René Moineau

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René Moineau en 1948
René Moineau en 1948

René Moineau, né le 11 août 1887 à Lisieux, France, et mort le 5 octobre 1948 à Bruxelles, Belgique, est l’un des pionniers français de l’aviation et un inventeur dans différentes branches de l’aéronautique et de la mécanique des fluides. Pilote et ingénieur chez Breguet, il conçoit dès 1915 son avion, le Salmson-Moineau, puis se consacre à l’invention de nombreux brevets dont la pompe Moineau toujours utilisée en industrie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et études[modifier | modifier le code]

Fils de Louis Moineau et de Marguerite Moitrier, René Joseph Louis Moineau naît à Lisieux le 11 août 1887 dans une famille originaire de la Nièvre et de la Lorraine. Il passe son enfance à Versailles puis à Nancy, où il obtient sa licence ès sciences en 1906 et le diplôme d’ingénieur de l’Institut d’Électrotechnique et de Mécanique. Dès 1909 il construit ses premiers planeurs biplans avant de découvrir le ballon libre et la montgolfière ; il passe son brevet de pilote de ballon libre la même année.

Les années Breguet[modifier | modifier le code]

En 1909, il y avait trois ans que Santos-Dumont avait déjà fait voler un engin plus lourd que l’air, et Farman, Voisin ou Blériot avaient également fait leurs premiers vols propulsés. Sept ou huit constructeurs d’avions sont alors présents en France. C’est chez Louis Charles Breguet que rentre René Moineau en janvier 1911 en tant qu’ingénieur-dessinateur; six mois après il passe son brevet de pilote. De 1911 à 1914, il mêle à son métier d’ingénieur celui de pilote d’essai pour le constructeur.

Manœuvres de l'Est, 1911
Biplan Breguet piloté par René Moineau, 1911

La guerre[modifier | modifier le code]

Mobilisé en août 1914 comme pilote, il est affecté à l’escadrille Breguet 17[1] et participe aux missions de reconnaissance aérienne et de soutien à l’infanterie. En 1915, il construit son premier avion à Vélizy, un biplan biplace à hélice arrière propulsive. La même année, sur une commande de l’armée pour disposer d’un avion de reconnaissance à grand rayon d’action, il s’associe aux établissements Salmson et construit le Salmson-Moineau, biplan biplace d’une envergure de 17 mètres. L'avion fut testé début 1916 et une commande de 100 exemplaires fut passée bien que l'avion soit inférieur au Sopwith 1½ Strutter qui équipait très largement les unités (plusieurs milliers d'exemplaires). En service, le S.M.1 n'eut guère de succès. le train d'atterrissage à roulette de nez se fracassait en cas de mauvaise utilisation et causa de nombreux accidents. Le système de transmission complexe (un moteur latéral entraînant deux hélices par un jeu de cames sophistiquées) était délicat à maintenir en opération et les performances étaient insuffisantes. Environ 150 S.M.1 furent construits. L'avion fut retiré du service en 1917 mais quelques uns servirent jusqu'à fin 1918. La Russie impériale acheta quelques S.M.1, mais ils n'y furent pas mieux appréciés. [1]

L'époque des inventions[modifier | modifier le code]

De 1918 à 1948, René Moineau dépose plus de cinquante brevets, dont une quinzaine concernent directement l’aéronautique, les autres étant liés à la mécanique des fluides, aux pompes et aux compresseurs utilisés par l’aéronautique. Trois ans avant l’ingénierie américaine, il dépose en 1918 le brevet du premier train d'atterrissage escamotable ou rentrant, et celui d’un monoplan sans hauban. À partir de 1920 il s’intéresse aux ailes battantes et aux ailes tournantes qu’il juge d’avenir. Il crée en 1924 sa société Avions René Moineau[1], mais souffre de l’administration française qui ne s’intéresse plus à l’aviation depuis la fin de la guerre. Ses travaux et ses brevets se succèdent néanmoins autour des « machines volantes » à ailes tournantes qui préfigurent l’hélicoptère. En 1939 il obtient son doctorat d’État pour une thèse portant sur deux sujets : « l’aile battante » et « un nouveau capsulisme ».

Un nouveau capsulisme[modifier | modifier le code]

Principe du capsulisme
Principe du capsulisme

Sur la base de ses recherches sur les compresseurs utilisés en aéronautique, René Moineau se penche dans les années 1930 sur un innovant système de pompe. Ce « nouveau capsulisme » se fonde sur le principe d’un rotor excentré tournant dans un stator hélicoïdal. Ce procédé, initialement compresseur, connut bientôt un fort succès industriel comme pompe.

Le rotor en métal est un engrenage à une dent, le stator en élastomère est un engrenage à deux dents. Lorsque le rotor est inséré dans le stator, une double chaîne de cavités étanches (alvéoles) est constituée. Dès que le rotor tourne, les alvéoles progressent le long de l’axe de la pompe sans changer de forme ni de volume et transfèrent ainsi le fluide de l’aspiration au refoulement. Les avantages sont : un auto-amorçage, un débit constant et non pulsatoire, un rendement élevé, une réversibilité de la pompe, la stabilité à la pression. La pompe Moineau permet également de transférer des fluides visqueux ou abrasifs, hétérogènes, fragiles, émulsionnant ou multibasiques.

En 1932, René Moineau fonde la société PCM (Pompe, Compresseur, Mécanique), dont il délègue la direction, et qui vendra ses licences à plusieurs sociétés dans le monde dont : Mono Pumps (UK), Moyno Pump (Robbin & Meyers, USA). En 1948, il décide de s’installer en Belgique avec le projet de partir aux États-Unis pour poursuivre ses travaux d’ingénieur. Il meurt à Bruxelles le 5 octobre 1948 à l'âge de 61 ans.

En 2005, plus de 200 000 pompes Moineau étaient encore fabriquées chaque année dans le monde, notamment pour l’industrie pétrolière et gazière (pour le gaz de couche notamment).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Moineau, René Moineau, aviateur et inventeur, Les éditions de l’officine, Paris 2006.
  • Henri Cholet, Les pompes à cavités progressantes, IFP, éditions technip, Paris 1997.
  • Louis Breguet, Louis Breguet. Trente ans au service de l'aviation, Blondel la Rougerie, 1938.
  • Louis Breguet, Les avions Louis Breguet. 1908-1938, (s.d.).
  • Charles Dolfuss, Henry Boucher, Histoire de l'Aéronautique, L'Illustration, 1942.
  • Albert Etévé, Avant les cocardes. Les débuts de l'aviation militaire, Lavauzelle, 1961.
  • Albert Etévé, La victoire des cocardes, Robert Laffont, 1970.
  • Colonel D. Lucca, A. de Baillancourt, Création et débuts du Groupe des Escadrilles de Protection du Camp Retranché de Paris. Le Bourget, octobre 1914-février 1915, Les Arts Graphiques, Le Puy, 1969.
  • Georges Naudet, L'Aéronautique à la Belle Epoque, 1976.
  • Edmond Petit, Histoire mondiale de l'Aviation, Hachette, 1967.
  • Edmond Petit, Nouvelle histoire mondiale de l'Aviation, Hachette, 1973.
  • Service Historique de l'Armée de l'Air, Les Escadrilles de l'aéronautique militaire française : Synthèse et Histoire. 1912-1920.
  • Georges Villa, Ailes et Eux. Croquis et Dessins, 1921.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fiche de René Moineau - Les As oubliés de 14-18

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]