Ricardo Piglia

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Ricardo Piglia

Ricardo Emilio Piglia Renzi (Adrogué, province de Buenos Aires, 24 novembre 1941) est un écrivain argentin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ricardo Piglia a étudié l'Histoire à l'Université nationale de La Plata. Puis il a travaillé pendant une décennie dans des maisons d'édition de Buenos Aires, y a dirigé la Série Noire, célèbre collection de romans policiers qui a publié Dashiell Hammett, Raymond Chandler, David Goodis et Horace McCoy. "J'ai commencé à lire des policiers presque comme une suite naturelle de mon intérêt pour la littérature américaine. On lit Fiztgerald puis Faulkner et rapidement on rencontre Hammett et David Goodis. Plus tard, entre 1968 et 1976, j'ai lu des policiers par nécessité professionnelle, comme directeur de collection".

Piglia est aussi critique et essayiste. Il a écrit des essais sur Roberto Arlt, Borges, Sarmiento, Macedonio Fernández et sur d'autres écrivains argentins. Depuis 1977 il a été professeur invité dans diverses universités des États-Unis dont celles de Harvard et Princeton où il travaille actuellement. Il a composé avec le musicien Gerardo Gandini l'opéra La ciudad ausente, basé sur son propre roman et joué pour la première fois en 1995 au Teatro Colón à Buenos Aires. Son œuvre a été traduite en plusieurs langues, notamment en anglais, français, italien, allemand et portugais.

L'affaire du Prix Planeta argentin[modifier | modifier le code]

L'attribution en 1997 du Prix Planeta Argentine à son roman Argent brûlé a provoqué une polémique quand certains médias ont affirmé que le roman avait déjà fait l'objet d'un contrat éditorial avec Planeta, alors que le règlement du concours stipulait que le livre présenté ne pouvait avoir fait l'objet d'un contrat avec un tiers. L'écrivain Gustavo Nielsen, finaliste du même prix, intenta un procès à Ricardo Piglia et à son éditeur, faisant partie du groupe Planeta organisateur du prix, et gagna en deuxième instance. Ricardo Piglia se défendit en disant que, s'il était bien lié à Planeta par un contrat d'exclusivité pour toutes ses œuvres postérieures, il n'avait pas encore imaginé écrire ce roman quand il avait signé ce contrat en 1994 et, par ailleurs, Planeta en tant que maison d'éditions organisatrice du concours en pouvait pas être considérée comme un tiers, la clause ayant seulement pour objet de protéger Planeta de la signature du récipiendaire du prix avec une maison différente. Le fait même que Piglia ait présenté son roman sous le pseudonyme de Roberto Luminari et le titre Pour amour de l'art pour se protéger et concourir de manière impartiale lui fut reproché comme une circonstance aggravante et la preuve d'une volonté délibérée de manipuler le Jury. Terminé en juillet 1997, le roman fut présenté aussitôt au concours dont la date limite de dépôt était fixée au mois d'août. L'erreur de Piglia fut de confier à A. Pauls en septembre qu'Argent brûlé allait sortir chez Planeta, c'est-à-dire deux mois avant que le prix Planeta soit décerné. Dès lors, il lui était difficile de prétendre que ce roman n'avait pas fait l'objet d'un contrat et le choix du pseudonyme se retourna contre lui. Ricardo Piglia reçut le soutien de cinquante écrivains et intellectuels argentins. Certains reprochèrent à Piglia d'avoir fait preuve de naïveté et d'avoir été vraiment mal conseillé dans cette affaire par son ami et agent Guillermo Schavelzon, lui-même ancien cadre du groupe Planeta, condamné avec lui. Mais en Argentine, rien ne se passe comme ailleurs et la paranoia, comme l'illustre bien l'œuvre de Piglia elle-même, se glisse par tout. Rien n'y fit, Ricardo Piglia et son éditeur furent finalement condamnés à verser 10000 pesos. Même si la qualité de l'œuvre primée n'était pas en cause, l'image de Ricardo Piglia en Argentine n`a pas été affectée par cette affaire, et en autres pays non plus. (Prix Romulo Gallegos 2011 entre autres)

Piglia et le cinéma[modifier | modifier le code]

Il a écrit les scénarios des films Corazón iluminado (1996), de Héctor Babenco; La Sonámbula (1998), de Fernando Spiner; El Astillero (2000), de David Lipszyc, basé sur le roman éponyme de Juan Carlos Onetti. Marcelo Piñeyro a réalisé Vies brûlées (2000), avec un scénario du même Piñeyro et de Marcelo Figueras, adaptation du roman Argent Brûlé de Piglia, film qui a obtenu en Espagne le Prix Goya 2000 du meilleur long-métrage étranger de langue espagnole.

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Faux Nom (nouvelles, 1975, traduction par Françoise Campo-Timal, parue aux éditions Arcane 17 en 1990).
  • Respiration artificielle (roman, 1980, traduction par Antoine et Isabelle Berman, parue aux éditions André Dimanche en 2000).
  • Rencontre à Saint-Nazaire (nouvelle, 1989, traduction par Alain Kéruzoré, parue aux éditions MEET, livre bilingue, en 2005).
  • Argent brûlé (roman, 1997, traduction par François-Michel Durazzo, parue aux éditions André Dimanche en 2001, nouvelle traduction parue aux éditions Zulma en 2010, et en édition de poche J'ai lu en 2013).
  • La ville absente (roman, 1992, traduction par François-Michel Durazzo, parue aux éditions Zulma en 2009).
  • Le dernier lecteur (essai, 2005, traduction par Alain Gabastou, parue chez Christian Bourgois Éditeur en 2008).
  • Cible nocturne (roman, 2010, traduction par François-Michel Durazzo, parue aux éditions Gallimard en 2013, édition de poche Folio en 2014).
  • Pour Ida Brown (roman, 2013, traduction par Robert Amutio, parue aux éditions Gallimard en 2014).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roberto Echavarren. “La literariedad: Respiración artificial, de Ricardo Piglia”, Revista Iberoamericana, University of Pittsburg, U.S.A., vol. XLIX, October-December 1983, No. 125, p. 997–1008.

Liens externes[modifier | modifier le code]