Relations entre la Hongrie et la Slovaquie

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Relations entre la Hongrie et la Slovaquie
Drapeau de la Slovaquie
Drapeau de la Hongrie
Slovaquie et Hongrie
     Slovaquie      Hongrie

Les relations entre la Hongrie et la Slovaquie ont été établies en 1993. Les deux pays ont 676 km de frontière commune[1] ; il y a environ 514 000 Hongrois habitant en Slovaquie, ce qui constitue environ 10 % de la population[1], principalement dans le Sud du pays et environ 17 000 Slovaques en Hongrie (soit environ 0,17 % de la population).

La Hongrie a une ambassade à Bratislava[2] et la Slovaquie a une ambassade et un centre culturel à Budapest, un consulat général à Békéscsaba[3].

Les deux pays font partie de l'OTAN, de l'Union européenne et du V4.

Bien que les deux pays soit alliés, des difficultés subsistent, tenant à l'histoire et à la question de la minorité magyarophone en Slovaquie. Un accord bilatéral a été signé en décembre 2003 entre les deux pays[1].

Les relations ont été tendues par la présence du parti extrémiste et nationaliste[4] SNS de Ján Slota au gouvernement.

Perspectives historiques[modifier | modifier le code]

La Slovaquie en tant que terre hongroise[modifier | modifier le code]

Carte linguistique de 1910 avec en superposition les frontières modernes, qui après la Première Guerre mondiale n'ont été basées qu'assez approximativement sur les frontières linguistiques.

Du XIe au Traité de Saint-Germain de 1919, la Slovaquie fut terre hongroise, et Presbourg (la future Bratislava) fut même pendant un temps capitale de la Hongrie. Avec la fin de l'Autriche-Hongrie, la Slovaquie, anciennement Haute-Hongrie, est intégrée à la Tchécoslovaquie. Les revendications territoriales de la Hongrie, qui souhaite récupérer son territoire, aboutissent au printemps 1919 à un conflit entre la Tchécoslovaquie et la République des conseils de Hongrie. Les Hongrois repoussent les Tchécoslovaques, et un éphémère gouvernement communiste, la République slovaque des conseils, est proclamé en Slovaquie; mais l'offensive de la Roumanie repousse bientôt les Hongrois. En 1939, la question territoriale aboutit à un bref conflit militaire, opposant cette fois le Royaume de Hongrie à la nouvelle République slovaque indépendante. Les efforts de magyarisation de la population locale du temps de l'occupation hongroise et la fermeture des institutions nationales slovaques telles que Matica slovenská, ou la participation de la République populaire de Hongrie à l'invasion suite au Printemps de Prague ajoutent au ressentiment slovaque contre leurs anciens maîtres.

« Historisme raisonnable »[modifier | modifier le code]

Statue équestre de Svatopluk érigée en 2010 au château de Bratislava

Après l'annonce en 2006 par Robert Fico de sa conception d'un « historisme raisonnable » (rozumný historizmus[5]), les manuels scolaires d'histoire ont de plus en plus été réécrits « dans un esprit de fierté nationale », selon la formule de la Matica slovenská[6]. Les nouveautés telles que la Grande-Moravie en tant qu'État (proto-)slovaque, ou le terme « proto-slovaque » lui-même, sont selon Krekovič, Mannová és Krekovičová des mythes slovaques allant de pair avec la « résurrection d'anciennes traditions » qui en fait n'existaient pas ou n'étaient pas slovaques auparavant[7]. Le politologue slovaque Miroslav Kusý explique qu'en utilisant une telle rhétorique scientifiquement discutable, le but de Fico était le renforcement de la conscience nationale par la falsification de l'histoire[8].

La version de l'histoire slovaque ainsi créée et enseignée « dans un esprit de sentiment national » représente un obstacle à la naissance du manuel d'histoire commun inspiré de l'exemple franco-allemand[9].

Minorité hongroise en Slovaquie[modifier | modifier le code]

Représentation[modifier | modifier le code]

Il y a deux partis politiques qui se consacrent à la défense des intérêts des Hongrois de Slovaquie : le Most–Híd et le Parti de la coalition hongroise (MKP).

