Renaissance amérindienne

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La Renaissance amérindienne (Native American Renaissance en anglais) est une expression forgée par le critique littéraire américain Kenneth Lincoln en 1983 pour désigner le renouveau de la littérature amérindienne entre 1969 et 1977. Entre La maison de l'aube de Navarre Scott Momaday, qui reçoit le prix Pulitzer de la fiction en 1969, et Cérémonie de Leslie Marmon Silko, paru en 1977, il y a en effet une forte augmentation d'auteurs amérindiens publiés.


Définition de la Renaissance amérindienne[modifier | modifier le code]

La Renaissance amérindienne désigne pour Kenneth Lincoln le renouveau de la littérature amérindienne à partir de Navarre Scott Momaday et son roman La maison de l'aube, publié en 1969.
Dans l'introduction de son livre Native American Renaissance, Kenneth Lincoln donne une première caractéristique de cette "Renaissance amérindienne": elle est une adaptation en des formes écrites occidentales des traditions orales amérindiennes[1].

« La Renaissance amérindienne qui est l'objet de notre présente étude couvre moins de deux décennies de littérature amérindienne publiée. C'est une renaissance écrite de traditions orales traduites en des formes littéraires occidentales. La littérature amérindienne contemporaine n'est donc pas tellement novatrice, c'est davantage une recomposition: des continuités transitoires qui émergent des formes anciennes.[2] »

À titre d'exemple, Kenneth Lincoln s'intéresse à l'écrivain James Welch, en particulier à son recueil de poèmes Il y a des légendes silencieuses[3]. L'universitaire démontre combien ces poèmes puisent pour partie leurs racines dans la tradition Pieds-Noirs des contes oraux[4].

Une deuxième caractéristique de la "Renaissance amérindienne", c'est qu'elle repose sur un grand nombre d'écrivains amérindiens et intéresse un public qui, pour une large part, n'a pas de racines amérindiennes[5].


Un concept critiqué mais toujours valable[modifier | modifier le code]

L'expression de "Renaissance amérindienne" est désormais consacrée dans le milieu universitaire[6], même si la pertinence du mot "Renaissance" pour ces années 1970 a pu être remise en cause, de même que de dater le moment fondateur de la publication de La maison de l'aube[7].
L'universitaire américain James Ruppert fait ainsi remarquer que "les universitaires hésitent à employer l'expression [de Renaissance amérindienne] car elle pourrait laisser entendre que les écrivains amérindiens n'avaient pas produit d'œuvre digne d'intérêt avant cette époque et que cette nouvelle génération d'écrivains surgit hors de tout temps long communautaire, sans racines tribales. Or, s'il y a renaissance, qu'en est-il de la naissance originelle?"[8]. James Ruppert reconnaît, cependant, combien l'expression est pratique: "Cependant, l'expression est utile pour désigner la hausse sans précédent de publications d'écrivains amérindiens entre La maison de l'aube [de Navarre Scott Momaday] en 1969 et Cérémonie [de Leslie Marmon Silko] en 1977."[9]
L'universitaire britannique Arthur Robert Lee pointe, quant à lui, le caractère désobligeant de cette expression envers la tradition orale[10].


Écrivains appartenant à ce mouvement[modifier | modifier le code]


Notes[modifier | modifier le code]

  1. Kenneth Lincoln, Native American Renaissance, 1983, page 8.
  2. Idem, ibidem: « “The Native American renaissance here targeted, less than two decades of published Indian literature, is a written renewal of oral traditions translated into Western literary forms. Contemporary Indian literature is not so much new, then, as regenerate: transitional continuities emerging from the old. »
  3. Kenneth Lincoln, op. cit, chapitre 7 "Blackfeet Winter Blues: James Welch".
  4. (en) James H. Cox, , Compte-rendu de lecture sur Native American Renaissance de Kenneth Lincoln. Dernier accès le .
  5. Kenneth Lincoln, op. cit.:« hundreds of tribal voices now facet a Native American renaissance: one pluralistic body of diverse peoples newly voiced in contemporary history. »
  6. James H. Cox, op. cit.: « Lincoln’s designation of this era as a renaissance continues to shape the scholarship in the field. ». Dernier accès le .
  7. Idem, ibidem: « While there is some resistance to calling the era a renaissance as well as some anxiety produced by our tendency to allow Momaday’s novel and the Pulitzer Prize to stand as the era’s origin point, that a Native American renaissance emerged in the 1960s and 1970s remains an infrequently challenged axiom in the field. ».
  8. James Ruppert, "Fiction: 1968-Present", dans Joy Porter et Kenneth M. Roemer, sous la direction, The Cambridge Companion to Native American Literature, Cambridge University Press, 2005, page 173.
  9. Idem, ibidem.
  10. Arthur Robert Lee, sous la direction, Loosening the seams: interpretation of Gerald Vizenor, Bowling Green State University Press/ University of Wisconsin Press, 2000, page 2


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Garrait-Bourrier et Monique Vénuat, Les Indiens aux États-Unis : renaissance d'une culture, Éditions Ellipses, 2002, 192 pages. (ISBN 2729811850)
  • Kenneth Lincoln, Native American Renaissance, University of California Press, 1985 (1983 pour la première édition), 320 pages. (ISBN 0520054571)
  • Joy Porter et Kenneth M. Roemer, sous la direction, The Cambridge Companion to Native American Literature, Cambridge University Press, 2005, 368 pages. (ISBN 0521529794)


Liens externes[modifier | modifier le code]

(en) James H. Cox, , Compte-rendu de lecture sur Native American Renaissance de Kenneth Lincoln. Dernier accès le .