Reynaud Levieux

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Reynaud Levieux

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La sainte famille
Musée Pierre-de-Luxembourg

Naissance 6 janvier 1613
Nîmes
Décès 17 mars 1699
Rome
Nationalité Drapeau de la France France
Activités artiste peintre
Maîtres Nicolas Poussin
Mouvement artistique Peintures religieuses

Reynaud Levieux né à Nîmes le 6 janvier 1613 et mort à Rome le 17 mars 1699 est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Reynaud Levieux est le deuxième fils de Jean Levieux, peintre verrier, et d'Anne Dousse qui eurent dix enfants. Originaire d'Uzès la famille s'installe en 1612 à Nîmes où nait Reynaud le 6 janvier 1613.

Premier séjour à Rome[modifier | modifier le code]

Reynaud Levieux travaille d'abord dans l'atelier de son père, puis se rend à Rome pour parfaire ses connaissances. Il devient un peintre apprécié ; ses toiles de cette période ne sont pas toutes connues et on commence à en découvrir parfois cachées sous des noms illustres comme par exemple Thésée découvrant les armes de son père qui était attribué à Laurent de La Hyre[1]. Il fait partie d'une équipe de six peintres avec Pierre Mignard, Jean le Maire, Charles Errard, Jean Nocret et Nicolas Chaperon. Il est chargé, sous la direction de Nicolas Poussin d'exécuter de copies de chefs d'œuvres italiens.

Retour en France[modifier | modifier le code]

Il rentre à Nîmes en 1643 puis s'installe à Montpellier en 1647 où il peint une sainte famille pour la cathédrale de cette ville et participe à la décoration de l'hôtel d'Autheville. Il s'établit ensuite à Avignon en 1649 et dès 1651 travaille pour les chartreux de Villeneuve-lès-Avignon. À partir de ce moment sa carrière s'accélère et il travaille sur les mêmes chantiers que Nicolas Mignard. De 1642 à 1658 il reçoit plusieurs commandes de Dom louis de Lauzeray, prieur de la chartreuse Notre-Dame-du-Val-de-Bénédiction. Il peindra pour l'église de la chartreuse des toiles illustrant l'enfance du Christ où la Vierge Marie tient une place importante. Pour la salle du chapitre, lieu de pénitence et d'humilité, il peindra plusieurs toiles relatives aux mystères douloureux : Sainte Marie Madeleine éplorée, La Vierge à l'agneau et la descente de la croix qui ont disparu ainsi que La déploration du Christ par les anges et Le Christ en croix qui sont exposées au musée Pierre-de-Luxembourg de Villeneuve-lès-Avignon[2]. Une autre toile, Le couronnement d'épines, que l'on croyait perdue, a récemment été retrouvée[3].

Louis XIV, ayant apprécié au cours de son voyage effectué à Avignon en 1660 le talent de Nicolas Mignard, invite cet artiste à Paris en octobre 1660 ; le départ de ce peintre laisse le champ libre à Reynaud Levieux qui s'installe alors à Aix-en-Provence d'où il rayonne sur les villes environnantes. En 1666 il décore avec Jean Daret et Jean-Claude Rambot la chambre d'un hôtel particulier aixois situé rue de la verrerie et appartenant à Lucrèce de Forbin-Soliès, veuve d'Henri de Rascas et appelée « La Belle du Canet » à cause de sa grande beauté ; après son veuvage Lucrèce de Forbin deviendra la maîtresse de Louis de Vendôme, duc de Mercœur, gouverneur de Provence[4]. Le magnifique décor de cette chambre sera par la suite dispersé ; le musée des tapisseries d'Aix-en-Provence expose quelques décorations de Jean Daret et quatre dessus de porte peints par Levieux et représentant le printemps, l'été, l'automne et l'hiver[5].

Le cycle saint Jean-Baptiste[modifier | modifier le code]

Avignon possédait la particularité d'avoir deux confréries de Pénitents Noirs. La première, avait été fondée en 1488 sous le nom de Pénitents Noirs de la Nativité de saint Jean-Baptiste, à l'instigation de florentins exilés (d'où le nom de Pénitents Noirs Florentins qu'on leur donnait alors), et se situait dans l'enclos des Grands Augustins[6]. La seconde, née d'une scission intervenue en 1586, s'était donné le nom de Pénitents Noirs de la Miséricorde et occupait une chapelle rue Banasterie, sous le Rocher des Doms, qui est la seule à subsister de nos jours.

