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Red Cardell

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Red Cardell

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Red Cardell (Jean-Michel Moal et Jean-Pierre Riou) à Niort en 2011.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Ethno-rock
Années actives depuis 1992
Labels Kas ha Bar, Keltia Musique
Influences rock, chanson française, musique bretonne, world music, blues, folk, punk, electro, Hip-hop
Site officiel redcardell.com
Composition du groupe
Membres Jean-Pierre Riou
Manu Masko
Mathieu Péquériau
Logo

Red Cardell est un groupe musical français, trio rock issu de la scène indépendante en Bretagne, fondé en 1992 à Quimper par Jean-Pierre Riou, Jean-Michel Moal et Ian Proërer.
Outre Jean-Pierre Riou (chant, guitares, mandoline), seul membre originel et leader de la formation, le groupe est dorénavant formé par Manu Masko (batterie, samples) depuis 2001, et Mathieu Péquériau (harmonica, washboard) depuis 2011.

À partir de 2006 et l'album Naître, des « habitués » sont régulièrement invités, le trio devenant ainsi un collectif. Depuis 2012 ils sont rejoints sur scène, pour la plupart des concerts, par Ronan Le Bars (cornemuse, flûtes) et Pierre Stéphan (violon) ou par le Bagad Kemper. En parallèle ses trois membres participent à l'ensemble The Celtic Social Club depuis 2013.

Considéré par la critique musicale comme l'un des meilleurs groupes breton de son temps, Red Cardell apparaît comme un des piliers du rock celtique, enraciné et novateur à l'instar d'Alan Stivell et Dan Ar Braz, ayant réussi à concilier musiques actuelles et musiques traditionnelles. Le collectif, qui revendique être né du rock alternatif, tout en affirmant sa culture bretonne, croise depuis toujours ses influences et se définit comme un groupe de musique populaire, ouvert sur le monde.

Le groupe finistérien dont le parcours est jalonné de seize albums dont cinq enregistrés en public, est essentiellement une formation scénique avec près de deux mille concerts depuis ses débuts, à travers toute l'Europe d'Ouest en Est et la côte Est américaine. Le succès commercial de Red Cardell n'est cependant pas comparable à celui d'artistes en contrat avec une des majors de l'industrie musicale. Néanmoins le groupe, qui collabore depuis 2006 avec le label indépendant Keltia Musique, est suivi par un public fidèle et reçoit également une reconnaissance professionnelle : il obtient des récompenses pour quatre de ses albums, des critiques élogieuses de la part de journalistes spécialisés, participe à des « grands événements » qui représentent la Bretagne, est accueilli en création par une Scène nationale et bénéficie du soutien de la première marque internationale d'instruments de musiques.

Sommaire

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

1986-1989 : Karroth Rapées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jean-Pierre Riou.

En 1986, Jean-Pierre Riou et ses amis Jean-Jacques Baillard, Gilles Lozach et Jean-Luc Jaouan, fondent à Morlaix un groupe de rock blues répondant au nom « légumier » de Karroth Rapées. Rejoints en 1988 par le guitariste Jacques Pellen, ils se produisent dans les nombreux cafés-concerts existants en Bretagne à l'époque[c 1] et donnent 120 concerts en trois ans. Comme Dan Ar Braz, le garçon baigne tout jeune dans la dualité bombarde-rock'n'roll[b 1].

1989-1992 : Penfleps[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Penfleps et Jean-Michel Moal.

En juillet 1989, un concert improvisé entre Jean-Pierre Riou et Jean-Jacques Baillard (batteur des Karroth Rapées et multi-instrumentiste participant à de nombreuses expériences[1]) avec Farid Aît Siameur (chanteur Kabyle s'exprimant en berbère et résidant en Pays Bigouden), les décident de fonder un groupe ensemble. Accompagnés du bassiste Micky Runarvot, ils enregistrent en septembre l'unique album de Penfleps (« Têtes Parlantes » en breton, clin d'œil aux Talking Heads), dénommé Urgence at Koz Ker. Distribué sous forme de cassette par Keltia Musique l'enregistrement est commercialisé en octobre 1989. En avril 1990, l'accordéoniste quimpérois Jean-Michel Moal rejoint la formation et marque le début d'une collaboration avec Jean-Pierre Riou qui va durer 22 ans.

Comme le fait remarquer le journaliste Ronan Gorgiard : « La particularité de Penfleps est d'être une sorte de fusée à plusieurs étages : rock, « breizhoù » et world-kabyle, qui décolle en se produisant aux Rencontres Trans Musicales[2], au Printemps de Bourges[3] puis au festival Tamaris[d 1] »[b 1]. À l'apogée de la scène rock alternative en France, ils partagent l'affiche avec La Mano Negra, Noir Désir, Les Négresses Vertes, Pigalle et OTH, mais aussi avec les écossais The Silencers, les chanteurs bretons Youenn Gwernig, Alan Stivell et Denez Prigent, ainsi qu'avec d'autres courants comme le rap, aux côtés de MC Solaar et N.T.M.

En 1992, la « fusée » se scinde en deux : Farid Aît Siameur et Jean-Jacques Baillard lancent Taÿfa, avec Jacques Moreau (percussions) et Alain Guilloux (basse), les derniers arrivés chez Penfleps. De leur côté, Jean-Pierre Riou et Jean-Michel Moal, accompagnés de Patrick Kiffer et Philippe Bargain de l'équipe du Ker Opus[e 1], respectivement manager et tourneur du groupe, se mettent en quête de nouveaux musiciens pour poursuivre la route ensemble[d 2].

Naissance de Red Cardell[modifier | modifier le code]

1992 : formation du groupe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ian Proërer.
Ian Proërer
Ian Proërer, cofondateur et batteur du groupe jusqu'en 2001, tire sa révérence après quatre albums studio et 1 200 concerts

En juillet 1992, avec l'arrivée de Ian Proërer, ancien batteur des groupes quimpérois Axton Pryte et Link (managés par Philippe Bargain de 1984 à 1989), et de Christophe Poignant, bassiste lorientais, le nouveau groupe est formé. Après quelques concerts en été, sous le nom Penfleps pour honorer les contrats, la bande prend alors le nom de Red Cardell, « fumier rouge » en anglo-breton[4]. Red est aussi un mot breton qui signifie « courir »[a 1]. Pour certains, il proviendrait du nom d'un propriétaire de ranch, qui se fait assassiner au début du western Tall in the sadle, un film de 1944 avec John Wayne[c 2]. Sur les pas de Stivell, ils souhaitent intégrer la musique traditionnelle bretonne dans l'univers du rock, en associant le mouvement des festoù-noz (Sonerien Du, Diaouled Ar Menez) au courant rock de la scène rennaise (Marquis de Sade, les Nus)[a 1].

Les membres du groupe résident à Quimper et répètent non loin, à Langolen, au cœur du pays glazik[b 1], au Ker Opus, club-concert appartenant à leur manager mosellan, Patrick Kiffer (ancien bassiste d'Atoll[5], Barbara, Michel Delpech et aussi Stivell avec Dan Ar Braz). La formation a l'occasion de côtoyer les principaux groupes de la scène alternative du moment, dont ceux de Boucherie Productions, ou des artistes américains (Luther Allison, The Fleshtones) et britanniques (Doctor Feelgood, Yargo, The Inmates) qui sont programmés tous les week-ends dans la salle, un des hauts lieux du rock en Bretagne.

Après les concerts de l'été, Patrick Goyat, lui aussi lorientais, remplace Christophe Poignant à la basse. Ils entrent alors en studio avec José Nédélec, pour enregistrer une cassette démo trois titres. Cette carte de visite sonore permet à leur tourneur de décrocher des dates aux quatre coins de l'Hexagone (Pau, Dunkerque, Lyon, Mulhouse…) et au groupe de croiser sur la route, les Naufragés de Montpellier, les angevins Happy Drivers, les toulousains Fly & the tox ou le texan Calvin Russell et les anglais Sons of the Desert.

1993 : premier album Rouge[modifier | modifier le code]

Le premier album, Rouge, enregistré et mixé en janvier et février 1993, par Johannes Uwe Teichert, au studio Square, à Bruxelles, sort en juillet chez Arcade. En est extrait un single, avec We've got to be alone qui deviendra la chanson emblématique de Red Cardell, et Ur Vro, un titre en breton, écrit avec la complicité de Bernez Tangi, poète originaire de Carantec et chanteur de Storlok, considéré comme le premier groupe de rock breton[6]. Ce premier opus, qui repose sur une dichotomie entre des textes en anglais engagés, parfois violents et noirs, et une musique colorée entraînante, se vend à 15 000 exemplaires, essentiellement en Bretagne[7].