Utilisation de la langue hongroise[modifier | modifier le code]

Hongrois en Slovaquie (recensement 2001)
  •      50-100 %
  •      10-50 %
  •      0-10 %

Suite à la modification de 2009 de la loi slovaque de 1995 sur la langue d'État, la langue slovaque est la langue utilisée pour la communication orale et écrite dans les bureaux et organismes d'État ainsi que dans un grand nombre de cas détaillés d'usage public au quotidien (concernant jusqu'aux médecins), l'utilisation d'autres langues dans ces conditions étant punie d'une amende de 100 à 5 000 euros[10]. Du point de vue juridique, c'est le fait que la langue tchèque soit exclue de cette loi qui peut constituer une discrimination ethnique vis-à-vis des autres communautés minoritaires[11].

Suite à une nouvelle modification de la loi en décembre 2010, entrée en vigueur en mars 2011, l'amende maximum passe à 2 500 euros, et les personnes physiques ne peuvent plus être condamnées[12]. Le , une autre modification, entrée en vigueur en juillet après avoir été renvoyée au Parlement par le chef de l'État Ivan Gašparovič, abaisse à 15 % le seuil de 20 % de population dans une localité pour l'usage public d'une langue (par ex. hôpitaux) sous réserve de résultat positif de deux référendums liés à cette question[13], permet de fournir des extraits bilingues des actes de l'état-civil, qui doit être tenu en slovaque, et permet au maire et aux conseillers municipaux d'utiliser la langue locale dans leurs délibérations s'ils sont d'accord pour cela[14].

En mars 2012, le SNS a présenté à la Présidence de la République une pétition en faveur de l'usage officiel exclusif du slovaque, mais après vérifications elle n'atteignait pas le nombre de signatures voulu pour qu'un référendum doive être tenu sur le sujet[15].

Incidents diplomatiques[modifier | modifier le code]

Affaire du projet Gabčíkovo-Nagymaros[modifier | modifier le code]

L'affaire du projet Gabčíkovo-Nagymaros est un litige inter-étatique concernant la construction et de l'exploitation de barrages sur le Danube.

La Hongrie et la Tchécoslovaquie avaient signé un accord à Budapest le pour construire et exploiter conjointement plusieurs barrages et aménagements le long de la frontière hongro-slovaque, afin d'empêcher les inondations, de faciliter la circulation sur le Danube et de produire de l'énergie propre. En 1989, à cause de difficultés financières et de manifestations de l'opposition en Hongrie, la Hongrie décida unilatéralement de se retirer du projet, alors que la majorité des travaux côté slovaque avaient déjà été effectués.

Le cas fut porté conjointement par la Hongrie et la Slovaquie devant la Cour internationale de justice en 1993. La Cour a rendu le un premier arrêt : celui-ci donne tort aux deux parties, la Hongrie pour s'être retirée unilatéralement de l'accord conclu, la Slovaquie pour avoir mis en service la centrale, et fournit des indications détaillées sur l'exécution de l'arrêt, concernant les aspects environnementaux et les moyens de dédommagement.

La Slovaquie a demandé un arrêt supplémentaire dès 1998, concernant notamment l'interprétation du premier arrêt. Depuis lors, un projet d'accord sur l'exécution de l'arrêt est toujours l'objet de négociations entre les deux gouvernements.

Hedvig Malina[modifier | modifier le code]

Hedvig Malina (en hongrois : Malina Hedvig), une étudiante d'origine hongroise de Horné Mýto (Felsővámos) fut attaquée lors d'un crime haineux. Son cas fut source de nombreuses controverses et tensions dans les relations hongro-slovaques.

Malina affirme qu'elle fut attaquée physiquement et volée le à Nitra après avoir parlé hongrois en public.

Elle affirme que ses attaquants, de jeunes skinheads auraient écrit « SK bez parazitov » (« La Slovaquie sans parasites ») et « Maďari za Dunaj » (« Les hongrois de l'autre côté du Danube ») sur ses vêtements. La police slovaque affirma que l'incident n'eut jamais lieu, mais sans fournir d'explications pour les blessures de la victime. Malina est actuellement accusée de parjure et une investigation policière est toujours en cours[16].

La plupart des partis politiques slovaques condamnèrent l'attaque, à l'exception notable du SNS de Ján Slota.

