Relations entre la Roumanie et l'Ukraine

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Relations entre la Roumanie et l'Ukraine
Drapeau : Roumanie
Drapeau de l'Ukraine
Roumanie et Ukraine
     Roumanie      Ukraine
Frontière
Frontière entre la Roumanie et l'Ukraine

Les relations entre la Roumanie et l’Ukraine sont établies en 1992 après la dissolution de l'URSS. La Roumanie a une ambassade à Kiev et deux consulats à Tchernivtsi et à Odessa tandis que l'Ukraine a une ambassade à Bucarest et un consulat à Suceava.

Historique des relations[modifier | modifier le code]

Les relations bilatérales englobent généralement trois domaines prépondérants :

Des visites présidentielles croisées entre les deux pays ont eu lieu[2] :

  • le 2 juin 1997 du président ukrainien Leonid Koutchma en Roumanie pour la signature du traité frontalier de Constanţa ;
  • les 27-28 mai 1999 du président roumain Emil Constantinescu en Ukraine ;
  • les 17-19 septembre 2002 du président roumain Ion Iliescu en Ukraine ;
  • le 17 juin 2003 du même à Cernăuţi en Ukraine (pour y signer un traité réglant le régime frontalier) ;
  • le 23 janvier 2005 du président roumain Traian Băsescu en Ukraine pour l’investiture de son homologue ukrainien Viktor Iouchtchenko ;
  • le 21 avril 2005 du président ukrainien Viktor Iouchtchenko en Roumanie ;
  • le 2 décembre 2005, du président roumain Traian Băsescu en Ukraine au Forum de l’Alliance pour une option démocratique ;
  • les 2-3 février 2006 du même en Ukraine pour constituer une commission présidentielle mixte roumano-ukrainienne ;
  • le 5 juin 2006 du président ukrainien Viktor Iouchtchenko en Roumanie, à Constanţa, au Forum de la Mer Noire pour le dialogue et le partenariat ;
  • le 15 janvier 2007 du même en Roumanie à Sighetu Marmaţiei pour y inaugurer le pont transfrontalier et l’ouverture du point de passage, fermé depuis 1939 ;
  • le 30-31 octobre 2007 du même en Roumanie ;
  • le 3-4 avril 2008 du même en Roumanie, en observateur du sommet de l’OTAN à Bucarest ;
  • le 20 août 2008, du président roumain Traian Băsescu en Ukraine ;
    (pendant le mandat du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovytch, de 2010 à 2014, les relations se refroidissent, les visites s’interrompent, des balises-frontières ukrainiennes flottantes sont posées au sud de la frontière de jure, dans le golfe de Musura, le long de la digue nord du port roumain de Sulina, puis enlevées par les garde-frontières roumains, et cela à plusieurs reprises, tandis que des déclarations belliqueuses à propos de ce litige frontalier sont proférées) ;
  • le 7 juin 2014, du président roumain Traian Băsescu en Ukraine pour l’investiture de son homologue ukrainien Petro Porochenko ;
  • le 16-17 mars 2015, du président roumain Klaus Iohannis en Ukraine pour soutenir son homologue ukrainien Petro Porochenko (par ailleurs roumanophone, car né à Bolhrad en Bessarabie) aux prises avec les séparatistes pro-russes[3].

Malgré ce dialogue entre les deux nations, deux contentieux résiduels demeurent concernant l’îlot Maican qui se trouve presqu’au contact de la rive roumaine, et le golfe de Musura à l’embouchure du bras de Chilia[4]; en outre, la construction du canal de Bystroe par les Ukrainiens à travers leur partie de la Réserve de Biosphère a suscité les protestations des scientifiques de la partie roumaine en raison de l’augmentation de débit générée, intensifiant l’érosion des rives, et de l’impact d’une navigation plus intense sur l’environnement.

Ce qui a aussi « refroidi » les relations entre les deux pays, surtout après l’échec de la « révolution orange », est la question du statut des minorités ukrainienne en Roumanie et roumanophone en Ukraine, qui vivent de chaque côté de cette frontière et font l’objet d'accords culturels et politiques. Les roumanophones d’Ukraine sont, comme le territoire le l’ancienne Principauté de Moldavie sur lequel elles vivent, un « héritage partagé » entre la Roumanie, la République de Moldavie et l’Ukraine, mais cet « héritage » n’est pas sereinement assumé car, en Ukraine, Moldavie et dans les autres pays de la zone d’influence de la Russie, la législation soviétique s’applique toujours, or celle-ci fait une distinction entre les roumanophones de Roumanie, de Ruthénie et de Bucovine (y compris ukrainienne) considérés comme « Roumains » et bénéficiant des droits culturels accordés à ceux-ci, et les autres (de l’ancienne Bessarabie et du reste de l’Ukraine) qui, étant considérés comme « Moldaves non-Roumains », n’en bénéficient pas[5]. Or la Roumanie conteste cette distinction au nom de l’identité linguistique, religieuse et culturelle de tous les roumanophones, Moldaves ou non[6]. Ce contentieux culturel concerne aussi les anciens monuments historiques moldaves situés en territoire ukrainien (comme les citadelles médiévales de Hotin et de Cetatea Alba) dont la muséologie occulte ou minimise le passé moldave, selon les média roumains[7].

À noter que la République de Moldavie, située entre la Roumanie et l’Ukraine, dans la zone d’influence russe mais peuplée aux deux-tiers de roumanophones et pour un tiers de slaves en partie Ukrainiens, est officiellement neutre dans ces contentieux ; toutefois, les nationalistes moldaves y affichent des positions pro-roumaines[8], tandis que les slaves et slavophiles y prennent des positions pro-russes (voir Politique en Moldavie).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traité roumano-ukrainien sur [1] : cinq des six îles annexées par l'URSS se trouvent sur le Bras de Chilia du Danube (Dalerul mare, Dalerul mic, Coasta-Dracului dite aussi Tataru Mic, Maican et l'île Limba à l'embouchure), la sixième étant l'Île des Serpents en mer Noire, avec ses eaux territoriales, elles-mêmes délimitées le par la Cour internationale de justice de La Haye : voir "Tageblatt" de ce jour sur Dépêche sur le site du Tageblatt
  2. [2]
  3. [3]
  4. (en) Ukraine loses the dispute over Snake Island to Romania, Centre for Eastern Studies, 3 février 2009
  5. Le statut « spécial » des langues « moldave » et roumaine en Ukraine sur [4].
  6. Position de l'Académie roumaine sur la BBC [5].
  7. Les anciennes citadelles moldaves sur [6]
  8. Voir sur [7]

Liens externes[modifier | modifier le code]