Recep Tayyip Erdoğan

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Recep Tayyip Erdoğan
Recep Tayyip Erdoğan en 2012.
Recep Tayyip Erdoğan en 2012.
Fonctions
12e président de la République de Turquie
En fonction depuis le 28 août 2014
(25 jours)
Élection 10 août 2014
Premier ministre Ahmet Davutoğlu
Prédécesseur Abdullah Gül
35e Premier ministre turc
14 mars 200328 août 2014
(11 ans, 5 mois et 14 jours)
Président Ahmet Necdet Sezer
Abdullah Gül
Gouvernement Erdoğan I, II, III
Législature 21e, 22e, 23e
Coalition AKP
Prédécesseur Abdullah Gül
Successeur Ahmet Davutoğlu
Président du Parti pour la justice et le développement
14 août 200127 août 2014
(13 ans, 0 mois et 13 jours)
Prédécesseur Parti fondé
Successeur Ahmet Davutoğlu
Maire d'Istanbul
27 mars 19946 novembre 1998
(4 ans, 4 mois et 26 jours)
Prédécesseur Nurettin Sözen
Successeur Ali Müfit Gürtuna
Biographie
Date de naissance 26 février 1954 (60 ans)
Lieu de naissance Istanbul (Turquie)
Parti politique MNP (jusqu'en 1981)
RP (1983-1998)
FP (1998-2001)
AKP (2001-2014)
Indépendant (depuis 2014)
Conjoint Emine Gülbaran
Diplômé de Université de Marmara
Résidence Çankaya Köşkü (Ankara)

Signature

Recep Tayyip Erdoğan Recep Tayyip Erdoğan
Premiers ministres turcs
Présidents de la République de Turquie

Recep Tayyip Erdoğan (prononcé [ɾeˈd͡ʒep tajˈjip ˈæɾdo.an]), né le 26 février 1954 à Istanbul[1], est un homme d'État turc, fondateur de l'AKP et président de la République de Turquie depuis 2014.

Diplômé de la faculté des Sciences économiques et commerciales de l'université de Marmara, Erdoğan fut un joueur de football semi-professionnel de 1969 à 1982. C'est au niveau local qu'il inaugure son parcours politique, après avoir été élu maire d'Istanbul en 1994. Il perd cependant ce mandat en 1998, lorsqu'il est arrêté pour avoir lu un poème du nationaliste turc Ziya Gökalp, dans la province de Siirt, l'an précédent. En 2001, il fonde, à sa sortie de prison, l'AKP qui devient, en 2002, la première force politique turque, car étant majoritaire à la Grande Assemblée nationale de Turquie.

Nommé Premier ministre en 2003, Erdoğan mène une large politique de réformes institutionnelles, économiques et sociales : il amende la Constitution pour que le chef de l'État soit directement élu par les citoyens, prône une intégration de la Turquie au sein de l'Union européenne et tente de réformer l'économie nationale.

Très populaire lorsqu'il s'engage dans le jeu politique, Recep Tayyip Erdoğan, dont la majorité parlementaire fut confirmée lors des scrutins législatifs de 2007, puis de 2011, est cependant de plus en plus contesté, du fait de son autoritarisme et de soupçons de corruption pesant sur son proche entourage politique et personnel.

En 2014, il devient le premier président de la République de Turquie, élu, dès le premier tour de scrutin, au suffrage universel direct[2]. Il cède ensuite la présidence de son parti politique au ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu, appelé à diriger le prochain gouvernement turc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des origines modestes[modifier | modifier le code]

Né à Kasımpaşa, un vieux quartier populaire situé sur la rive européenne d’Istanbul[1], Recep Tayyip Erdoğan dit être issu d'une famille géorgienne, originaire de Batoumi, et ayant émigrée à Rize[3], au nord-est de la Turquie, sur la côte de la mer Noire. Toutefois, selon l'historien Cezmi Yurtsever, la famille Erdoğan descendrait de la famille Bagatlı Recep, une grande famille turque et musulmane, établie aux environs de Trabzon, après la conquête de la ville par Mehmed II[4].

Le jeune Recep passe son enfance à Rize, où son père était un membre des garde-côtes turcs. Alors qu'il a 13 ans, sa famille se réinstalle à Istanbul. Il doit vendre des simit, des petits pains en anneau, dans les rues de la métropole. Ses parents l'envoient étudier dans une école religieuse qui forme des imams et des prédicateurs (« imam-hatip »). Ce type de lycée est très prisé en Turquie par les familles traditionalistes, même s'il ne destine pas nécessairement à la carrière d’imam. À 16 ans, Recep Tayyip Erdoğan remplace l'imam à la mosquée pour réciter des prières, pour les naissances ou pour organiser le rituel des décès.

Passionné de football, le jeune Erdoğan n'avoue pas à son père son amour pour ce sport, et cache ses crampons dans un sac de charbon. Son père découvre la passion secrète de son fils, sept ans plus tard. Joueur semi-professionnel, Recep Tayyip Erdoğan joue avec son coéquipier Yasoo Aga dans un club de football, et désire passer au statut de professionnel, mais son père l'en empêche.

