Regimini militantis ecclesiae

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Regimini militantis Ecclesiae (Pour le gouvernement de l'Église militante) est la bulle pontificale promulguée par le pape Paul III le , et qui approuvait la création de la Compagnie de Jésus.

Approbation des statuts de la Société de Jésus montrant Ignace de Loyola recevant la bulle Regimini militantis Ecclesiae des mains du pape Paul III. Fresque peinte par Johann Christoph Handke dans l'église Notre-Dame-des-Neiges à Olomouc après 1743.

Circonstances historiques[modifier | modifier le code]

N'étant pas parvenus à trouver passage sur un bateau quittant Venise pour la Terre sainte, Ignace de Loyola et ses compagnons se rendent à Rome en , afin de se mettre à la disposition du pape, comme ils se l'étaient promis.

Quelque temps plus tard, comprenant que les différentes missions que leur a confiées le pape vont les disperser, ils se posent la question de savoir s'ils veulent rester unis sur le plan spirituel. Après avoir prié et échangé leurs points de vue, la décision est prise : puisque c'est le Christ qui les a réunis, ils estiment que c'est sa volonté qu'ils restent unis. Une charte est présentée au pape, qui la reçoit favorablement et donne finalement son approbation solennelle dans cette bulle Regimini militantis Ecclesiae de 1540. Le nombre des membres est alors fixé à soixante.

Le premier groupe de jésuites (qui eux-mêmes se désignaient simplement comme « prêtres réformés ») procède en avril 1541 à l'élection d'Ignace de Loyola comme supérieur général, malgré son opposition, et lui promet obéissance, le reconnaissant comme « tenant la place de Dieu » pour les décisions concernant l'apostolat dans lequel la nouvelle compagnie désire s'engager.

Contenu de la bulle[modifier | modifier le code]

Dans un paragraphe d’introduction le pape souligne le caractère international du groupe des dix prêtres fondateurs en donnant leurs noms avec les diocèses dont ils sont originaires : Ignace de Loyola et François Xavier (diocèse de Pampelune), Pierre Favre, Claude Le Jay et Paschase Broët (tous trois du diocèse de Genève), Diego Lainez et Alfonso Salmeron(diocèse de Tolède), Simon Rodrigues (Viseu, au Portugal), Jean Codure (Embrun) et Nicolas Bobadilla (Siguënza).

Ces prêtres, docteurs en théologie de l’université de Paris, ont renoncé au monde et vivent de manière religieusement exemplaire. Ils désirent se mettre au service du Seigneur Jésus et du souverain pontife, et pour ce faire souhaitent fonder un institut religieux. Ils sont appelés « clercs réguliers » (c’est-à-dire « prêtres suivant une règle religieuse de vie »).

Est incorporée ensuite dans la bulle la charte de fondation de la Compagnie de Jésus, appelée Formula Instituti. Paul III y reprend, quasiment sans modification, le texte soumis par Ignace en 1539.

  • Le nom de « Compagnie de Jésus » est approuvé.
  • Les membres de l’institut serviront le Christ et son Église, sous le souverain pontife.
  • Ils prononceront les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance
  • L’institut est fondé pour aider au progrès des âmes dans la vie et la doctrine chrétienne par divers ministères apostoliques (dont l’éducation et les exercices spirituels)
  • Les charges et services seront entre les mains d’un supérieur général élu par tous, qui devra établir des Constitutions.
  • Les Constitutions (ou leurs modifications) seront approuvées par une « congrégation générale ».
  • Ceux qui feront profession dans l’institut émettront un vœu d'obéissance au pape en vue des missions (mais aucun ne cherchera de mission pour lui-même).
  • Les membres feront vœu d’obéissance au supérieur général, pour l’observance de la règle, et de la pauvreté évangélique.
  • Les collèges et universités pourront cependant avoir des revenus, en vue d’offrir un service gratuit.
  • L’office divin sera dit en privé.
  • Personne ne sera admis sans avoir d’abord été soigneusement éprouvé.

En conclusion le pape Paul III approuve formellement le nouvel institut, en restreignant le nombre des membres à soixante, et invite les évêques et autres dignitaires de l’Église à donner assistance et soutien aux membres de l’institut tout en restant vigilants[1].

Seconde approbation en 1550[modifier | modifier le code]

L'approbation finale, avec quelques modifications du texte (supprimant, entre autres, toute restriction au nombre de membres) sera accordée dix ans plus tard, par la bulle Exposcit Debitum (Le devoir impose…) du , émise par le pape Jules III.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le texte latin de la bulle se trouve dans Monumenta Ignatiana (MHSI), vol. 63, p. 24-32.

Source[modifier | modifier le code]