En décembre 2007, 15 mois après l'incident, la police fournit l'enregistrement vidéo de la première interrogation de Malina à son avocat Roman Kvasnica. Plusieurs manquements devinrent apparents: la police n'avait pas mentionné précédemment que trois autres policiers étaient présents, que deux caméras furent utilisés (et non une), et qu'ils arrêtèrent les équipements d'enregistrement à plusieurs reprises. Sur un entretien de six heures, cinq furent enregistrées (et seulement trois remises à l'avocat de la victime). Malina est toujours accusée de parjure.

Malina saisit la Cour européenne des droits de l'homme, pour se plaindre de la conduite « inhumaine et humiliante » des officiels slovaques. Elle affirma au Népszabadság qu'elle ne cherchait qu'à obtenir une « satisfaction morale ».

L'incident des visites guidées de Bratislava[modifier | modifier le code]

En 2006, deux professeurs d'histoire hongrois accompagnant à Bratislava un groupe d'étudiants de Szekszárd, et leur expliquant en hongrois le rôle de la cathédrale dans l'histoire hongroise, ont été arrêtés par la police en tant que guides touristiques illégaux ne disposant pas d'autorisation. Ceci a été interprété comme une atteinte à la liberté d'expression d'une version non slovaque de l'histoire, et le ministère de l'Intérieur hongrois a demandé des excuses officielles, ce qui a été refusé par la partie slovaque. Il est apparu ensuite qu'à cette époque à Bratislava il n'existait pas de réglementation obligeant les guides touristiques à avoir une autorisation[17].

Confirmation des Décrets Beneš[modifier | modifier le code]

Le , le Parlement slovaque a confirmé les décrets Beneš, les députés hongrois ethniques étant seuls à voter contre en considérant que c'est sur la base d'un principe de « culpabilité collective » utilisé aussi par les nazis que les Allemands et les Hongrois ont été privés de leurs droits fondamentaux, qu'ils ont perdu leur nationalité, que leurs biens ont été confisqués et leurs familles expulsées. Selon le président de la République hongroise László Sólyom, cette décision est inacceptable et pèse de façon considérable sur les relations slovaco-hongroises[18].

Match de Dunajská Streda[modifier | modifier le code]

Le à Dunajská Streda (Dunaszerdahely), lors du match de football opposant l'équipe locale DAC au Slovan de Bratislava, de nombreux supporters hongrois de la DAC arboraient des symboles nationalistes ou d'extrême-droite tels que des drapeaux à bandes d'Árpád (en). Après 15 minutes de jeu, la police a chargé la tribune hongroise, faisant usage d'armes non autorisées comme la matraque télescopique et blessant quelque 60 personnes, dont certaines grièvement. Les vidéos parues sur Internet ont montré que rien ne justifiait cette action, et ce n'est que 5 jours plus tard que la police a pu présenter pour se justifier une photo où un supporter hongrois levait le poing. Le gouvernement hongrois et la presse hongroise ont décrit l'incident comme une attaque hungarophobe[19].

Viktor Orbán[modifier | modifier le code]

Le , deux semaines avant les élections européennes de 2009, au cours d'une manifestation de campagne commune du Fidesz hongrois et du MKP slovaque à Esztergom en Hongrie, le président du Fidesz et chef de l'opposition hongroise Viktor Orbán a déclaré : « Lors des élections européennes, il sera décidé combien de personnes représenteront à Bruxelles la communauté hongroise du bassin des Carpates[20], et dans les isoloirs (le vote de) chaque Hongrois sera attendu par un autre Hongrois de l'autre côté de la frontière. » Cette déclaration, considérée comme de l'irrédentisme hongrois[21], a été condamnée par le Parlement slovaque[22].

Interdiction d'entrée du président hongrois[modifier | modifier le code]

Le , le lendemain de la fête nationale hongroise de la Saint-Étienne, le président de la République hongroise László Sólyom devait se rendre à Komárno (Révkomárom) en Slovaquie pour inaugurer une statue équestre de Saint Étienne premier roi de Hongrie, financée par des dons. Selon le ministère des Affaires étrangères hongrois, la visite était préparée depuis juin et la partie slovaque n'avait aucune objection. Cependant, le 19 août, le comité des Affaires étrangères du Parlement slovaque, suivi en cela par les trois plus hauts officiels slovaques (le chef de l'État Ivan Gašparovič, le chef du gouvernement Robert Fico, le président du Parlement Pavol Paška), a qualifié cette visite de provocation, du fait que cette date est l'anniversaire de l'invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie qui incluait la Hongrie, et du fait que Sólyom ne désirait pas rencontrer de délégation slovaque[23].

