations: modifications de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque (généralement à la hausse), perte de poids. Indépendamment de leur fréquence, il faut indiquer aussi les effets indésirables suivants cliniquement importants ou graves associés aux médicaments contenant du méthylphénidate: Troubles psychiatriques: suicide, tentatives de suicide, pensées suicidaires, comportements stéréotypés (souvent répétés de façon pathologique), hallucinations tactiles. Troubles neurologiques: mouvements choréiformes, tics ou aggravation des tics existants, troubles nerveux réversibles, migraines, syndrome malin des neuroleptiques. Yeux: troubles de l'accommodation. Maladies cardiaques: mort cardiaque subite, infarctus du myocarde. Maladies vasculaires: troubles cérébrovasculaires ou hémorragie, vascularite, syndrome de Raynaud, sensation de froid dans les extrémités (mains ou pieds froids). Troubles gastro-intestinaux: trouble de la fonction hépatique. Peau: dermatite exfoliatrice, syndrome de Stevens-Johnson, érythème polymorphe, exanthème pigmenté. Reins et voies urinaires: hématurie. Système reproducteur et sein: gynécomastie, priapisme. En outre des effets indésirables ont été mentionnés en rapport avec l'utilisation de Ritaline: Infections Très fréquent: Rhinopharyngite*. Troubles métaboliques et nutritionnels Très fréquent: diminution de l'appétit**. Occasionnel: anorexie, prise de poids et de taille modérément réduite en cas d'utilisation prolongée chez les enfants. Circulation sanguine et lymphatique Très rare: leucopénie, thrombopénie, anémie. Système immunitaire Très rare: réactions d'hypersensibilité, y compris œdème de Quincke et anaphylaxie. Troubles psychiatriques Très fréquent: insomnie, nervosité. Fréquent: comportement anormal, agressivité, excitation, anxiété, dépression, irritabilité, agitation*, troubles du sommeil*. Très rare: hyperactivité, hallucinations visuelles et tactiles, états dépressifs transitoires (tristesse, anxiété, pleurnichements), troubles psychotiques, tics ou aggravation de tics existants. Des cas de comportement suicidaire, y de passage à l'acte suicidaire ont été rapportés chez des patients traités par le méthylphénidate. Le rôle du méthylphénidate dans ces cas est encore mal connu. Système nerveux Très fréquent: nervosité et insomnie. Ils apparaissent en début de traitement et peuvent cependant céder à une réduction de la dose ou à l'omission de la dose de l'après-midi ou du soir. Fréquent: céphalées, somnolence, vertiges, dyskinésie, tremblements*. Très rare: convulsions, tics ou exacerbation de la symptomatologie chez les patients déjà atteints de tics, maladie de Gilles de la Tourette, état dépressif passager, artérite cérébrale et/ou occlusion, troubles cérébrovasculaires, hémorragies cérébrales et accidents vasculaires cérébraux. De très rares cas mal documentés de syndrome malin des neuroleptiques (neuroleptic malignant syndrome, NMS) ont été signalés. Toutefois, les patients avaient pris d'autres médicaments dans la plupart des cas. Le rôle de Ritaline dans ces cas est incertain. Troubles oculaires Rare: difficultés de l'accommodation et vision floue. Troubles cardiaques Fréquent: tachycardie, palpitations, arythmies, variations de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque (habituellement dans le sens d'une augmentation). Rare: angine de poitrine. Très rare: arrêt cardiaque. Vaisseaux Très rares: troubles cérébrovasculaires, vasculites. Voies respiratoires et cavité thoracique Fréquent: Toux*. Troubles gastro-intestinaux Très fréquent: Nausées**, sécheresse de la bouche**. Fréquent: douleurs abdominales, nausées, douleurs gastriques et vomissements. Ceux-ci apparaissent généralement en début de traitement et peuvent être soulagés par la prise concomitante de nourriture. Sécheresse buccale, diminution de l'appétit, normalement passagère. Dyspepsie*, maux de dents*. Très rare: diarrhée, constipation. Troubles hépato-biliaires Très rare: troubles de la fonction hépatique, pouvant aller de l'augmentation des transaminases jusqu'au coma hépatique. Troubles cutanés Fréquent: rash, éruption cutanée, prurit, urticaire, fièvre, alopécie (tête). Très rare: purpura thrombopénique, dermatite exfoliatrice, érythème polymorphe, œdème angioneurotique, inflammations de la muqueuse buccale (chez les adultes présentant une narcolepsie). Troubles musculosquelettiques Fréquents: arthralgies. Très rares: crampes musculaires. Troubles généraux Fréquent: fièvre, sentiment d'agitation*. Occasionnel: Hyperhidrose. Rare: de traitement prolongé chez l'enfant, une réduction modérée de la prise de poids ainsi qu'un léger retard de croissance peuvent survenir. Investigations Fréquent: perte de poids*. (* Effets indésirables ayant été observés chez les patients adultes atteints de TDAH lors d'études cliniques menées sur Ritaline LA.) (** La fréquence des effets indésirables était plus élevée chez les patients adultes atteints de TDAH que celle observée auparavant lors d'études cliniques menées chez des enfants.)


