Riaumont

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Chapelle du monastère de la Sainte-Croix de Riaumont
Image illustrative de l'article Riaumont
Présentation
Culte Catholique romain traditionaliste
Rattachement Commission pontificale « Ecclesia Dei »
Début de la construction 1960
Fin des travaux Nouvelle église Saint Jean-Baptiste en cours de construction
Architecte Principalement Gabriel Ambroselli
Style dominant Néo-roman mâtiné d'éléments contemporains
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Pas-de-Calais
Commune Liévin
Coordonnées 50° 24′ 59″ N 2° 47′ 14″ E / 50.416476, 2.787324 ()50° 24′ 59″ Nord 2° 47′ 14″ Est / 50.416476, 2.787324 ()  

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Chapelle du monastère de la Sainte-Croix de Riaumont

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Chapelle du monastère de la Sainte-Croix de Riaumont

Riaumont (nom signifiant le « mont royal ») est situé sur la colline de Riaumont, à Liévin, dans le département du Pas-de-Calais en France, dans l'ancien pays d'Artois.

Ce terme générique désigne à la fois un ordre monastique de spiritualité bénédictine et scoute, un village d'enfants accueillant des élèves en pension et un groupe scout dépendant de l'association des éclaireurs neutres de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondés par le père Revet en 1958, le village et la communauté religieuse associée sont dirigés par celui-ci jusqu'à sa mort en 1986. Le père Jean-Paul Argouarc'h lui succéde à la tête de l'institution ; ce dernier est lui-même remplacé, en tant que prieur, en 2002 par le père Alain Hocquemiller.

Construit pour les jeunes à la demande de la DDASS et des juges du Pas-de-Calais[réf. nécessaire], le foyer et l'école hors contrat reçoivent des enfants en difficulté. L’établissement devient un foyer d'accueil de la DDASS qui y confie des enfants placés sous sa tutelle. L’État finance la construction et l’entretien de plusieurs bâtiments ainsi que le salaire des éducateurs. Les enfants travaillent sur les chantiers en vue de la construction des bâtiments (foyers, ferme, chapelle, local scout, monastère), parfois comme application pratique de l'enseignement technique[1] dispensé, ce qui contribue à transformer le centre d'accueil en maison religieuse catholique. Parallèlement, la fondation d’un ordre scout de religieux est entrepris par le père Revet et Mgr Rupp.

En 1979, la DDASS pointe des dysfonctionnements (mauvaises conditions d’hygiène et de sécurité sanitaire). Elle décide de fermer le foyer en avril 1982. L’établissement accueille alors des enfants placés par leurs familles, notamment des enfants originaires d'Asie du sud-est.

L'œuvre reçoit dès sa fondation le soutien d'écrivains comme Gilbert Renault (de son nom de plume « colonel Rémy »), Serge Dalens et Jean-Louis Foncine, auteurs de la collection Signe de Piste, Pierre Joubert, le dessinateur scout[réf. nécessaire].

Institut de la Sainte-Croix de Riaumont[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Cet ordre religieux scout est, selon la volonté de son fondateur, dans la lignée des ordres scouts qu'avait fondés le père Jacques Sevin : « une vie religieuse dans l'esprit de scoutisme au service des jeunes » . Sa règle lui confère une double filiation, celle de l'ordre de Saint-Benoît (les religieux sont des oblats bénédictins) et celle du scoutisme.
En 1971, les statuts sont approuvés par dom Jean Roy, abbé de Fontgombault et Mgr Jean Rupp, évêque de Monaco. Ce dernier a été prieur général de la première fondation du père Sevin, l'ordre de la Sainte Croix de Jérusalem. En 1991, les constitutions sont approuvées définitivement par Jean-Paul II et l'évêque d'Arras. La bure et le scapulaire sont repris des bénédictins. Quant à l'habit de cérémonie, une cape blanche marquée d'une croix potencée rouge, il se réfère au scoutisme et aux ordres militaires religieux. Le symbole principal en est la croix potencée, insigne des scouts de France et ayant pour origine la croix du royaume de Jérusalem.
Le Libre Journal de la France Courtoise le considère comme « le dernier ordre de chevalerie, l’ultime rempart de résistance spirituelle, morale et physique à l’aveulissement généralisé »[2].

Extrémité droite du transept de la chapelle du monastère.

Cet ordre religieux de droit pontifical se rattache au motu proprio Ecclesia Dei[3] de 1988, et célèbre la liturgie selon le rite tridentin

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

L'Institut dispose de sa propre chapelle dans l'enceinte du village ; ses offices dominicaux étant ouverts au public[4]. En 2003, Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque d'Arras, bénit la première pierre d'une nouvelle église en construction dédiée à saint Jean-Baptiste. Elle s'inscrira dans un plan de 72m sur 35m.

L'École Saint Jean de Bosco, le village d'enfants[modifier | modifier le code]

Créée en 1990, elle est un collège qui comprend un internat avec différents cursus dans un cadre hors-contrat de l'Éducation nationale. Les activités extrascolaires et de plein air sont nombreuses. La pédagogie de l'école se présente comme un retour au « réalisme chrétien », inspirée du scoutisme fondé par Baden Powell. L'objectif pédagogique de l'école est de réaliser une éducation « pleinement chrétienne s'inspirant du réalisme thomiste et de la pédagogie du scoutisme ».