Le jour même de l'inauguration, l'ambassade de Hongrie à Bratislava a reçu une note diplomatique du ministère des Affaires étrangères slovaque selon laquelle « compte tenu des risques pour la sécurité », la Slovaquie « refusait l'entrée sur le territoire de la République slovaque au président de la République de Hongrie, M László Sólyom, le 21 août ». Sólyom s'est finalement engagé à pied sur le pont entre Komárom et Komárno, et à la frontière au milieu du pont, alors que de nombreux policiers l'attendaient du côté slovaque, il a tenu une conférence de presse sans entrer en Slovaquie[24].

La Hongrie, considérant qu'en l'absence de menace réelle pour la sécurité il y a eu violation du droit de libre circulation d'un citoyen européen, a demandé en à la Commission européenne d'engager contre la Slovaquie une procédure de manquement au droit européen, ce que la Commission a refusé en décembre au motif qu'il y a désaccord sur le caractère privé ou officiel de la visite, et que selon elle une visite officielle est du domaine diplomatique bilatéral et « échappe à l’application du droit de l’Union ». En tant qu'étape préalable à un recours d'un État membre contre un autre, la Hongrie a alors saisi la Commission, qui est restée d'avis que la libre circulation ne concerne pas la visite d'un chef d'État, puis finalement en la Hongrie a introduit un recours en manquement contre la Slovaquie devant la Cour de justice de l'Union européenne. En , les conclusions de l'avocat général de la Cour ont été conformes à la position de la Commission, considérant que la visite n'était pas privée[25], et en , la Cour a rejeté le recours de la Hongrie, du fait de la spécificité d'un chef d'État en droit international « avec la conséquence que les comportements de celui-ci sur le plan international, telle sa présence à l’étranger, relèvent de ce droit »[26].

Attaque de l'ambassade slovaque[modifier | modifier le code]

Le , quelques jours après l'incident de Komárno, deux cocktails Molotov furent lancés sur l'ambassade de Slovaquie à Budapest, sans prendre feu ni exploser. Les deux pays condamnèrent cette attaque et la considérèrent comme un acte criminel isolé[27].

Attaque de la voiture de l'ambassadeur slovaque[modifier | modifier le code]

Le , un chauffeur essaya de faire sortir de la route la voiture de l'ambassadeur slovaque à Budapest, Peter Weiss, avant de l'attaquer verbalement. Personne ne fut blessé lors de l'incident. Peu après, les coupables furent arrêtés par la police hongroise, et leur voiture et domicile fouillés pour essayer d'établir un lien avec l'attaque sur l'ambassade la veille.

Les autorités slovaques se refusèrent à tout commentaire, disant ne pas vouloir exacerber les relations déjà tendues entre les deux pays[28],[29].

Commentaires de Ján Slota[modifier | modifier le code]

Après les élections de juin 2006, le parti nationaliste SNS est devenu membre de la coalition gouvernementale, créant une situation étrange où son président Ján Slota, connu pour ses déclarations anti-hongroises et d'extrême-droite, était partenaire du Premier ministre Robert Fico dont le parti Smer est considéré de gauche. Pendant cette période de 4 ans, les commentaires grotesques de Slota sur les Hongrois se sont multipliés.

Destruction de Budapest[modifier | modifier le code]

Le , à une réunion de parti, Slota probablement ivre avait déclaré : « On va monter dans nos tanks et détruire Budapest[30]. »

Une tumeur sur le corps de la nation slovaque[modifier | modifier le code]

En 2006, le député européen italien Michl Ebner a diffusé par courriel à tous les députés européens un florilège des remarques xénophobes de Slota, ce qui a contribué à faire connaître la perle suivante (reprise par Der Spiegel et la presse internationale en remplaçant le mot « tumeur » par « cancer »[31]) : « Les Hongrois sont sur le corps de la nation slovaque une tumeur cancéreuse qu'il faut retirer au plus vite. »