Erdoğan épouse Emine Gülbaran (née en 1955) le 4 juillet 1978, lors d'une cérémonie religieuse. Il avait rencontré cette dernière au cours d'un meeting politique quelques mois plus tôt. Le couple a quatre enfants : Ahmet Burak, Necmettin Bilal, Sümeyye et enfin Esra.

[réf. nécessaire]

L'ascension politique[modifier | modifier le code]

Recep Tayyip Erdoğan étudie la politique à Istanbul et travaille comme employé de l'entreprise de transport de la municipalité et en tant qu'entrepreneur indépendant. Au milieu des années 1970, il adhère à l'Organisation de jeunesse du Parti du Salut national, le MSP, parti islamiste alors dirigé par Necmettin Erbakan.

Sa carrière politique est interrompue par le putsch militaire du 12 septembre 1980 et l'interdiction faite aux membres de son parti d'exercer tout mandat, mais dès 1983, Erdoğan redevient actif politiquement dans le Parti de la Prospérité, dont le chef n'est autre que Necmettin Erbakan, qui était déjà lié à Erdoğan au sein du MSP ; les deux hommes décident de rompre politiquement en 1999.

Après une campagne fouillée et préparée, Erdoğan est élu en 1994 maire d'Istanbul, grâce à une image efficace de porte-parole de l'anti-corruption. Sa première priorité est alors de réorganiser la vie chaotique de cette grande mégalopole de 12 millions d'habitants. Ses opposants lui concèdent quelques belles réussites : les coupures d'électricité ou d'eau se font rares et ses grands projets d'infrastructures, comme le métro, sont réalisés et mis sur rail. Comme promis dans sa campagne, le maire d'Istanbul s'engage également à réduire la corruption ; il parvient, lors d'une réunion avec des hommes d'affaires corrompus, à révéler un scandale de corruption devant des journalistes, qu'il avait invité de façon secrète.

Malgré la popularité du maire, les milieux laïcs - particulièrement les militaires - demeurent cependant très suspicieux quant aux velléités d'islamisation de la municipalité. Ainsi, à partir de 1996, alors qu'Erdoğan est maire de la ville, quelques établissements publics dépendant de la municipalité ne servent plus d'alcool.

En 1998, Erdoğan est condamné à une peine de prison, après un discours qualifié d'incitation à la haine incluant un poème du poète nationaliste Ziya Gökalp, au cours d'un meeting à Siirt, dans l'est du pays. Il cite ainsi ce passage : « Les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats ». Conduit en prison, de son propre aveu il vit mal son séjour derrière les barreaux. À sa sortie, Erdoğan change radicalement de tactique et renonce à affronter les militaires.

À l'automne 1998, Erdoğan quitte le Parti de la Vertu (FP), qui a succédé au Parti de la Prospérité, et se prononce en faveur d'une séparation de la religion et de l'État (en Turquie, les imams sont des fonctionnaires affiliés au directorat des Affaires religieuses, lui-même dépendant directement du Premier ministre).

En 2001, Erdoğan fonde l'AKP, parti conservateur. Le noyau dur de l'AKP est constitué par l'aile modérée du Parti de Vertu, interdit la même année. Erdoğan en prend alors la présidence.

L'AKP sort vainqueur des élections parlementaires de 2002, mais Erdoğan ne peut immédiatement remplir la charge de Premier ministre du fait de sa condamnation qui le privait de l'activité politique pendant 5 ans suivant la décision de la cour. Mais, sous prétexte que durant les élections une procédure n'a pas été respectée à Siirt, l'AKP propose de renouveler celle-ci. La Commission suprême des élections donne le feu vert pour le renouvellement des élections à Siirt. Pendant ce temps là, au Parlement, la majorité change certaines lois en faveur d'Erdoğan pour qu'il puisse se présenter en tant que député. L'élection se déroule uniquement dans cette ville et finalement il entre à la Grande Assemblée nationale comme député de Siirt et devient chef du gouvernement à partir de mars 2003.

[réf. nécessaire]

Premier ministre de Turquie[modifier | modifier le code]

Dès le début de son mandat, Erdoğan joue la carte de l'intégration européenne, coupant l'herbe sous les pieds de ses opposants laïcs. Son gouvernement obtient en décembre 2004 la promesse de l'UE d'entamer des négociations d'adhésion le 3 octobre 2005. Promesse tenue l'année suivante, malgré l'absence de reconnaissance de la République de Chypre.

Il vit aujourd'hui à Ankara, pour sa fonction gouvernementale, et conserve son domicile personnel à Istanbul. Erdoğan est par ailleurs un grand passionné de football.

De nombreuses réformes[modifier | modifier le code]

Son mandat fut marqué par quelques réformes politiques et économiques telles que l'autorisation de la diffusion de programmes audiovisuels en langue kurde, et la possibilité d'apprendre en privé la langue kurde, un élargissement des droits des instances religieuses non musulmanes; la réduction de 6 à 3 ans des peines de prison pour « insulte » aux forces armées et autres piliers de l'État turc ; la limitation de leur application aux insultes avec « intention » et remplacement des peines de prison de la loi relative à la presse par des amendes[5]. Les lois amendées contiennent cependant des dispositions permettant d'envoyer les journalistes en prison[5]. D'autres lois et articles de code répressifs envers la presse sont restés inchangés[5].

