Rip Van Winkle

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Rip Van Winkle
Image illustrative de l'article Rip Van Winkle
Le Retour de Rip Van Winkle de John Quidor (1849)
Publication
Auteur Washington Irving
Titre d'origine Rip Van Winkle
Langue Anglais
Parution Drapeau des États-Unis États-Unis, 1820,
Recueil The Sketch Book of Geoffrey Crayon, Gent.
Intrigue
Lieux fictifs Dans les montagnes Catskill
Personnages Rip Van Winkle
Dame Van Winkle
Rip, fils de la maison
Judith Gardenier, fille de la maison
Derrick Van Bummel, maître d'école
Nicholas Vedder, aubergiste
Mr. Doolittle, hôtelier
Wolf, le chien
Henry Hudson
et son équipage fantôme
Diedrich Knickerbocker,
le narrateur

Rip Van Winkle est une nouvelle de l'écrivain américain Washington Irving, publiée dans The Sketch Book of Geoffrey Crayon (1819). C'est le nom du protagoniste, personnage éponyme. L'action se situe dans les montagnes Catskill, ou Kaatskill, dans l'État de New York. Washington Irving se trouvant à Birmingham, en Angleterre, lorsqu'il écrivit ce recueil, avoua plus tard qu'à cette date, il n'avait jamais mis les pieds dans les montagnes de Catskill.

Histoire de Rip Van Winkle[modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Selon Charles M. Skinner[1], Rip Van Winkle aurait réellement existé, et la famille Van Winkle était encore une famille importante (l'éditeur du recueil d'Irving s'appelait lui-même Van Winkle). Irving dit que les Van Winkle descendaient d'un des compagnons de Peter Stuyvesant, l'administrateur néerlandais de la Nouvelle-Amsterdam, qui deviendra New York. Le début de l'action se situerait en 1769. L'action se déroule donc avant et après la guerre d'indépendance des États-Unis. L'histoire est supposée racontée par Diedrich Knickerbocker, un historien hollandais fictif, personnage récurrent dans l'œuvre de Washington Irving qui l'avait présenté comme auteur de A History of New York.

Rip est un brave homme apprécié de tous, mais qui est affligé d'une épouse particulièrement acariâtre. Un jour de septembre, il part dans les montagnes avec son fusil, et fait la rencontre de personnages vêtus étrangement, qui jouent aux nine-pins, sorte de jeu de quilles, leurs boules roulant sur le sol produisant des grondements de tonnerre. Il accepte de boire avec eux une liqueur, et peu de temps après il s'endort au pied d'un arbre. Quand il se réveille, son fusil tombe en poussière de bois et de rouille, ses vêtements sont en lambeaux et une épaisse barbe blanche couvre le bas de son visage. Il redescend au village, s'étonne de le trouver changé, reconnaît enfin la taverne où il avait ses habitudes. Mais aucun de ses amis n'est là, tous sont morts à la guerre, et le Rip Van Winkle qu'on lui présente s'avère être son propre fils. Il doit reconnaître qu'il a dormi pendant vingt ans. Sa femme est morte, sa maison a disparu, et il est recueilli par sa fille, mariée. L'étrange équipage fantôme qu'il a rencontré était celui de Henry Hudson, qui revient tous les vingt ans sur ces lieux, la vallée de l'Hudson River qu'ils avaient découverte. Le mortel qui accepte de boire avec eux s'endort jusqu'au jour de leur nouvelle apparition. Selon une édition actualisée de Skinner[2], la dernière apparition des fantômes de l'équipage de Hudson remontait à 1909.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Rip Van Winkle - Le héros, paresseux et dominé par sa femme.
  • Dame Van Winkle - La femme acariâtre de Rip Van Winkle.
  • Rip - Le fils de Rip Van Winkle.
  • Judith Gardenier - La fille de Rip Van Winkle.
  • Derrick Van Bummel - Le maître d'école du village et, plus tard, membre du Congrès des États-Unis.
  • Nicholas Vedder - Propriétaire de l'auberge.
  • Mr. Doolittle - Propriétaire d'un hôtel.
  • Wolf - Le chien fidèle et paresseux de Rip.
  • Les fantômes de Henry Hudson et son équipe - Des fantômes qui partagent une liqueur magique avec Van Winkle.

