Relations entre la France et la Libye

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Relations entre la France et la Libye
Drapeau de la France
Drapeau de la Libye
France et Libye
     France      Libye
Ambassades
Ambassade de France en Libye
Ambassade de Libye en France

Les relations entre la France et la Libye sont des relations internationales s'exerçant entre un État principalement européen, la République française, et un autre situé en Afrique du Nord, la Libye. Elles sont structurées par deux ambassades, l'ambassade de France en Libye et l'ambassade de Libye en France.

Historique[modifier | modifier le code]

Les relations franco-libyennes n'ont pas toujours été bonnes : au début des années 1990, le régime de Khadafi est en effet officiellement banni, ou à peu près, de la communauté internationale, à la suite des enquêtes concernant l'attentat de Lockerbie (1988) et, l'année suivante, du Vol 772 UTA. On explique parfois ces attentats comme formes de représailles aux opérations armées lancées contre l'ingérence libyenne au Tchad, à laquelle Paris avait répliqué par l'opération Manta (1983-84) suivie de l'opération Épervier (1986-), toujours en vigueur près de 20 ans plus tard. Paris et Tripoli s'opposaient ainsi particulièrement sur la question tchadienne.

Toutefois, un accord culturel entre les deux pays avait été signé en 1976[1], soit avant que les relations bilatérales ne se dégradent sous l'effet de la question tchadienne. Avec le retour en grâce de la Libye sur la scène internationale à la suite de sa coopération dans la « guerre contre le terrorisme » lancée par le président Bush après les attentats du 11 septembre 2001, un nouvel accord de coopération culturelle, scientifique et technique a été signé en 2004, accord qui n'a été publié que cinq ans plus tard, par le décret du 23 juin 2009 [2].

Accord nucléaire[modifier | modifier le code]

Le président Nicolas Sarkozy a signé un accord de coopération nucléaire avec la Jamahiriya arabe libyenne lors de sa visite du 25 juillet 2007, qui était lié à l'affaire des infirmières bulgares[3],[4].

Le réseau sortir du nucléaire affirme alors que la livraison de technologie nucléaire à M Kadhafi a été une contre-partie à la libération des otages bulgares[5].

L'Elysée affirmait que les centrales nucléaires vendues devait servir à la désalinisation de l'eau de mer[6], mais cela a été questionné par Le Monde [7]. Le Parisien, citant Philippe Delaune, un responsable du CEA, a par la suite écrit que l'accord concernait en fait les réacteurs EPR de 3e génération, et que le contrat portait sur un montant de trois milliards de dollars[8].

Areva ainsi que Sarkozy ont cependant démenti les informations du Parisien [9],[10],[11].

Bakchich s'est néanmoins procuré le mémorandum secret de juillet 2007. L'article 1er affirme que l’un des objectifs de l'accord franco-libyen est d’« encourager les institutions et entreprises industrielles des deux pays à mettre en œuvre des projets communs ». Mais aussi d’« autoriser les institutions et entreprises industrielles des deux pays à œuvrer conjointement en vue de la réalisation de projets de production d’énergie nucléaire et de dessalement de l’eau, ainsi que des projets de développement liés à l’utilisation pacifique de l’énergie atomique »[12].

Lors de l'insurrection de 2011, le 11 mars 2011, la France est le premier pays à reconnaître le Conseil national de transition. Quelques jours plus tard, elle est le premier pays à tenter d'établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye et participe activement au déclenchement de l'intervention internationale contre le régime de Mouammar Kadhafi[13].

Le financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Sarkozy-Kadhafi.

En avril 2012, Mediapart publie un document concernant un possible financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 par la Libye, qualifié par Ziad Takieddine de « crédible ». Il s'agissait d'une note, signée par Moussa Koussa, alors chef des services secrets libyens, dans lesquels Tripoli promettait « 50 millions d'euros » à Sarkozy ; elle ne précise pas si ces fonds ont été versés. Le président Sarkozy et son entourage ont qualifié la note de « faux » et le site Mediapart d' « officine de la gauche ». Mediapart est un site indépendant [14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret n°77-527 du 13 mai 1977 PORTANT PUBLICATION DE L'ACCORD CULTUREL ENTRE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ET LA RÉPUBLIQUE ARABE LIBYENNE, SIGNE A TRIPOLI LE 22 MARS 1976
  2. décret n° 2009-762 du 23 juin 2009 portant publication de l'accord de coopération culturelle, scientifique et technique entre le Gouvernement de la République française et la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, signé à Paris le 19 avril 2004
  3. Christopher Dickey, The Politics of Blackmail - Libya's 'Immoral' Games with the West, Newsweek, 1st August 2007 (en)
  4. Christophe Châtelot, Le chef du renseignement bulgare évoque un écheveau de contacts secrets, Le Monde, 1er août 2007
  5. Communiqué de presse du réseau sortir du nucléaire - 21 septembre 2007 : Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande à M. Sarkozy de s'expliquer sur l'accord nucléaire avec la Libye
  6. Germans attack Libya nuclear deal, BBC, July 2007 (en)
  7. Natalie Nougayrède, France-Libye : les zones d'ombre de la libération des infirmières bulgares, Le Monde, 8 août 2007
  8. Marc Lomazzi, Nucléaire: les dessous de l'accord entre la France et la Libye, Le Parisien, 13 août 2007
  9. Areva: "pas de négociations sur l'EPR avec la Libye", L'Express avec Reuters, 13 août 2007
  10. Sarkozy denies Libya arms deal, France 24 (avec l'AFP), 13 août 2007
  11. Nicolas Sarkozy et Areva démentent tout projet de vente de réacteur EPR à la Libye, Le Monde (avec Reuters), 13 août 2007
  12. Catherine Graciet, France-Libye, un accord nucléaire qui ne manque pas de sel, Bakchich, 26 décembre 2007
  13. http://www.nytimes.com/2011/03/11/world/europe/11france.html
  14. Financement de la campagne de 2007 de Sarkozy par Kadhafi : Moussa Koussa dément, Le Monde, 28 avril 2012