La mise en œuvre de ces réformes s'est toutefois heurtée aux résistances de l'appareil d'État et sont fortement remises en question à l'approche des années 2010 par les intellectuels turcs et l'Union européenne, dont l'écrivain Orhan Pamuk, le musicien Fazıl Say ou le peintre Bedri Baykam qui voient en Erdoğan un despote qui fait sauter un à un les verrous de la laïcité afin d'instaurer un régime islamiste et personnel.

Dans le même temps la Turquie n'arrête pas de perdre des places dans le classement mondial de la liberté de la presse. Entre 72 et 97 journalistes turcs sont en prison en 2012[6],[7], contre 13 fin 2002[5], l'année de l'arrivée au pouvoir de l'AKP. Ces mêmes intellectuels dénoncent également l'affaire Ergenekon, qui serait un prétexte pour faire taire l'armée, rempart traditionnel contre l'islamisme dans le jeu d'influence politique dans le pays, et pour faire disparaître une opposition laïque journalistique de plus en plus virulente contre le régime. En effet, Erdoğan intente systématiquement des procès à l'encontre des journaux d'opposition, si bien que ces journaux sont l'objet de saisies ou sont fortement pénalisés par les amendes. L'opposition de gauche fait surtout les frais de ces procès, comme en 2011 le journal Aydınlık.

[réf. nécessaire]

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

L'AKP domine largement le Parlement (326 députés sur 550), à cinq sièges seulement de la majorité des deux tiers qui lui permet d'amender la Constitution. Depuis 1987 c'est le premier parti à disposer d'une majorité stable et le seul depuis 1945 à n'avoir qu'une autre force politique en face de lui au Parlement. Cela permet au gouvernement Erdoğan de mener sa propre politique sans entrave de l'opposition.

La laïcité[modifier | modifier le code]

L'arrivée de l'AKP au pouvoir a fait craindre à l'Union européenne, et à beaucoup de Turcs, que la laïcité kémaliste puisse être menacée. Mais la laïcité n'a jamais été vraiment remise en question, même si le port du voile dans les universités a été autorisé en février 2008 par le Parlement. Erdoğan estime toutefois qu'il faut introduire en Turquie une plus grande liberté religieuse. Son mandat a aussi été marqué par une loi sur l'adultère, qui devait criminaliser l'infidélité. Ce projet de loi a été vite abandonné sur la pression de l'armée, des médias, et de l'Union européenne.

Erdoğan récuse les accusations d'islamisme et se déclare « démocrate conservateur » ou « démocrate musulman » (en référence aux démocrates chrétiens européens), il s'affirme respectueux de la démocratie et de la laïcité et relègue la religion à la sphère privée. Erdoğan se dit proche des partis chrétiens-démocrates européens.

À partir de 2012, une fois l'élite militaire en prison dans l'attente de procès, Erdoğan fait davantage référence à l'Islam, rappelant ses discours télévisés des années 1990.

La gauche turque, notamment l'opposition laïque du parti créé par Atatürk, le CHP Parti républicain du peuple, récuse une laïcité de façade et dénonce un pouvoir personnel qui aurait pour but d'en finir avec la laïcité. Cette opposition stigmatise une collusion du pouvoir avec des dirigeants religieux comme Fethullah Gülen ; en Turquie, des groupes religieux ont en effet une grande influence dans le milieu éducatif ; ils pointent les manquements de l'éducation nationale, réclament une plus grande place pour la religion à l'école et veulent la promotion du créationnisme musulman.

Politique économique[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Économie de la Turquie.

La Turquie a affronté la plus grave crise financière de son histoire récente en 2000 et en 2001. Mais les Turcs ont aussi été véritablement marqués par le tremblement de terre de l'année 1999, qui leur a montré l'étendue de la corruption dans leur pays. Le gouvernement Erdoğan a promis de faire de la lutte contre la corruption une de ses priorités.

Mais la victoire de l'AKP doit beaucoup à l'exaspération de la classe moyenne, victime de plein fouet du chômage. Pour rééquilibrer les comptes de la Turquie (elle est le deuxième plus gros débiteur du FMI après le Brésil, avec 16 milliards de dollars, sa dette extérieure atteint 30 % de son PIB et sa dette publique est de 80 %), l'AKP suit la politique économique du FMI.

Dans le domaine économique, le gouvernement essuie de vives critiques des milieux d'affaires, notamment celles de la puissante association laïque Tüsiad, qui représente les grandes entreprises turques. Le ministre de l'Économie, Ali Babacan affirme que le programme économique de l'accord avec le FMI sera mené à son terme, mais en rappelant que certains volets seraient repoussés pour mieux combattre l'inflation et la corruption, réformer le système des impôts, et attirer les capitaux étrangers (en particulier européens).

