Relations entre l'Allemagne et les Pays-Bas

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Relations entre l'Allemagne et les Pays-Bas
Drapeau de l'Allemagne
Drapeau des Pays-Bas
Allemagne et Pays-Bas
     Allemagne      Pays-Bas
Frontière
Frontière entre l'Allemagne et les Pays-Bas
  Longueur 577 km
Rencontres sportives
Football Rencontres

Les relations entre l'Allemagne et les Pays-Bas sont les relations internationales s'exerçant entre deux États frontaliers d'Europe, l'Allemagne et les Pays-Bas. Les deux pays partagent une frontière terrestre et maritime longue de 577 kilomètres.

Les deux pays sont membres de l'Union européenne, de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Environ 164 000 citoyens d'origine néerlandaise vivent en Allemagne. Les premiers échanges diplomatiques eurent lieu en 1871.

Histoire des relations bilatérales[modifier | modifier le code]

Les deux pays ne forment qu'un de 962 à 1648 à travers le Saint-Empire romain germanique. Lors du XVIe siècle, les vagues de pensées protestantes allemandes influent les Pays-Bas, qui vont se détacher de l'Église romaine en fondant l'Église calviniste.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, les Pays-Bas ont été préservés d'une invasion allemande, en tant que pays neutre. Mis sous blocus britannique, le pays fit du commerce avec l'Allemagne pour se préserver économiquement. L'empereur allemand se réfugia aux Pays-Bas à la fin de la guerre, du fait de ses relations avec la famille royale néerlandaise. De surcroît, le mari de la reine Wilhelmine, le duc Henri de Mecklmebourg-Schwerin, était Allemand, tout comme Emma de Waldeck-Pyrmont, la femme du roi Guillaume III, le père de Wilhelmine. Emma était populaire auprès du peuple ; elle avait effectué la régence pour se fille mineure après le décès de son père. L'empereur d'Allemagne Guillaume II fut installé dans un endroit reculé, loin de toute attraction médiatique. Le Royaume-Uni, la France et les États-Unis firent pression en vain sur le petit royaume pour que le dirigeant allemand soit jugé. Durant les années 1930, les Pays-Bas prospèrent, mais le duc Henri décède en 1934.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Soldats de la 101e aéroportée en jonction avec la Résistance néerlandaise pendant l'opération Market Garden. La cathédrale en arrière-plan est celle d'Eindhoven.
Parachutistes britanniques à Arnhem, engageant immédiatement le combat dès leur atterissage.

En 1939, alors que l'Allemagne déclare le guerre à la France, les Pays-Bas font savoir leur neutralité dans le conflit. Sans déclaration de guerre allemande préalable, les troupes du Reich envahissent les Pays-Bas. L'armée néerlandaise, petite en nombre, tient une semaine. La reine Wilhelmine fuit au Royaume-Uni et organise de Londres un réseau de résistance dans le pays face à l'occupant. Elle s'engage dans le camp des Alliés, et renvoie le Premier ministre Dirk Jan de Geer, qui conclut l'arminstice avec le chancelier allemand Adolf Hitler. Elle déclare à ce sujet : « On ne pactise pas avec le diable, l'ennemi de l'humanité »[1]. La reine nomme à ce poste provisoirement Pieter Gerbrandy, qui soutient les opérations conjointes avec les britanniques afin de libérer le pays. Cependant, grâce à l'action controversée du Premier ministre déchu, la geurre se termine aux Pays-Bas, et Arthur Seyss-Inquart en est nommé gouverneur par le chancelier fédéral Hitler. Wilhelmine finance une radio de Résistance, « Oranje »[1] et empêche l'occupant allemand d'obtenir l'entreprise pétrolière Dutch Shell en faisant, grâce à sa fortune, monter le prix des actions. Le Premier ministre britannique Winston Churchill dit d'elle qu'elle est « le seul homme parmi tous ces chefs d'État en exil », faisant référence aux différents gouvernements de résistance réfugiés à Londres depuis les succès militaires allemands. Il s'en suit la grève de février 1941 à Amsterdam, qui paralyse totalement la ville sous emprise nazie. Les citoyens arrêtent de travailler sous contrainte allemande afin de dénoncer la déportation de milliers de juifs néerlandais vers les camps. Un parti nazi néerlandais, le Nationaal-Socialistische Beweging (NSB), recrute parmi les hommes du pays, des volontaires pour faire parti des milices du Reich. Environ 3 % des hommes adultes néerlandais adhèrent au parti.

