Relations entre la Roumanie et l'Ukraine

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Relations entre la Roumanie et l'Ukraine
Drapeau : Roumanie
Drapeau de l'Ukraine
Roumanie et Ukraine
     Roumanie      Ukraine
Frontière
Frontière entre la Roumanie et l'Ukraine

Les relations entre la Roumanie et l’Ukraine sont établies en 1992 après la dissolution de l'URSS. La Roumanie a une ambassade à Kiev et deux consulats à Tchernivtsi et à Odessa tandis que l'Ukraine a une ambassade à Bucarest et un consulat à Suceava. Les deux pays partagent une frontière commune longue de 531 kilomètres et des minorités, ukrainienne en Roumanie et roumanophone en Ukraine, vivent de chaque côté de cette frontière et font l'objet d'accords culturels et politiques.

Historique des relations[modifier | modifier le code]

Les deux pays ont toujours cherché à établir un traité d’amitié et de coopération et ont signé un traité frontalier bilatéral à Constanza le 2 juin 1997, qui laissait définitivement à l’Ukraine (état héritier de l’Union soviétique) cinq des six îles annexées par l’URSS en 1948 et revendiquées jusqu’en 1997 par la Roumanie[1]. Deux contentieux demeurent concernant l’îlot Maican qui se trouve presqu’au contact de la rive roumaine, et le golfe de Musura à l’embouchure du bras de Chilia[2]; en outre, la construction du canal de Bystroe par les Ukrainiens à travers leur partie de la Réserve de Biosphère a suscité les protestations des scientifiques de la partie roumaine.

Ce qui a aussi « refroidi » les relations entre les deux pays, surtout depuis l’échec de la « révolution orange », est la question du statut des minorités roumanophones d’Ukraine. En effet, celles-ci sont, comme le territoire le l’ancienne Principauté de Moldavie sur lequel elles vivent, un « héritage partagé » entre la Roumanie, la République de Moldavie et l’Ukraine, mais cet « héritage » n’est pas sereinement assumé car, en Ukraine, Moldavie et dans les autres pays de la zone d’influence de la Russie, la législation soviétique s’applique toujours, or celle-ci fait une distinction entre les roumanophones de Roumanie, de Ruthénie et de Bucovine (y compris ukrainienne) considérés comme « Roumains » et bénéficiant des droits culturels accordés à ceux-ci, et les autres (de l’ancienne Bessarabie et du reste de l’Ukraine) qui, étant considérés comme « Moldaves non-Roumains », n’en bénéficient pas[3]. Or la Roumanie conteste cette distinction au nom de l’identité linguistique, religieuse et culturelle de tous les roumanophones, Moldaves ou non[4]. Ce contentieux culturel concerne aussi les anciens monuments historiques moldaves situés en territoire ukrainien (comme les citadelles médiévales de Hotin et de Cetatea Alba) dont la muséologie occulte ou minimise le passé moldave, selon les média roumains[5].

À noter que la République de Moldavie, située entre la Roumanie et l’Ukraine, dans la zone d’influence russe mais peuplée aux deux-tiers de roumanophones et pour un tiers de slaves en partie Ukrainiens, est officiellement neutre dans ces contentieux ; toutefois, les nationalistes moldaves y affichent des positions pro-roumaines[6], tandis que les slaves et slavophiles y prennent des positions pro-ukrainiennes.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traité roumano-ukrainien sur [1] : cinq des six îles annexées par l'URSS se trouvent sur le Bras de Chilia du Danube (Dalerul mare, Dalerul mic, Coasta-Dracului dite aussi Tataru Mic, Maican et l'île Limba à l'embouchure), la sixième étant l'Île des Serpents en mer Noire, avec ses eaux territoriales, elles-mêmes délimitées le 3 février 2009 par la Cour internationale de justice de La Haye : voir "Tageblatt" de ce jour sur Dépêche sur le site du Tageblatt
  2. (en) Ukraine loses the dispute over Snake Island to Romania, Centre for Eastern Studies, 3 février 2009
  3. Le statut « spécial » des langues « moldave » et roumaine en Ukraine sur [2].
  4. Position de l'Académie roumaine sur la BBC [3].
  5. Les anciennes citadelles moldaves sur [4]
  6. Voir sur [5]

Liens externes[modifier | modifier le code]