Aphex Twin

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Aphex Twin

Description de cette image, également commentée ci-après

Aphex Twin au Traffic festival à Turin en 2005

Informations générales
Surnom AFX, Blue Calx, Bradley Strider, Martin Tressider, Caustic Window, Gak, Soit-P.P., Polygon Window, Power-Pill, Prichard G. Jams, Q-Chastic, The Dice Man, Tahnaiya Russell, DJ Smojphace, The Tuss
Nom Richard David James
Naissance
Limerick, Munster, Irlande
Genre musical Musique électronique (drum and bass, IDM, acid house, ambient, electronica, etc.)
Années actives 1991 – présent
Labels Rephlex Records
Warp Records
R&S Records
Sire Records

Richard David James mieux connu sous le nom d'Aphex Twin est un compositeur britannique de musique électronique, né à Limerick, en Irlande, de parents gallois, le .

Il a passé son enfance en Cornouailles (Angleterre) et vit désormais à Londres. Il est généralement considéré comme un des artistes majeurs de la scène électronique, et comme ayant eu une influence notable sur les styles drum and bass, idm, acid house, ambient et electronica. En 1991 il cofonda le label Rephlex Records.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ilosaarirock Festival 2011

Les parents de Richard D. James se rencontrent alors qu'ils travaillent dans un hôpital psychiatrique. D'après Richard, son père avait l'habitude de distribuer au compte-gouttes le LSD prescrit aux patients. Quelques fois, avec les encouragements de l'infirmière principale, ils consomment quelques doses mises de côté.[citation nécessaire] Son père part ensuite à Cornwall (Ontario, Canada) pour un emploi de mineur dans des mines d'étain. En 1968, la mère de Richard accouche d'un bébé mort-né. Après la fermeture des mines dans les années 1980, le père de Richard continue de travailler dans les anciennes mines en remplissant les puits qui menacent de s'effondrer.

Richard D. James naît en 1971 à Limerick en Irlande. Sa mère, en lui donnant naissance, croyait voir en lui la résurrection d'un enfant qu'elle avait perdu plus tôt, elle le baptisa du même prénom Richard.

Il grandit dans une ville de Cornouailles, dans le sud-ouest de l'Angleterre avec un intérêt particulier pour le matériel électronique. « J'étais toujours en train de cogner sur quelque chose », dit-il souvent.

La plus jeune des deux sœurs de Richard est accro à The Jesus and Mary Chain et ses petits-amis jouent dans des groupes indépendants. Richard ne s'intéresse jamais vraiment au rock. « Je trouvais que quelques trucs étaient bons mais je ne les ai jamais réellement aimés. » Son passe temps favori est alors de jouer avec les sons. Il les enregistre sur cassettes, les monte en bout à bout, les passe à l'envers et change leur vitesse. La famille a un piano qu'il enregistre aussi non sans en avoir bougé les cordes et les marteaux afin de faire varier les sons. Sa mère s'arrache les cheveux. La mère d'un de ses amis d'enfance raconte que « Richard n'était pas facile pour sa mère ».

Il fait ses premiers meeting à l'âge de 13 ans. Durant son adolescence, il joue sur un synthétiseur, un ordinateur Spectrum Sinclair et un sampler bon marché. Par la suite, il prend des cours d'électronique au Kingston Polytechnic de Londres. « J'ai appris à construire des circuits à partir de presque rien. » Mais, il abandonne au bout d'un an. « Je voulais me barrer et faire de la musique. » À l'époque, il a déjà une masse importante de matériel bidouillé sur mesure et un stock de mélodies déjantées sur cassettes. Fin 1991, les deux premiers maxis Analogue Bubblebath et Analogue Bubblebath 2 estampillés AFX sortent chez Mighty Force, un label local d'Exeter, et chez Rabbit City Records. L'année suivante, le label Warp publie la compilation Artificial Intelligence sur laquelle figure un morceau signé Richard James[1].

Musique et parcours musical[modifier | modifier le code]

L'album Selected Ambient Works 85-92, enfin signé Aphex Twin, marque un tournant dans la carrière de Richard D. James, il est salué par la critique. Il signe alors avec Warp Records et se transforme en Polygon Window pour la sortie de (Surfing On The Sine Waves) en 1993. Il signe chez Sire Records (États-Unis) la même année et sort en 1994, Selected Ambient Works Volume II (aussi sorti chez Warp Records, la même année) que le New York Times qualifiera de « musique classique pour le prochain millénaire ».

