Relations entre la France et la Pologne

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Relations entre la France et la Pologne
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Abbayé à Jędrzejów, première filiale de Morimond en Pologne
Henri III de Valois roi de Pologne et roi de France
Effigie du cœur du roi Jean II Casimir Vasa à l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés (Paris)
Stanislas Leszczyński roi de Pologne et duc de Lorraine et Barrois
L'ordre règne à Varsovie par Grandville, réaction à la déclaration sarcastique de ministre des affaires étrangères français Horace Sébastiani en 1831

Les relations franco-polonaises remontent à plusieurs siècles. La première rencontre a eu lieu en 1154, en Palestine, où des troupes de Henryk, duc de Sandomierz, vinrent aider Baudoin, pendant la première croisade. L'alliance des armées s'avéra symbolique : les deux pays ne se sont jamais affrontés sur un champ de bataille.

Les relations devinrent réellement concrètes quelques centaines d'années plus tard : lors de la Révolution française et du règne de Napoléon Ier. Les Polonais furent alliés de ce dernier et le protégèrent lors de sa retraite de la campagne de Russie. Une grande communauté polonaise s'installa en France au XIXe siècle. Puis, Polonais et Français furent également alliés pendant la période d'entre-deux-guerres. Les relations officielles se refroidirent pendant la guerre froide et s'améliorèrent de nouveau après la chute du communisme consécutive à l'éclatement de l'U.R.S.S. Actuellement, les deux pays font partie de l'Union européenne.

Avant le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les fondateurs des deux dynasties régnantes en Pologne et en France accédèrent à peu près simultanément à leurs trônes : Mieszko 1er, le premier Piast vers 960, et Hugues Capet en 987. Mais ces dynasties n’entretenaient pas de relations politiques. Les liens religieux, et plus particulièrement monastiques, se multiplièrent après la conversion au christianisme de Mieszko Ier, en 966. Le fils et successeur de celui-ci, Boleslas le Vaillant, pour poursuivre la christianisation du pays, invita les moines bénédictins de Cluny à ouvrir trois monastères en Pologne, dont les écoles firent autorité. Et c’est à un moine originaire de France, Gallus Anonymus, que l’on doit la première histoire de la Pologne, écrite entre 1112 et 1116, qui est surtout une histoire hagiographique des souverains de la dynastie des Piast.

En sens inverse, les prélats polonais furent nombreux à venir en France. Au XIe siècle, Stanislas de Szczepanów, qui allait devenir évêque de Cracovie avant d’être canonisé comme saint Stanislas, était venu faire des études théologiques sept ans durant à Paris.

Des abbayes cisterciennes furent fondées en Pologne au XIIe siècle (par exemple de Morimond[1]), puis, au siècle suivant, des dominicains fondèrent à leur tour des monastères.

Mais les relations franco-polonaises furent limitées jusqu'au XVIIIe siècle, tant à cause de la distance géographique qu'à la faible participation de la République des Deux Nations aux guerres d'Europe de l'Ouest. Une exception notable se produira en 1573, quand Henri de Valois (frère du roi Charles IX) fut élu en 1573 roi de Pologne. Les récits racontent le grand étonnement de la cour à la vue des grandes moustaches et des costumes des ambassadeurs polonais venus chercher leur roi. Le règne d'Henri ne dura pas longtemps puisqu’en mai 1574, il devint roi de France sous le nom d'Henri III et rentra en France. Henri III choisit le nom de Saint-Esprit pour la création de l'Ordre du Saint-Esprit, en référence à sa propre naissance, à son couronnement sur le trône de Pologne et plus tard sur celui de France, les trois événements étant survenus le jour de la Pentecôte. Deux rois de Pologne Ladislas IV Vasa et Jean II Casimir Vasa ont été mariés à la princesse française Marie Louise de Mantoue. Après son abdication, en 1668, ce dernier vint en France, où il rejoignit les Jésuites et devint abbé de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés (Paris). Son cœur y était enfoui.