-Selon la revue prescrire:


Controverse[modifier | modifier le code]

La controverse sur le méthylphénidate porte sur les indications, l'utilisation de psychotropes pour des enfants, la croissance des prescriptions, le risque avancé de surmédicalisation, sur ses effets à long ou très long terme et le fait qu'il peut devenir un recours facile dans une vision réifiante: « à tel trouble avéré correspondrait automatiquement telle médication ». Les opposants se retrouvent dans plusieurs milieux, politiques [25], parmi des pédopsychiatres comme entre autres Maurice Corcos qui écrit : « ce que nous proposent caricaturalement les prescripteurs par trop pressés de Ritaline dès qu’un enfant bouge »[26] et par la très active église de scientologie qui combat par ailleurs tous les traitements psychiatriques[27].

Pour certains psychiatres[28], il y avait dès 2004 une explosion inquiétante de la demande de ce médicament qui pourrait avoir été prescrit non plus seulement dans un véritable but thérapeutique, mais sur la demande des enseignants ou sur l'insistance des parents. Aucune étude chiffrée n'est jamais venu corroborer une augmentation de prescriptions non-justifiées, celles-ci pouvant s'expliquer simplement par de meilleurs diagnostics. Plus récemment, une enquête publiée en 2013 indiquait une augmentation de 70 % des prescriptions entre 2008 et 2012 en France[29]. Cette explosion de la consommation de ces produits devrait être justifiée par une augmentation croissante des cas de trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, or selon les auteurs il semble que cette pathologie ne soit pas significativement plus répandue. Ils omettent sans doute de préciser que les études de prévalence indiquent que le TDAH est encore largement sous-diagnostiqué en France : en 2007, moins de 0,2 % des enfants d'âges scolaire suivaient un traitement au méthylphénidate pour une prévalence du trouble estimée à 4,5 % et que cette augmentation des prescriptions n'abouti finalement qu'à un peu plus de 0,3% [30]. En 1995, 10 % des garçons américains prenaient de la Ritaline[31], quand la prévalence du TDAH dans les différents pays où une enquête a été réalisée indique que 3 à 7 % des enfants d'ages scolaires seraient concernés[32]. L'écart peut s'expliquer par une proportion supérieure de garçons généralement diagnostiqués par rapport aux filles.

Des effets secondaires délétères sont parfois mis en avant, auxquels le nombre assez considérable d'études sur ce médicament apporte régulièrement des réponses:

  • Des études tendaient à démontrer qu'il ralentissait la croissance de l'enfant. Mais les méta-analyses les plus récentes démontrent que ce retard serait rattrapé par la suite et qu'aucun écart de taille n'aurait été constaté chez les adultes ayant été traité durant leur enfance et/ou leur adolescence[33].
  • Une étude publiée en 2005 sur seulement 12 enfants ayant reçu des doses thérapeutiques standard de méthylphénidate sur 3 mois aurait mis en évidence un potentiel caractère cancérigène[34]. Toutefois toutes les études postérieures sur le sujet, réalisées en double aveugle sur des cohortes bien plus importantes et des durées équivalentes ou supérieure n'ont pas confirmé ces inquiétudes et ne laissent pas penser à un danger particulier dans ce domaine[35],[36],[37],[38].(donc niveau de preuve=0 Faut-il garder dans l'article?)