En 2004, la Turquie avait la croissance la plus rapide de l'OCDE. Le taux d’inflation avait fortement reculé et était revenu à un taux annuel à un seul chiffre en 2005, pour la première fois en trente ans. Un nouveau cadre institutionnel pour les politiques monétaire et budgétaire a été mis en place, de même pour les marchés des produits, du travail et des capitaux, les secteurs d’infrastructure et des aides agricoles.

Le passage d'Erdoğan au pouvoir a aussi été marqué par la libéralisation de l'économie et la diminution du nombre de fonctionnaires.
L'AKP a aussi mis de côté les grandes entreprises turques (Sabancı, Koç, Cukurova, Anadolu, Profilo, etc.) qui tiraient jusqu’à présent l’économie du pays. Ce sont les « tigres anatoliens » qui ont pris leur place. Ils sont représentés par les hommes d’affaires et industriels indépendants (Müsiad). Un lobby qui réunit 2 000 membres dans 10 000 entreprises. Grâce à leur petite taille, ces petites entreprises ont su s'adapter à la crise économique de 2001, contrairement aux grands groupes qui ont dû entreprendre une restructuration douloureuse.

L’AKP poursuit la politique entreprise par les anciens gouvernements, c’est-à-dire mettre fin au protectionnisme d'Etat et libéraliser les échanges commerciaux, en abaissant les droits de douane, et en supprimant les quotas sur les importations.

D'après le sénateur Hubert Haenel : « La faiblesse la plus importante de l’économie turque est l’absence d’investissements directs étrangers […]. Les investisseurs sur le long terme sont hésitants en raison de l’instabilité des années passées, du souvenir de la surinflation mais aussi des pesanteurs de l’appareil bureaucratique, qui s’accompagne fréquemment de la persistance de la tradition du bakchich. C’est un obstacle pour le programme important de privatisations qui a besoin d’investisseurs étrangers industriels. »

La politique économique du gouvernement est accusée d'être ultra-libérale et de faire une large part au clientélisme: ainsi, après chaque succès électoral, les hommes d'affaires proches du pouvoir se voient attribuer les plus importants contrats avec l'Etat. La gauche et la droite nationaliste dénoncent cette situation en faisant faire valoir notamment le recul des droits syndicaux des ouvriers, mais surtout la mainmise de plus en plus importante des entreprises étrangères sur l'économie turque. Un indicateur justifie en partie ces postulats: si les exportations ont augmenté considérablement depuis 2002, les importations ont explosé...

Politique institutionnelle[modifier | modifier le code]

Sur le plan institutionnel, Erdoğan s'est prononcé à plusieurs reprises en faveur d'une modification importante de la Constitution turque, offrant notamment, au président de la République, une compétence plus élargie et plus importante. Il proposait l'élection du président au suffrage universel, alors élu par le Parlement. En 2007, alors qu'une partie de la presse turque et européenne évoquait l'hypothèse d'une candidature d'Erdoğan à la présidence de la République, il déjoue les pronostics en faisant élire un de ses proches, le ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül.

Au cours de la campagne menée pour les élections législatives, en 2011, l'idée d'une nouvelle Constitution a largement été évoquée par Erdoğan, lui-même en campagne.

Il est finalement candidat à l'élection à la présidence de la République qui se tient en août 2014.

Les Kurdes[modifier | modifier le code]

Le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, l'Union européenne et les États-Unis, après quinze ans de lutte pour l'indépendance et 37 000 morts, avait décrété un cessez-le-feu en 1999 avec l'ancien gouvernement. Le cessez-le-feu a été rompu en 2004 et les opérations contre l'État turc ont augmenté depuis, notamment les attentats contre des touristes étrangers.

Le 12 août 2005 Erdoğan a promis de régler le problème kurde avec plus de démocratie. Il a d'ailleurs déclaré lors d'un discours à Diyarbakir « Chaque pays a connu des jours difficiles dans son histoire. Un grand État et un pays fort comme la Turquie a surmonté de nombreuses difficultés pour arriver jusqu’à aujourd’hui. C’est pourquoi, nier les erreurs du passé ne sied pas aux grands États. Un grand État et une nation forte se tournent avec confiance vers l’avenir en se confrontant à leurs fautes et à leurs erreurs. C’est avec ce principe à l’esprit que notre gouvernement sert le pays. (…) Le problème kurde n’est pas le problème d’une partie de notre peuple, mais le problème de tous. C’est donc aussi le mien. Nous allons régler chaque problème avec encore plus de démocratie, plus de droits civils, et plus de prospérité, dans le respect de l’ordre constitutionnel, du principe républicain et des principes fondamentaux que nous ont légués les pères fondateurs de notre pays. »

Puis il a rappelé les trois idéologies que combat l'État turc :

  • le nationalisme ethnique ;
  • le nationalisme régional ;
  • le nationalisme religieux.

