Rien

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Étymologiquement le mot rien est issu du latin rem, accusatif du nom féminin res, la « chose ».

Dans une phrase, il peut avoir un rôle de pronom, de nom ou d'adverbe.

Utilisation pronominale[modifier | modifier le code]

Par son utilisation récurrente avec l'adverbe négatif ne, le pronom indéfini rien a pris en français moderne le sens négatif de « nulle chose » :

  • « Je n'ai rien à vous dire. » (même si, à l'oral, cette phrase a tendance à être prononcée : j'ai rien à vous dire)
  • « Le témoin n'a rien vu. » (il n'a vu aucune chose)
  • « Mais cet homme n'a rien fait ! » (il n'a fait aucune chose)

Mais en dehors du contexte négatif de cet adverbe, il reprend son sens originel de « quelque chose » :

  • « Il fut incapable de ne rien dire »
  • « Il est parti de rien, de moins que rien ! Le voilà maintenant prospère » (soit une belle progression !)
  • « Parler beaucoup sans rien dire d'important » (sans dire quelque chose d'important).


Utilisation nominale[modifier | modifier le code]

En tant que nom (masculin), rien voit sa signification diminuer, puisqu'il représente « une chose de peu d'importance, une bagatelle » :

  • Un rien l'habille (ou un rien ne l'habille)
  • Être dérangé pour un rien
  • Ils se disputent pour des riens
  • De nos jours, ce n’est pas rien de concilier le travail et la vie de famille (c'est un exploit diront même certains)

Utilisation adverbiale[modifier | modifier le code]

Comme adverbe, rien peut signifier « seulement » :

  • « Tu peux prendre une part du gateau, rien qu'une ! » (à dire à un(e) gourmand(e) si l'on veut qu'il en reste pour les autres)
  • « Qui est-ce ? Oh, ce n'est rien que toi ! »

voire « très », comme dans :

  • « Il est rien beau » ( Il est très beau)

Apparition en littérature[modifier | modifier le code]

On a reproché au roi Louis XVI d'avoir écrit dans son carnet de chasse en date du 14 juillet 1789 le seul mot Rien[1].

Il a été étudié par l'humoriste Raymond Devos dans « Parler pour ne rien dire » :

« [...] si on peut trouver moins cher, c'est que rien vaut déjà quelque chose !
On peut acheter quelque chose avec rien ! En le multipliant !
Une fois rien... c'est rien !
Deux fois rien... c'est pas beaucoup !
Pour trois fois rien on peut déjà acheter quelque chose !... Et pour pas cher ! »

« Rien » est aussi la réponse à une devinette qui circule beaucoup depuis le début des années 2000 (notamment dans la série de livres sur les dieux de Bernard Werber) :

« Qu'est ce qui est mieux que Dieu,
pire que le diable,
les pauvres en ont,
les riches en ont besoin,
si on en mange, on meurt ? »

Dans l'Art moderne et dans l'Art contemporain[modifier | modifier le code]

Les artistes du XXe se sont risqués à « rien ». Marcel Duchamp ouvre la voie en 1917 à New York, en proposant d'exposer sa Fontaine, un objet sur lequel il n'a rien fait. Yves Klein organisera en avril 1958 à la galerie Iris Clert à Paris une exposition où il n'y aura rien à voir. Les artistes Hauser, Aloïse, Van Genk, Wölfi, Borneyvski travaillent ou ont travaillé « sur rien ». 4′33″ est un morceau de musique de John Cage où l'on ne joue rien pendant quatre minutes et trente-trois secondes. Au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou l'exposition « Vides, une rétrospective » qui s'est déroulée du 24 février au 24 mars 2009 a présenté une série de galeries où il n'y avait absolument rien.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)« Le 14 juillet 1789 dans le journal de Louis XVI : « Rien » ? », sur anecdote-du-jour.com (consulté le 16 mai 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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