Pour tous ces points, le manque de recul et de données sur de longs et très long termes laissent ouvertes le champs de recherches catamnéstiques, car pendant longtemps on cessait habituellement son utilisation à l'âge adulte. Il est trop tôt pour se prononcer de manière définitive, l'histoire des médicaments et notamment des psychotropes révèle parfois des surprises qui nécessitent prudence et patience[39],[40].tautologie on peut aussi dire ça de l'aspirine ou du sirop de menthe

Limites[modifier | modifier le code]

Le médicament représente certes un aspect de la prise en charge du TDAH mais n’en constitue pas la totalité[41] : spécialistes et associations de patients s'accordent à promouvoir des prises en charges multimodales faisant appel à de nombreuses compétences, notamment l'approche psychothérapeutique et éducative[42].

Dans les séries télévisées[modifier | modifier le code]

  • Un épisode de South Park (saison 4, épisode 3), du Dr House (saison 2, épisode 11) et de Lie to Me (épisode 3 de la saison 1) abordent ce sujet.
  • Bart Simpson en consomme lors d'un des épisodes de la série Les Simpson (sous le nom de Focusine).
  • Dans la série Weeds, Andy en utilise afin de créer une nouvelle drogue sous forme de boisson (épisode 10 de la saison 6).
  • Dans le 9e épisode de la première saison de The Big Bang Theory, intitulé The Cooper-Hofstadter Polarization, un des protagonistes, Sheldon Cooper, se compare à un « flamand rose sous Ritaline » lorsque ses bras tremblent, ce qui est effectivement l'un des effets secondaires potentiels de ce médicament.
  • Dans l'épisode Doc Martin diffusé le 21 janvier 2012 sur TF1, le MPH est au cœur de l'intrigue.
  • Dans l'épisode 11 de la saison 2 de Dr House, le sujet malade de l'intrigue en consomme.
  • Dans la série Desperate Housewives, Lynette en consomme pendant plusieurs épisodes et en développe une dépendance. Peu après ces épisodes, l'actrice Eva Longoria, qui joue le rôle de Gabrielle dans la série, a admis dans une entrevue prendre ce médicament quotidiennement pour son hyperactivité (TDAH)[43].
  • Dans la série Urgences (saison 5, épisode 21), Lucie Knight reconnait en consommer depuis le CM2, avoir arrêté au lycée, mais avoir repris.
  • Dans la série Silicon Valley, un jeune surnommé le dépeceur en consomme.

Législation, prescription et délivrance[modifier | modifier le code]

En tant que dérivé pipéridique, le méthylphénidate (MPH) est répertorié par la Convention sur les substances psychotropes de 1971, ce qui en fait un produit contrôlé dans la plupart des pays. Ainsi, au Canada, en France, en Suisse et en Belgique, il fait partie des substances réglementées classées stupéfiants.

En Suisse[modifier | modifier le code]

Au regard de la loi fédérale sur les stupéfiants, le psychiatre (ou le neurologue) doit utiliser une ordonnance spéciale (estampillée SwissMedic), assortie d'un identifiant numérique, en triple exemplaire (respectivement bleu pour ce médecin, blanc pour la pharmacie, et rouge pour l'assurance-maladie du patient); doivent y figurer: informations sur le patient (nom complet, date de naissance et adresse), informations sur le médicament (nombre de boîtes, nom déposé, forme galénique, dosage, conditionnement) - les posologies additionnelles, s'il n'y a qu'un seul médicament, doivent être tracées - enfin, le timbre et la signature datée du médecin qui l'a remplie ainsi que le timbre de la pharmacie. Cette ordonnance ne peut pas être renouvelable d'office.

Le médicament peut toutefois être prescrit sur une période indéterminée (aucune limite légale imposée) - mais chaque renouvellement doit faire l'objet d'une telle ordonnance unique spéciale.

