Reiyukai

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Reiyukai (霊友会 en Japonais) signifie association de l'amitié spirituelle. Il fait partie des Shinshūkyō, nouveaux mouvements religieux au Japon.

Créé en 1920 au Japon, implanté en France en 1979, le bouddhisme Reiyukai appartient à l'école du Mahayana qui affirme que l'Éveil est accessible à tous les êtres. Pragmatique, il se définit comme enseignement bouddhiste destiné aux laïcs[1].

Ce mouvement s’appuie essentiellement sur le Soutra du Lotus, Enseignement ultime du Bouddha Shakyamuni, et notamment sur deux concepts essentiels : l’affirmation, d’une part, que tous les êtres sans distinction, peuvent suivre le chemin de l’Eveil, et l’assertion, d’autre part, que le développement du potentiel humain et spirituel de chacun repose sur des pratiques accomplies au sein de la vie quotidienne. Il invite à suivre l’exemple des bodhisattvas du Soutra du Lotus qui œuvrent pour le bonheur des êtres[2].

En France, il est cité comme secte par la commission Brard de 1995[3] bien que toutefois non répertorié parmi les « Groupes et mouvances » listés par l'Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu (Unadfi)[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Japon[modifier | modifier le code]

Kakutaro KUBO (1892-1944)

Kakutaro Kubo fonde le bouddhisme Reiyukai au Japon en 1920. Convaincu que la prospérité de toute société est liée au niveau de conscience et d’humanité des individus qui la composent, il n’a de cesse de trouver comment aider les êtres humains à édifier un monde en paix et à répondre aux problèmes causés par une société en expansion industrielle vertigineuse. Il s’intéresse alors tout particulièrement à la Trilogie du Soutra du Lotus, à l’automne 1919, commence à l’étudier et à en pratiquer quotidiennement la récitation. Il saisit une idée maîtresse de cet enseignement : les êtres humains doivent donner une dimension essentielle à leur vie par leurs propres efforts. Grâce au progrès du système éducatif, presque tous ses compatriotes savent lire et écrire. Il réalise que, pour la première fois dans l’histoire, les conditions sont réunies pour que tous les citoyens aient directement accès à l’enseignement du Bouddha et s’engagent pleinement dans la pratique de cet enseignement. Il fonde alors le bouddhisme laïque Reiyukai[1].

Kimi KOTANI (1901-1971)

À la mort du Fondateur en 1944, sa belle-sœur Kimi Kotani devient la première présidente et assume l'ensemble des fonctions de direction. Sous son influence, le mouvement accroît son développement. Selon elle, il est essentiel, dans cette période d’après-guerre, d'œuvrer à la construction de l'être humain : elle invite les pratiquants à redoubler d'efforts, en vue de leur évolution et de l'épanouissement de tous. À partir de 1950, le Reiyukai accorde aussi une attention plus particulière à la jeunesse et crée, pour eux, des lieux de rencontres et de pratique, édifie un collège et un lycée dont l'objectif essentiel est le développement harmonieux de la personne, en dehors de tout esprit de compétition.

Kimi Kotani engagera le Reiyukai dans de nombreuses actions humanitaires et sociales, parfois en collaboration avec des associations internationales comme la Croix-Rouge[5].

Tsugunari KUBO

À la mort de Kimi Kotani en 1971, Tsugunari Kubo, son neveu, lui succède. Docteur en philosophie indienne, auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’analyse de la philosophie bouddhiste et à l’étude de textes bouddhiques[6],[7], en particulier du Soutra du Lotus, il offre une analyse intellectuelle des fondements philosophiques de la pratique du Reiyukai. À son initiative, le Reiyukai se dote d’une bibliothèque d’œuvres bouddhiques rares que consultent les spécialistes du monde entier[8],[9],[10] et fonde à Tokyo l’Université Internationale d’Études Bouddhiques[11]. Il quitte la présidence du Reiyukai en 1996.

Masaharu SUEYOSHI[12] a été élu 5e président après le décès d'Ichitaro Ogata survenu le 6 avril 2013.

Au Japon, le Reiyukai est enregistré au Ministère de l'Éducation comme congrégation religieuse, déclarée d'utilité publique.

Du Japon à la France[modifier | modifier le code]

En 1975, une jeune diplômée de lettres classiques part au Japon où elle enseigne pendant cinq ans la littérature française à l’Université de Nagoya. Elle y rencontre son mari et par son intermédiaire, le Reiyukai. Mus tous deux par leur souhait de rendre accessible aux Français la pratique du Soutra du Lotus, ils s'installent en France en 1979 et fondent l'association Reiyukai, régie par la loi du 1er juillet 1901, enregistrée à la préfecture de Loire-Atlantique.

Le souhait du Reiyukai de coopérer, en harmonie avec les autres traditions bouddhistes implantées en France, au bon développement et à une meilleure connaissance de l’enseignement du Bouddha, se concrétise, dès 1995, par une implication dans divers projets collectifs comme l’Université Bouddhique Européenne[13].