Puis Erdoğan rappela : « Il y a dans notre pays de nombreuses composantes ethniques. Nous ne faisons aucune distinction entre elles. Elles constituent chacune une sous-identité. Il y a un lien qui nous unit tous, et ce lien est la citoyenneté de la République de Turquie. (…) Je le dis à nouveau, la Turquie c’est autant Ankara, Istanbul, Konya, Samsun, Erzurum que Diyarbakir. Je veux que vous le sachiez, chaque endroit de ce pays a des parfums, des couleurs, des voix, des musiques, et des saveurs différentes. »

Le gouvernement Erdoğan a mis fin à quinze ans d'état d'urgence dans le Sud-Est du pays. Il a également autorisé la diffusion de programme en langue kurde à la radio et à la télévision et a aussi permis l'ouverture d'instituts privés d'enseignement du kurde. Des réformes et des actes qui n'ont pas tous été suivis d'effets.

Les Kurdes réclament également que le gouvernement fasse quelque chose pour sortir la partie kurde de la Turquie de la pauvreté et de la morosité économique. Erdoğan a affirmé que le gouvernement n'y prévoyait pas d'investissements industriels, et il a au contraire encouragé les hommes d'affaires locaux à prendre l'initiative, en profitant des mesures d'incitation récemment mises en place.

Abdullah Öcalan, le chef de l'organisation séparatiste PKK, a échappé à l'exécution qu'il attendait (sa peine a été commuée en réclusion à perpétuité en 2002, lors de l'abolition de la peine de mort). L'Union européenne, qui accuse la Turquie de ne pas lui avoir fait un procès équitable, a demandé au gouvernement turc de rejuger le fondateur du PKK. Cependant, le président turc Abdullah Gül a déclaré que « même en le jugeant cent fois, il recevra le même châtiment ». Un nouveau jugement n'est donc pas à l'ordre du jour.

Le 1er janvier 2009, Erdoğan inaugure la première chaine publique turque (TRT 6) en langue kurde et prononce quelques phrases kurdes en direct. En juillet-août, il annonce sa volonté de réforme, en octroyant plus de droit culturel et linguistique aux Kurdes, notamment par l'apprentissage de la langue kurde à l'école.

Le BDP, le principal parti pro-kurde ne voit dans ces mesures qu'une ouverture de façade. D'après eux les citoyens de culture kurde sont toujours considérés comme de seconde zone et souffrent de discriminations à l'emploi. Les affrontements avec la police et l'armée se sont accrus en 2010 dans les régions à majorité kurde.

Les minorités religieuses en Turquie[modifier | modifier le code]

Le Vatican a dénoncé la « christianophobie institutionnelle en Turquie ». Edmond Farhat, nonce apostolique à Ankara, a affirmé que la liberté religieuse n'existe que sur le papier dans ce pays. L’Église catholique romaine se plaint notamment de ce qu'aucune reconnaissance juridique ne lui ait été accordée, reconnaissance juridique qu'elle réclame depuis 1970.

L'Église orthodoxe de Constantinople attend toujours la réouverture de sa Faculté de théologie, et les églises se voient retarder sans date les autorisations de faire des réparations indispensables sur leurs églises. À ce jour les étudiants grecs étudient toujours sur des photocopies, les livres étant toujours interdits. Les popes n'ont toujours pas le droit de sortir en habit de culte dans les rues.

Le commissaire européen chargé de l'élargissement, Olli Rehn a d'ailleurs averti par écrit le gouvernement turc que la liberté religieuse appliquée en Turquie ne répondait pas encore aux critères fixés par l'Union.

Par contre Erdoğan a promis la restauration de la vieille église arménienne d'Aghtamar, qui va être restaurée après un siècle d'abandon par l'État. Le gouvernement a décidé de financer les deux millions de livres turques des travaux (1,2 million d'euros), qui ont débuté au mois de mai 2005.[réf. nécessaire]

Le 13 mai 2010, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lancé un appel à ne pas discriminer les non-musulmans. Il a envoyé une lettre publique dans laquelle il appelle explicitement à respecter les droits des minorités chrétiennes et juives, à respecter leur clergé et à éviter les commentaires discriminatoires. « Les non-musulmans sont partie intégrante de l'État turc et ont le droit de préserver leur identité et leur culture. »[8]

Un dirigeant contesté[modifier | modifier le code]

En 2013, Erdoğan doit faire face à un vaste mouvement protestataire rassemblant plusieurs millions de personnes pour manifester contre un projet immobilier qui aurait détruit le parc Gezi d'Istanbul. La répression policière lui est alors imputée, ainsi que des critiques sur son autoritarisme. Il est également accusé de visées islamistes, illustrées par la possible reconversion du musée Sainte-Sophie en mosquée[9].

