René Bonnet (chef d'entreprise)

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René Bonnet (né le 27 décembre 1904 à Vaumas en Allier, Auvergne, et décédé le 13 janvier 1983) était un chef d'entreprise français qui, associé à Charles Deutsch a fondé la marque de construction automobile DB active jusqu'en 1962. Voulant continuer dans le domaine après la cessation d'activité de DB, il fonde sa propre marque, les Automobiles René Bonnet, basée à Champigny-sur-Marne. Du fait de la mévente de ses automobiles, il dut céder son entreprise à son actionnaire majoritaire, Matra.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né d'un père menuisier et d'une mère coiffeuse, il doit cesser sa scolarité en 1915 faute de professeurs (appelés au front pour la Première Guerre mondiale) et se loue dans les fermes des alentours avant de devenir apprenti auprès de son père. Puis, s'étant acheté un vélo, il va travailler aux usines Albert COL de Moulins. Il joue également brillamment au football comme ailier droit pour l’équipe de Dompierre-sur-Besbre. A 16 ans, il découvre Paris lors d’une rencontre à la cartoucherie de Vincennes. Appelé pour son service militaire en 1925, il choisit la marine pour voyager en mer. Malheureusement, on lui impose de plonger dans une eau trop peu profonde et il conserve un mal de dos persistant. De retour à la vie civile, trois médecins successifs lui confirment qu’il est atteint de tuberculose osseuse et donc condamné à l’immobilité totale. En 1927, il part en sanatorium à Berck pour ne plus être à la charge de sa famille. Il démontre une grande fortitude dans sa maladie et fait dresser des métiers à tisser pour que ses compagnons malades puissent se financer des soins décents (la sécurité sociale n’existant pas encore).

Deux ans plus tard, en l'absence d'examens médicaux appropriés, il enlève lui-même son corset et se rend chez un radiologiste complaisant sur une civière tirée par un âne. Verdict : il n'a jamais eu le mal de Pott. Mais après une aussi longue période d'immobilité forcée, il ne sait plus marcher. En quelques mois, il réapprend toutes les fonctions de la vie qu’on lui avait interdites et quitte l’hôpital Bouville. De retour dans l'Allier, il poursuit son négoce de tissage[1].

Débuts[modifier | modifier le code]

En 1929, sa sœur lui demande de l'aide pour tenir le garage de son mari accidentellement décédé. Il part donc pour Champigny-sur-Marne et se prend de passion pour la mécanique et le sport automobile. En 1931, il rachète l’affaire de charronnage de Mme Deutsch dont le fils, Charles, vient d’entrer à Polytechnique. Charles et lui vont se lier d'amitié[1]. Dans les années 1930, il s'inscrit à l'école Georges Boillot à Montlhéry où il perfectionne sa maitrise du pilotage. D'ailleurs, grâce à ses aptitudes, il participe au Grand Prix de l' ACF couru en formule Sport. Une 2,5 L Amilcar Pégase devait être sa voiture de course ; néanmoins, la construction étant si difficile, il ne peut prendre le départ de la compétition. Déçu de ne pouvoir participer à la compétition, il convainc son ami Charles Deutsch, alors étudiant, de construire avec lui une voiture de course en utilisant les éléments de la Citroën Traction Avant. Le moteur 2 L de cette dernière est privilégié pour propulser la future voiture de course[2]. Ceci est fait en 1936. Le partenariat entre René et Charles ne cessera qu'en 1961 lorsque Charles, devenu ingénieur des Ponts et Chaussées, n'aura malgré sa passion partagée plus assez de temps à consacrer à l'entreprise commune[1].

Sport automobile[modifier | modifier le code]

René Bonnet est « le promoteur le plus actif du sport automobile en France »[2] pendant 15 ans. Agent pour Citroën à Champigny-sur-Marne dans un premier temps, il se fait par la suite connaître à l'international grâce à ses automobiles, les Deutsch-Bonnet ou D.B., produites avec Charles Deutsch et victorieuses dans de nombreuses courses prestigieuses[2].

Succès[modifier | modifier le code]

Le palmarès sportif est estimé à environ un millier de victoires dont :

À cette impressionnante liste de succès, il faut ajouter 51 records du monde et la création de la « Monomill », première formule de promotion moderne pour les jeunes pilotes.

En 1949, la firme D.B. présente une voiture en avance sur son époque et qui aurait dû devenir la Grand Tourisme du renouveau français si la maison Citroën ne l'avait condamnée. Suit une petite production de cabriolets et de coach à mécanique Panhard en 1950-1952. Puis D.B. produit une autre voiture avec 20 ans d'avance sur son temps, le Coach type HBR5 : aérodynamique, légère, compacte, première automobile au monde commercialisée dotée d’une carrosserie plastique auto-porteuse, son moteur de 850 cm3 lui permettait d’atteindre 160 km/h pour une consommation inférieure à 7 litres[1].

Production[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Biographie de René Bonnet
  2. a, b et c (fr) « Histoire : René Bonnet », sur Motorlegend