Requin-lutin

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Le requin-lutin (Mitsukurina owstoni) est une espèce de requin de la famille monotypique des Mitsukurinidae qui comporte un seul genre, Mitsukurina. Il vit sur le talus continental, les canyons sous-marins et les monts sous-marins du monde entier, entre 30 et 1 300 m de profondeur, les adultes vivant plus profond que les juvéniles. Il peut atteindre 3,85 m de long. Cette espèce ressemble à nul autre requin, avec un long museau aplati, des mâchoires très protractiles garnies de dents en forme de clou. Il mesure généralement entre trois et quatre mètres de longueur à maturité, mais peut croître davantage.

Différentes caractéristiques anatomiques du requin lutin, comme son corps flasque et ses petites nageoires, suggèrent qu'il est lent par nature. Cette espèce chasse des poissons téléostéens, des céphalopodes et des crustacés à la fois à proximité du fond de la mer et au milieu de la colonne d'eau. Son long museau est couvert d'ampoules de Lorenzini, qui lui permettent de détecter les champs électriques produits par ses proies, qu'il peut capturer en étendant rapidement ses mâchoires. Un petit nombre de requins lutin sont involontairement capturés par la pêche en eau profonde. L'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) le considère comme Préoccupation Mineure, citant sa large distribution et la faible incidence de la capture.

Taxinomie[modifier | modifier le code]

C'est l'ichtyologiste américain David Starr Jordan qui décrit le requin -lutin dans un numéro Actes de l'Académie des Sciences de Californie en 1898. De par les nombreuses particularités anatomiques, il crée non seulement un nouveau genre, mais aussi une nouvelle famille. Il a fondé sa description sur un mâle immature de 107 cm de longueur capturé dans la baie de Sagami, près de Yokohama, au Japon pêché par un pêcheur japonais en 1897 au large du Japon. Le spécimen a été acquis par le capitaine du navire et naturaliste Alan Owston, qui l'a confié au professeur Kachiki Mitsukuri de l'Université de Tokyo, qui, à son tour, l'a apporté à Jordan. Ainsi, Jordan a nommé le requin Mitsukurina owstoni en hommage à ces deux hommes. Le nom commun « requin-lutin » est une traduction de son ancien nom japonais tenguzame, le tengu est une créature du folklore japonais souvent représentée avec un long nez et un visage rouge.

Peu de temps après la publication de la description de Jordan, plusieurs scientifiques ont noté la similitude entre Mitsukurina et la disparition du requin Scapanorhynchus au Mésozoïque. L'opinion dominante était de traiter Mitsukurina comme un synonyme junior de Scapanorhynchus. Finalement, des fossiles plus complets ont révélé de nombreuses différences anatomiques entre Scapanorhynchus et Mitsukurina, conduisant les auteurs modernes à les considérer à nouveau comme des genres distincts. Plusieurs spécimens de requins-lutins ont été décrits comme des espèces distinctes de 1904 à 1937, dont aucune n'est actuellement considérée comme valide. Cette confusion taxinomique s'explique par les mâchoires de ces spécimens ont été fixés à des degrés de saillie différents au cours de la conservation, donnant des différences proportionnelles de la tête.

Phylogénie et évolution[modifier | modifier le code]

Ce requin était très abondant sur toutes les côtes du Crétacé [1].

Description[modifier | modifier le code]

Bien que le requin lutin (ou requin-Gobelin) ait été découvert il y a presque un siècle, on n'en sait que fort peu sur cette espèce difficile à trouver. Seule quelques centaines de spécimens de ce requin d'aspect préhistorique ont été capturés.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition géographique du requin-lutin.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Cuny, Les requins sont-ils des fossiles vivants ?, EDP Sciences, coll. « Bulles de sciences », 2002, (ISBN 2868835384)