Rhinovirus

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Les rhinovirus sont une espèce de virus appartenant à la famille des Picornavirus. Leur nom provient du fait que ces virus possèdent une adaptation spéciale pour croître dans les voies nasales. Leur température de croissance optimale, dans les alentours de 33 °C, existe à l’intérieur de voies nasales. On retrouve rarement les rhinovirus dans les selles. Ils sont l’agent causal principal du rhume, la rhinite, chez l’humain. Le premier fut découvert en 1956. Au début du XXie siècle, il y a plus de 100 sérotypes différents de rhinovirus humains connus.

Classification[modifier | modifier le code]

Les rhinovirus humains sont divisés en trois groupes selon leur récepteur spécifique. Le groupe le plus vaste, contenant 91 sérotypes, se nomme le groupe majeur. Les récepteurs spécifiques de ce groupe sont les ICAM-1. L'ICAM-1 est une molécule d’adhérence intercellulaire présente en faible concentration dans les membranes des leucocytes et des cellules endothéliales. Le deuxième groupe, le groupe mineur, est composé de 10 sérotypes. Le récepteur spécifique de ce groupe est le récepteur de lipoprotéine de basse densité (récepteur LDL). Le dernier groupe comprenant un seul sérotype, HRV87, l’autre groupe, a pour récepteur spécifique une sialoprotéine.

Composition[modifier | modifier le code]

Les rhinovirus sont des petits virus nus à ARN positif simple brin d’un diamètre de 30 nm. Le brin d’ARN est emballé dans une protéine de protection, la capside. La structure de la capside est icosaèdrique à symétrie cubique. La capside a une épaisseur de 5 nm et est formée de 60 copies de chacune des quatre protéines virales : VP1, VP 2, VP3, VP4. Dans les VP1 de chacun des douze pentamères il y a une dépression. Dans cette dépression, aussi appelé canyon, on retrouve le site de liaison au récepteur ICAM-1.

Le génome des rhinovirus est un simple brin d’ARN positif d’une longueur de 7200 bases. L’extrémité 5’ du génome est liée à une petite protéine virale (VPg), cependant si on retire cette protéine de l’ARN la virulence reste inchangée. Ensuite, on retrouve la longue région non traduite (5'-NTR), cette région permet la liaison au ribosome, suivi des régions P1, P2 et P3. Ensuite, il y a la courte région non traduite (3'-NTR), cette région n’est pas nécessaire en culture cellulaire, et pour terminer et il y a la queue poly A à l’extrémité 3’. La section P1 contient les 4 gènes du manteau : 1A, 1B, 1C, 1D. Les sections P2 et P3 contiennent les gènes de la polyprotéine de clivage et de synthèse d’ARN : 2Apro, 2B, 2C, 3A, 3B, 3Cpro, 3Dpol.

La traduction de l’ARN viral procure une polyprotéine contenant environ 2 200 acides aminés, ce qui représente 91 % du génome. Ensuite, grâce à une action de clivage co-traductionnelle entre P1 et P2 grâce à la protéase 2Apro, une action autocatalitique entre 1A et 1B, et l’action de la protéase 3Cpro il y a obtention de toutes les protéines virales. 1A, 1B, 1C, 1D codent respectivement pour VP4, VP2, VP3 et VP1, 2A et 3C codent pour les protéases, 3B code pour VPg et 3D code pour la polymérase.

Stratégie de réplication[modifier | modifier le code]

Premièrement, le virion 150S va se lier à son récepteur spécifique. Ensuite, il y a recrutement de récepteurs supplémentaires. Ces liaisons vont provoquer l’extrusion de VP4. L’ARN va pouvoir pénétrer dans la cellule par son côté 5’. L’ARN une fois dans la cellule perd sa protéine VPg. L’ARN va être traduit par les ribosomes dans le cytosol. Ensuite, il va avoir assemblage de la capside. L’ARN va pénétrer dans le réticulum endoplasmique lisse et y subir une première réplication. Cette réplication produit des brins d’ARN négatifs. Il y a ensuite une deuxième réplication qui produit des brins d’ARN positifs. La protéine VPg se lie à l’ARN à l’intérieur du réticulum endoplasmique lisse, elle semble jouer un rôle dans la réplication du génome. L’ARN négatif retourne dans le cytosol et pénètre à l’intérieur d’une capside vide nouvellement formée. Ensuite, il y a une période de maturation dans le cytosol. Cette étape de maturation consiste à l’action autocatalyque de VP0 pour obtenir VP4 et VP2. Pour finir il y a relargage des virions dû à la désintégration de la cellule hôte que l’infection provoque.