En outre, un suivi doit être effectué: le psychiatre (ou le neurologue) doit faire contrôler à intervalles réguliers (typiquement: tous les 6 mois, mais y compris avant administration du médicament): la tension artérielle et la fréquence cardiaque du patient par son généraliste. Lorsque le médicament est pris régulièrement (ce qui est généralement le cas d'un médicament agissant sur le système nerveux), est aussi requise une analyse du sang pour s'assurer de ses qualités intrinsèques (concentration en globules rouges, blancs, ainsi que plaquettes). Pour les patients juvéniles, la taille est aussi à contrôler à cause du possible retard de croissance induit.

Concernant la prescription, elle ne devrait pas dépasser 60 milligrammes (répartis dans la journée).

En France[modifier | modifier le code]

La prescription initiale est réservée aux spécialistes exerçant dans un établissement de santé public ou privé, pour une durée maximale d'un an; ces spécialistes peuvent être des pédopsychiatres, neurologues, neuropédiatres, psychiatres, pédiatres ou médecin des centres du sommeil[44]. Limitée à 4 semaines, la prescription doit être renouvelée ensuite, sur ordonnance sécurisée, par le médecin généraliste.

Au Québec[modifier | modifier le code]

Tout médecin peut prescrire le méthylphénidate. L'original de la prescription doit être remis au pharmacien et la délivrance du traitement ne peut ensuite être obtenue que de lui. L'ordonnance est à durée limité pour un nombre précis de comprimés, lesquels ne sont délivrés que par quantités limitées, à l'appréciation du pharmacien, jusqu'à échéance de l'ordonnance.

Lutte antidopage[modifier | modifier le code]