L'association Reiyukai devient membre de l’Union bouddhiste européenne[14] (European Buddhist Union) en 1997, ses objectifs étant de favoriser le développement de relations amicales entre les organisations bouddhistes d’Europe et leur coopération sur des sujets d’intérêt commun, leur permettre de travailler en synergie et de favoriser ainsi la connaissance de cet enseignement. Claudine Shinoda, directrice spirituelle au sein du Reiyukai, est élue vice-présidente de l’Union Bouddhiste Européenne en 2002, et présidente en 2005.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Il s'inspire du bouddhisme Nichiren et s’appuie sur 3 soutras : le Soutra du Lotus, le Soutra de la Pleine Conscience selon la méthode du bodhisattva Vertu Universelle et le Soutra aux Sens Innombrables. Les fondateurs du Reiyukai ont sélectionné des extraits essentiels de ces 3 soutras pour constituer le soutra bleu et permettre aux membres une récitation quotidienne compatible avec la vie des laïcs. Le Soutra bleu s’ouvre sur l’évocation de tous les bodhisattvas qui ont contribué à préserver et faire connaître ces soutras. L’ensemble du soutra bleu est un encouragement à suivre le chemin des bodhisattvas qui souhaitent leur propre éveil et celui de tous les êtres.


Schisme[modifier | modifier le code]

En 1938 un nouveau groupe se sépare de la branche principale et aboutit à la création du Risshō Kōsei Kai.

Développement[modifier | modifier le code]

Il compte plus de 3 millions de membres dans le monde[15], et il existe des centres Reiyukai dans de nombreux pays : Japon, Inde, Sri Lanka, Corée, Thaïlande, Philippines, Népal, Taiwan, États-Unis, Canada, Pérou, Bolivie, Brésil, Mexique, Paraguay, France[16], Italie, Espagne.

En France le Reiyukai avait été inscrit dans la liste du rapport commission parlementaire sur les sectes en 1995 (Mouvements sectaires de 50 à 500 adeptes)[3]. Mais non répertorié parmi les "groupes et mouvances sectaires" comme le précise les Associations de Défense des familles et de l'Individu.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.blog.reiyukai.fr Site officiel de la section française
  2. http://www.archive.org/stream/MN40239ucmf_2#page/n5/mode/2up Le Lotus de la Bonne Loi, traduit en français par M. Eugène Burnouf 1852/1925
  3. a et b Alain Gest, Jacques Guyard, « RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D'ENQUÊTE (1) SUR LES SECTES », sur www.assemblee-nationale.fr,‎ 1995 (consulté le 27 avril 2013)
  4. http://www.unadfi.org/-Groupes-et-mouvances- (consulté le 8 avril 2014)
  5. http://www.dialogueireland.org/site/dicontent/resources/dciarchive/znrmsjapan.html
  6. http://journals.ub.uni-heidelberg.de/index.php/jiabs/search/authors/view?firstName=Tsugunari&middleName=&lastName=Kubo&affiliation=&country
  7. http://www.pitaka.ch/unil/japheian.pdf
  8. http://books.google.fr/books?id=ah2XR9be5uwC&pg=PR5&lpg=PR5&dq=tsugunari+Kubo&source=bl&ots=u5TtFAvLws&sig=zFjPsE1dobRDorzpT7NglAuUymk&hl=fr&sa=X&ei=Cx89VMrvAceraYTFgKgL&ved=0CCkQ6AEwAjgo#v=onepage&q=tsugunari%20Kubo&f=false
  9. http://books.google.fr/books?id=JxJeSQEH_GcC&pg=PA121&lpg=PA121&dq=Reiyukai+Library&source=bl&ots=rr3cT0q5BP&sig=vu1p6Jykn62V7dPEifkBszGwuys&hl=fr&sa=X&ei=WeVHVNGjLIGQPOzmgfAP&ved=0CDUQ6AEwAzgK#v=onepage&q=Reiyukai%20Library&f=false
  10. http://books.google.fr/books?id=w0A7y4TCeVQC&pg=PA362&lpg=PA362&dq=Reiyukai+Library&source=bl&ots=fcKNe4KFrQ&sig=sMjRBywykC1CbVgVvDRKSQInKi4&hl=fr&sa=X&ei=WeVHVNGjLIGQPOzmgfAP&ved=0CDAQ6AEwAjgK#v=onepage&q=Reiyukai%20Library&f=false
  11. http://www.icabs.ac.jp/english/library_e/library_e.htm
  12. http://reiyukaiglobal.org/message.php
  13. http://www.bouddhisme-universite.org/
  14. http://www.e-b-u.org/fr/about-ebu/history-and-scope/
  15. George D Chryssides, Historical Dictionary of New Religious Movements, Lanham, Md.: Scarecrow Press, 2001. ISBN 978-0-8108-6194-7, page 293
  16. http://www.reiyukai.fr/carteFrance.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]