Le 25 décembre 2013, Recep Tayyip Erdoğan procède à un important remaniement ministériel qui affecte dix postes sur vingt-cinq de son gouvernement, à la suite d'opérations judiciaires et policières ayant mis à jour un possible réseau de corruption concernant des membres éminents de l'AKP et leurs proches[10]. Même s'il s'en défend et dénonce un complot de l'étranger, le propre fils du Premier ministre est mis en cause dans ces affaires de corruption. Le procureur qui menait l'enquête à son sujet a pourtant été dessaisi du dossier, ce qui a provoqué l'indignation du Conseil supérieur des juges et des procureurs, Erdogan étant accusé de vouloir « étouffer » l'affaire. Ces événements ont également engendré des manifestations, l'effondrement de la livre turque à la Bourse d'Istanbul, et compromettent les chances du Premier ministre à l'approche des élections de 2014 et 2015[11]. Par la suite, six députés démissionnent, une première dans l’histoire du parti, ne manquant pas au passage de critiquer le Premier ministre. Ertugrul Günay, ancien ministre de la Culture dénonce ainsi « l'arrogance du gouvernement » alors qu'Erdal Bayraktar, jusque là député d'Ankara déclare : « Un parti politique ne peut pas être géré comme s'il était la propriété d'une personne, particulièrement de M. Tayyip Erdogan ». D'autres demandent même sa démission[12]. Des scandales liés à des écoutes sur des secrets d'État ainsi que la volonté du Premier ministre de fermer les réseaux sociaux YouTube et Twitter sont également critiqués comme des atteintes aux droits de l'homme ; Yaman Akdeniz, professeur de droit de l'Internet à l'université Bilgi d'Istanbul déclare ainsi : « Le pays n'a jamais atteint de tels niveaux de censure »[13].

En juin 2014, un an après le début des manifestations, Amnesty International dénonce le « harcèlement judiciaire et policier » du gouvernement Erdogan, mettant l'accent sur la partialité de la justice, la violation de la liberté de rassemblement et les violences policières[14].

Politique diplomatique[modifier | modifier le code]

En tant que chef du gouvernement turc, Erdoğan a voyagé dans de très nombreux pays pour faire entendre la voix diplomatique de la Turquie.
Recep Tayyip Erdoğan, en compagnie du président des États-Unis Barack Obama, lors d'un entretien à la Maison-Blanche, à Washington.

La Turquie est toujours un grand allié des États-Unis (et dans une moindre mesure d'Israël), et sert de médiateur avec les Palestiniens et les Syriens. Elle a effectué un rapprochement avec la Grèce et reste un partenaire économique et politique important de l'Union européenne.

Avec le président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, Erdoğan est à l'origine de la fondation, en 2005, de l'Alliance des civilisations à l'ONU[15], un projet visant à contrer le terrorisme par des moyens politiques, économiques et sociaux, et non militaires, à l'inverse de la « guerre contre le terrorisme » menée par George W. Bush.

La Turquie a changé de cap diplomatique depuis l'ère Erdogan, d'autant plus depuis la venue d'Ahmet Davutoğlu au ministère des Affaires étrangères. Elle s'est ouverte de plus en plus vers le monde musulman, et commence à faire cavalier seul dans le jeu des équilibres géostratégiques. Les prises de position turques sur le nucléaire iranien en 2009, soutenues par le Brésil, montrent un changement de cap radical avec les gouvernements précédents, et commencent à inquiéter les nations occidentales sur les véritables intentions du pouvoir islamo-conservateur. Le gouvernement cherche à projeter ses succès économiques sur le terrain politique dans les anciens territoires de l'Empire Ottoman en multipliant les partenariats avec les pays arabes, et en prônant une politique de « zéro problème » avec son voisinage proche. On appelle cette nouvelle politique, le néo-ottomanisme.

Par ailleurs, le gouvernement a effectué un rapprochement historique avec l'Arménie à l'occasion d'une rencontre de football en 2010. Il était question de rouvrir la frontière avec ce pays, mais les relations se sont à nouveau envenimées, les pressions ultra-nationalistes de part et autre de la frontière bloquant systématiquement toute voie d'ouverture. Le gouvernement ne paraît pas prêt à une détente avec l'Arménie, comme en témoigne la destruction d'une sculpture monumentale dédiée à la paix avec ce voisin, construite en 2010 dans la région de Van, mais détruite en 2011, Erdogan qualifiant cette œuvre de « déchet » (ucube en turc). Erdoğan a aussi annoncé, en 2007, la construction de trois centrales nucléaires.

Ces prises de positions contradictoires de la nouvelle diplomatie turque témoignent d'un expansionnisme économico-politique qui inquiète les alliés traditionnels de la Turquie.

La guerre d'Irak[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre en Irak, le gouvernement américain avait demandé la permission de survoler le territoire turc, ainsi que le déploiement de 62 000 soldats américains dans le pays. Un grand débat eut lieu à cette occasion en Turquie, et le gouvernement se prononça contre. Pour faire pression, les Américains proposèrent un chèque de 15 milliards de dollars à la Turquie en dédommagement du coût de la guerre. Le gouvernement demanda l'avis du Parlement, qui également refusa.

Bien qu'hostile à la guerre en Irak, Recep Tayyip Erdoğan, avec le soutien de l'armée, estimait qu'un soutien aux américains était dans l'intérêt à long terme du pays, notamment pour prendre part aux décisions sur l'avenir des zones kurdes irakiennes.

Les relations turco-israéliennes[modifier | modifier le code]
Erdoğan au Forum économique mondial, en 2005. Cela fait deux ans qu'il est Premier ministre.