Dans l'esprit indépendant du rock alternatif, le groupe autoproduit ses premiers albums et gère, seul, sa communication. Début 1994, Philippe Bargain part pour d'autres contrées, après trois ans à organiser les tournées et accompagner sur la route Penfleps puis Red Cardell, remplacé par Jo Barré pour le réglage des instruments et du matériel de scène. Quelques mois plus tard, Patrick Goyat quitte la formation, et devient ensuite le bassiste du groupe « Ouf ! La puce ».

En trio[modifier | modifier le code]

1995-1996 : Douleur[modifier | modifier le code]

Jean-Michel Moal et Jean-Pierre Riou
Jean-Michel Moal à l'accordéon et Jean-Pierre Riou à la bombarde. Le duo est souvent comparé à un couple de sonneurs de fest-noz ou à un tandem du rock façon Jagger/Richards.

En 1995, les trois musiciens restants poursuivent ensemble les concerts en France, dont une première participation au festival des Vieilles Charrues et à la Foire aux vins d'Alsace, ainsi qu'en Suisse (Genève) et en Allemagne (Freiburg). Puis, ils entrent au studio Impuls, à Herent, en Flandre belge, aux côtés de Stephan Kraemer (Fishbone, Slade, Yann Tiersen, Gojira, Axelle Red)[8], qui produit et joue aussi des claviers sur plusieurs titres de l'album Douleur. Celui-ci sort en mai 1996, sous le label rennais N'Less Music, qui réédite leur premier album Rouge, accompagné d'un cédérom.

La chanson Fantômes servira de générique aux émissions Culture Breizh et Breizh O Pluriel, sur France Bleu Breizh Izel. Dans Parliament II, succédant à l'interprétation, en introduction du morceau, par Philippine Riou (la fille de Jean-Pierre), de La Jument de Michao (clin d'œil au groupe Tri Yann), un rap parle avec douleur de l'incendie qui a ravagé le symbole politique en Bretagne qu'est le Parlement à Rennes[7], la nuit du 4 au 5 février 1994.

À l'été 1996, le groupe est de retour à l'affiche du Festival des Vieilles Charrues puis des Eurockéennes de Belfort, devant 15 000 personnes, et se fait applaudir par près de 40 000 spectateurs aux Jeudis du port, à Brest[a 1]. En Pologne, l'album Andergrant, de la chanteuse Renata Przemyk, sorti chez Sony Music en 1996, devient double disque de platine. Elle y interprète trois titres des bretons, dont son premier single, Zero (Odkochaj nas), reprise de Kas Ha Bar, qui reste plusieurs semaines dans le hit-parade polonais[9].

1997-1998 : 3[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1997, une importante radio finlandaise élit Douleur album de l'année 1996[c 3]. c'est l'occasion pour Red Cardell de jouer en juillet dans un club à Helsinki et de participer au festival Ilosaarirock à Joensuu en Finlande.

Ressentant une cohésion bien plus forte à trois, les musiciens décident de conserver cette formule minimaliste. Jean-Michel Moal qui pilote des synthétiseurs à partir de son accordéon MIDI, joue des basses de la main droite, pendant que Ian Proërer développe un jeu de batterie plus fourni et adapté à l'absence de bassiste. À eux deux, ils occupent l'espace libéré et assurent le groove et la rythmique du trio. Le groupe annonce son troisième album, intitulé 3. Enregistré en juin 1997, au studio Bonton, à Bratislava (Slovaquie), par Andrej Sloboda, il marque un tournant par rapport aux deux albums précédents, plus celtiques[10]. Presque entièrement chantées en français, les paroles se font un peu plus sombres et la musique plus progressive. L'album ne connaît que trois mois d'exploitation, fin 1997, avant que la société de distribution ne dépose son bilan[11].

Dès lors, pour la première fois depuis cinq ans, les musiciens s'accordent une pause de cinq mois sans monter sur scène, mais participent aux émissions Au pont des artistes et Pollen (en compagnie de Richard Galliano, Michel Portal et Alain Leprest[c 4]) sur France Inter, et Captain café, sur France 3, animées par Jean-Louis Foulquier. Ils participent, en 1997, au Festival interceltique de Lorient, ainsi qu'au festival de Cornouaille. Chroniqueur dans le magazine Rock Style, Christian Décamps (chanteur et leader de Ange) ne tarit pas d'éloge sur l'album et offre au groupe la Une du numéro 23 de janvier 1998[12]. Cette même année, le groupe joue dans deux grands festivals français, les Vieilles Charrues (3e participation) et les Francofolies de La Rochelle[13].

1999-2001 : Rock'n roll Comédie[modifier | modifier le code]

Pour leur nouvel album à venir, comme une photographie de leur vie sur la route, faite de grands comme de petits moments, agrémentés des péripéties vécues, le groupe entame un travail de vingt-deux mois de composition et d'écriture des chansons. Alors que celles-ci naissent au gré des concerts, de ville en ville, à Marseille, Carcassonne ou Rouen, le groupe répète et travaille à la production des morceaux, jusqu'à l'enregistrement, en septembre/octobre 1999[14]. La complicité avec l'ingénieur du son Mike Butcher (Black Sabbath, Arno, Marvin Gaye, Quincy Jones)[15] aux studios Gam de Liège[16], la richesse des textes néo-réalistes[17] et la qualité de la musique donnent naissance à Rock'n roll Comédie, présenté dans le Pop-Club de José Artur, sur France Inter, mais n'assurent pas le succès de cet album, un peu plus intime, avec des paroles entièrement en français. Sorti en avril 2000, il rencontre des problèmes de distribution par Sony Music, et n'atteint pas le succès escompté, aboutissant à son retrait du catalogue au bout d'un an[18]. Ce mauvais coup entraîne le départ de Ian Proërer, quelques mois plus tard, ressentant une certaine lassitude de la vie en tournée, après avoir assuré 150 concerts par an[a 1]. Celui-ci, après que Mike Butcher lui ait sauvé la vie, fait inscrire, au dos du disque, la mention « last night a Butcher saved my life ».

Avant son départ en mai 2001, Red Cardell prend contact avec François Roy, le responsable du secteur musique de Yamaha France de l'époque avant d'en devenir le directeur général. Celui-ci parle de sa découverte de Red Cardell comme d'un coup de cœur et leur propose un partenariat. Ian Proërer, à l'origine de la démarche, adopte ainsi une batterie Yamaha, tout comme Jean-Pierre Riou, les guitares de la marque. Par la suite il les invite en de nombreuses occasions : showcases, conventions, salons de la musique au Parc de la Villette, Kando Night à La Cigale, la soirée nationale des écoles Yamaha[c 5].

Influence du nouveau batteur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Manu Masko.

2001-2003 : La Scène, Cardelectro[modifier | modifier le code]

Manu Masko
Manu Masko, second et actuel batteur de Red Cardell depuis 2001. Il utilise aussi des claviers et des machines et s'implique dans la composition, l'orchestration, la production et le management du groupe

2001 marque l'arrivée à la batterie de Manu Masko, musicien niortais et batteur du groupe franco-américain John Doe, qui se traduit par une ouverture plus grande vers les machines (samples, synthés, loopers…)[19]. Il convainc rapidement les deux autres membres du trio d'enregistrer un album live, bénéficiant de près de 1 200 concerts à leur actif[20]. La captation a lieu les 17, 18 et 19 janvier 2002, lors de trois concerts, à La Tête Raide à Brest. Puis l'album est mixé au studio du Hall de Musique à Quimper, avec l'aide de Patrice Marzin, également guitariste de Hubert-Félix Thiéfaine et de Gérard Manset[21].

Réalisé, pour la première fois, intégralement dans le Finistère (jusqu'à leur maison de disque, basée à Spézet), l'album, intitulé La Scène, contenant onze titres, sort en avril 2002 sur le tout nouveau label Avel Ouest. Distribué par Coop Breizh, celui-ci conserve l'énergie que présente le groupe sur scène depuis dix années de tournées. Ce dixième anniversaire est fêté à Saint-Goazec, le 6 juillet, en compagnie des guitaristes Dan Ar Braz, Pat O'May, Patrice Marzin, et des groupes Sheer K, Sam Cram Band et de sonneurs locaux[22], avant un passage, trois jours après, au festival Kann Al Loar[23] puis le 2 novembre au cyber fest-noz, à Quimper[24].