Effet pathogènes et symptômes[modifier | modifier le code]

Les rhinovirus se répliquent dans l’épithélium des voies respiratoires supérieures. Ils provoquent le rhume (rhinite) associé à des céphalées et une inflammation des voies aériennes supérieures. Ils provoquent aussi des rhinorrhées profuses, toux et perte de l’odorat. On le retrouve en abondance dans les sécrétions nasales. Chez les enfants allergiques et les adultes bronchitiques chroniques l’infection peut occasionner des bronchites asthmatiformes. Malgré la desquamation de l’épithélium, l’inflammation se prolonge même après la phase de multiplication virale. La résistance à une surinfection serait plus importante au niveau des IgA sécrétoires des sécrétions nasales que du pool d’anticorps circulants. Cependant, ce type d'immunité locale ne serait pas efficace à long terme.

Les rhinovirus activent plusieurs voies d’inflammation qui pourraient avoir un lien dans la pathogénicité. Les médiateurs de ces voies d’inflammation sont l’histamine, les kinines, les prostaglandines, l’interleukine-1, l’interleukine-6, l’interleukine-8. Ces virus activent aussi le système nerveux parasympathique, qui stimulerait la sécrétion des glandes séromuqueuses et serait responsable du réflexe de reniflement.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

On retrouve les rhinovirus partout au travers le monde, mais les infections sont plus fréquentes dans les pays tempérés lors de l’hiver et de l’automne. Ils frappent surtout les communautés (école, famille, etc.). Un adulte va se faire infecter une à deux fois par année, ceci est dû au nombre élevé de sérotypes et aussi au fait que l’immunité locale contre une surinfection soit de courte durée. Les virus se transmettent de façon aérienne par gouttelettes et par des sécrétions nasopharyngées en aérosol. La transmission peut être aussi oro-fécale. Ces virus sont extrêmement résistants dans l’environnement, car ce sont des virus nus. Ceci leur donne l’avantage de pouvoir survivre longtemps sur une surface inerte.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Les virus peuvent être isolés à partir de prélèvements nasaux sur des fibroblastes en culture, après quoi on peut procéder à des tests de diagnostiques. Cependant, en clinique on ne procède pas à des tests de diagnostic dû au nombre élevé de sérotypes et du fait qu'habituellement les symptômes sont bénins.

Traitement[modifier | modifier le code]

Pour le traitement on tente de diminuer les symptômes et l’inflammation. Pour diminuer l’inflammation on peut administrer des glucocorticoïdes tels que Fluticasone. On peut aussi administrer des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tel que l’aspirine. On peut administrer des décongestionnants sympathomimétiques tels que Cedafed ou Balminil. On peut administrer des antagonistes de l’histamine H1 qui vont diminuer l’effet de l’histamine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Huraux Nicolas, Jean-Claude et Henri Agut, Collections : Collection De la biologie à la clinique, Flammarion, Paris, 1985 (ISBN 2-2571-0445-5)
  • Drew, William Lawrence, Viral infections a clinical approach, Davis, Philadelphia, 1976 (ISBN 0-8036-2898-6)
  • Radu Crainic éd., Jean-Claude Nicolas éd., Collections : Biologie, Cachan : Éditions médicales internationales, Paris, 1993, (ISBN 2-8520-6909-1)
  • Douglas D Richman, Richard J Whitley, Frederick G Hayden, Clinical virology, Washington, D.C. : ASM Press, 2002 (ISBN 155581226)
  • Georges Cheymol, Pharmacologie intégrée 1ère Édition, DeBoeck Université 1999. (ISBN 2-7445-0015-1)