René Cogny

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Officier général francais 3 etoiles.svg René Cogny
Surnom Le général Vitesse, Coco la sirène
Naissance 25 avril 1904
Saint-Valery-en-Caux, Haute-Normandie, France
Décès 11 septembre 1968 (à 64 ans)
Mer Méditerranée
Origine Drapeau de France Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Artillerie
Grade Général de division
Années de service 19291968
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Distinctions Croix de guerre 1939-1945 Croix de guerre 1939-1945

René Jules Lucien Cogny (Saint-Valery-en-Caux25 avril 1904Mer Méditerranée, au large de Nice11 septembre 1968), est un officier général français.
Il prend part à la Seconde Guerre mondiale et se trouve à la tête des forces françaises au Tonkin (nord Viêt Nam) au cours de la guerre d'Indochine, notamment durant la bataille de Diên Biên Phu. Surnommé « le général Vitesse » par ses hommes, René Cogny trouve la mort dans l’accident du vol 1611 Air France qui s’abîme en Mer Méditerranée, au large de Nice.

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Né en Normandie, René Cogny, fils de gendarme et élève doué, se voit accorder une bourse pour préparer l’École polytechnique, dont il sort avec un diplôme d’ingénieur. Il obtient également un diplôme d’études politiques et un doctorat en droit.

Diplômé de l’École d’artillerie de Fontainebleau en 1929, il s’engage dans l’armée française avant que n’éclate la Seconde Guerre mondiale.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La campagne de France[modifier | modifier le code]

En juin 1940, il est récompensé de la croix de guerre 1939-1945 pour ses premières missions.

Capture et évasion[modifier | modifier le code]

Il fut l’un des 780 000 soldats capturés par l’armée allemande qui se démarquait de la ligne Maginot. Il resta près d’un an en captivité et s’échappa en mai 1941, en rampant nu dans des canalisations avec trois compagnons, poussant devant eux les habits qu’ils avaient confectionnés à partir de couvertures. René Cogny parvint à Vichy en traversant la Bavière, et rejoignit la Résistance française.

Résistance[modifier | modifier le code]

En 1943, alors commandant, il fut arrêté par la Gestapo et dut subir six mois d’interrogatoires et de tortures à la prison de Fresnes, avant d’être déporté dans les camps de concentration de Buchenwald puis de Mauthausen.

Libéré en avril 1945 dans un état physique très faible, il recouvra ses capacités physiques, mais conserva des séquelles aux jambes qui allaient le contraindre à se servir d’une canne pour le restant de ses jours.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Entre 1946 et 1947, Cogny, bien qu’étant officier d’artillerie, commanda une division d’infanterie près de Paris, puis fut nommé secrétaire exécutif au ministère de la Défense.

Indochine[modifier | modifier le code]

Remarqué par le général de Lattre de Tassigny, il est de ceux qui l’accompagnèrent en Indochine quand il fut nommé, en décembre 1950, Haut Commissaire civil et militaire, avec Salan comme adjoint militaire.

En janvier 1952, alors que Salan remplaçait de Lattre décédé comme commandant en chef, Cogny commandait une division française au Tonkin et un groupe mobile dans le delta du fleuve Rouge.

En mai 1953, Navarre remplaça Salan, qui rentrait en France avec toute l’équipe du général de Lattre, sauf Cogny qui accepta de remplacer le général de Linarès au commandement des troupes du Tonkin, avec en récompense une troisième étoile. Cette promotion fit de Cogny le plus jeune divisionnaire de l’armée (49 ans).

Ðiện Biên Phủ[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Bataille de Diên Biên Phu.

Le général Cogny fut celui qui proposa le site de Diên Biên Phu à Navarre. Cependant, alors que Cogny avait envisagé une base d’opération légère et mobile, Navarre y voyait une forteresse imprenable. Cogny fut l’un des nombreux officiers qui protestèrent contre cette nouvelle stratégie : « nous courrons le risque d’un nouveau Na San, mais en pire ». Ces protestations restèrent cependant sans effet. Tout au long de la bataille, Cogny et son supérieur Navarre furent en désaccord à propos de la disposition des forces entre Ðiện Biên Phủ, le secteur de Cogny dans le delta du Tonkin, et l’opération Atlante de Navarre.