Concernant la pédagogie scoute proprement dite, certains la rapprochent d'une description donnée par l'historien du scoutisme Jean-Jacques Gauthé dans un article du journal « Le Monde » du 2 septembre 1998 intitulé Les Petits Soldats du scoutisme : « Défense du vrai scoutisme, puisqu'ils estiment que celui-ci a été dénaturé par les Scouts de France […] défense de la vraie foi à travers la messe de saint Pie V […] contestation des valeurs issues de la Révolution de 1789 […] références constantes à la contre-révolution dont ils épousent les thèmes. […] Les valeurs qu'ils défendent sont celles du dépassement de soi par des activités physiques exigeantes, de la virilité se traduisant parfois par un style paramilitaire […] La volonté de former une élite catholique est manifeste. »

Le scoutisme[modifier | modifier le code]

Issue de la troupe Scouts de France « 1re Lens » dans les années 1960, l'association des scouts et guides de Riaumont refuse la réforme des scouts de France intervenue en 1964 (séparation de la tranche adolescente en deux branches: pionniers et rangers) et rejoint temporairement les Scouts d'Europe afin de garder une pédagogie unitaire.

Le Père Revet, inquiet de la tendance européiste développée par le régionaliste breton Pierre Géraud-Keraod, préféra se joindre, en 1968, aux Scouts et Guides Saint-Georges, plus « nationaux »[5]: Le Père Revet mit d’ailleurs le site de Riaumont à disposition pour la fondation de cette fédération. Cependant, les tensions liées à l'application de la réforme liturgique du concile Vatican II au sein des Scouts et Guides Saint-Georges aboutissent, en 1980, à la création de l'Association française de scouts et guides catholiques. Finalement, les scouts de Riaumont[6] rejoignent, en 2002, les Éclaireurs neutres de France (ENF), mouvement de scoutisme fondé en 1947, agréé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, dont ils sont une association affiliée.

L'affaire de 2001[modifier | modifier le code]

En juin 2001, le suicide dans les murs de cette institution d'un jeune de 14 ans donne l'occasion à une inspection générale de l'établissement par les services de la préfecture d'Arras ainsi que les inspecteurs de l'Aide sociale à l'enfance délégués sur place qui mettent hors de cause la pédagogie de l'établissement.

« La Voix du Nord » avait pourtant publié, le 17 juin 2001, un article qui donnait un point de vue particulièrement critique. Il cite le témoignage d'un enfant qui décrit de mauvais traitements : « Une fois, avec des copains, […] on a dû sentir et laver les slips sales des autres, on nous a mis le nez dedans parce qu'on avait glissé dans la boue en jouant » et une ambiance particulière : « À Riaumont, c'est une ambiance militaire ». Ce point de vue est repris à sa manière par Charlie Hebdo. Serge de Beketch, défenseur de Riaumont, commente cette décision dans sa publication «Le Libre Journal de la France Courtoise » du 8 octobre 2003[7] « le torchon alter-mondialiste des amis (déloyaux) du pédomane Patrick Font s’emparait de la mort d’un scout de Riaumont pour diffamer les orphelins de Béthune (Patrick Besson) en termes (et graffitis) si orduriers qu’on ne peut les citer. Le Village d’Enfants s’est défendu devant la XVIIe Chambre. Il a été débouté. »

Le village de Riaumont publie alors un droit de réponse. Par ailleurs, une partie de la famille du jeune garçon a adressé une lettre visant à rétablir la vérité qu'elle estimait déformée par l'article en question. L'autre partie de la famille souhaitait le retrait de l'enfant du pensionnat. Selon l'ADFI (Association pour la défense de la famille et de l'individu), « ce n'est pas un établissement sectaire mais il se situe à la frange. » L'ADFI, qui est une association reconnue d'utilité publique, a rendu cette conclusion sans s'être rendue sur place.

Cette affaire ponctuelle, malgré l'écho médiatique dont elle a été l'objet, ne remet pas en cause le travail d'éducation comme le souligne le rapport des inspecteurs de l'Aide sociale à l'enfance dépêchés sur place après l'accident. Et toutes les enquêtes judiciaires menées sur ce suicide ont conclu que cela pouvait peut-être provenir d'un problème familial, mais sans aucun lien avec l'institution du Village d'Enfants Riaumont [réf. nécessaire].

Quelques éléments du village[modifier | modifier le code]

Le village possède quelques curiosités qui ont trait au scoutisme, tel un Mémorial[8] à la mémoire des scouts morts pour la France, un musée « scout » qui regroupe de nombreux insignes et pièces d'uniforme issus des différentes associations scoutes ou, encore, différents vêtements liturgiques et objets ayant appartenu soit à des aumôniers scouts, soit à des aumôniers des tranchées, durant la Première Guerre mondiale. On peut y voir des œuvres du peintre et sculpteur Gérard Ambroselli ainsi que des œuvres de Pierre Joubert. Par ailleurs, pour les chercheurs et universitaires, le « labo scout » regroupe de nombreux ouvrages, journaux et écrits divers sur le scoutisme. Il y a également une boutique vendant des vêtements et articles scouts.

De nombreux scouts et guides de différentes associations s'y retrouvent régulièrement pour un Village de Noël[9] (vers la St Nicolas), et parfois pour de gigantesques feux de camp dit « Feux de la Saint-Jean ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]