En 2002, avec des artistes bretons, Red Cardell participe à un concert au profit de la lutte contre la mucoviscidose à l'espace Glenmor à Carhaix et à l'album live collectif qui y est enregistré. Ce dernier contient leur version de la valse Mon amant de Saint-Jean[d 3]. En fait, cette chanson fait partie du répertoire de scène des Citrons, groupe défouloir auquel participent Jean-Pierre Riou et Jean-Michel Moal, en trio avec Robert Kervran[25].

Seize chansons enregistrées durant les trois jours mais non retenues pour l'album précédent servent à un autre projet d'album. Celui-ci, expérimental, est dénommé Cardelectro. Ce travail artistique sur les bandes est l'idée du nouveau venu Manu Masko, avec la complicité de Patrice Marzin pour les arrangements et de Patrick Kiffer pour la production et voit le jour en mars 2003[7].

2003-2004 : Sans fard, Bal à l'Ouest[modifier | modifier le code]

Après des désaccords, puis le départ de Patrick Kiffer, leur manager déjà présent du temps de Penfleps , les membres de Red Cardell décident de s'auto-manager et produisent eux-mêmes leur septième album, Sans fard, enregistré et mixé en juin 2003 à Plestin-les-Grèves au studio Le chausson de Nicolas Rouvière (La Ruda, Louise Attaque, Marcel et son Orchestre). Ouvertes sur les musiques du monde, les mélodies accentuent le côté festif et, dans les textes, le groupe montre son attachement aux « passeurs de mémoire » bretons[26], en rendant hommage au Joli coucou des Frères Morvan, dont la polka devient presque reggae[27]. La chanson Le petit bistrot obtient un grand succès, le public dansant aussi bien un fox-trot qu'un rond de Saint-Vincent, au son de l'accordéon, mis en valeur[28].

En juillet ils partagent l'affiche du festival « Rock aux portes de l'enfer » à Brasparts avec Manu Chao, le groupe Espagnol Ska-P et les Italiens Zenzila. En décembre, Jean-Louis Foulquier les invite sur France Inter, une semaine durant, dans son émission de grande écoute TTC Tous Talents Confondus[29].

Plusieurs titres, dont l'un très rock, Stop speak French, chanté en anglais et d'autres aux accents des Aurès ou des Balkans, ajoutés à la marque bretonne de leurs débuts, font de Sans fard (2003), puis du live Bal à l'Ouest (2004), enregistré par Damien Hélary pendant la tournée estivale 2004, des clins d'œil à leur son d'origine[30]. Sur l'enregistrement public, au fil des annonces en guise de transitions, des spectateurs et des ambiances, l'auditeur voyage à travers les différents concerts de Bretagne en Belgique[31].

En 2004, leur tournée contient environ soixante-dix dates à travers toute la France [28].

Premières collaborations[modifier | modifier le code]

2004-2005 : Red Cardell fait son bal[modifier | modifier le code]

Dan Ar Braz et Pierre Sangra
Les guitaristes Dan Ar Braz et Pierre Sañgra, amis de Quimper et Locquirec, accompagnent régulièrement Red Cardell sur scènes et albums

Red Cardell fait son bal est un spectacle produit par le Théâtre de Cornouaille, scène nationale de Quimper, et mis en scène par Jean Beaucé[c 6]. En mars 2004, le groupe propose une idée de création à l'équipe du théâtre. Celle-ci imagine l'histoire d'un individu, de sa naissance à l’âge adulte, au travers des modes de transmission culturels et sociaux, en particulier le bal. Échantillons d'archives sonores et boucles musicales nourrissent la composition des musiques de danse. Les textes et la musique sont écrits à l'Atelier du Théâtre. Les deux projets, scène et album, naissent en même temps. Pendant les répétitions, le trio sent le besoin de faire appel à des musiciens additionnels. En juin 2005, le premier convive, Pierre Sañgra (compagnon de route et musicien multi-instrumentiste de Thomas Fersen), apporte ses violon, mandoline, ukulélé et oud, pour donner une couleur chaleureuse[32].

Côté concert, le 25 juin 2005, lors du championnat du monde de boxe au Futuroscope de Poitiers, Red Cardell, accompagné des rappeurs d'Alktraxx, joue en live trois titres spécialement écrits pour l'entrée sur le ring de Mahyar Monshipour, champion du monde des poids super-coqs. Le boxeur poitevin franco-iranien, qui défend pour la cinquième fois son titre, l'emporte face au mexicain Julio Zarate[33].

À l'invitation d'Oleg Skrypka, icône du rock et de la Révolution orange en tant que chanteur du groupe ukrainien Vopli Vidopliassova, rencontré aux fêtes maritimes de Douarnenez 2004, ils participent en juillet 2005 au festival Kraïna Mryi à Kiev, devant 30 000 personnes, et au festival de Sheshori, dans les Carpates[34]. Le voyage en train entre les deux villes leur permet rencontrer de nombreux musiciens dont le violoniste Sergïi Okhrimtchuk et les chanteuses de Gourtopravci. Cette véritable histoire d'amour avec l'Ukraine, où les médias les suivent de près[35], va leur faire parcourir le pays de long en large et jouer aussi dans l'Ouest à Lviv, Loutsk et Ivano-Frankivsk, en Crimée à Sébastopol, Simferopol, Yalta et Kertch, dans l'Est à Dniepropetrovsk et Kharkov et dans le Donbass à Donetsk. En tout, ils comptent plus de 50 concerts donnés, au fil des ans, au pays des cosaques et des tatars[33],[36].

Avant l'enregistrement des pistes pour leur futur album, en novembre 2005 à Kiev, le groupe se produit en Belgique (Ypres), en Allemagne (Berlin et Halle) et à Crozon, à la pointe de la Bretagne, en ouverture du 6e festival du Bout du Monde, le 12 août, devant 18 000 personnes, précédant Joe Cocker et Zion Train sur la grande scène[32]. L'été suivant en 2006, le groupe est de retour au festival Kraïna Mryi[37], cette fois-ci « en tête » d'affiche devant 40 000 spectateurs et à Sion en Suisse au Guiness Irish Festival. Cette même année, ils sont invités à donner un concert en Ukraine, le 31 décembre, sur la grande scène du Maïdan, la place de l'indépendance à Kiev.

2006-2007 : Naître[modifier | modifier le code]

Finalement, ils décident de réunir un grand nombre d'invités à participer à l'album Naître : pour les musiciens, Pierre Sañgra, Goulven Le Gall et Arnaud Herry d'Al K Traxx, les ukrainiens Sergïi Okhrimtchuk au violon (1er prix au Conservatoire de Kiev), Evgeni Didik à la trompette, Vasyl Palanuk à la guimbarde et au cymbalum..., l'accordéoniste breton Robert Kervran (Les Citrons, Lors Jouin), le bassiste de Detroit Robert Cooper. Pour les voix, le chœur ukrainien Gourtopravci, emmené par Olena Goncharenko, répond aux mélopées berbères du chanteur Farid Aït Siameur (Penfleps, Taÿfa)[38] et aux gwerzioù de Louise Ebrel, fille d'Eugénie, l'une des trois Sœurs Goadec[32]. Les samples sont le plus souvent remplacés par des cordes et instruments à vent et les percussions sont assurées par les musiciens slaves. Red Cardell assure la production, l'enregistrement (à Quimper, Rochefort et Kiev), puis le mixage de son neuvième opus, dans un petit hôtel fermé pour l’hiver, à Locquirec, petite station balnéaire bretonne où le groupe aime se ressourcer. L'album « naît » au printemps 2006 chez Keltia Musique, le label quimpérois spécialiste en France des musiques celtiques, et remporte, l'année suivante, le 4e grand prix du disque du Télégramme, remis des mains de Yann Tiersen le lauréat 2006, précédant au palmarès Christophe Miossec et Denez Prigent. Red Cardell devient ainsi le premier groupe - et ses membres les premiers artistes indépendants - à remporter ce trophée[39]. La première du spectacle Red Cardell fait son bal affiche complet trois soirs de rang, les 9, 10 et 11 mars 2006 au Théâtre Max Jacob à Quimper[40].

