Rhissa Ag Boula

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Rhissa Ag Boula est un homme politique touareg du Niger.

1990-1995 : Rébellion[modifier | modifier le code]

Leader historique de la rébellion de 1990-1995, il était le chef du Front de libération de l’Aïr et de l’Azaouak (FLAA) et a mené en son nom des négociations avec le gouvernement de Niamey, qui ont abouti à la signature d’un accord de paix «définitif» le 24 avril 1995.

Né a Talak voisine d'Arlit (ville des mines d'uranium) située au pied du massif de l'Air, à 1700 km de Niamey. Il fonde en 1983 avec Mano Dayak, leader touareg mort en 1995, et des amis francais Temet S.A., une agence de voyages. En 1991, alors que le pays vit au rythme consensuel de la Conférence nationale, il fait partie du petit groupe qui lance la lutte armée contre le pouvoir central. Celle-ci va durer quatre ans. Il dirige le Front de libération de l'Aïr et de l'Azawagh (FLAA), dont le premier fait d'armes consiste en l'attaque d'un poste militaire à Aderbissinat, le 30 décembre 1991. En 1993, le FLAA éclate en trois mouvements : le Front de libération du Tamoust (FLT), l'Armée révolutionnaire de libération du Nord-Niger (ARLNN) et le Front de libération de l'Aïr (FLA), que dirige Rhissa Ag Boula. Celui-ci participe aux négociations avec Niamey. Les pourparlers débouchent sur la signature d'un accord de paix définitif le 24 avril 1995.

1997-2004 : Politique[modifier | modifier le code]

Ministre du Tourisme et de l'Artisanat de 1997 à 2004, il a battu des records de longévité ministérielle. L'ancien rebelle fait son entrée au gouvernement, sans l'avoir vraiment choisi : « Comme je me trouvais dans le Nord, j'ai appris ma nomination le 5 décembre 1997, soit quatre jours après la formation du gouvernement, raconte-t-il. De toute façon, je ne pouvais pas refuser, le processus de paix en dépendait. ». Contraint de séjourner dans la capitale, le nouveau promu n'apprécie pas particulièrement le mode de vie sédentaire et s'offre une escapade dans le Ténéré dès que son agenda le lui permet. Il reconnaît avoir du mal à travailler dans un bureau, à se plier au protocole d'État : « Habiter Niamey, c'est le bagne ! » Ce qui ne l'empêche pas de s'investir sans retenue dans sa mission ministérielle. Véritable VRP de la « destination Niger », il va se faire l'ambassadeur du pays auprès des voyagistes européens. De foires en salons, toujours coiffé de son chèche touareg, il multiplie les déplacements pour convaincre ou rassurer les sceptiques. Dans un français hésitant, il parle avec passion des grands espaces où il a vu le jour. Il ira même jusqu'à relever le pari insensé lancé en 1998 par le styliste Alphadi : organiser dans les dunes de Tiguidit le premier Festival international de la mode africaine. « Il ne ménageait pas sa peine pour que les professionnels du tourisme se sentent bien au Niger, raconte Maurice Freund, le directeur de Point Afrique. Et il ne travaillait pas seulement pour sa région. Il s'est toujours attaché à développer une industrie touristique sur l'ensemble du territoire nigérien, y compris au Sud. ».

2004-2010 : Arrestation et procès[modifier | modifier le code]

Accusé en 2004 de complicité dans le meurtre d'Adam Amangué, président de section du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir), il démissionne du gouvernement. Après plusieurs épisodes juridiques il est réhabilité officiellement en décembre 2010. Rhissa Ag Boula a été inculpé le 19 février 2004. Il est accusé d’être «complice» dans le meurtre de Adam Amangué, militant du Mouvement national pour la société de développement (MNSD, au pouvoir) abattu le 26 janvier de «trois balles dans la tête tirées à bout portant» à Tchirozérine, près d’Agadez. Amadou Ibrahim dit «Bambino», Alassane Alabo, et Rhissa Attaher dit «Saïdane » auraient cité Rhissa Ag Boula comme étant leur complice. Au lendemain de son départ du gouvernement, M.Ag Boula avait démenti toute responsabilité dans ce meurtre, affirmant avoir de lui-même quitté le gouvernement pour ne pas «gêner» le régime. Le Front de libération de l'Aïr et de l'Azaouak (FLAA), dirigé par Mohamed Ag Boula, alias "Kiddi", avait voulu "échanger" quatre militaires qu'il détenait en otages depuis 5 mois contre son frère Rhissa Ag Boula incarcéré en février 2004 à Say pour 1 an. Des négociations libyennes ont abouti à la libération provisoire de Ag Boula, un mois après la libération des otages. De 2005 à 2007, Rhissa Ag Boula est en liberté provisoire en attendant son procès et part en exil en France de 2007 à 2008. Il tente alors une médiation au nom des rebelles exilés en Europe. Il est condamné à mort par contumace le 14 juillet 2008, et prend le maquis. N’ayant plus rien à retirer de constructif du régime de Tanja, il se lance une nouvelle fois dans la rébellion.

2007-2010 : Rébellion[modifier | modifier le code]

De 2007 à 2009, le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice) déclenche une nouvelle rébellion au Niger par suite de la non-application des accords de paix de 1995. Rhissa Ag Boula crée alors le mouvement du FFR après sa condamnation à mort de juillet 2008. Après le 18 février 2010, coup d'État contre le gouvernement nigérien. Rhissa Ag Boula et les autres chefs rebelles retournent à Niamey en faisant pression sur la junte pour accélérer la réinsertion des anciens rebelles. Le 29 mars 2010 il est arrêté à Niamey.

Fin 2010 : Réhabilitation[modifier | modifier le code]

Le 4 décembre 2010 il bénéficie d’un non-lieu à la Cour d’Assises de Niamey, et est lavé de tout soupçon " suite à la machination de Tanja et de la mafia qui l’entoure ".

2011 : Retour à la vie politique[modifier | modifier le code]

En janvier 2011 il est élu conseiller régional d’Agadez pour un mandat de 4 ans, et en septembre 2011 nommé conseiller du Président de la République, Mahamadou Issoufou.Il s'oppose clairement à la rébellion qui se déroule au Mali depuis le 17 janvier 2012.Devenu messager de la paix, il organise pour la jeunesse et les organisations de la société civile rencontres et conférences sur ce thème, dans les oasis et campements de la région d’Agadez.