Reynaud Levieux, devenu confrère des Pénitents Noirs Florentins pendant qu'il était établi dans cette ville, se chargea à partir de 1651 de la reconstruction de la chapelle, donnant de nombreux plans de boiseries et décors, et surtout recevant commande d'un cycle de tableaux évoquant la vie du saint protecteur de la confrérie[7]. L'élaboration de ce cycle durera une quarantaine d'années, de 1656 à 1694. Ce grand laps de temps montre l'attachement de Reynaud Levieux à cette confrérie. Les toiles, dispersées lors de la démolition de la chapelle sous la Révolution, sont au nombre de neuf, dont sept nous sont parvenues :

  • Musée des Beaux-Arts de Nîmes : Saint Jean-Baptiste et Hérode, Arrestation de saint Jean-Baptiste, Décollation de saint Jean-Baptiste
  • Musée Calvet : L'ange Gabriel apparaissant à saint Zacharie
  • Hôpital de la Salpétrière à Paris : Zacharie bénissant saint Jean-Baptiste
  • Chapelle des pénitents noirs de la miséricorde d'Avignon : Saint Jean-Baptiste allant au désert, Baptême du Christ
  • Toiles perdues : Saint Jean-Baptiste interrogé par les scribes, la gloire de saint Jean-Baptiste
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Retraite à Rome[modifier | modifier le code]

En 1669 Reynaud Levieux part pour Rome où il restera durant trente ans jusqu'à son décès. Il habite une petite maison située Via Laurina qu'il louera jusqu'à sa mort[8]. Un de ses neveux, fils de son frère Jean d'Uzès, prénommé comme lui Reynaud, séjourne à ses côtés à Rome et s'y marie le 21 juin 1695 avec Marie-Jeanne Vaillant originaire de Lyon[9].

Reynaud Levieux décède le 18 mars 1699 et sera enseveli le lendemain dans l'église Sainte Marie-des-Anges (Santa Maria degli Angeli) à Rome.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres dans les églises[modifier | modifier le code]

  • Cathédrale Saint-Vincent de Viviers : Le retour d'Égypte
  • Église Saint-Maurice (ou Notre Dame des Grâces) à Caromb : Vierge à l'enfant avec les saints Michel, Matthieu, Maurice et ses compagnons (1671).
  • Collégiale Notre-Dame-des-Anges de L'Isle-sur-Sorgue : Assomption (date souvent lue : 1630 mais c'est certainement 1680).
  • Chapelle des Pénitents Noirs de la Miséricorde d'Avignon : Saint Jean-Baptiste conduit au désert par les anges et Le baptême du Christ, provenant toutes deux de la chapelle détruite des Pénitents Noirs Florentins, et deux autres toiles peintes à l'origine pour les Pénitents de la Miséricorde, Sainte famille avec sainte Anne et saint Guillaume d'Aquitaine, offertes par Guillaume Rousset, marchand et confrère des pénitents noirs de la miséricorde[10].
  • Cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon : Présentation[11].
  • Église Notre-Dame d'Alydon à Oppède-le-vieux : Remise du rosaire à saint Dominique et à sainte Catherine de Sienne[12]., tableau restauré en 2005.
  • Église Saint-Étienne à Sérignan-du-Comtat : La mort de saint Joseph.
  • Èglise de la Madeleine à Aix-en-Provence : La Visitation ; ce tableau aurait été exécuté pour la duchesse de Modène (nièce de Mazarin) qui l'aurait donné au couvent de la Visitation[13]
  • Église Saint-Jean-de-Malte à Aix-en-Provence : Saint Bruno aux pieds de la Vierge (1663)[14] , [15].
  • Chapelle Sainte-Anne à Cassis : La Vierge, sainte Catherine de Sienne et saint Louis.
  • Èglise Notre-Dame de l'Assomption à Lambesc : Saint Blaise à genoux aux pieds de Notre-Dame de la Rose et de saint Michel[16] et Notre Dame du rosaire[17].
  • Cathédrale de Nîmes : Les pélerins d'Emmaüs[18] ; ce tableau commandé par la chapitre de la cathédrale vers 1645 a fait l'objet d'une restauration récente[19].
  • Collégiale Notre-Dame de Villeneuve-lès-Avignon La crucifixion avec au pied de la croix la Vierge (mère des douleurs), sainte Madeleine, saint Jean et saint Étienne[20].
  • Église Saint-Louis-des-Français de Rome ; Saint Denis guérit un aveugle.