En réponse à une lettre de reproches de Navarre, le 29 mars, Cogny informa son supérieur qu’il ne souhaitait plus continuer à servir sous ses ordres. Le calendrier de son départ ne fut pas discuté à ce moment-là. Cogny garda son commandement jusqu’à la fin de la bataille, mais Navarre voulait le limoger sitôt après celle-ci. La relation entre les deux hommes se dégrada d’autant plus que Cogny, depuis le début, tenait des propos pessimistes voire défaitistes aux journalistes réputés qu’étaient alors Lucien Bodard de France-Soir et Max Clos du Figaro, qui ne cessaient de critiquer le général Navarre dans leurs articles. Le 2 mai, Navarre alla jusqu’à menacer Cogny d’une enquête sur ses déclarations.

Le 3 juin 1954, le remplacement de Navarre par Paul Ély, avec Raoul Salan comme adjoint militaire (Ély remplaçant aussi Dejean comme Haut commissaire en Indochine) permit à Cogny de rester à la tête des forces du Tonkin. De mai à juillet, il organisa une défense efficace de celui-ci contre les assauts du Việt Minh. Son commandement prit fin en mai 1955 avec le retrait des dernières forces françaises du Tonkin, conformément aux accords de Genève du 20 juillet 1954.

Rôle critique :documentaire sur LCP : "Réalisé par Patrick Jeudy

La bataille de Diên Biên Phu soldait la présence française en Indochine. Des milliers de morts au fond d’une cuvette, le corps expéditionnaire battu par les forces Vietminh.

Quelques mois après la chute de Diên Biên Phu, deux généraux se déchirent… ils s’accusent l’un l’autre d’être le responsable de cette défaite. La presse s’empare de l’affaire et attise la querelle. Henri Navarre, commandant en chef en Indochine, exige une commission d’enquête pour contrer René Cogny, commandant des forces du Tonkin. La commission commence ses travaux en avril 1955.

Les protagonistes de la bataille, à commencer par les généraux Navarre, Cogny et de Castries, sont auditionnés, ainsi que les colonels et commandants d’unité. Les coups volent bas. À l’issue des auditions, un rapport est établi. Ses conclusions accablent le Général Cogny, responsable de la conduite de la bataille.

Ce rapport de la commission d’enquête ne sera jamais divulgué. Ce film retrace la bataille à travers le prisme des reproches, des torts et des fautes établis par la commission d’enquête. Le rapport secret sert de trame aux témoignages de politiques, présents à Diên Biên Phu avant les combats, mais aussi aux soldats du corps expéditionnaire, premières victimes de cette rivalité entre deux hommes."

Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Il devint commandant supérieur des troupes françaises au Maroc du 3 juillet 1956 au 29 mars 1958 alors que, depuis le 7 mars 1956, le Maroc était devenu indépendant.

En mai 1958, il fut sollicité par Pierre Pflimlin, président du Conseil désigné, pour remplacer Salan comme commandant supérieur interarmées en Algérie. Après consultation de Jacques Soustelle, il déclina cette proposition.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Le 11 septembre 1968, la caravelle d’Air France qui transportait René Cogny s’abîma en Mer Méditerranée, au large de Nice. Cogny fut l’une des 95 victimes de l’accident[1].

Style[modifier | modifier le code]

Cogny se distingue, d’après les historiens, par son style particulier de commandement au Viêt Nam. Bernard B. Fall salua le courage et la réactivité de Cogny durant la guerre d'Indochine. René Cogny était non seulement appelé « le général Vitesse » par ses hommes, mais aussi « Coco la sirène » car il utilisait des side-cars avec des sirènes pour se déplacer. Il était un commandant populaire parmi ses hommes, et auprès des journalistes. Malgré sa popularité, Cogny était décrit comme « sensible à la critique » et comme ayant une tendance à « ressasser des blessures réelles ou imaginaires. » [réf. nécessaire]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport final de l'accident publié dans le Journal Officiel de la République française
  • (en) Phillip B. Davidson, Vietnam at war : the history, 1946-1975, Oxford University Press, New York, 1988. (ISBN 0-19-506792-4)
  • (en) Bernard B. Fall, Street without joy ; Indochina at war, 1946-54, Harrisburg, Stackpole, 1961 (ISBN 0-8117-1700-3)
  • Jules Roy, La Bataille de Dien Bien Phu, Paris, Julliard, 1963. (OCLC 2343807)
  • (en) Martin Windrow, The last valley : Dien Bien Phu and the French defeat in Vietnam, Londres, Weidenfeld & Nicolson, 2004. (ISBN 0-297-84671-X)