En 1995, Richard atteint le statut de numéro un indépendant en Angleterre avec le disque ...I Care Because You Do, et qui sera sa première sortie aux États-Unis. Beats déchiquetés couplés à des mélodies vérolées qui s'étendent jusqu'à une orchestration pure. Le « summum » pour les oreilles difficiles des quelques irréductibles férus d'avant-gardisme étant le morceau ICCT Hedral sur lequel Richard s'associe aux orchestrations du compositeur de musique minimaliste Philip Glass. En 1996, Richard D. James Album. De l'hypnotique To Cure a Weakling Child à un Girl/Boy Song bouffé par les cordes, Richard se fait plus cohérent dans l'équilibre qui tient le disque. « C'est plus une progression », dit Richard à propos de l'album. « Je deviens plus habile avec les machines ». Il admet avoir exercé un plus grand contrôle sur la qualité : « J'ai trié parmi 200 morceaux pour trouver les bons pour cet album ».

Origine d'Aphex Twin, participations artistiques et évolution musicale[modifier | modifier le code]

L'Aphex d'Aphex Twin est une marque déposée propriété des Aphex Systems Ltd., une entreprise fabriquant des produits pour les professionnels de l'audio et de la diffusion (surtout connu pour son Aural Exciter™ Aphex Systems Ltd). Sur certaines des sorties récentes de Richard, l'indication Aphex is a registered trademark of Aphex Systems Ltd and is used by permission est notée sur l'emballage. Mais, d'après le NME du  : « Richard en est venu à utiliser le mot par accident, utilisant le "A" de Aphex pour l'élément Acide de ses sons et le "ph" comme la mesure de cette acidité (pH). Il n'avait même jamais entendu parler du Aural Exciter™ avant d'avoir sorti plusieurs disques. Il est la dernière personne qui se donnerait le nom d'une marque de matériel fabriqué par quelqu'un d'autre alors qu'il construisait ses propres synthétiseurs à treize ans. »

Pendant un temps, le Twin a été associé à Tom Middleton qui avait la même date de naissance que Richard. Tom a aussi collaboré avec Richard sur son premier disque, Analogue Bubblebath (sorti en 1991 et était crédité Aphex Twin Featuring Schizophrenia). Si Tom affirme que le Twin de Aphex Twin fait référence à lui, Richard de son côté dément tout. Le nom Aphex Twin existait avant qu'ils aient travaillé ensemble. Le Twin vient du fait qu'il ait eu un jumeau mort-né[2].

AFX est une abréviation du mot Aphex.

Tous les disques d'Aphex Twin/AFX sont le fruit du travail de Richard D. James seul. D'autres pseudonymes ont donné à Richard la liberté de collaborer avec d'autres artistes tels que Michael Paradinas (Mike & Rich, Expert Knob Twiddlers chez Rephlex) et Tom Jenkinson (AFX/Squarepusher - Freeman, Hardy & Willis Acid dans la compile We Are Reasonable People chez Warp en 1998), etc. La plupart des travaux de Richard faits en collaboration sont clairement identifiés et ne prêtent donc pas à confusion.

Il a cofondé, en 1991, son propre label Rephlex avec Grant Wilson-Claridge pour sortir ses propres productions mais aussi éditer de nouveaux artistes.

Grâce à ce label Rephlex, Richard soutient les talents de quelques figures majeures de la scène existante (µ-ziq, Squarepusher, Leila, Bogdan Raczynski, Jeremy Simmonds, Luke Vibert, Mike Dred, The Gentle People, DMX Krew…). On trouve deux titres sous le nom d'Aphex twin sur un remix de Nine Inch Nails : Further Down the Spiral (1994) plage 7 "At the Heart of It All", et la seconde partie de la plage 8 "The Beauty of Being Numb" qui sont deux créations. En 2001, Richard David James a créé le label MEN Records avec Tom Jenkinson. Ce n'est pas un label secondaire de Rephlex Records, mais assisté par celui-ci pour le moment. MEN est juste un numéro de catalogue, ils n'ont pas encore trouvé de nom pour ce label.