Écriture et publication[modifier | modifier le code]

En 1818, Washington Irving sort d'une banqueroute qui l'a ruiné. Il se trouve à Birmingham chez son beau-frère, Henry Van Wart. L'écriture lui semble alors un moyen de regagner quelques subsides, bien qu'il ait quelques difficultés à trouver des sujets d'inspiration. Puis il écrit d'un jet Rip Van Winkle, une de ses premières nouvelles du recueil, qui sera publié en 1819 par S. Van Winkle dans les principales grandes villes de la côte Est des États-Unis. L'ouvrage est ensuite publié en Grande-Bretagne, avec l'aide de son ami Walter Scott.

Thématique[modifier | modifier le code]

Le thème n'est pas une nouveauté : de nombreuses légendes de personnes dormant pendant des années, voire des siècles, existent, depuis les Sept Dormants d'Éphèse et des légendes de saints endormis pour échapper aux persécutions ou d'autres raisons. Le doxographe Diogène Laërce raconte l'histoire du sage Épiménide, qui dormit cinquante-sept ans. La légende juive de Honi haMe'aguel raconte comment cet homme, voyant quelqu'un planter un caroubier, arbre qui met traditionnellement 70 ans avant de produire un seul fruit, s'endort et se réveille au pied de cet arbre chargé de fruits. Un conte allemand de J. C. C. Nachtigal, Peter Klaus le Chevrier, raconte à peu près la même histoire que celle de Rip Van Winkle. Et Irving lui-même, à la fin du récit, signale qu'on pourrait trouver cette histoire inspirée de la légende de l'empereur Frédéric Barberousse endormi avec ses compagnons, accusation démentie par le supposé narrateur, Diedrich Knickerbocker.

Postérité[modifier | modifier le code]

L'intérêt de l'œuvre d'Irving est de s'inscrire dans une tradition américaine naissante, au point d'en devenir un des archétypes les plus connus. Cette œuvre en a inspiré bien d'autres :

  • Rip Van Winkle, une pièce de Dion Boucicault, interprétée par l'acteur Joseph Jefferson ;
  • Rip, une opérette, musique de Robert Planquette sur un livret anglais de Henry Brougham Farnie d'après la pièce de Boucicault (1882), livret français de Henri Meilhac et Philippe Gille (1884) ;
  • Une série de films interprétés par Joseph Jefferson (1896) ;
  • Des films interprétés par Thomas Jefferson, fils de Joseph, dans les premières années du XXe siècle ;
  • Le thème est ensuite repris dans des œuvres de science-fiction, des dessins animés, des bandes dessinées, diverses parodies, qui témoignent du passage de l'histoire dans le domaine collectif. Le thème modernisé correspond souvent à celui d'un individu « cryogénisé » qui revient à la vie après des années de mort ou d'hibernation : Woody et les Robots, de et avec Woody Allen (1973), Hibernatus, d'Édouard Molinaro avec Louis de Funès (1969) ;
  • Dans le roman Le Zéro et l'Infini d'Arthur Koestler, on se réfère à l'un des prisonniers en utilisant le nom de Rip Van Winkle ; il s'agit d'un ancien révolutionnaire d'Europe centrale ;
  • Dans la malédiction de Old Haven et le maître des dragons de Fabrice Colin, Rip van Winkle est une grande figure de la fraternité d'York, et est le mentor de la jeune Mary Wickford ;
  • Le titre en version originale de l'épisode 24 de la Saison 2 de La Quatrième Dimension s'intitule The Rip Van Winkle Caper ;
  • Référence dans Fringe S03E10 où l'agent Olivia Dunham dit se sentir comme Rip VanWinkle

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Myths and Legends of our own Land, 1896
  2. [1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]