Civilisation des Hongrois par le sang slave[modifier | modifier le code]

En juin 2006, quelques jours avant les élections législatives slovaques, Slota a déclaré lors d'un débat télévisé : « En 1248, un évêque franc [sic] en visite dans le bassin des Carpates disait : en parcourant ce pays je me demandais comment Dieu a pu donner une terre si belle à des gens si laids. Il voulait dire les « anciens Hongrois », parce qu'ils étaient de type mongoloïde avec des jambes arquées et des chevaux si répugnants - en fait, de petits chevaux - c'est ce que l'évêque disait, c'est écrit... exactement, mot à mot... et maintenant après plus de 800 ans, d'une façon ou d'une autre ces « mongoloïdes » ont disparu... Je ne sais pas qui leur a appris à se civiliser, mais je pense que malheureusement c'est le sang slave qui l'a fait... malheureusement, et je ne sais vraiment pas si ces Hongrois, qui aiment se dire Hongrois, sont vraiment hongrois : je pense que 90 % d'entre eux ont du sang slave, et peut-être 10 % ou peut-être 0,1 % du sang « ancien hongrois », mais ils racontent quand même exprès comme des fous des histoires de turul et d'autres choses insensées[32]... »

Identité hongroise et symboles hongrois[modifier | modifier le code]

Le , Slota a déclaré à l'agence de presse SITA qu'en Slovaquie « il n'y a pas de Hongrois (Maďari), mais des Slovaques qui s'expriment en hongrois. » Selon lui, en France non plus il n'y a pas d'Algériens ni de Marocains, ils sont tous Français et « ils se répartissent entre Français, immigrés et étrangers. Nous devrions appeler nos concitoyens du Sud de la Slovaquie des Slovaques de langue maternelle hongroise. Et j'ai même des doutes, parce qu'il y en a plein qui sont des Slovaques magyarisés[33]. »

Le , pour défendre la loi slovaque sur l'enseignement, les chefs de partis de la coalition gouvernementale, Fico, Slota et Mečiar présentaient un manuel scolaire d'histoire utilisé dans l'enseignement en hongrois en Slovaquie et approuvé par le ministère hongrois, quand à propos de la quatrième de couverture avec la photo de la statue équestre du premier roi de Hongrie Saint Étienne au château de Buda, Slota a dit que « ce serait là ce fameux clown hongrois à cheval[34] ».

En septembre 2008, alors que les Premiers ministres hongrois et slovaques se rencontraient à Bruxelles, Slota inaugurant une double croix à Malacky a déclaré : « Sur notre territoire, malheureusement, on a érigé plus souvent de ces oiseaux laids, de ces perroquets hongrois appelés turul » (faucon mythique hongrois)[35].

Des doubles croix contre les turuls[modifier | modifier le code]

Le , à l'occasion de l'inauguration à Čerhov d'une double croix monumentale, correspondant au symbole présent sur les armoiries de la Slovaquie (mais aussi de la Hongrie), Slota a déclaré : « Nous allons ériger des doubles croix slovaques dans toute la Slovaquie, même dans le Sud [zone de population hongroise], pour ne pas avoir à regarder ébahis des abrutis d'oiseaux turul hongrois voleter au-dessus de la Slovaquie du Sud[36]. » Il a précisé en octobre 2008, lors de l'inauguration d'une autre double croix à Pavlovce, que s'il veut des doubles croix le long de la frontière hongroise, c'est pour que les gens qui arrivent de Hongrie « prennent note de ce qu'ils ne sont pas en Haute-Hongrie mais en Slovaquie[37]. »

Ministre des Affaires étrangères hongroise[modifier | modifier le code]

Slota a insulté à plusieurs reprises Kinga Göncz, alors ministre des Affaires étrangères hongroise, notamment le en critiquant ses cheveux et en la comparant à Hitler : « Nous ne cédons pas à la pression de Budapest sur nous venant de la direction de notre voisin méridional : une femme aux cheveux ébouriffés, une miséreuse, lance ici des menaces et pose des questions au Premier ministre slovaque à qui elle n'arrive pas à la cheville. Ce qu'ils font est le summum de l’arrogance. Je pourrais la comparer à Henlein et à ce petit homme à moustache de la cave de Munich [Hitler]. Lui aussi utilisait la même rhétorique que cette femme. Peut-être que sa moustache à elle aussi a déjà commencé à pousser[37]. »