Après les grands succès critiques et les succès relatifs vis-à-vis du public de son Richard D. James Album et deux singles mémorables Come to Daddy et Windowlicker, il a peu à peu abandonné le devant de la scène, en particulier après un double album, Drukqs, ayant reçu un accueil assez froid. Et le voilà de retour, mais chez Rephlex ! Tout le monde sait qu'Aphex Twin et AFX sont de la même personne, d'ailleurs sur les vinyles est écrit que la production et les compositions sont de Richard D. James. Il affirmait : « Ils existaient avant que j'entre dans le business musical. J'avais l'habitude de mettre des petits noms sur mes cassettes et mes autres trucs quand je triais ce que j'avais fait. C'est de là que vient la plupart des noms. Cette habitude a bien fonctionné quand je suis entré dans le business musical. Je donnais des noms différents à différentes compagnies de disques et je trouvais ça bien cool. Mais maintenant que la scène a éclaté en une multitude de sous-genres et que les gens ont cinq labels pour leurs différents styles de musiques. Je trouvais l'idée bonne au début mais maintenant je ne l'aime vraiment plus. Je préfère que tout soit réuni, je veux pouvoir aller dans un club et écouter différents styles de musiques, pas un genre précis de jungle. Je pense qu'avoir différents noms complique tout, c'est pourquoi j'ai maintenant tout réuni sous deux noms. » Les sorties se devaient faire donc sous les noms AFX (chez Rephlex Records) et Aphex Twin (chez Warp Records).

Ensuite, AFX a sorti en cinq mois pas moins de 10 maxis, Analord 1, Analord 2, etc. jusqu'à Analord 11 (Analord 10 est signé sous le pseudonyme Aphex Twin). Une série assez simple à aborder, modeste mais agréable dans ses sons de synthés. Rien de révolutionnaire, des mélodies et un univers connu. On retrouve le son AFX, si tant est qu'il en existe un, même si c'est difficile de comparer cette série aux autres albums. Le principe de départ est simple : utiliser des synthés analogiques pour créer des morceaux dans le style de ses précédents EP Analogue Bubblebath 2, 3, 4 au son bien vintage, Richard D. James a programmé une variété d'équipement analogue dans toute sa carrière. Les instruments sur Analord incluent des machines de batterie telles que les Roland TR-606, TR-808, et TR-909 ; compteurs séquentiels tels que le Roland MC-4 ; et divers synthétiseurs et polysynths avec les Roland SH-101 et Roland TB-303 un peu partout, un Fenix Synth modulaire (vu sur la face B d'Analord 2), et autres nombreux instruments qu'il a rassemblés au cours des années.

À l'arrivée d'un nouveau pseudonyme : The Tuss[modifier | modifier le code]

The Tuss est un groupe de musique électronique britannique qui serait formé des musiciens corniques Brian et Karen Tregaskin, dont on suppose qu'il pourrait s'agir de pseudonymes du musicien Aphex Twin, ou tout du moins d'un projet l'impliquant.

Un album et un EP ont été publiés sous ce pseudonyme, sur le label Rephlex Records. Leur style est proche de l'IDM.

Historique[modifier | modifier le code]

The Tuss fut annoncé simplement sur le site internet de Rephlex Records, sur la page principale annonçant les nouvelles éditions du label. Selon le communiqué de presse du label, The Tuss aurait été découvert via MySpace et aurait décliné des propositions de labels comme Planet Mu, XL Recordings, Record Makers ou Ninjatune, avant de signer avec Rephlex pour des raisons de principe[3]. Initialement annoncé comme un groupe formé de deux musiciens français, il serait en fait constitué de Brian et Karen Tregaskin.

Le groupe sort un EP, Confederation Trough, le 30 avril 2007. Rushup Edge, le premier et unique album du groupe, parait le 25 juin 2007. Les deux disques contiennent des morceaux de styles variés (electronica, breakbeat, drum'n'bass, hardcore, acid house, etc.).

Lien avec Aphex Twin[modifier | modifier le code]

Il est supposé depuis la parution de Confederation Trough que The Tuss n'est qu'un pseudonyme de Richard D. James, plus connu sous l'autre pseudonyme d'Aphex Twin. James n'a jamais confirmé (ou infirmé) ce point ; Grant Wilson-Claridge, cofondateur de Rephlex Records avec James, l'a par ailleurs plus ou moins nié[4].

Le journal The Guardian a fait état de ces rumeurs[5]. Une lettre du label Warp Records a comparé le son de Confederation Trough à celui d'Analord, alimentant les soupçons d'un nouveau pseudonyme d'Aphex Twin (lequel collectionne les pseudonymes depuis le début de sa carrière) ou d'une collaboration.

Malgré l'annonce de la découverte du groupe sur MySpace, il ne possède aucune véritable page sur ce site. Les pages de Brian Tregaskin[6], Karen Tregaskin[7] ou The Tuss[8] semblent être des faux créés par des fans pour faire enfler la rumeur. Le groupe a publié ses disques sur le propre label d'Aphex Twin et ils sont édités par Chrysalis, son éditeur principal. Le groupe fait par ailleurs usage d'un Yamaha GX1, un synthétiseur analogique extrêmement rare et cher[9], dont Aphex Twin est précisément l'un des rares possesseur au Royaume-Uni[5]. Le terme « tuss » signifierait « érection » en argot des Cornouailles, région dont Aphex Twin est originaire.