Pour le trio cornouaillais, l'année 2007 est l'occasion de donner soixante concerts à travers l'Europe. D'abord en Ukraine dès janvier, puis trois autres fois, cette même année, en mars, juillet et décembre. En mai, le groupe joue en France (Le Mans, Lignières, Trappes) et en Belgique (Ingelmunster), au Labadoux festival, en montant sur scène juste après la prestation de Johnny Winter[41]. En juin ils se produisent en Allemagne (Halle, Sarrebruck, Berlin, Dresde, Leipzig, Munich et Bonn). À partir de juillet et jusqu'à la fin de l'année (excepté les allez-retours en Ukraine) ils tournent en Bretagne (Rennes, Le Guilvinec, Lorient, Guingamp) et aux quatre coins de l'Hexagone (Niort, Megève, Fraisses, Strasbourg), avec une escapade en septembre en Suisse (Sierre) et une autre en octobre au Luxembourg (Dudelange)[42].

En décembre, Keltia Musique propose, dans le cadre de sa série « Keltia Master », une édition collector limitée contenant l'album Naître, trois titres live enregistrés à Kiev, un « remix » de deux morceaux et trois chansons inédites, ainsi qu'un DVD incluant l'enregistrement d'un concert au Mans à l'Oasis, et des bonus, notamment un documentaire sur la tournée en Ukraine et un clip sur le titre Le Petit bistrot[43].

2008 : Le Banquet de cristal[modifier | modifier le code]

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Pour fêter ses quinze ans, le groupe se lance dans un projet nommé Le Banquet de cristal. De nouveau, l'idée est d'inviter les musiciens et chanteurs avec lesquels il a créé des liens d'amitié lors de ses nombreux concerts[44]. Cette fois, il est proposé à chacun de s'approprier un titre de Red Cardell, afin d'en enregistrer une nouvelle version avec les trois membres du groupe. Nombreux sont les artistes qui répondent présent : Dan Ar Braz, Thomas Fersen & Pierre Sañgra, Christophe Miossec & Yann Tiersen, Jimme O'Neill leader de The Silencers, Iza et Stéfane Mellino des Négresses Vertes, Gérard Blanchard, Farid Aït Siameur de Tayfa, Dr Das fondateur d'Asian Dub Foundation, Oleg Skripka de Vopli Vidopliassova & Gourtopravci, Al K Traxx, Ronan Le Bars & le Bagad Kerne[45], les frères Guichen & Louise Ebrel, Ian Proërer, les cuivres de Michel Delage, le bassiste Richard Puaud, Philippine et Léo Riou[46].

L'album sort en 2008 et est suivi d'une tournée où les invités vont se relayer selon leurs disponibilités, avec en apothéose la prestation au Musikhall à Rennes, pendant le Festival Yaouank, devant les 7 000 danseurs du plus grand fest-noz de Bretagne[47]. Lors d'un séjour à Paris pour la promotion du disque, le groupe remet son album en main propre à Emir Kusturica, croisé au bar de leur hôtel commun, et à qui la chanson Mescufurus est dédiée[48], avant de participer en soirée à l'émission Sous les étoiles exactement de Serge Levaillant, sur France Inter. Puis l'occasion se présente de faire un « bœuf » avec le guitariste australien John Butler, en compagnie de leur ami irlando-écossais Jimme O'Neill, dans les loges de l'émission Le fou du roi, animée par Stéphane Bern sur la même antenne, juste avant de jouer en direct sur le plateau avec Richard Lornac, devant Virginie Ledoyen et Lorraine Lévy, les invitées du jour[49].

Red Cardell & friends sur scène
Le Banquet de Cristal sur la scène du Festival Het Lindeboom 2010.

Le 1er août 2008, après l'annulation de leur festival à Douarnenez, Les Arts Dinent à l'Huile organisent une toute dernière soirée, qui, pour l'occasion, se déplace à la Ferme de Gwernandour à Brasparts et proposent une carte blanche à Dr Das, lequel invite Red Cardell, le joueur de tabla indien Tabz et le groupe de hip-hop Al K Traxx. La collaboration avec le bassiste-fondateur d'Asian Dub Foundation et les musiciens bretons a débuté en 2007 par la réalisation d'un remix pour le nouvel album du trio. Après cette première rencontre, l'envie réciproque de poursuivre l'échange s'est concrétisée par une série de concerts exceptionnels (Rennes, Briec, Évian, Paris, Ypres, La Courneuve) et des apparitions sur plusieurs albums au fil des ans. Que ce soit quand le « Docteur » accompagne de sa basse les compositions du groupe, ou lorsque le son puissant du dub, des percussions indiennes et des boucles d'Asian Vibes fusionnent avec les chorus libérés de bombarde, ou encore avec les mélodies d'accordéon et les riffs funcky blues-rock de guitare, l'alchimie fonctionne[50].

L'année 2008 est aussi l'occasion pour eux de rapprocher les deux côtés de l'Atlantique, en se produisant, le 10 août, au Festival du Bout du Monde à Crozon et, le 15, au Festival Musique du Bout du Monde Azentic, à Gaspé au Québec[51], leur première prestation en Amérique du Nord. Toujours en 2008, le journaliste Ronan Gorgiard choisit une photo de Jean-Pierre Riou sur scène pour la couverture de son livre L'étonnante scène musicale bretonne[d 4].

2009 : La Fête au village[modifier | modifier le code]

Jimme O'Neill et Jean-Pierre Riou
Jimme O'Neill et Jean-Pierre Riou

On retrouve ces rencontres sur l'album live, La Fête au village[52], qui paraît en 2009, enregistré par Damien Hélary aux Fêtes de l'été à Bénodet et au Cornouaille à Quimper, et par Nicolas Rouvière à La Carène à Brest.

Le 6 février, le groupe participe aux Championnats du monde de ski alpin 2009 à Val d'Isère[53]. Produit par Keltia Musique, Le Banquet de cristal est récompensé début 2009, en remportant le grand prix du disque Produit en Bretagne. La remise du prix, le 15 mai au Palais des Arts de Vannes, est l'occasion pour le trio de se produire sur scène, en compagnie des Frères Morvan, des Frères Guichen et de Louise Ebrel, pour interpréter ensemble Joli Coucou, rapprochant ainsi jeunes (yaouank) et vieux (koz) musiciens bretons[54]. En juin, après un concert à lîle de Groix, lors d'un voyage pour trois festivals en République tchèque (Colour Meeting à Policka, Respect Session à Val U Dobrusky et la fête de la musique à Prague), Manu Masko prend en photo une micheline roulant dans la campagne de Bohême. Elle illustre la pochette de l'album Soleil blanc à venir, celui-ci tournant autour du thème des voyages et des mouvements de populations[55]

Le 12 septembre, parmi les invités de la soirée, Yann Tiersen rejoint le trio sur scène pour une première, lors du festival Ilophone à Ouessant. Le 19, ils sont programmés aux Nuits de Nacre le festival d'accordéon de Tulle. Le 26, accompagnés de Stéfane Mellino, ils sont conviés à jouer en direct dans l'émission Ce soir (ou jamais !), diffusée sur France 3, devant Emmanuel Todd, Jean-François Kahn et Patrick Devedjian, les invités du jour de Frédéric Taddeï[56].

Projets collectifs[modifier | modifier le code]

2010 : Soleil blanc[modifier | modifier le code]

Red Cardell et une section de cuivres sur scène
Déjà présente sur des concerts du Banquet de Cristal et l'album et la tournée Soleil blanc, la section de cuivres de Michel Delage accompagne Red Cardell lors des grandes occasions.

Pour l'enregistrement de Soleil blanc, le groupe s'installe confortablement, en novembre et décembre 2009, dans un ancien cinéma, le studio Alhambra-Colbert à Rochefort-sur-Mer[55]. L'album est coproduit par leur ami Stéfane Mellino, guitariste et chanteur des Négresses Vertes[c 7]. Il est enregistré et mixé par le producteur anglais Clive Martin, qui a produit les albums Mlah, Famille nombreuse et 10 remixes des Négresses, ainsi que travaillé avec des artistes comme Queen, Sting, David Byrne, Midnight Oil ou Youssou N'Dour[57]. Sur ce disque et pour la tournée 2010, le trio s'accompagne d'une section de cuivres[58], emmenée par le trompettiste Michel Delage (Marcel Azzola, Marc Fosset)[59], avec Laurent Agnès (trompette), Pascal Faidy (saxophone) et Marc Antony (trombone)[60].

D'une veine plus folk, Soleil blanc flirte aussi avec le blues de Robert Johnson, avec des accents rockabilly, charleston et zydeco. Se déroulant comme un road movie façon Quentin Tarantino, on y croise une valse des Apaches et une « chanson de comptoir ». Le titre Comme une pierre qui roule est un hommage à Bob Dylan, Red Cardell reprenant d'ailleurs régulièrement devant son public Like a Rolling Stone[61].

