Religion en Macédoine

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Selon la Constitution, « la liberté de la confession est assurée. Est garantie l’expression libre et publique, de la foi individuelle ou en commun avec autrui. L'église orthodoxe macédonienne, les autres communautés confessionnelles et groupes religieux sont séparés de l'État et sont égaux devant la loi ». Elle autorise aussi la création d'écoles religieuses et d'établissements sociaux et de bienfaisance par les groupes religieux[1]. La loi interdit enfin toute discrimination fondée sur la religion[2].

Le christianisme est la religion majoritaire en République de Macédoine puisque 64,7 % de la population appartient à l'Église orthodoxe macédonienne, selon le recensement de 2002. Une petite minorité, 0,37 % de la population, appartient à d'autres Églises chrétiennes. L'Islam regroupe enfin 33,3 % de la population, ce qui fait de la Macédoine le cinquième pays d'Europe par la proportion de la population musulmane, après la Turquie (99 %), le Kosovo (90 %), l'Albanie (70 %) et la Bosnie-Herzégovine (45 %). La communauté alevis bektachi est estimée à 30 0000 personnes[3] selon les autorités bektachi. Les 1,63 % restant n'ont déclaré aucune appartenance religieuse[4].

L'appartenance religieuse est fortement liée à l'appartenance ethnique. C'est d'ailleurs un important facteur identitaire pour les différents groupes et, en fait, c'est cette fonction identitaire qui prime sur la véritable pratique et la croyance[5]. Les Macédoniens et les Valaques appartiennent généralement à l'Église orthodoxe macédonienne et les Serbes à l'Église orthodoxe serbe, tandis que les Albanais, les Turcs, les Roms et les Bosniaques appartiennent pour la majorité à l'Islam sunnite. Il existe aussi une minorité catholique albanaise, surtout concentrée à Skopje et dont est issue Mère Teresa[6], et diverses Églises protestantes[4]. Le pays comptait avant la Seconde Guerre mondiale une petite minorité juive séfarade, estimée entre 7 000 et 8 000 personnes et concentrée dans les villes de Skopje et Bitola. Ils ont tous été déportés en 1943 à Treblinka, plus de 7 000 d'entre eux y ont été assassinés[7],[8].

Le facteur identitaire des religions font qu'elles sont souvent au centre des problèmes interethniques. Ainsi, des lieux de culte orthodoxes et musulmans sont parfois la cible de groupes extrémistes[2]. Le repli identitaire albanais les a aussi conduit à montrer un certain radicalisme religieux, et les Albanais de Macédoine ont la réputation d'être plus religieux que ceux du Kosovo et d'Albanie[9].

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Références[modifier | modifier le code]

  1. « Constitution de la République de Macédoine », Parlement macédonien (consulté le 29 mars 2012)
  2. a et b (en) International Religious Freedom Report 2010
  3. Center for Documentation and Information on Minorities in Europe - Southeast Europe (CEDIME-SE) MINORITIES IN SOUTHEAST EUROPE, Bektashis of Albania
  4. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées cia.
  5. Waiting for Macedonia, Identity in a Changing World, Ilka Thiessen, 2007, p. 60
  6. Poulton 2000, p. 130
  7. (en) Mark Cohen, « The Holocaust in Macedonia: Deportation of Monastir Jewry », United States Holocaust Memorial Museum (consulté le 15 avril 2011)
  8. (en) Carl K. Savich, « The Holocaust in Macedonia, 1941-1945 », Macedonia News (consulté le 15 avril 2011)
  9. (en)The Economist, Macedonia's ethnic disharmony How many building booms can one city take?

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hugh Poulton, Who are the Macedonians ?, C. Hurst & Co. Publishers Ltd,‎ 2000 (ISBN 1850655340)Document utilisé pour la rédaction de l’article