Ricciotto Canudo

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Ricciotto Canudo (2 janvier 1879 Gioia del Colle - 10 novembre 1923 Paris) est un écrivain français d'origine italienne.

Romancier, poète, philosophe, critique d'art, critique littéraire, musicologue, scénariste, il a inventé en 1919 le terme de « 7e art » pour désigner le cinéma.

Biographie[modifier | modifier le code]

Installé à Paris en 1902, Ricciotto Canudo joue un rôle actif dans les milieux d'avant-garde littéraire et artistique et dirige la rubrique de littérature italienne au Mercure de France. Il publie La ville sans chef, son premier roman, en 1910. En 1903, il rencontre Valentine de Saint-Point au cours d'une séance de spiritisme : ils deviennent amants.

Canudo publie le 25 octobre 1911 un essai préalable intitulé La Naissance d'un sixième art - Essai sur le cinématographe. 1911 est notamment l'année de Little Nemo, un célèbre film d'animation ; ainsi que de La Télégraphiste de Lonedale de David W. Griffith.

En 1913, il fonde la revue Montjoie !, « organe de l'Impérialisme artistique français, gazette bi-mensuelle illustrée », où le nationalisme se mêle curieusement à l'innovation esthétique. Si la revue s'ouvre aux écrivains (Guillaume Apollinaire, Cendrars, Fargue, Jacques Dyssord), elle se veut avant tout « cérébriste », ce qui veut dire « sensuel et cérébral tout à la fois » selon la définition de Canudo. De nombreux créateurs y ont contribué, comme Léger, Stravinsky, Gleizes, Raymond Duchamp-Villon. Dans les locaux de la revue, son appartement rue de la Chaussée d'Antin, Canudo organise les « Lundis de Montjoie ! », qui réunissent notamment Robert Delaunay, Dunoyer de Segonzac, Erik Satie, Fernand Léger, Blaise Cendrars, André Salmon, Marc Chagall et Henry Valensi, etc.

À la déclaration de la guerre, Canudo signe avec Blaise Cendrars un « appel aux étrangers vivant en France » les invitant à s'engager. Il s'engage lui-même dans la légion étrangère. Après l'entrée en guerre de l'Italie il participe aux combats sur le front de Macédoine, qu'il évoque, dans des récits qu'il signe désormais « Capitaine Canudo. » Il sera blessé et sera cité plusieurs fois à l'ordre de la brigade. Il est décoré de la Croix de guerre 1914-1918, de la valeur militaire d'Italie et de la Légion d'honneur.

En 1920, il publie un texte intitulé « Défendons le cinématographe ! » dans la revue romaine L'epoca. Il y fait remarquer que « tous les arts, avant de devenir un commerce et une industrie, ont été à leur origine des expressions esthétiques de quelques poignées de rêveurs. Le Cinématographe a eu un sort contraire, commençant par être une industrie et un commerce. Maintenant, il doit devenir un art. On veut accélérer le moment où il le deviendra pour de bon. » [1]

En 1921, il parvient à faire entrer le cinéma au Salon d'automne.

Il répète, dans L'Intransigeant du 1er avril 1922, que « le cinématographe est un art. Le film est une œuvre d'art. L'écraniste peint avec des pinceaux de lumière, comme l'organiste joue avec les souffles des tuyaux. » C'est cette même année qu'il fonde La gazette des sept arts, revue dans laquelle il publie, l'année suivante, un Manifeste du septième art.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Les Romans des foules nouvelles :

  • La Ville sans chef. Le Monde illustré, 1910. La Renaissance du Livre, 1918.
  • Les Libérés. Mémoires d'un aliéniste, avec une préface de Paul Adam, coll. « Bibliothèque-Charpentier », Paris, Eugène Fasquelle,1911.
  • Les Transplantés. Paris, Eugène Fasquelle.
  • L'Autre Aile. Paris, Eugène Fasquelle.
  • L'Escalier des sept femmes. Paris, Eugène Fasquelle.
  • Croisées ouvertes sur l'âme et la chair. Paris, Ferenczi et Fils, 1924.

Poèmes[modifier | modifier le code]

  • Poème du Vardar S. P. 503. La Renaissance du Livre.
  • Skating Rink. Paris, Mercure de France.
  • La Chanson de Vatiluck. Paris, Mercure de France.

Ouvrages de guerre du capitaine Canudo[modifier | modifier le code]

Dans la mêlée pourpre des races :

  • I. Jours gris et nuits rouges en Argonne (Douze fresques de l'action garibaldienne). Marseille, Éditions Hélios. Sous le pseudonyme de Capitaine Oudanc
  • II. Reflets du Feu, 15 visages des masses, des villes, des hommes. Paris, La Renaissance du Livre.
  • III. Combats d'Orient. Dardanelles-Salonique (1915-1916). Paris, Hachette, 1917.
  • Mon âme pourpre. Roman de la forêt et du fleuve l'Argonne et le Vardar. Paris, La Renaissance du Livre.

Essais[modifier | modifier le code]

Essais de déterminisme métaphysique :

  • Le Livre de la Genèse — Vision de la IXe symphonie de Beethoven. Paris, Éditions de la Plume, 1905.
  • Le Livre de l'évolution — L'Homme. Psychologie musicale des civilisations, E. Sansot, 1908.
  • Le Livre de la Démonstration — La Morale dans la nature. Épisynthèses.
  • Manifeste des sept arts, coll. « Carré d'Art », Séguier, Paris, 1995.
  • L'usine aux images, textes de Canudo publié par Jean-Paul Morel, Séguier, Paris, 1995.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noémi Blumenkranz-Onimus, "Montjoie ! ou l'héroïque croisade pour une nouvelle culture", in L'Année 1913, sous la direction de Liliane Brion-Guerry. Paris, Klincksieck, tome 2, 1971.
  • Canudo, Quaderni del Novecento Francese. Roma, Bulzoni, 1976.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in François Guérif, Ciné miscellanées (2007), éditions Payot & Rivages.