Lors de la tournée qui suit, de nouveaux invités apparaissent sur scène, tels que Dave Pegg, bassiste de Fairport Convention et Jethro Tull, pour le départ de la Transat AG2R, au Cornouaille[62], aux fêtes maritimes de Douarnenez et au Festival des Filets bleus, ou encore Thierry Runarvot (contrebasse), ancien Penfleps et cofondateur de l'Ensemble Matheus, pour une représentation exceptionnelle au Théâtre de verdure de la forêt de Huelgoat, en plein cœur du Parc naturel régional d'Armorique.

Jean-Michel Moal et Dave Pegg
Jean-Michel Moal et Dave Pegg. Fidèle support de Red Cardell, le bassiste de Fairport Convention rejoint le groupe sur scène pour plusieurs dates dans l'hexagone.

Avant une nouvelle escapade en Ukraine et aux États-Unis à l'automne 2010, le trio entre en résidence en mars, au Manège à Lorient, pour mettre en place un spectacle en compagnie des frères Guichen, au cours duquel ils interprètent, chacun de leur côté, leur propre répertoire, avant de se retrouver pour le final sur un répertoire inédit en commun. La première a lieu dans le port de la compagnie des Indes, le 2 avril[63],[55]. Cette relation entre les deux ensembles bretons, faite d'admiration réciproque, date de l'époque où ceux-ci révolutionnaient le fest-noz avec Ar Re Yaouank[d 5], tout comme celle qui les unit à Dan Ar Braz, sans doute leur plus proche compagnon de route avec pas moins de cinquante apparitions en concert auprès de Red Cardell. Yuna (Wonderbraz, Turbo Sans Visa), la fille de Dan Ar Braz, a d'ailleurs fait ses classes en accompagnant le groupe comme roadie à partir de 1992.

2011 : changements, première du Fest-Rock[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mathieu Péquériau.
Jean-Michel Moal à l'accordéon
Après l'été 2011, Jean-Michel Moal se met en retrait du groupe à la suite d'ennuis de santé.

Début 2011, ils participent, avec d'autres artistes bretons, au spectacle en hommage à Danielle Messia[64]. L'harmoniciste Mathieu Péquériau, ami de Manu Masko, est sollicité pour remplacer Jean-Michel Moal, empêché pour quelques concerts. Les trois musiciens lui proposent finalement d'intégrer le groupe, dont il devient le nouveau membre au printemps. Le 12 août, lors de leur traditionnelle tournée estivale sur les côtes bretonnes, ils montent, pour leur troisième participation, sur la grande scène du Festival du chant de marin de Paimpol, en compagnie des Chieftains et de Simple Minds. Le 18 août, ils ont rendez-vous avec les britanniques The Levellers au Festival de la Saint-Loup à Guingamp et, le lendemain, en tête d'affiche du Festival des Filets bleus à Concarneau. Fin 2011, un CD trois titres du groupe, incluant Mathieu Péquériau[65], reprend Honky Tonk Women, tel un dernier coup de chapeau du « Keith Richards breton » - Jean-Michel Moal - aux Rolling Stones. En effet, ces concerts et cet enregistrement sont les derniers auxquels participe Jean-Michel, excepté une toute dernière apparition lors de la deuxième soirée du Fest-Rock en fin d'année, des ennuis de santé l’amenant à se mettre en retrait du groupe[66]. Il participe néanmoins à l'élaboration du livre de leurs vingt ans. Côté livre, celui écrit par Luc Rodaro, Le festival du chant de marin de Paimpol, qui paraît en 2012 aux éditions Planète rêvée, présente une photo des deux « frères de la note », que sont Moal et Riou, pour illustrer sa couverture[67].

Fest-Rock est la rencontre inédite entre deux formations incontournables de la scène musicale bretonne[68], le Bagad Kemper (champion en titre et bagad le plus récompensé du championnat national des bagadoù) et Red Cardell. Cette création est proposée par l'association Très Tôt Théâtre, pour fêter les dix ans de son festival TàTÂ (Théâtre à Tout Âge), les 17 et 18 décembre 2011[68]. Elle y associe 500 enfants qui assurent les percussions[69]. Le spectacle, mis en lumière par Ludovic Le Bihan, l'éclairagiste attitré du groupe depuis 2001, est joué en deux représentations au Pavillon de Quimper, devant 5 000 spectateurs[69].

Le 31 mars 2012, lors du concert à Quimper en soutien à la manifestation du collectif Deomp de'i, Red Cardell joue trois titres avec le Bagad Kemper puis chante E-kreiz an noz, en hommage au « grand » Youenn Gwernig, décédé six ans plus tôt, poète humaniste, ami de Jean-Pierre Riou et défenseur de la langue bretonne. Cette manifestation en faveur de la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, organisée par Gweltaz Ar Fur et Tangi Louarn, les fondateurs de la première école Diwan dans la capitale de Cornouaille, est suivie par 10 000 personnes[70]. Quelques dates du Fest-Rock sont organisées par Kerne production, leur tourneur commun[71], aux festivals de Cornouaille à Quimper et Kastell-Paol à Saint-Pol-de-Léon, pendant l'été 2012, et au Moulin du Roc à Niort, en mai 2013[72]. Lors d'un reportage du magazine Des racines et des ailes[73], alors que le groupe est en répétition avec le bagad, le styliste Pascal Jaouen, un des fils rouges de l'émission consacrée à la Bretagne programmée sur France 3 le 15 mai 2013, demande aux deux ensembles de créer la musique du prochain défilé de sa nouvelle collection 2014[74].

2012-2013 : Falling in Love, Running in Paris[modifier | modifier le code]

vue d'ensemble du spectacle Fest-Rock, le bagad, Red Cardell et Pierre Stephan à gauche
Red Cardell s'accompagne du violoniste Pierre Stéphan lors du spectacle Fest-Rock et de la tournée Falling in Love.

Au même moment, le groupe enregistre son treizième album, dans différents lieux en Bretagne et en Poitou-Charentes, en y associant le Bagad Kemper sur six titres et en invitant Dr Das d'ADF et Pierre Sañgra, avant sa tournée avec Alexis HK. Pour obtenir une mise en avant des grooves et de la voix, le mixage a lieu à New York pendant dix jours, dans l'un des studios les plus cotés du moment[75], le Stadium Red à Harlem, avec comme ingénieur du son Ariel Borujow, l'un des spécialistes incontestés du hip-hop[a 1] (Black Eyed Peas, Puff Daddy, Eminem…)[76]. Falling in Love sort en avril 2012[77] et remporte l'« Award » du meilleur album progressif de l'année, décerné par The Indie Acoustic Project (au Colorado, États-Unis)[78],[79]. À noter que c'est le premier album de Red Cardell avec son nouveau membre Mathieu Péquériau et que Jean-Michel Moal, en retrait du groupe, n'y participe pas.

Pour la tournée qui suit, le groupe est rejoint sur scène par Pierre Stéphan au violon et Ronan Le Bars à la cornemuse[80], ainsi que par des sonneurs du Bagad Kemper, pour certaines dates, excepté pour deux concerts donnés à Kiev dans deux clubs du Maïdan ou le groupe se produit en trio. Alors que sort en librairie le livre retraçant leur carrière, Red Cardell - Vingt Ans !, aux éditions Palantines[81],[82], le groupe se rend à Paris. Nicolas Rouvière, leur ingénieur du son en live et sur plusieurs de leurs albums, en profite pour enregistrer le concert du 22 novembre à La Boule Noire à Pigalle. Si c'est la première fois que le groupe enregistre dans la capitale, il y a par contre joué très souvent au long de sa carrière (Elysée Montmartre, Bataclan, New Morning, Café de la Danse, Batofar, Glazart, La Cigale, Divan du Monde, La Maroquinerie, Jardin d'acclimatation...).

Ronan Le Bars aux uilleann pipes
Ronan Le Bars interprète aux uilleann pipes l'introduction du morceau Si mille choses sur l'album Banquet de Cristal et participe aux tournées depuis 2012.

Fin février 2013, Jean-Pierre Riou et Manu Masko retournent une semaine à Manhattan afin de retrouver Ariel Borujow pour le mixage du nouvel album live de 9 titres[83]. Titré Running in Paris, il sort fin avril chez Keltia Musique[84]. Un autre album live, enregistrement du spectacle Fest-Rock, mixé en mars/avril par Cédric Huet au studio Siwa à Quimper, sort le 20 juin 2013[85]. Pour l'occasion, les deux formations quimpéroises se produisent ensemble, à domicile, le 21 juin, en tête d'affiche de la Fête de la musique, sur le plateau de la déesse, au pied du Mont Frugy[86].