Plus tard au XVIIe siècle, le roi de Pologne Jean III Sobieski épousa une princesse française, Marie Casimire Louise de la Grange d'Arquien et essaya de forger une alliance franco-polonaise.

Charles-Paris d'Orléans, François Louis de Bourbon-Conti, Henri Jules de Bourbon-Condé, Louis II de Bourbon-Condé ont été candidats au trône électif de Pologne.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au début de XVIIIe siècle, Stanisław Leszczyński, le roi de Pologne, essaya de continuer les efforts de Sobieski et d'allier la Pologne avec la France. Après une guerre civile en Pologne (la guerre de Succession de Pologne), il se retira en France. En 1725, sa fille, la princesse Marie Leszczyńska épousa Louis XV et devint ainsi Reine de France.

Alors, en France, l'objectif du Secret du Roy (sous Louis XV) devint d'influencer les voix et les partis polonais afin d'installer Stanisław Leszczyński puis le prince de Conti sur le trône de Pologne (à l'époque, cette monarchie était élective : le roi étant élu par la noblesse polonaise). Au cours de la Confédération de Bar anti russe les Français appuyèrent les confédérés polonais par l'envoi d'officiers français sous le commandement de Charles François Dumouriez.

Vers la fin du XVIIIe siècle siècle, la Pologne et la France entrèrent dans une période révolutionnaire, où la Révolution française influença d'une manière importante, les réformes de la Diète de quatre ans en Pologne et la constitution polonaise du 3 mai 1791 en particulier. Cependant, il n'y avait pas d'alliance officielle ; en fait, la France évita délibérément de s'allier avec la Pologne. Les voisins de la Pologne (la Prusse, l'Autriche et la Russie) s'attendant à une telle alliance, et interprétant les réformes polonaises comme des signes de l'influence des Jacobins, se chargèrent des partitions de la Pologne. Ils eurent en conséquence moins de ressources pour s'occuper des événements en France.

Époque napoléonienne[modifier | modifier le code]

La création du duché de Varsovie par Napoléon donna l'impression de ressusciter la Nation polonaise de la tombe politique dans laquelle elle fut consignée avec les partitions. Pourtant, la valeur réelle de « l'indépendance » ne fut pas plus importante que de celle du royaume du Congrès qui a émergé du congrès de Vienne. La différence consista au fait que le duché représenta l'espoir de l'indépendance vraie, tandis que le royaume de Congrès fut toujours dans l'ombre de la Russie.

L'autre signification durable du duché est qu'elle rompit avec la vieille Pologne féodale, qui exista toujours, à un certain degré, dans le royaume. Le servage fut supprimé et un code légal moderne, selon le modèle français, fut introduit. Mais la chose véritablement importante était la contribution que la période napoléonienne apporta à la création d'une légende ou d'un mythe national, qui soutint et soulagea les Polonais pendant des décennies. Également, elle contribua à faire en sorte que le reste de l'Europe eut un intérêt constant pour le destin de la Pologne, résultant de l'appui de Bonaparte en 1797 pour la formation des légions polonaises, recrutées parmi des émigrés et d'autres exilés vivant en Italie. L'hymne national polonais, la mazurka de Dąbrowski, est une célébration du commandant de la légion, Jean Henri Dombrowski. Le texte mentionne Napoléon comme modèle de vainqueur. Cependant, ce dernier ne traita pas toujours ses soldats polonais avec une grande considération. Après le traité de Lunéville en 1801, il les envoya aux Indes occidentales pour mater la révolte d'esclaves dans la colonie française de Saint-Domingue, futur Haïti. La vaste majorité n'en revint jamais.

Grande émigration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grande Émigration.

La grande émigration était une émigration des élites politiques de Pologne entre 1831 et 1870, en particulier après l'insurrection de Novembre et l'insurrection de Janvier.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, les émigrés ont joué un rôle important dans la vie politique et culturelle de l'intelligentsia polonaise. La plupart de ces émigrés politiques s'installèrent en France qui était considérée par les Polonais, fraîchement influencés par Napoléon, comme un bastion de la liberté en Europe.