Erdoğan n’a pas changé radicalement la politique de la Turquie vis-à-vis de l'État d'Israël qui reste un allié majeur pour la Turquie. Cela n'a pas empêché Erdoğan de dénoncer la politique jugée trop musclée du gouvernement d'Ariel Sharon.

Au lendemain de l'assassinat du Cheikh Ahmed Yassine (chef spirituel du Hamas), Tayyip Erdoğan n'hésitait pas à qualifier cette opération d'« acte terroriste » puis il dénonça le « terrorisme d'État » pratiqué par Israël dans la Bande de Gaza, avant de rappeler temporairement son ambassadeur à Tel-Aviv et son consul à Jérusalem « pour consultations ».

Lors de l'opération Arc-en-ciel qui avait eu lieu dans la ville de Rafah, Erdoğan a dénoncé la « terreur d’État » de l'État israélien. Il déclare d'ailleurs que « les Israéliens traitent les Palestiniens comme ils ont été traités eux-mêmes, il y a cinquante ans ». Mais le partenariat stratégique et notamment militaire entre les deux pays n'est pas menacé.

Les relations israélo-turques se sont toutefois nettement réchauffées depuis. Erdoğan a proposé le 2 mai 2005 lors d'un voyage officiel en Israël et dans les territoires palestiniens de servir de médiateur dans le conflit israélo-palestinien. Même si Israël s'est aussitôt opposé à la proposition du premier ministre turc par la voix de son ministre des affaires étrangères Silvan Shalom, les tensions ont nettement baissé.

Le 29 janvier 2009, Erdoğan a quitté un débat au Forum économique mondial à Davos (Suisse) après avoir été interrompu lors de son argumentation par le modérateur, à la suite d'un plaidoyer du président israélien, Shimon Peres, en faveur de la récente offensive menée par son pays dans la bande de Gaza et qui avait fait plus de 1 330 morts palestiniens. Erdoğan a notamment déclaré « Je pense que vous devez vous sentir un peu coupable. (…) Vous avez tué des gens. Je me souviens des enfants qui sont morts sur des plages. »[16]. Le lendemain, le DTP, parti kurde d'opposition, a dénoncé les propos d'Erdoğan. Ainsi Emine Ayna, une députée du parlement turc a affirmé dans un communiqué de presse que « le Premier ministre Erdoğan essaye de reconquérir l'opinion publique en Turquie », puis, s'adressant à Erdoğan : « votre gouvernement aussi sait bien tuer », en faisant référence à un épisode durant lequel des enfants kurdes ont été tués à Diyarbakır en 2006[17]. Selahattin Demirtaş, député de Diyarbakır, a rappelé au Premier ministre turc, sa responsabilité dans la mort de six personnes au Norouz 2008 (nouvel an perse) en Turquie. Demirtaş a affirmé qu'à ce jour, le gouvernement turc n'avait fait aucune déclaration officielle sur la situation au Proche-Orient et qu'Erdoğan avait signé il y a quelques jours un accord avec Israël sur l'achat de huit Heron (drone de fabrication israélienne) destinés à la récolte d'informations dans le Sud-est anatolien[18] et que les pilotes de l'aviation israélienne s'entraîneraient à Konya (province du centre anatolien).

Le 27 mars 2010, le Premier ministre turc déclare que « considérer Jérusalem comme la capitale indivisible de l'État hébreu, comme le font les Israéliens, est une folie. Jérusalem est la prunelle des yeux du monde musulman (…) et on ne peut accepter aucune atteinte israélienne à Jérusalem et aux lieux musulmans », lors du Sommet annuel de la Ligue arabe[19].

À la suite de l'abordage de la flottille pour Gaza, Erdoğan a tenu un discours avec des mots très durs à la Grande assemblée nationale, dénonçant un acte de « terrorisme d’État », dénonçant une « attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine ».

Des voix, essentiellement de gauche élèvent la voix en Turquie en qualifiant cette opération de complot organisé par l'AKP, les organisations humanitaires composant la flottille étaient essentiellement liées au parti au pouvoir, la diplomatie turque connaissant très bien les risques et les accords sur les eaux internationales dans cette région ainsi que les menaces de l'armée israélienne. D'après l'opposition tout était connu à l'avance.

Les relations turco-grecques[modifier | modifier le code]
Recep Tayyip Erdoğan et le Premier ministre grec Geórgios Papandréou, en 2011.

Le gouvernement turc a invité le Premier ministre Kóstas Karamanlís à se rendre à Ankara. C'est ainsi la première visite officielle du genre depuis 1959.

C'est à l'occasion de la construction d'un nouveau gazoduc que les ministres grec et turc se sont rencontrés. Le Premier ministre turc a longuement remercié son homologue grec pour le soutien qu'il lui apporte pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne : « Il n'est pas possible d'oublier le soutien qu'a apporté mon ami Kostas Caramanlis [au projet d'entrée de la Turquie dans l'Union européenne], spécialement lors du processus du 17 décembre. »

L'AKP cherche activement une solution à la question chypriote, bien que l'ancien ministre des Affaires étrangères, l'actuel président de la République turque Abdullah Gül reconnaisse que le dossier « n'est pas totalement dans [ses] mains ». Les négociations directes actuelles entre les présidents de la République autoproclamée turque de Chypre Nord et la République chypriote laissent entrevoir un accord sur une réunification de l'île.