Gardant toujours une dynamique de projets, le trio travaille à l'écriture et à la composition du nouvel hymne que leur a commandé l'Atlantique stade rochelais, le club de rugby de La Rochelle, après leur prestation remarquée aux Francofolies, le 11 juillet 2012. Le fait est que le groupe compte aujourd'hui deux poitevins parmi ses trois membres[87] . En parallèle, Manu Masko sort en février 2013 I'm DFMB, l'album de son projet solo, Don'tForgetMyBreakfast[88], distribué par Keltia Musique, tandis que, de son côté, Jean-Pierre Riou sort en septembre, Petite love, le deuxième album de son premier groupe Les Joyeux Fusibles[89], vingt ans après le premier.

Après seulement quelques concerts durant l'été 2013 - dont une première partie des mythiques The Animals à Ypres - le groupe conclut la période estivale par une prestation à la Fête de l'Humanité à La Courneuve le 13 septembre 2013, rejoint sur scène par Dr Das d'Asian Dub Foundation. Début octobre 2013, quelques mois après le départ de Jean-Philippe Mauras, directeur de Kerne Production, le groupe remercie le travail effectué par l'équipe du tourneur quimpérois, puis annonce intégrer Arsenal Productions, la société d'organisation de concerts et tournées basée à Brest[90].

2014 : La Nuit de la Bretagne, The Celtic Social Club, Gwenn-ha-du[modifier | modifier le code]

Article détaillé : The Celtic Social Club.
vu des trois membres de Tanya Morgan
Le trio rap new-yorkais Tanya Morgan interprète le titre125th sur l'album Gwenn-ha-du.

Fin 2013, Red Cardell est invité à « La Maison de la Bretagne » à Paris pour l'annonce officielle de la seconde édition de La Nuit de la Bretagne[91], trois soirées auxquelles le groupe participe début 2014 (en compagnie de couples de chanteurs et sonneurs, de danseurs du cercle des Bruyères de Beuzec-Cap-Sizun, du collectif Le Jeu à la Nantaise et du Bagad Kemper) : le 11 janvier au Parc de Langolvas à Morlaix[92], le 18 janvier au Palais omnisports de Paris-Bercy (diffusé en direct sur Paris Première[93]) et le 1er février au Zénith de Nantes Métropole. Après le succès de ces trois soirées devant 18 000 spectateurs, l'organisateur de l’événement, BVC Organisation, annonce deux nouvelles dates : le 27 décembre 2014 à Brest Arena[94], la toute nouvelle salle du port du Ponant et le 21 février 2015 au MusikHall à Rennes[95]

Le 4 avril 2014, lors d'une conférence de presse au Ceili pub à Quimper, les Vieilles Charrues dévoilent la création de l'année et la présence de The Celtic Social Club, le 18 juillet sur la « scène Kerouac »[96] entre les prestations de Tinariwen et Elton John. Pour l'occasion le collectif donne son premier concert officiel devant 50 000 festivaliers. L'enregistrement du concert est diffusé en intégralité dans la soirée sur France Inter[97]. L'ensemble, initié et dirigé par Manu Masko, est une adaptation contemporaine de la musique celtique autour d'un collectif de sept musiciens (dont les trois membres de Red Cardell, Jimme O'Neill, Ronan Le Bars...) et d'invités venants d'horizons différents comme le rock, la musique traditionnelle, le blues, le folk, le reggae ou le Rap (Winston McAnuff, Louise Ebrel, IC Will, Colline Hill...)[98]. Pour cette formation, alors que Keltia Musique sort un premier album le 18 juin, Caramba spectacles annonce une tournée en 2015 dont la préparation se fera en résidence à La Sirène, la salle de musiques actuelles de La Rochelle[99]. Avant la tournée, une date parisienne est programmée à La Maroquinerie à Ménilmontant, le 18 décembre 2014.

Durant l'été, en compagnie du Bagad Kemper, Red Cardell se produit lors d'autres grands évènements bretons et européens, comme le 30e Festival Internacional do Mundo Celta d'Ortigueira en Galice (devant 30 000 Aficionados)[100], les 60 ans de la fête des brodeuses à Pont-L'Abbé, la capitale du Pays bigouden, en juillet, puis le 44e Festival interceltique de Lorient en août[101]. Pour ce dernier concert et sa première participation au Fest-Rock , Pierre Sangra remplace Pierre Stéphan au violon.

Le styliste et brodeur Pascal Jaouen entame la présentation de sa collection « Gwenn-ha-du » le 12 octobre 2014 au Manoir des Indes à Quimper[102]. La musique du défilé est signée Red Cardell et Bagad Kemper. La création musicale a été proposée par le brodeur aux deux formations quimpéroises en 2012 lors de répétitions du spectacle Fest-rock. Celui-ci leur donne une carte blanche mais avec des figures imposées et un fil conducteur à respecter. Comme des Violons, de l'accordéon ou des gwerz sont désirés par le créateur, l'ensemble fait appel à des invités : Armel an Héjer (chant), Tanya amorgan (chant), Hurtopravci (chœurs), Thomas Moisson (accordéon), Pierre Sangra (violon, violoncelle), Pierre Stéphan (violon) et Ronan Le Bars (uilleann pipe, cornemuse)[103]. Un album mixé à New-York par Ariel Borujow et intitulé Gwenn-ha-du, bande son originale du défilé, sort le 21 octobre sur le label Coop Breizh[104].

Style musical et influences[modifier | modifier le code]

La musique[modifier | modifier le code]

Bob Dylan
Les chansons We've got to be alone et Comme une pierre qui roule sont écrites en hommage à Bob Dylan

Métissage musical[modifier | modifier le code]

Revendiquant être né du rock alternatif, tout en affirmant sa culture bretonne, Red Cardell a toujours croisé ses influences[105] et se définit comme un groupe de musique populaire[106].

C'est avant tout une musique à danser. La plupart des morceaux, quel que soit leur style final, peuvent se danser soit comme des danses bretonnes (an-dro, Dañs tro, kost ar c'hoad, plinn, pach-pi, laridé ou kas a-barh), soit comme d'autres danses traditionnelles (jig, scottish, valse, polka, kazatchok), modernes (country, charleston) ou actuelles (rock, trance, slow, ragga)[107]. Le trio reprend d'ailleurs des airs traditionnels remis au goût du jour par Alan Stivell (An dro, ainsi qu'un clin d'œil à Pop Plinn) ou par Les Sœurs Goadec (Ar sorcerez, Fich fich logoden et un extrait de Al laezh vamm interprété par Louise Ebrel dans la chanson Philomène) et parfois des standards du folk et du rock comme Like a Rolling Stone de Bob Dylan, Honky Tonk Women des Rolling Stones ou Gloria des Them.

Outre les deux fils conducteurs que sont le rock anglo-saxon et la musique bretonne, il faut ajouter de nombreux apports du folk (Walking to the nowhere land) et du blues (Cardell's blues), des influences world music partagées entre les musiques berbères (L Nim), tziganes (Mescufurus), slaves (Davaï), arabes (Camel's walk) ou latines (Mandolino) et des emprunts au reggae (Joli coucou), funk (Chow!), punk (Dub for it), électro (Pogo tamm tamm), Hip-hop (Run), dub et trip-hop (Bal à l'Ouest)[108].

Red Cardell mêle son rock à des rythmes de danses ethniques, sur des paroles principalement en français (Si mille choses), mais aussi en anglais (I closed my eyes) et parfois en breton (An hûnvre). L'accordéon, comme instrument de la chanson française, influence la composition des chansons, tout comme l'harmonica, par la suite, apporte sa couleur « bluesy ». Depuis son apparition sur la scène rock armoricaine, le trio en demeure l'un des piliers et contribue à sa façon au succès du rock celtique[60], doublement enraciné et novateur, à l'instar d'Alan Stivell, l'initiateur du renouveau celtique européen des années 1970.

Les compositeurs[modifier | modifier le code]

Alan Stivell et Dan Ar Braz
L'An dro est un air traditionnel que reprend Red Cardell en s'inspirant de la version interprétée par Alan Stivell et Dan Ar Braz

Excepté pour les quelques reprises et adaptations de chansons et musiques traditionnelles, les musiques sont écrites la plupart du temps collectivement par les membres du groupe.