Saint Étienne a massacré ces Mongols[modifier | modifier le code]

Le , Slota a déclaré à l'agence de presse slovaque TASR : « Saint Étienne [premier roi de Hongrie] s’est associé avec les princes slovaques et les chevaliers francs et a tué ces Mongols [les Hongrois] sur le territoire de la Hongrie historique d'alors. Il est possible que certains soient restés en se cachant dans les roseaux. (...) Saint Étienne n'était pas un roi hongrois mais un roi de la Hongrie historique (Uhorsko) qui parlait mieux allemand que hongrois. (...) C'est le fameux Saint Étienne qui est celui qui les a massacrés, c'est-à-dire qui a massacré leurs ancêtres. (...) La nation slovaque est autochtone sur ce territoire depuis déjà 1500 ans. Les tribus hongroises mongoloïdes qui sont arrivées ici sur ces chevaux poilus répugnants viennent seulement de fêter leur millénaire. (...) Les restes de ces vagabonds, de ces nomades, sont devenus très peu nombreux sur le territoire de la Hongrie[38]. »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c France-Diplomatie: Présentation de la Slovaquie - Politique extérieure, consulté le 8 décembre 2009
  2. (hu)(sk) Ambassade hongroise à Bratislava, consulté le 8 janvier 2010
  3. (en) Missions diplomatiques slovaques, consulté le 13 avril 2013
  4. (en) « The Slovak National Party (SNS), a partner in the Meciar-led coalition government until it lost the 1998 general elections, is clearly an extremist nationalist party. (Le Parti national slovaque (SNS), partenaire dans la coalition gouvernementale menée par Mečiar jusqu'à sa défaite aux élections législatives de 1998, est clairement un parti extrémiste et nationaliste.) »Stephen Roth Institute: Antisemitism And Racism in Slovakia, consulté le 8 décembre 2009
  5. (sk) « Vláda a premiér menia dejiny », Sme,‎ 3 janvier 2008 (lire en ligne) [« Le gouvernement et le Premier ministre changent l'histoire »]
  6. (en) « Matica Slovenská cancels history textbook », The Slovak Spectator,‎ 31 juillet 1996 (lire en ligne)
  7. (sk) Eduard Krekovič, Elena Mannová et Eva Krekovičová, Mýty naše slovenské [Nos mythes slovaques], Bratislava, AEPress,‎ 2005, 246 p. (ISBN 8088880610)
  8. (hu) « Erősödik a szlovák nacionalista vonal [Renforcement de la ligne nationaliste slovaque] », Magyar Nemzet,‎ 14 janvier 2008 (lire en ligne)
  9. (hu) « Ószlovákokról írnak majd a közös történelemkönyvekben is », Bumm.sk,‎ 14 mai 2009 [Ils vont parler des Proto-Slovaques même dans le manuel d'histoire commun]
  10. (en) « Anger as Slovak language law comes into force »
  11. (en) « The new state language law in Slovakia [La nouvelle loi sur la langue d'État en Slovaquie] », The Budapest Times,‎ 3 septembre 2009 (lire en ligne)
  12. (hu) « Szlovákiában életbe lépett a felpuhított nyelvtörvény », Origo,‎ 1er mars 2011 [La loi linguistique adoucie est entrée en vigueur en Slovaquie]
  13. (hu) « Továbbra is aggályos a szlovák nyelvtörvény », HVG,‎ 13 juillet 2011 (lire en ligne) [« La loi linguistique slovaque reste préoccupante »]
  14. (hu) « Megszavazták a kisebbségi nyelvhasználati törvényt », Bumm.sk,‎ 25 mai 2011 [La loi sur l'usage des langues minoritaires a été adoptée]
  15. (hu) « Gašparovič nem hirdeti ki a szlovák nyelvről szóló népszavazást », sur bumm.sk,‎ 5 avril 2012 [« Gašparovič ne promulgue pas le référendum sur la langue slovaque »]
