Rhombe (instrument)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le rhombe est un instrument à vent primitif se servant du frottement de l'air ambiant pour produire un son. Cet aérophone est sans doute un des plus anciens instruments connus (on a retrouvé des modèles vieux de 17 000 à 25 000 ans selon les sources en Dordogne ou en Amazonie). Il est universellement répandu chez les peuples premiers (Nouvelle-Guinée, Australie, Amérique du Nord, Afrique du Sud) où il est associé à la chasse ou à des rituels.

Sa sonorité rugissante a été comparée à celle du vent, du tonnerre, aux cris des dieux, des esprits ou des ancêtres intercesseurs entre le monde terrestre et le monde supra naturel, parfois liée à des rites de passage ou d'initiations (en Irian Jaya par exemple). Le rhombe servit aussi d'épouvantail à fauves et à éléphant (en Malaisie par exemple).

En Australie les rhombes (appelés tjurunga ou churinga) sont des pièces de bois allongées et plates, sculptées, peintes (ou les deux) sur les deux faces de dessins sacrés. D'après Barbara Glowczewski : « Dans la mythologie masculine des Pitjantjatjara (tribu résidant près d'Ayers Rock), les héroïnes Aknarintja, femmes mythiques, conçoivent sans hommes grâce au son des rhombes qu'elles détiennent » (Du rêve à la loi chez les Aborigènes, PUF, 1991).

Théocrite, dans sa deuxième idylle, met en scène une femme, Simaitha qui essaie de retrouver l'amour de son amant en utilisant entre autres le rhombe comme instrument de pratique magique[1].

Facture[modifier | modifier le code]

Il est constitué d’une planchette de bois, d’os ou de métal en forme de lancette de 15 à 75 cm, au contour parfois dentelé ou biseauté, attaché aux doigts ou à un manche par une cordelette de plusieurs mètres.

Jeu[modifier | modifier le code]

On le fait tourner en l'air au moyen de la cordelette dans un mouvement circulaire, ce qui fait vibrer l’air ambiant et crée un vrombissement dont le son varie en fonction de la forme, de la taille du morceau de bois, et de la vitesse de rotation.

Ils sont utilisés par de nombreuses tribus pour avertir les non-initiés du déroulement d'un rituel sacré. Les Aborigènes font tournoyer les rhombes au-dessus de leur tête maintenus par une ficelle de cheveux, produisant un son caractéristique reconnu par tous comme étant le signe du déroulement d'une cérémonie.

Rhombe africains (Pitt Rivers Museum, Oxford)

Appellations variées[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [1] Théocrite, Idylles, II

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Un autre aérophone à air ambiant : le diable.

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]