Pour le premier album Rouge, les titres sont composés par Jean-Pierre Riou et/ou Jean-Michel Moal, parfois en collaboration avec Ian Proërer. À partir de Douleur, les musiques sont signées collectivement Red Cardell (Jean-Pierre Riou, Jean-Michel Moal, Ian Proërer). Pour Cardelectro, tous les morceaux sont cosignés à cinq : Patrice Marzin, Patrick Kiffer, Manu Masko, Jean-Pierre Riou et Jean-Michel Moal. À partir de Sans fard, Manu Masko coécrit toutes les compositions avec Jean-Pierre Riou et Jean-Michel Moal, signant collectivement Red Cardell. Depuis Falling in Love, la composition des musiques est une collaboration entre Jean-Pierre Riou et Manu Masko.

Les instruments[modifier | modifier le code]

guitares de Jean-Pierre Riou
Instruments de scène de Jean-Pierre Riou : guitare James Trussard Steel DeVille, Silent guitar Yamaha et mandoline Fender.

En 1992, au commencement de Red Cardell, Jean-Pierre Riou utilise une guitare électrique James Trussart Steel Deville et parfois une Fender Stratocaster Standard. Il utilise aussi une guitare acoustique Martin, et des électro-acoustiques Takamine EN10C, Yamaha Compass CPX et Godin 12 cordes[109]. Comme amplification, il possède un préampli Mesa Boogie Studio, un ampli BGW et un cabinet Marshall JCM900.

À la suite d'un partenariat avec la marque Yamaha en 2000, il opte pour une guitare électrique SG 2000, puis une AES 620 et comme électroacoustiques il joue sur une LLX et les APX 10, 9C et 900[110]. À partir de 2007, il choisit pour la scène une guitare polyvalente Silent guitar SLG 100S[111]. Pour les enregistrements en studio, il utilise la plupart de ses guitares au gré des albums. Comme amplification, il choisit d'abord un Yamaha DG130H double corps puis adopte finalement, en 2007, un Fender Hot Rod Deluxe.

Multi-instrumentiste il joue aussi sur une mandoline Fender FM5ZE et utilise deux bombardes, une Glet-Hervieux en si bémol et une Rudy Le Doyen en la.

Jean-Michel Moal, au départ du groupe, joue sur un accordéon chromatique Cavagnolo Vedette 10 acoustique modifié MIDI. Dans les années 2000, il opte pour une modèle Odyssée MIDI de la même marque. Depuis son instrument, il pilote des expandeurs Yamaha TX7 et Motif Rack ES[112] ainsi qu'un sampler Roland S330.

batterie Yamaha
Depuis 2000 la marque d'instruments de musique Yamaha soutient Red Cardell. Ici un modèle de batterie de la série Oak Custom utilisé par Manu Masko.

Quand Ian Proërer rejoint le trio il joue sur une batterie Pearl Export avec cymbales Paiste. À partir du partenariat avec Yamaha, il opte pour une Recording Custom puis une Hip Jig avec cymbales Zildjian.

Manu Masko, son successeur depuis 2001, choisit d'abord une batterie Yamaha[113] Beech Custom, puis une Oak Custom avec des cymbales Paiste[114] . Il utilise également un Octapad II Roland, un sampler Akai 55000 et un clavier Alesis.

Au sein de la formation depuis 2011, Mathieu Péquériau joue sur des harmonicas Dortel[115], pièces uniques fabriquées à Paris par Christophe Dortel. Il utilise un micro Shure 565SD et, comme amplification, soit un Fender Princeton Silver Face de 1976, soit un Vox V 15 de 1981, des pédales d'effets delay Ibanez, distorsion MXR et un égaliseur Boss. Il joue aussi sur une planche à laver ou frottoir (washboard en anglais) de la marque Inoxydable, fabriquée à Poitiers par Jacques Pallas, et utilise des dés à coudre pour frotter l'instrument.

Lors de son passage dans Red Cardell, Christophe Poignant joue sur une Fender Precision Bass. Sur scène et pour le premier album Rouge, son successeur Patrick Goyat utilise une basse James Trussart[116] Headless Custom 5 cordes. Tous les deux utilisent un ampli Ampeg SVT 40.

Les paroles des chansons[modifier | modifier le code]

Les auteurs[modifier | modifier le code]

À l'exception de trois titres, tous les textes des chansons sont écrits par Jean-Pierre Riou et tiennent une place importante dans l'identité du groupe.

I just need a sweet girl, sur le premier album Rouge et I drunk too much last night, sur Falling in Love, sont signés par Louis Le Bihan. Revolution N°2, figurant au Banquet de cristal, est signé Jimme O'Neill.

Les deux chansons en breton du premier album sont des traductions et adaptations des textes en français de Jean-Pierre Riou. Soizig Maria adapte An hûnvre (le rêve) et Bernez Tangi Ur vro (un pays). Les textes des deux autres chansons en breton, le pach-pi fich fich logoden et la gwerz Ar sorcerez, qui viennent du répertoire traditionnel, sont extraits du tour de chant des Soeurs Goadec et sont adaptés par Louise Ebrel.

Emir Kusturica
La chanson Mescufurus est un clin d'œil aux films d'Emir Kusturica. Une rencontre avec le cinéaste rocker bosno-serbe permet aux membres du groupe de lui remettre un album en main propre.

Le style d'écriture[modifier | modifier le code]

Tantôt ludiques et populaires (Le petit bistrot), tantôt engagés et incantatoires (Les Gueux), les textes sont écrits en s'inspirant de la douleur de Brel, de la colère de Léo Ferré et du groove musical de Brassens[117]. L'auteur est aussi un admirateur des mots de Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Tristan Corbière, Vladimir Maïakovski, Boris Vian et Jacques Prévert[118]. De ces riches influences découlent la poétique propre à Jean-Pierre Riou, tournée vers la mélancolie[b 2].

Les thèmes abordés[modifier | modifier le code]

Les thèmes abordés sont variés : le social (Pol tax rap, Parliament), l'identité bretonne (Ur vro, An hûnvre), la guerre (Conlie, Gare de Guer), la politique (Politician disease), l'amour (Je reste près de toi, Falling in love), la vie (Naître), les cafés (Le petit bistrot, Le comptoir), l'alcool (Cirrhose, I drunk too much last night), la drogue (Metal frame), le show-bizz (Rock'n roll comédie), le fascisme (Immonde), le communisme (Communiste), l'intime (À tous les hommes), la colonisation (Colonie), l'exil (Doryphore, Si je cale je coule), les bohémiens (La Fête au village), les tournées (La scène), la fête (Davaï).

Des hommages sont également rendus à deux quartiers parisiens, Montparnasse (À Montparnasse) et Belleville (La valse des Apaches), ou à des artistes tel que Bob Dylan (We've got to be alone, Comme une pierre qui roule), Robert Johnson (Robert Johnson) et Emir Kusturica (Mescufurus).

Les critiques musicales[modifier | modifier le code]

Jacques Brel
Admiratif de son écriture et de son charisme lors de ses interprétations, la douleur de Jacques Brel inspire Jean-Pierre Riou quand il écrit ses propres chansons

Dans le numéro de l'été 1996 du mensuel Rock style, Christian Décamps, fondateur et leader du groupe Ange et aussi chroniqueur du magazine, déclare : « Sur la scène, y'a comme qui dirait un Hendrix au soufflet boutonneux, un accordéon qui transpire ses tripes [...] y'a un autre givré qui frappe comme c'est pas permis, comme il a envie [...] et puis y'a celui qui t'pète la gueule avec sa guitare brasero chauffée à blanc, avec ses mots à lui, poésie ébréchée passée au papier d'verre par une voix-centrifugeuse postillonnant l'amour blessé, l'espoir et la douleur. » Et il précise sa pensée, non sans humour, à propos du concert qu'il vient de voir à Belfort : « Red Cardell... un cyclone qui nous laisse des chalutiers dans nos sapins, histoire de hausser le thon »[119].

Un an plus tard, en octobre 1997 dans le même magazine, le même Christian Décamps donne son sentiment sur les textes de l'album 3 : « Ici, il est question de vie, d'amour, de mort, de vérités et de mensonges... Les éternels non-dits, hurlés par les plus grands, passent désormais par le talent de nos trois bretons à tel point que j'en veux à ma langue maternelle de manquer de jus pour qualifier la superbe de l'écriture : des textes magnifiques, tellement chauds, tellement vrais, portés aux nues par une interprétation tribale hors du commun. [...] c'est une tranche de cœur dans les yeux d'un clown. Une comédie humaine. Un autre regard sur la cicatrice céleste. Ces mecs méritent la première de couv'... »[120].