La théorie est également soutenue par le fait que James a joué des extraits de Fredugolon 6 (de l'EP Confederation Trough) et de Synthacon 9 (de l'album Rushup Edge) au festival Snowbombing de Mayrhofen en Autriche, et Rushup I Bank 12 (de Rushup Edge) en Italie au Traffic Festival à Turin, dès 2005. Il a également joué Fredugolon 6 au Melt! Fesitval de Ferropolis en Allemagne, et d'autres pistes de l'album au festival Oxegen en Irlande en 2008.

Enfin, dans le catalogue de BMI, les pistes de The Tuss sont enregistrées au nom de James Richard David (comme Akunk[10], Alspacka[11] ou Fredugolon 6[12] de Confederation Trough), semblant accréditer définitivement la thèse du pseudonyme, même si elle n'est pas confirmée par le principal intéressé.

Aspects de sa musique[modifier | modifier le code]

On pourrait ranger Aphex Twin dans les catégories « Ambient », « Electronica », « IDM (Intelligent Dance Music) ou Braindance », « Intelligent techno », voire « Jungle », « Drill'n'Bass », « Breakcore » ou même « Noise » (« Bruit »). Elles conviendraient toutes mais, à chaque nouvelle sortie, le son créé par Richard se déchire et se réinvente de telle manière qu'il surprend à la fois la presse et le public. Il y a quelques similarités à travers tout son travail mais chaque morceau a sa propre vie.

On retrouve de façon récurrente dans les compositions d'Aphex Twin l'utilisation de la ritournelle, une mélodie simple, enfantine qui est fragmentée. Elles sont souvent courtes et passées en boucle.

Un autre aspect caractéristique de sa musique est la manipulation de voix humaines, comme dans son maxi Ventolin dans lequel il utilise le rire de sa mère, ou bien encore dans son album Richard D. James Album dans lequel des voix d'enfants nomment une partie de leur corps (mon bras, ma jambe, etc.).

La marque de fabrique de ses dernières productions (Drukqs, Come to Daddy…) se tient dans la complexification du rythme avec un effet de micro-rythmes très rapides.

Discographie[modifier | modifier le code]

Complètement opposé à l'industrie du disque et à son système de choix de mise sur le marché, Richard jongle avec les noms, les labels et les contrats. Il utilise différents pseudonymes depuis 1992 : GAK, AFX, Power-Pill, Soit-P.P., Blue Calx, Q-Chastic, Martin Tressider, Bradley Strider, The Aphex Twin (pour le maxi Digeridoo et la compilation Classics, édités par les belges de R&S Records), Aphex Twin, The Dice Man, Caustic Window, Polygon Window, Rich (de Mike & Rich), Tahnaiya Russell, DJ Smojphace et dernièrement The Tuss.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Clips[modifier | modifier le code]

Autres vidéos[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jon Savage (trad. Étienne Menu), Machine Soul : une histoire de la techno [« Machine Soul: a history of techno »], Éditions Allia,‎ février 2011, 90 mm × 140 mm, 58 p. (ISBN 978-2-84485-381-3), p. 48
    Le texte constituant cet ouvrage est la traduction de l'article initial suivant : (en) Jon Savage, « Machine Soul: a history of techno », The Village Voice,‎ 1993 (ISSN 0042-6180)
  2. voir dans les notes de Girl/Boy EP
  3. « The Tuss, Confederation Trough EP », Communiqué de presse de Rephex Records,‎ 07/05/2007 (consulté en 18/11/2008)
  4. « Scene: Load Of Old Tuss », iDJ magazine (août 2007) (consulté en 18/11/2008)
  5. a et b Louis Pattison, « Dancing in the dark », The Guardian,‎ 26/05/2008 (consulté en 18/11/2008)
  6. « Brian Tregaskin », MySpace (consulté en 18/11/2008)
  7. « Karen Tregaskin », MySpace (consulté en 18/11/2008)
  8. « The Tuss », MySpace (consulté en 18/11/2008)
  9. « Yamaha GX-1 », synthmuseum.com (consulté en 18/11/2008)
  10. « Akunk », Répertoire BMI (consulté en 18/11/2008)
  11. « Alspacka », Répertoire BMI (consulté en 18/11/2008)
  12. « Fredugolon », Répertoire BMI (consulté en 18/11/2008)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Dambre, Les musiques électroniques, Éditions Alternatives, Paris, 2001 (ISBN 2862272698)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Artistes proches & Amis[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]