Les Alliés déclenchent en 1944 l'opération Market Garden, où des milliers de soldats britanniques, américains et canadiens principalement, sont parachutés au-dessus des Pays-Bas. Alors que l'opération est est échec total, et que les allemands recherchent les soldats adverses sur tout le territoire, ces derniers sont cachés par divers réseaux de résistance dans des lieux forestiers. Les soldats trouvés sont internés dans des camps de prisionniers de guerre, mais les civils suspectés de les avoir aidés, fusillés sur place publique. L'Allemagne ne fournissant plus assez de vivres pour la population, l'hiver de famine en 1944 tue plus de 20 000 civils. Alors que les alliés progressent depuis le sud, Hitler ordonne de tenir les pays à tout prix. Les combats sont intenses entre les canadiens venant du sud par la terre, les américains parachutés, et les forces allemandes battant en retraite. L'aviation allemande rase la ville de Rotterdam avant de reculer vers la frontière.

Opération Manna - Many Thanks (« Merci Beaucoup ») écrit avec des tulipes, Pays-Bas, mai 1945.

Les forces de libération déclenchent l'opération Manna en 1945 afin de parachuter de la nourriture à la population en famine. Malgré la proximité avec les troupes allemandes, la reine arrive à Eindhoven, en mars 1945. Les Pays-Bas sont entièrement libérés deux mois plus tard, mais les officiers allemands essayent durant cette période de tuer le plus de civils possible.

Après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1945, le plan Bakker-Schut, est élaboré par le nouveau gouvernement néerlandais : ce schéma stratégique propose l'annexion d'une partie de l'Allemagne, mais sous deux différentes formes possibles. Dans le premier cas, il est prévu que la population allemande serait « néerlandisée ». Les Pays-Bas auraient ainsi doublé de surface, mais les Alliés n'acceptent pas ce plan, qui est abandonné. Le second plan, mettant en place l'opération Black Tulip, a été partiellement exécuté. Il prévoyait à la base que tous les Allemands résidant aux Pays-Bas seraient chassés, mais finalement, sous pression des Alliés, seules les personnes ayant collaboré avec le Reich devront partir. En effet, le ministère de la Justice commença à expulser les Allemands neutres installés aux Pays-Bas, mais les Britanniques en retour expulsèrent quelques Néerlandais de la partie allemande qu'ils contrôlaient. Alors qu'au fil du temps, l'opinion publique se montra de plus en plus défavorable aux explusions, celles-ci prirent fin en 1950. 3 691 personnes, représentant environ 15 % de la population germanique, ont ainsi quitté les Pays-Bas dans l'après-guerre. Le 26 juillet 1951, l'état de guerre avec l'Allemagne prit fin et les Allemands ne furent plus considérés comme des ennemis de l'État.

La fin de la guerre va signifier aussi pour les Pays-Bas la perte de leur contrôle des Indes orientales néerlandaises : après la reddition des Japonais qui les avaient envahies, les nationalistes indonésiens s'engagent dans une lutte pour l'indépendance, qu'ils obtiennent quatre années plus tard.

En 1965, la princesse Beatrix, future reine, fille de Juliana, annonce son intention d'épouser l'Allemand Claus von Amsberg. À peine vingt ans après la guerre et l'occupation, ce choix fut impopulaire. Le prince Claus avait servi dans les Jeunesses hitlériennes et la Wehrmacht et a été, donc, associé par une partie de la population néerlandaise avec le nazisme. Le père de Beatrix, le mari de Juliana, Bernhard de Lippe-Biesterfeld, était également Allemand, mais s'était engagé dans l'aviation britannique pendant la guerre. Tandis que la rue s'agitait à propos du mariage, des débats houleux eurent lieu au parlement avant qu'un historien démontre que le jeune homme n'avait en aucun cas participé de façon active aux exactions nazies.

Cependant, le mariage est l'objet de nombreuses protestations durant le jour des noces à Amsterdam le . Parmi les protestations on peut lire des slogans tels que « Claus eruit ! » (« Claus dégage ! ») et « Mijn fiets terug ! » (« Rends-moi mon vélo ! »), une référence aux soldats allemands confisquant les bicyclettes hollandaises durant l'occupation du pays. Une bombe fumigène est jetée sur le carrosse royal par un groupe de Provos, ce qui cause de violents affrontements avec la police. Avec le temps cependant, le prince Claus devient l'un des membres les plus populaires de la monarchie néerlandaise et sa mort, en 2002, est largement pleurée dans tout le pays.

Peu à peu après la guerre, les deux pays collaborèrent dans divers domaines, économiques, militaires, culturels, et sont aujourd'hui des partenaires économiques majeurs dans les économies nationales respectives.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Point de vue -Hors-série - Histoire, « Les rois dans la guerre 1939-1945 », no 5, octobre 2010, page 23.

Article connexe[modifier | modifier le code]