L'usage en est interdit en compétition[45]. Le méthylphénidate peut donner des résultats faussement positifs lors de la recherche d'amphétamines, notamment avec les immuno-essais[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jeffrey M. Axten, Lori Krim, Hank F. Kung et Jeffrey D. Winkler, « A Stereoselective Synthesis ofdl-threo-Methylphenidate: Preparation and Biological Evaluation of Novel Analogues† », The Journal of Organic Chemistry, vol. 63, no 26,‎ , p. 9628 (DOI 10.1021/jo982214t)
  2. a et b Singh, Satendra, « Chemistry, Design, and Structure-Activity Relationship of Cocaine Antagonists », Chem. Rev., vol. 100, no 3,‎ , p. 925–1024 (1008) (PMID 11749256, DOI 10.1021/cr9700538, lire en ligne)
  3. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  4. En. Richard L. Myers,The 100 Most Important Chemical Compounds: A Reference Guide, ABC-CLIO, 2007, p. 178
  5. Renate Weber, « L’histoire de Ritalin », Life Science, Novartis, n.2/2000, 9
  6. (en) L.E. Arnold, « Methylphenidate vs. amphetamine: Comparative review » Journal of Attention Disorders 2000;3(4):200-211. DOI:10.1177/108705470000300403
  7. a et b Fiche résumé sur le site de l'ANSM
  8. Tests cliniques du laboratoire qui commercialise le médicament « Biphentin »
  9. LAURE, P., RICHARD, D., SENON, J. L., & PIROT, S. (1999). Psychostimulants et amphétamines. Revue Documentaire Toxibase, 1, 1-16. [1]
  10. Livio, F., Rauber-Lüthy, C., Biollaz, J., Holzer, L., Winterfeld, U., & Buclin, T. (2009). Methylphénidate et abus. Pediatrica, 20, 41-4. [2]
  11. (en) Gwendolyn G. Stockton W. Alexander Morton, « Methylphenidate Abuse and Psychiatric Side Effects », Primary Care Companion to The Journal of Clinical Psychiatry, vol. 2, no 5,‎ r 20, p. 159 ([/pmc/articles/PMC181133/?report=abstract résumé], lire en ligne)
  12. Hebel SK. ed. Drug Facts and Comparisons. St. Louis, Mo: Facts and Comparisons. 2000. 773–774.
  13. McEvoy GK. ed. American Hospital Formulary Service Drug Information. Bethesda, Md: American Society of Health-Systems Pharmacists. 1999. 2038–2040.
  14. Hoffman BB, Lefkowitz RJ. Catecholamines, sympathomimetic drugs, and adrenergic receptor antagonists. In: Hardman JG, Limbird LE, Molinoff PB, et al, eds. Goodman & Gilman's The Pharmacological Basis of Therapeutics. 9th ed. New York, NY: McGraw-Hill. 1996. 221–224.
  15. Jeffrey M. Axten, Lori Krim, Hank F. Kung et Jeffrey D. Winkler, « A Stereoselective Synthesis ofdl-threo-Methylphenidate: Preparation and Biological Evaluation of Novel Analogues† », The Journal of Organic Chemistry, vol. 63, no 26,‎ , p. 9628 (DOI 10.1021/jo982214t)
  16. Ronald Kuczenski et David S. Segal, Effects of Methyiphenidate on Extracellular Dopamine, Serotonin, and Norepinephrine: Comparison with Amphetamine, Journal of Neurochemistry, 1997
  17. (en) Hardy SE., « Methylphenidate for the treatment of depressive symptoms, including fatigue and apathy, in medically ill older adults and terminally ill adults », Am. J. Geriatr. Pharmacother., 2009;7(1):34-59. PMID : 19281939 DOI:10.1016/j.amjopharm.2009.02.006
  18. (en) « A shot of Ritalin could reverse a general anaesthetic », New Scientist (2832) 1er octobre 2011, p. 19.
  19. Source : santé Canada.
  20. Thomas Kappeler, « Méthylphénidate : bases pour la pharmacie » Pharma. Journal 2007;10(5):10
  21. a et b Marcel Bruggissera, Michael Bodmerb, Matthias E. Liechtia « Severe toxicity due to injected but not oral or nasal abuse of methylphenidate tablets » Swiss Med Wkly. 2011;141:w13267. DOI:10.4414/smw.2011.13267
  22. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), Répertoire des spécialités pharmaceutiques
  23. Selon le site du compendium (référence du pays initialement producteur), [3]
  24. Méthylphénidate : trismus, La revue Prescire, mai 2013, t. 33, no 355, p. 349
  25. [Débat au parlement Suisse : http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=20083914]
  26. Maurice Corcos: L'homme selon de DSM. Le nouvel ordre psychiatrique, Ed.: Albin Michel, 2011, ISBN 222623070X, p. 133
  27. Les scientologues affirment entre autres que, du fait de son mode d'action, les systèmes dopaminergiques pourraient, à long terme, être définitivement endommagés, ce qui pourrait mener les anciens consommateurs à avoir des penchants pour les drogues par la suite, d'où l'appellation de « kiddy coke », parfois relayée par les médias : Voir sur dailymail.co.uk. (« drogue d'enfants »). En fait, toutes les études menées depuis 60 ans et dans le monde entier sur le méthylphénidate démontrent le contraire. Cf.(en) Steve S. Lee, Kathryn L. Humphreys, Kate Flory, Rebecca Liu, Kerrie Glass. « Prospective association of childhood attention-deficit/hyperactivity disorder (ADHD) and substance use and abuse/dependence: A meta-analytic review » Clinical Psychology Review, Volume 31, Issue 3, April 2011, Pages 328-341, ISSN 0272-7358, DOI:10.1016/j.cpr.2011.01.006 (http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0272735811000110)
  28. C. Bursztejn, J.-C. Chanseau, C. Geissmann-Chambon, B. Golse, D. Houzel, « Ne bourrez pas les enfants de psychotropes ! » Enfances & Psy, no 25, 1/2004, p. 42-45.
  29. Étude Celtipharm-- « Le Parisien », basée sur l’activité de 3 004 pharmacies, publiée le 29 mai 2013
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  40. Problèmes de santé mentale et recours aux médicaments psychotropes: fiches d'information à l'intention des intervenants jeunesse. Les psychostimulants (Ritaline, Concerta), l'atomoxetine (Strattera) et la clonidine
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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