Rigord (chroniqueur)

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Rigord (Rigordus) est un moine de Saint-Denis, médecin et historien, né entre 1145 et 1150 dans le Bas-Languedoc, peut-être à Alais[1], mort à Saint-Denis au plus tôt en novembre 1207, au plus tard en novembre 1209[2],[3]. C'est lui qui, le premier, donna à Philippe II de France le surnom d'« Auguste »[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études de médecine dans le Languedoc, il exerce son art durant plusieurs années, avant d'entrer dans les ordres[5]. Admis à Saint-Denis, on le retrouve au prieuré d'Argenteuil (qui dépend de l'abbaye) en 1189. En 1205, il assiste au dépôt, à Saint-Denis, des reliques obtenues par le roi de Constantinople[1].

Il rédige une chronique du règne de Philippe Auguste de 1186 à 1208, les Gesta Philippi Augusti, à partir de sa propre expérience de témoin mais surtout grâce à un grand nombre de documents officiels et de lettres ; une première rédaction, précédée d'un prologue, est offerte au roi en 1196 ; une version abrégée est réalisée après le divorce du roi jusque vers les premiers mois de 1200 et accompagnée d'une épître dédicatoire adressée au prince Louis ; une troisième rédaction se poursuit jusqu'en 1208 comme l'indique sa chronique qui s'interrompt à la fin de l'année[6].

Continuée par Guillaume le Breton, Gesta Philippi Augusti est plus tard reprise par Primat dans les Grandes Chroniques de France. Malade et dans l'incapacité d'écrire, Rigord peut avoir survécu quelques années après l'interruption de son ouvrage[7].

Il a également laissé une courte chronique des rois de France, dont seuls des fragments nous sont parvenus[1].

Éditions modernes[modifier | modifier le code]

Les Gesta Philippi Augusti ont été réédités pour la première fois depuis le Moyen Âge en 1885 par Henri-François Delaborde dans les Œuvres de Rigord et de Guillaume le Breton, historiens de Philippe-Auguste, puis en 2006 par le CNRS sous le titre : Histoire de Philippe Auguste (édition, traduction et notes par Élisabeth Carpentier, Georges Pon et Yves Chauvin), SHM 33, Sources d’histoire médiévale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Ernest Wickersheimer, Dictionnaire biographique des médecins en France au Moyen Âge, vol. 1, p. 704-705.
  2. Son obit figure dans le nécrologe de Saint-Denis à la date du 17 novembre. Voir Rigord, Histoire de Philippe Auguste (présentation d'Élisabeth Carpentier, Georges Pon et Yves Chauvin), CNRS, 2006, 493 pages, p. 59 (ISBN 2271063833).
  3. En 1210 selon Gilbert Dahan, Gérard Nahon, Élie Nicolas, Rashi et la culture juive en France du Nord au Moyen Âge, E. Peeters, 1997, 405 pages, p. 18 (ISBN 2877233316), ou Claude Gauvard, La France au Moyen Âge du Ve au XVe siècle, Presses universitaires de France, 1997, 568 pages, p. 143 (ISBN 2130478816).
  4. Henri-François Delaborde, Notice sur les ouvrages et sur la vie de Rigord, moine de Saint-Denis. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1884, tome 45. p. 613. DOI:10.3406/bec.1884.447256
  5. Bernard Guenée, Du Guesclin et Froissart: la fabrication de la renommée, Tallandier, 2008, 237 pages, p. 151 (ISBN 2847342966).
  6. http://books.google.fr/books?id=q-TQAAAAMAAJ&pg=PA137&dq=gesta+philippi+augusti+rigord&as_brr=1&cd=4#v=onepage&q=gesta%20philippi%20augusti%20rigord&f=false
  7. Rigord, op. cit., p. 59.

Articles connexes[modifier | modifier le code]