Reconnaissances aériennes américaines de l'Union soviétique

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Contexte[modifier | modifier le code]

À partir de 1946, les forces aériennes américaines menèrent des vols de reconnaissance le long des frontières de l'Union soviétique et d'autres pays du Bloc de l’est afin de déterminer la taille, la composition et la disposition des forces soviétiques.

La nécessité de survols en temps de paix fut renforcée après l'escalade de la guerre froide à la fin des années 1940 et, en particulier, après la guerre de Corée qui commença en 1950. Le président américain Harry S. Truman autorisa certains survols de l'Union soviétique afin de déterminer le statut de ses forces aériennes. On craignait que les Soviétiques puissent lancer une attaque aérienne surprise sur les États-Unis avec des bombardiers à long rayon d’action.

Premiers vols[modifier | modifier le code]

En 1952, un bombardier américain B-47B modifié effectua une première pénétration profonde du territoire soviétique pour photographier les bombardiers soviétiques en Sibérie. (des survols limités aux côtes étaient menées par des avions de l'US Air Force et l'US Navy depuis quelques mois déjà.) Cette mission permit d’établir que les Soviétiques ne massaient pas de bombardiers en Sibérie orientale.

Les survols de l'Union soviétique avec le nouveau RB-47E continuèrent toute l’année 1954, souvent à grands risques, car ils étaient systématiquement interceptés par les MiG soviétiques. Il devint évident qu'un nouvel avion, qui pourrait opérer à des altitudes bien au-dessus des défenses aériennes soviétiques, était nécessaire.

Missions des U-2[modifier | modifier le code]

En novembre 1954, le président Dwight D. Eisenhower approuva un programme secret, sous la direction de la CIA, visant à construire et piloter un avion spécialement destiné à la reconnaissance à haute altitude. Ce fut le projet Aquatone. Lockheed fut choisi pour construire l’avion de reconnaissance et en août 1955, le premier Lockheed U-2 fit ses premiers essais en vol.

Les missions de reconnaissance stratégique continuèrent pendant les essais du U-2. Au début de 195, le projet Genetrix consistait à utiliser des ballons de haute altitude de photo-reconnaissance. Il visait à recueillir des renseignements photographiques lors de la dérive des ballons au dessus de l'Union soviétique.

Au cours du projet Homerun (entre mars et mai 1956), des avions de reconnaissance RB-47E effectuèrent des vols quasi quotidiens via le pôle Nord pour photographier et recueillir des renseignements électroniques sur toute la partie nord de l'Union soviétique.

Le 4 juillet 1956 eut lieu le premier vol de l'U-2 au-dessus de l'Union soviétique. Le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev protesta avec véhémence contre ce survol. Il craignait que si les Américains « comprenn[ai]ent qu[e l’URSS était] sans défense contre une attaque aérienne, cela pousserait les Américains à commencer la guerre plus tôt »[1]. Cela incita l'Union soviétique à développer de nouveaux systèmes de défense aérienne.

Les survols de reconnaissance stratégique en temps de paix faisaient partie de la routine de la politique américaine. Le projet Oxcart améliora les capacités aériennes de reconnaissance par survol avec le développement du Lockheed SR-71 Blackbird.

Renoncement[modifier | modifier le code]

À la suite de l'incident de l'U-2 en 1960, Eisenhower ordonna la fin des vols de reconnaissance américains au dessus de l'URSS. Cette politique fut confirmée par le président Kennedy, qui, en 25 janvier 1961, lors d'une conférence de presse, affirma « J'ai ordonné que les vols ne seront pas repris, ce qui est une continuation de l'ordre donné par le président Eisenhower en mai de l'année dernière »[2]. En 1964, la CIA, dirigée par John A. McCone, souligna à l'administration Johnson que les ordres n’étaient pas un gage absence de nouveaux vols, mais simplement une directive indiquant que les vols ne reprendraient pas, celui qui pouvait changer[2]. Comme la situation stratégique n’exigeait pas de reconnaissance photographique, Johnson décida de poursuivre cette politique. Cette décision fut encore renforcé par l'augmentation de la reconnaissance par satellite.

En dépit de la fin officielle des efforts de reconnaissance, le projet Dark Gene, un programme conjoint de la CIA et de l’Iran d'intrusion dans l'espace aérien soviétique pour évaluer les systèmes de défense aérienne soviétiques, continua jusqu'en 1979. Les États-Unis restèrent également impliqués dans la reconnaissance au dessus de la Chine continentale dans les années 1970 grâce à l'aide de survols de U-2 à partir de Taiwan.

Héritage[modifier | modifier le code]

Plus de 40 avions américains furent abattu par les forces soviétiques et environ 200 militaires américains furent tués. Leurs familles reçurent de fausses informations de l'armée américaine sur les circonstances de leurs morts[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) William E. Burrows, This new ocean : a history of the first space age., New York, 1st paperback ed.,‎ 1999 (ISBN 0-375-75485-7)
  2. a et b Pedlow, Gregory W. and Welzenbach, Donald E., 'The Central Intelligence Agency and Overhead Reconnaissance; The U-2 And Oxcart Programs, 1954-1974', Central Intelligence Agency History Staff, 1992. SECRET, declassified 25 June 2013. Retrieved: 2 February 2014.
  3. Bamford, James. "Clandestine air war: The truth. Cold War US surveillance flights."allbusiness.com, 1 January 2002. Retrieved: 13 October 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]