  16. Selon un câble Wikileaks, le ministère de l'Intérieur était pourtant d'avis dès octobre 2006 que l'agression était réelle, mais que la jeune femme avait essayé d'aggraver ses blessures pour être plus crédible devant la police.
  17. (hu) « Mégis folytatódik a pozsonyi botrány [Le scandale de Bratislava continue quand même] », Népszabadság,‎ 7 juillet 2006 (lire en ligne)
  18. « Sólyom: Elfogadhatatlan a szlovákok döntése », index.hu,‎ 21 septembre 2007 [Sólyom : la décision des Slovaques est inacceptable]
  19. (en) « Hungarians attacked [Des Hongrois attaqués] », The Budapest Times,‎ 10 novembre 2008 (lire en ligne)
  20. Région qui correspond à l'ancien Royaume de Hongrie, divisé en 1920 par le traité de Trianon
  21. (hu) « Fico tiltakozik Orbán kampánybeszéde miatt », Origo.hu,‎ 25 mai 2009 [Fico proteste à cause du discours de campagne d'Orbán]
  22. (hu) « Elítélte Orbán kijelentését a szlovák parlament [Le Parlement slovaque a condamné la déclaration d'Orbán] », Világgazdaság,‎ 3 juin 2009 (ISSN 0042-6148, lire en ligne)
  23. (hu) « A külügy sem érti a szlovák reakciókat », index.hu,‎ 20 août 2009 [Le ministère des Affaires Étrangères non plus ne comprend pas les réactions slovaques]
  24. (hu) « Szlovákia nem engedte be területére Sólyomot », origo.hu,‎ 21 août 2009 [La Slovaquie n'a pas permis l'accès à son territoire à Sólyom]
  25. « Conclusions de l'avocat général - Affaire C-364/10 Hongrie contre Slovaquie », Cour de justice de l'Union européenne,‎ 6 mars 2012
  26. « Arrêt de la Cour (grande chambre) », Cour de justice de l'Union européenne,‎ 16 octobre 2012
  27. (sk) « Reakcia prišla v zápalnej fľaši », SME,‎ 26 août 2009 (lire en ligne)
  28. (sk) SME: Slovenského veľvyslanca sa v Budapešti pokúsili vytlačiť z cesty, consulté le 2 janvier 2010
  29. (hu) Index: Rárántották a kormányt a szlovák nagykövetre, consulté le 2 janvier 2010
  30. (en) « Why is Slovakia not in NATO? Ján Slota explains », The Slovak Spectator,‎ 15 mars 1999 (lire en ligne)
  31. (en) « Separatist Movements Seek Inspiration in Kosovo - Part 2: 'A Cancer in the Body of the Slovak Nation' », Der Spiegel,‎ 22 février 2008 (lire en ligne)
  32. (en) « Minority Report - p. 10, Dossier « Ján Slota » », MKP,‎ octobre 2007
  33. (sk) « U nás nežijú Maďari, ale Slováci, ktorí hovoria po maďarsky », 24 hodín,‎ 4 janvier 2008 [Chez nous il ne vit pas de Hongrois mais des Slovaques qui parlent hongrois]
  34. (hu) « Szent István "lovasbohóc" Slota szerint », DunaTV,‎ 10 mai 2008 [Saint Étienne est un « clown à cheval » selon Slota]
  35. (en) « Slota ridicules Hungarians during PMs' meeting », The Slovak Spectator,‎ 3 septembre 2008 [Slota tourne les Hongrois en ridicule pendant la rencontre des Premiers ministres]
  36. (hu) « Slota: turulmadarak röpködnek Szlovákiában! "Szlovák" kettőskereszt az ellenszer », Bumm.sk,‎ 8 janvier 2008 [Slota : des oiseaux turul volètent en Slovaquie ! Des doubles croix « slovaques » sont l'antidote]
  37. a et b (hu) « Slota: Göncz Kinga nem csak "kócos", hanem "nyomorult asszony" is! », stop.hu,‎ 5 octobre 2008 [Slota : Göncz Kinga n'a pas seulement « des cheveux ébouriffés » mais est aussi « une miséreuse »]
  38. (hu) « Slota: a szlovák nemzet már 1500 éve őshonos itt [Slota : la nation slovaque est autochtone ici depuis 1500 ans] », HVG,‎ 17 avril 2010 (lire en ligne)