Richard Hartmann

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Richard Hartmann

Richard Hartmann, né à Barr (Bas-Rhin) le 8 novembre 1809 et mort à Chemnitz (Saxe) le 16 décembre 1878, est un industriel allemand d'origine alsacienne. Il fonda à Chemnitz une entreprise de fabrication de machines qui acquit bien vite une réputation internationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Troisième fils de Jean Hartmann, mégissier à Barr, et de son épouse Madeleine Schwartz, Richard Hartmann fit d'abord un apprentissage de taillandier dans sa ville natale avant de commencer en 1828 son tour de compagnon pour lequel il choisit l'Allemagne (peut-être pour des raisons linguistiques). Il finit par arriver à Chemnitz en 1832. C'était alors un centre textile important et, si l'on faisait venir d'Angleterre les machines, on avait créé des ateliers sur place pour les réparer.

Un atelier à Chemnitz en 1868.

En 1837, après avoir obtenu le droit de cité et épousé la fille d'un aubergiste, il fonda sa propre entreprise qui se développa rapidement : la création du Zollverein lui permettant de vendre aisément dans toute l'Allemagne. Il passa bientôt aux locomotives à vapeur avec tant de succès que son entreprise atteignit en 1870 l'effectif de 3 000 ouvriers, avant de passer à 5 000 en 1900 après sa mort. C'était le type même de l'employeur paternaliste protestant, exigeant de ses ouvriers une bonne conduite et une bonne moralité, mais établissant pour eux caisse de maladie, caisse d'accidents, caisse de retraite et logements sociaux. Même en proie à des difficultés, que son génie sut toujours rendre passagères, il se gardait bien de renvoyer des ouvriers et n'aurait jamais imaginé ce que nous appelons des plans sociaux.

Il n'oublia jamais sa ville natale dont il fut un bienfaiteur infatigable et légua à sa mort 20 000 F à l'hôpital de Barr ; en reconnaissance le 12 mai 1884 la municipalité donna son nom à la Neue Gasse (Rue Neuve) où il était né. Après 1920, croyant faire preuve de patriotisme, on rendit à la venelle son nom primitif, et à Chemnitz même les autorités communistes le vouèrent aux gémonies après 1945, parlant de gnadenlose Ausbeutung des Proletariats (exploitation éhontée du prolétariat). Depuis la chute du régime il est redevenu un grand homme dont la ville est fière : une rue, un stade et une école technique portent son nom. À Barr même il existe de nouveau une rue Richard-Hartmann dans un lotissement récent et une plaque a été apposée sur sa maison natale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Dokumentation über die Hartmannwerke
  • Richard-Hartmann-Schule. Une biographie y a été rédigée par une classe sous la direction de son professeur. Travail estimable, mais on y lit avec un peu d'étonnement que la famille de Richard Hartmann « stammt aus einer weinbäuerlichen Familie », ce qui n'apparaît pas dans la revue à laquelle l'on renvoie et où l'article a été rédigé par une agrégée d'histoire fort sérieuse. Comme tout le monde à cette époque la famille devait posséder quelques pieds de vigne qui suffisaient à sa consommation personnelle, mais cela ne suffit pas à en faire des vignerons. De même il faut prendre avec prudence l'information selon laquelle il aurait commencé son apprentissage à Louneville (comprendre Lunéville); il y est allé, mais sans doute pour apprendre le français dans une famille, comme c'était souvent le cas.