Rita Verdonk

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Rita Verdonk
Portrait de Rita Verdonk, en 2006.
Portrait de Rita Verdonk, en 2006.
Fonctions
Ministre de l'Immigration et de l'Intégration
des Pays-Bas
Ministre-président Jan Peter Balkenende
Prédécesseur Hilbrand Nawijn
Successeur Ella Vogelaar (Intégration)
Biographie
Nom de naissance Maria Cornelia Frederika
Verdonk
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Utrecht, Pays-Bas
Parti politique PSP (1978-1980)
VVD (2002-2007)
ToN (depuis 2008)
Diplômé de Université catholique
de Nimègue
Profession Fonctionnaire

Rita Verdonk

Maria Cornelia Frederika Verdonk, dite Rita, née le à Utrecht, est une femme politique néerlandaise, membre, fondatrice et chef politique du parti « Fiers des Pays-Bas » (ToN), ancienne ministre de l'Immigration et de l'Intégration des Pays-Bas. Connue pour ses positions rigides dans ces domaines, elle y a gagné le surnom de « Rita de Fer ».

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir achevé ses études secondaires à Utrecht, Rita Verdonk a étudié la sociologie et la criminologie à l'université catholique de Nimègue.

Elle a ensuite travaillé pour le ministère de la Justice, d'abord comme sous-directrice de la prison de Scheveningen, de 1984 à 1988, puis membre du comité directeur de la prison De Schie à Rotterdam. Entre 1992 et 1996, elle a travaillé au sein du service chargé de la politique pénitentiaire pour les mineurs et la rétention de sûreté, dont elle a même été directrice adjointe.

En 1996, elle est nommée directrice du service de sécurité intérieure (BVD, services secrets). Au bout de trois ans, elle quitte la fonction publique et rejoint l'entreprise d'experts-comptables KPMG.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts militants[modifier | modifier le code]

Probablement du Parti politique des radicaux (PPR) en 1978, elle a fait partie du Parti socialiste pacifiste (PSP) entre 1978 et 1980, avant de rejoindre, en 2002, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD).

Ministre de l'Immigration : « Rita de Fer »[modifier | modifier le code]

Le , Rita Verdonk est nommé ministre de l'Immigration et de l'Intégration dans la coalition de centre-droit dirigée par le chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende.

Du fait de ses prises de positions publiques, elle devient l'une des personnalités politique les plus connues du pays. L'opinion reste, à son sujet, très partagée, puisqu'elle a été sacrée par un sondage « meilleure personnalité politique » en 2005 et 2007, et « pire personnalité politique de l'année » deux ans plus tard, en 2009.

Sa réputation de fermeté vis-à-vis des immigrants lui a valu le surnom de « Rita de Fer », en référence à la « Dame de Fer », sobriquet attribué à Margaret Thatcher. En outre, elle n'hésite pas à exploiter les sentiments xénophobes de son propre pays[non neutre]. Ainsi, durant la visite d'un quartier pauvre au Maroc, elle a déclaré ne pas comprendre « pourquoi ils viennent aux Pays-Bas, les Marocains, il y a tant de travail à faire ici ». Elle s'est également montrée favorable a un projet de code de conduite, qui imposerait l'obligation de parler la langue néerlandaise dans les lieux publics et dans la rue[1],[2].

Course à la direction du VVD[modifier | modifier le code]

Elle fait savoir, le , qu'elle compte briguer la direction du VVD, à l'instar du secrétaire d'État à l'Éducation, Mark Rutte, et du député Jelleke Veenendaal. Elle choisit alors comme directeur de campagne Kay van der Linden, qui avait déjà occupé ce poste aux côtés du populiste Pim Fortuyn. Le scrutin, marqué par « l'affaire Ayaan Hirsi Ali », voit finalement la victoire de Rutte, soutenu par l'ensemble de la direction du parti, même si elle obtient 46 % des voix.

L'affaire Ayaan Hirsi Ali[modifier | modifier le code]

Suite aux déclarations de la députée libérale Ayaan Hirsi Ali, en pointe dans la lutte contre l'islamisme, selon lesquelles elle avait menti sur son nom de famille lors de sa procédure de naturalisation, en 1992, la ministre de l'Immigration fait savoir qu'elle compte la déchoir de sa nationalité néerlandaise, concluant qu'elle ne l'avait jamais obtenue, du fait de ce mensonge.

Au cours d'un débat animé devant la seconde Chambre des États généraux, elle nie avoir été au courant de ce mensonge, ce que contredisent les faits dans la mesure où la députée en avait informé la direction du VVD en 2003, et l'avait évoqué avec la presse dès 2004. Bien qu'elle ait survécu à un vote de censure, les critiques se font de plus en plus fortes contre elle, et elle finit par revenir sur sa décision le 27 juin en se basant sur une loi somalienne qui dispose qu'une personne peut porter le nom de son grand-père plutôt que de son père, ce qui était ici le cas[3].

Toutefois, cette affaire a eu pour conséquence le retrait des Démocrates 66 (D'66) de la coalition au pouvoir, et donc le déclenchement d'élections législatives anticipées le 22 novembre suivant.

Fondation des ToN[modifier | modifier le code]

Au cours de ce scrutin, elle est élue députée à la Deuxième chambre.

Expulsée du VVD en , elle annonce un nouveau parti, « Fiers des Pays-Bas » (ToN). Le parti est lancé en , pour participer aux municipales de 2010. Son principal axe est celui de la culture hollandaise menacée, ce qui forcerait les Néerlandais à s'adapter aux autres cultures. Les premières propositions connues sont des peines plus sévères pour les groupes à criminalité plus élevée, la réduction de l'aide de développement, et l'imposition des peines minimum[4]. Son programme politique n'est pas tout spécifié, le projet étant de poursuivre son développement en fonction des idées exprimées par les électeurs[5]. Un site web a été ouvert à ce but[6].

Annoncé très haut dans les sondages, à près de 25 % d'intentions de vote, en 2009, la courbe de popularité de la formation s'effondre l'année suivante, et celui-ci ne recueille que 0,6 % des voix lors des élections législatives anticipées du 9 juin 2010.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (nl) "Du néerlandais dans les rues", quotidien de Volkskrant, 1er février 2006
  2. "L'obligation de parler nééerlandais" Eurotopics/de Volkskrant janvier 2006
  3. (fr) «L’affaire Ayaan Hirsi Ali» dynamite la coalition, radio RFI, le 30 juin 2006
  4. (nl) "Verdonk zet in op nationalisme", de Volkskrant, 3 avril 2008
  5. (nl) "Doodstraf, boerkaverbod en veel asfalt" de Volkskrant, le 5 avril 2008
  6. (nl) Site de "Fiers des Pays-Bas"

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]