C'est pendant cette période que certaines des plus grandes personnalités polonaises liées à la France ont vécu sur son territoire, comme Frédéric Chopin ou Adam Mickiewicz.

Période d'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Pendant la période d'entre-deux-guerres, la France et la Pologne furent des alliés politiques et militaires. Cela commença par l'Armée bleue du général Haller qui aida la France dans la Première Guerre mondiale et la mission militaire française en Pologne pendant la guerre russo-polonaise (1919-1921), où servit le Général de Gaulle. L'alliance militaire franco-polonaise fut signée en 1921 et dura jusqu'à la campagne de Pologne (1939).

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Vers la fin de 1939, en vue de l'occupation allemande de la Pologne, une nouvelle armée polonaise fut formée en France sous le commandement du général Władysław Sikorski. Parmi les unités polonaises, la 1re division de grenadiers et d'autres. Les relations franco-polonaises furent cependant acidifiées par la réticence française à aider la Pologne. Après la chute de la France, en 1940 les relations bilatérales furent quasiment inexistantes.

Guerre froide[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre froide, les relations franco-polonaises ne furent pas chaleureuses, les deux pays appartenant aux côtés opposés du conflit. Cependant, la France fut — encore — l'emplacement d'une communauté polonaise prospère : on peut citer par exemple Kultura et Jerzy Giedroyć. René Goscinny compte parmi les personnalités françaises ayant des origines polonaises en France durant cette période.

Après 1989[modifier | modifier le code]

Les relations franco-polonaises se sont améliorées après la chute du communisme.

La France, en tant que membre fondateur de la Communauté européenne, de l'Union européenne, de l'OTAN et membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, est l'un des principaux partenaires de la Pologne dans le monde des affaires politiques, économiques, culturelles, scientifiques et technologiques.

Cependant, l'année 2004 a marqué une percée dans les relations bilatérales. Après une période de conflit provoqué par différents accrochages pendant la crise de l'Irak et les négociations de la constitution européenne, les relations se sont améliorées. Depuis l'accession de la Pologne à l'Union européenne le 1er mai 2004, des réunions entre les chefs d'État des deux pays sont organisées annuellement.

La France est le plus grand contributeur d'investissement direct étranger en Pologne. Les principales compagnies françaises présentes en Pologne sont France Télécom, Vivendi, Carrefour, Auchan, le groupe Casino, Leclerc, le Crédit agricole et Saint-Gobain.

Une certaine polémique a été provoquée par l'expression « plombier polonais » qui est apparue en France autour de 2005.

On estime que la communauté polonaise en France compte environ un million de membres, notamment dans la région Nord-Pas-de-Calais, dans la zone métropolitaine de Lille et du bassin minier autour de Lens et de Valenciennes.

Divers[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnalités publiques françaises du XXe siècle et du XXIe siècle appartiennent à de grandes familles polonaises comme la famille Poniatowski et la famille Kosciusko-Morizet par exemple :

Depuis ces dernières années, de nombreux échanges Erasmus et des doubles diplômes franco-polonais[2] ont permis à de nombreux étudiants polonais de venir en France et à des étudiants français d'aller en Pologne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Historique des relations franco-polonaises par l'ambassade de France en Pologne
  • Échanges franco-polonais par l'ambassade de Pologne en France.
  • http://www.france-pologne.fr Annuaire collaboratif franco-polonais lancé en novembre 2007. Son objectif est de recenser l'ensemble des ressources disponibles sur Internet, en particulier celles concernant la présence polonaise en France et la présence française en Pologne, afin de donner une meilleure visibilité aux différents acteurs de la sphère associative, culturelle et économique franco-polonaise.
  • (en) Andrzej Nieuważny (pl), Napoleon and Polish identity, History Today, Vol. 48, mai 1998 [1], [2] and [3]
  • (en) Tomasz Majchrowski, Adam Halamski, Polish-French Relations, Yearbook of Polish Foreign Policy (01/2005), [4]
  • Association Le Souvenir franco-polonais v 1 v 2

Articles connexes[modifier | modifier le code]