René Bargeton

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René Bargeton (René, Paul, Yvon Bargeton[1]), né à Argentat (Corrèze) le 9 août 1917[2] et mort à Soissons[3] (Aisne) le 2 février 2007, est un fonctionnaire français, également auteur de plusieurs ouvrages dont le Dictionnaire biographique des préfets[4], appelé couramment par les historiens et archivistes le Bargeton[5]. Au sein de l’administration préfectorale René Bargeton n’a jamais été préfet de département (ou préfet de région) : il a été nommé préfet, secrétaire général pour l’administration de la police de Paris en 1982[6].

Études[modifier | modifier le code]

Il fréquenté le lycée Faidherbe[1] à Lille (Nord). Il est licencié ès lettres, diplômé de École nationale des chartes, promotion 1942, puis diplômé de l’École pratique des hautes études[6],[7] (EPHE).

Carrière[modifier | modifier le code]

René Bargeton entame son parcours comme archiviste en chef du Pas-de-Calais, en 1943[6].

Mais il est appelé à des fonctions toutes autres à la Libération, avec la nécessité pour le gouvernement provisoire de la République française (GPRF) de renouveler le corps préfectoral : il devient chef de cabinet du préfet du Pas-de-Calais, en 1944, puis du commissaire de la République à Saint-Quentin, dans l’Aisne en 1945. De 1946 à 1954, dans le cadre de la zone d’occupation française en Allemagne, il est successivement directeur du cabinet du délégué supérieur pour le gouvernement militaire du pays de Bade, puis délégué provincial de la région Bade Sud. Dans ces postes en Allemagne, il va particulièrement s’employer à relancer la coopération culturelle franco-allemande[5]. De 1955 à 1958, il est sous-préfet détaché auprès du gouverneur général de l’Algérie, chargé des services administratifs de la direction de la sûreté nationale en Algérie. En 1958, il revient en métropole[note 1],[2] et devient sous-préfet de Riom (Puy-de-Dôme), puis, en 1964, secrétaire général du Haut-Rhin, en 1969, sous-préfet de Montluçon (Allier), en 1974, sous-préfet de Béthune (Pas-de-Calais). En 1980, il devient durant deux ans conseiller technique auprès de l’établissement public régional (EPR) du Nord-Pas-de-Calais puis il est nommé en janvier 1982 préfet, secrétaire général pour l’administration de la police de Paris[6],[7]. Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite cette même année 1982. Il est mort le 2 juillet 2007[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

En parallèle de son activité, il a écrit de nombreux ouvrages consacrés d'une part à l’histoire de l’administration préfectorale, et d'autre part à l'histoire du Pas-de-Calais[5].

Il est surtout connu pour le Bargeton :

Cet ouvrage, constitué de 1985 notices, est « devenu », selon Patricia Gillet[note 2] « dans la pratique historienne et archivistique un outil indispensable »[5]. Mis à profit par plusieurs auteurs dans les années 1990 et 2000, il a été utile et précieux à Luc Rouban, historien et directeur de recherches au CNRS[8], et à l’historien Marc-Olivier Baruch, qui souligne que la préface de cette publication « informe précisément sur la fluidité et les ruptures de la fonction préfectorale »[9]. Les journalistes d’investigation Sophie Coignard et Marie-Thérèse Guichard ont utilisé ce « travail de titan » pour mettre en exergue les réseaux d’influence et de protection dans la haute administration publique française [10]. Il présente également l'avantage de couvrir, de façon factuelle et précise, des périodes troubles telles que la période du régime de Vichy ou celle de la Libération et de l'épuration[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il fut selon ses dires « remis à la disposition du ministère de l’intérieur par le général Salan ».
  2. Patricia Gillet est le conservateur en chef du patrimoine au Centre historique des Archives nationales, section du XXe siècle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Who’s Who in France : Dictionnaire biographique de personnalités françaises vivant en France, dans les territoires d’Outre-Mer ou à l’étranger, et de personnalités étrangères résidant en France, 35e édition 2003-2004 éditée en 2004, édition des 50 ans, 2171 pages, 31 cm (ISBN 2-85784-042-X), notice « Bargeton (René, Paul, Yvon) » page 183.
  2. a, b et c Notice « Bargeton, René (1917- 2007) »,catalogue de la BnF. Page consultée le 30 décembre 2013.
  3. Gillet 2007, p. 613.
  4. a et b Charle 1999, p. 1431.
  5. a, b, c et d Gillet 2007, p. 613-614.
  6. a, b, c et d Le Monde 1982
  7. a, b et c Bargeton 1994, p. 69-70
  8. Rouban 2000, p. 4.
  9. Baruch 2003.
  10. Coignard et Guichard 2000, p. 238.