Œuvres dans les musées[modifier | modifier le code]

  • Musée Cantini à Marseille : Étude de berger[21] (dessin plume), Femme du peuple[22] (dessin crayon), Le Vieux Pont[23] (dessin plume), Personnage antique assis[24] (dessin plume), Vieille maison fortifiée[25] (dessin plume) et Adam et Éve[26] (dessin plume).
  • Musée Calvet d'Avignon: Jacob et Laban cherchant ses idoles[27], L'ange Gabriel apparaissant à saint Zacharie[28].
  • Musée Pierre-de-Luxembourg à Villeneuve-lès-Avignon : La crucifixion (1651)[20], La Sainte Famille (1651)[29] et La déploration du Christ par les anges (1651)[30].
  • Musée des beaux-arts de Nîmes : tableaux faisant partie du cycle de saint Jean-Baptiste ; Saint Jean-Baptiste reproche à Hérode de vivre en commerce criminel avec Hérodias, femme de Philippe son frère (1685)[31]., Décollation de saint Jean-Baptiste[32] et L'arrestation de saint Jean-Baptiste[33].

Collections particulières[modifier | modifier le code]

  • La Vierge à l'enfant au chardonneret[34]
  • Vierge en prière[35].
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Alauzen et Laurent Noet, Dictionnaire des peintres et sculpteurs de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marseille, Jeanne Laffitte,‎ 2006 (1re éd. 1986), 473 p. (ISBN 9782862764412), p. 286.
  • Étienne-Antoine Parrocel, Annales de la peinture, Ch. Albessard et Bérard,‎ 1862, 614 p. (lire en ligne), p. 188.
  • Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 18
  2. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 30
  3. Bruno Mottin, Quelques propositions pour Reynaud Levieux, Etudes vauclusiennes,‎ 2004-2005, 72 p. (ISSN 0153-9221.), p. 17
  4. Ambroise Roux-Alphéran, Les rues d'Aix : Recherches historiques sur l'ancienne capitale de la Provence, t. 1, Aix-en-Provence, Typographie Aubin,‎ 1848 (lire en ligne), p. 199
  5. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 37
  6. Alain Breton, La chapelle des Pénitents Noirs florentins, Etudes vauclusiennes,‎ 2004-2005, 72 p. (ISSN 0153-9221.), p. 51
  7. Alain Chevalier, Marcel Destot, Aleth Jourdan et Guy Tosatto, Musée des Beaux-Arts de Nîmes, Paris, Réunion des Musées Nationaux, coll. « Guide des collections »,‎ 2000, 144 p. (ISBN 2-7118-4096-4), p. 101
  8. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 43
  9. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 44
  10. « Notice no PM84000227 », base Palissy, ministère français de la Culture
  11. « Notice no PM84000120 », base Palissy, ministère français de la Culture
  12. « Notice no PM84001041 », base Palissy, ministère français de la Culture
  13. « Notice no PM13000103 », base Palissy, ministère français de la Culture
  14. Saint-Jean-de-Malte. Une église de l'ordre de Malte à Aix-en-Provence, Jean-Marie Roux, éd. Édisud, Aix-en-Provence, 1987, 63 p., p. 52
  15. « Notice no PM13000077 », base Palissy, ministère français de la Culture
  16. « Notice no PM13000569 », base Palissy, ministère français de la Culture
  17. « Notice no PM13000560 », base Palissy, ministère français de la Culture
  18. « Notice no PM30000169 », base Palissy, ministère français de la Culture
  19. INIST-CNRS
  20. a et b « Notice no PM30000641 », base Palissy, ministère français de la Culture
  21. « Étude de berger », base Joconde, ministère français de la Culture
  22. « Femme du peuple », base Joconde, ministère français de la Culture
  23. « Le Vieux Pont », base Joconde, ministère français de la Culture
  24. « Personnage antique », base Joconde, ministère français de la Culture
  25. « Vieille maison fortifiée », base Joconde, ministère français de la Culture
  26. « Adam et Éve », base Joconde, ministère français de la Culture
  27. Laban cherchant ses idoles
  28. Archange Gabriel
  29. « Notice no PM30000646 », base Palissy, ministère français de la Culture
  30. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 108
  31. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 140
  32. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 135
  33. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 137
  34. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 131
  35. Henri Wytenhove (préf. Antoine Schnapper), Reynaud Levieux et la peinture classique en Provence : Nîmes 1613 - Rome 1699, Aix-en-Provence, Édisud, coll. « Collection d'histoire religieuse méridionale »,‎ 1990, 183 p. (ISBN 2-85744-499-0), p. 132

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