Red Cardell est considéré comme l'un des principaux groupes que la Bretagne ait donné au rock'n'roll[c 1]. En 2001, le journaliste Daniel Morvan considère pour sa part, qu'« ils ont préparé le succès de Matmatah », mais qu'eux « continuent à devenir ce qu'ils sont, penchés sur leur propre mystère, à l'image de leur chanteur, le bluesman qui recherche le secret alchimique de la langue, pour tenir parole »[121]. En 2006, la revue ArMen note, dans son numéro spécial vingtième anniversaire, que Red Cardell est « un des groupes de rock breton les plus talentueux de cette période » et que, pour les accents bretons, « il s'agit d'avantage d'imprégnation que de revendication. »[122]

Plaque hommage à Robert Johnson
En ouverture de l'album Soleil blanc, Red Cardell « pactise » avec Robert Johnson, dédiant la chanson éponyme au guitariste, légende du blues du Mississippi

Michel Toutous estime, dans sa critique de l'album Naître pour ArMen, qu'il « devrait constituer une nouvelle étape dans leur carrière, tant il se révèle foisonnant de trouvailles, et pour tout dire une magnifique réussite ». Il revient également sur ce qui constitue la « singularité du groupe », à savoir une plume « trempée dans l'encre des jours, à la fois sombre et baroque », l'« énergie rageuse que porte la voix râpeuse et puissante de Jean-Pierre Riou » et la « combinaison instrumentale particulière dans laquelle l'accordéon joue un rôle central en donnant des couleurs tantôt slaves, tantôt bretonnes aux thèmes »[123].

Dans son livre L'étonnante scène musicale bretonne, paru en 2008, le journaliste musical Ronan Gorgiard estime que Red Cardell est « l'une des plus excitantes attractions rock de la scène bretonne et même européenne »[d 6], en les comparant à un hybride entre Brel et Noir Désir s'étant croisé avec The Clash et Stivell. Il choisit une photo de Jean-Pierre Riou pour illustrer la couverture de l'ouvrage.

Fin 2010, sur son blog Si ça vous chante, Fred Hidalgo (Paroles et musiques, Chorus) écrit à propos de la musique et des paroles du trio : « Un bonheur de métissage musical [...] De la chanson française bien comprise [...] où se rejoignent et s'intègrent des airs d'ici et d'ailleurs, au service de textes significatifs et à l'écriture soignée » et ajoute son sentiment : « Ce qui fait de Red Cardell [...] l'un des groupes français au long cours les plus originaux et attachants de ces dernières décennies »[124].

Dans le livre Red Cardell, vingt ans !, paru en 2012, Frédéric Jambon, journaliste culturel au Télégramme, qui les suit depuis le début, résume en quelques mots l'essentiel des critiques que l'on peut trouver concernant le groupe : « En conjuguant autonomie, inventivité et ouverture, Red Cardell appelle une seule rime : celle de groupe-modèle »[c 3].

Influence sur d'autres artistes[modifier | modifier le code]

Merzhin sur scène en 2012
Le groupe Merzhin cite Red Cardell comme une de ses principales influences

Louise Attaque et Matmatah, qui ont assuré les premières parties de Red Cardell à leurs débuts, reconnaissent le groupe parmi leurs influences[125].

En 2002, lors d'une interview pour la sortie de leur album Adrénaline (auquel participe Jean-Pierre Riou), le groupe Merzhin cite Red Cardell comme une grosse influence et considère l'album Douleur comme une référence[126].

D'autres groupes, comme Ar Re Yaouank et Startijenn, ne cachent pas leur proximité avec le trio quimpérois.

Membres[modifier | modifier le code]

Membres actuels[modifier | modifier le code]

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Musiciens additionnels sur scène[modifier | modifier le code]

  • Pierre Stéphan (depuis 2011) : violon. Il rejoint la formation sur scène pour la plupart des concerts depuis le premier Fest-rock. Il est aussi membre du Ronan Le Bars Group.
  • Ronan Le Bars (depuis 2012) : cornemuse, flûtes, uilleann pipes. Né le 20 avril 1968 à Guingamp et y résidant. Appelé pour jouer les parties de cornemuse et de flûtes pour la tournée de l'album Falling in love, il accompagne depuis le groupe en concert en dehors du spectacle Fest-rock où le Bagad Kemper est présent.

Anciens membres[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Moal (1992 - 2011) : accordéon acoustique et numérique. Né le 22 décembre 1957 à Villeneuve-le-Roi et résidant à Quimper, il est un des cofondateurs du trio de départ. Il se met en retrait du groupe, fin 2011, après des ennuis de santé.
  • Ian Proërer (1992 - 2001) : batterie. Né le 8 novembre 1966 à Nantes et résidant à Quimper, il est le premier batteur de Red Cardell et l'un des trois cofondateurs. Il apparaît sur les quatre premiers albums ainsi que comme invité sur l'album des 15 ans et sur celui qui accompagne le livre des 20 ans.
  • Patrick Goyat (1992 - 1994) : basse. Deuxième bassiste du groupe, qu'il intègre en octobre 1992, il apparaît sur le premier album en 1993 et quitte le quatuor qui reste en trio après son départ en 1994.
  • Christophe Poignant (1992) : basse. Né le 13 août 1965 et résidant à Hennebont, il est le premier bassiste de la formation. Engagé dans un autre projet, il accepte d'assurer l'intérim de juillet à septembre 1992.

Historique de la composition du groupe[modifier | modifier le code]

L'historique démarre en juillet 1989, date de la création de Penfleps, et marque en mars 1990, le début de la collaboration entre Jean-Pierre-Riou et Jean-Michel Moal.
Malgré le départ de quatre de ses membres en juin 1992, le groupe décide de poursuivre l'aventure avec l'arrivée de Ian Proërer en juillet, puis change de nom fin août (marqué par la ligne orange dans le graphique) pour s'appeler dorénavant Red Cardell.

Tableau graphique des sorties d'albums[modifier | modifier le code]

Les lignes noires marquent les albums studios, les lignes bleues les albums live, les lignes roses les albums concept et la ligne verte l'album compilation.

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Red Cardell.

La discographie de Red Cardell est composée de seize albums[127] : huit albums originaux, deux albums concept (l'un est une expérience électro, l'autre enregistré avec le Bagad Kemper est la création musicale du défilé 2014 du styliste Pascal Jaouen) , un album compilation (quinze titres réenregistrés pour leur quinzième anniversaire avec des invités) et cinq albums en public (dont l'un avec des invités et un autre en compagnie du Bagad Kemper, enregistrement live du spectacle Fest-Rock). Ces albums totalisent près de 200 000 ventes au 1er décembre 2012[c 1].

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums concept[modifier | modifier le code]

Albums en concert[modifier | modifier le code]

Album compilation[modifier | modifier le code]

Récompenses et reconnaissances[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages récurrents[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e ROK, Thierry Jigourel, p. 135
  1. a, b et c ArMen, mars-avril 2013, p. 11
  2. ArMen, p. 10
  1. Gorgiard 2008, p. 198
  2. Gorgiard 2008, p. 197-198
  3. Gorgiard 2008, p. 216
  4. Gorgiard 2008, p. de couverture
  5. Gorgiard 2008, p. 174
  6. Gorgiard 2008, p. 199

Autres références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Presse et travaux universitaires[modifier | modifier le code]

  • Gérard Classe, « Red Cardell. Riou, le père fondateur », Le Télégramme,‎ 4 décembre 2012 (lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Patrice Elegoet, sous la direction de Francis Favereau, La musique et la chanson bretonnes : de la tradition à la modernité, ANRT, thèse en études celtiques à l'Université de Rennes 2,‎ 2006, 441 p. (ISBN 2729569871), « Red Cardell : l'influence bretonne dans une musique rock », p. 213-214, (notice BnF no FRBNF41355594x)
  • Alain-Gabriel Monot (photogr. Xavier Dubois), « Jean-Pierre Riou : La mélancolie orageuse », ArMen, Quimper, éditions Fitamant, no 193,‎ mars-avril 2013, p. 8-11 (ISSN 0297-8644) (écouter en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Yann Rivallain, « Les racines vagabondes des Red Cardell », ArMen, Quimper, éditions Fitamant, no 129,‎ juillet-août 2002, p. 52-53
  • François Saddi, « Red Cardell », Trad Magazine, no 94,‎ mars-avril 2004, p. 89

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