Le chef du gouvernement grec, Karamanlís, a exprimé « le ferme et réel soutien de la Grèce à la perspective européenne » de la Turquie ; « Nous suivons avec intérêt vos efforts pour satisfaire à l'objectif de l'acquis européen. »

La Chine et les troubles au Xinjiang[modifier | modifier le code]

Lors des troubles de juillet 2009 au Xinjiang, le Premier ministre turc dénonce l'action de la Chine contre les Ouïghours. Il affirme : « l'événement survenu en Chine est une sorte de génocide, il n'y a pas d'autre façon de commenter cet événement », et « il y a là des atrocités, des centaines de personnes sont tuées, et un millier sont blessées. Nous avons du mal à comprendre que la direction de la Chine (…) puisse rester spectatrice face à ces événements ».

Des rapports difficiles avec l'Arménie[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, en Turquie, le génocide arménien n'est pas reconnu.

Une députée française a déposé une proposition de loi en 2012 pour faire condamner la négation de ce génocide. Mais la loi a été déclarée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel (notamment eu égard à la liberté d'expression).

Erdoğan considère que ce sujet est utilisé par la France comme prétexte pour contrer l'inévitable ascension économique et politique de la Turquie[20]. Il souhaite opposer la vérité historique décrétée par votes dans certaines assemblées nationales (en référence au projet de loi en France) à une vérité basée sur des documents et archives historiques et scientifiques. Il encourage les universitaires et scientifiques turcs à inciter plus de personnes à s'intéresser au sujet pour ne pas laisser la place à des propagandes qu'il qualifie de "racistes et populistes".

Erdogan a lancé plusieurs appels à ouvrir les archives pour permettre l'élaboration de comités scientifiques pour un rapprochement entre les deux pays[21], cependant l'État turc continue d'emprisonner des intellectuels et historiens Turcs qui soutiennent la reconnaissance du génocide arménien[22].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Le 26 juin 2009 à Bruxelles, il reçoit des mains de la princesse Astrid de Belgique le prix de la fondation du Forum de Crans-Montana.

Le 1er décembre 2010, il reçoit le tout dernier prix Kadhafi des droits de l'homme décerné par le colonel Kadhafi. Mais le chef du gouvernement turc, en raison de ses relations avec les États-Unis, se détournera du Guide libyen l'année suivante.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (tr) « Sayın Recep Tayyip Erdoğan », sur Türkiye Cumhuriyeti Başbakanlık (consulté le 7 juillet 2014)
  2. (tr)Résultats provisoires de l'élection présidentielle. Communiqué du Haut conseil électoral de la République de Turquie.
  3. (tr) Bülent Sarıoğlu, « Kimlik değişimi! », Milliyet,‎ 13 décembre 2005 (consulté le 7 juillet 2014) : « Ben de Gürcü'yüm, ailemiz Batum'dan Rize'ye göç etmiş bir Gürcü ailesidir. »
  4. (tr) « Erdoğan'ın dedesi şehit düşmüş », sur habername.com,‎ 26 avril 2009 (consulté le 7 juillet 2014)
  5. a, b, c et d Attacks on the Press 2002: Turkey, CPJ, 31 mars 2003
  6. « Charges Against Journalists Dim the Democratic Glow in Turkey », NYTimes,‎ 4 janvier 2012 (lire en ligne)
  7. La Turquie, première prison au monde pour les journalistes, Reporters sans frontières, 19 décembre 2012
  8. Başbakanlıktan azınlık genelgesi.
  9. Guillaume Perrier, « Sainte-Sophie fait de la politique », in Le Monde, samedi 14 décembre 2013, page 3.
  10. Arielle Thedrel, « Guerre fratricide chez les islamistes turcs », in Le Figaro, jeudi 26 décembre 2013, page 6.
  11. Nare Hakikat, « Rattrapé par les affaires, Erdogan dénonce une conspiration contre la Turquie », in Le Figaro, lundi 30 décembre 2013, page 5.
  12. Laure Marchand, « Turquie : le parti d'Erdogan plonge dans la tourmente », in Le Figaro, mardi 31 décembre 2013, page 6.
  13. Julie Connan, « La "bombe" des écoutes perturbe la fin de campagne », Le Figaro, samedi 29 / dimanche 30 mars 2014, page 9.
  14. Laurence Marchand, « En Turquie, la répression bat son plein un an après Gezi », Le Figaro, mercredi 11 juin 2014, page 8.
  15. Présentation de l'Alliance des civilisations sur le site officiel (en anglais).
  16. LeMonde.fr
  17. (tr) Emina Ayna, communiqué du 31 janvier 2009
  18. « Israël - Turquie : La Turquie utilisera des drones israéliens dans le ciel Kurde », sur israelvalley.com,‎ 2 février 2009.
  19. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/03/27/005-sommet-arabe-israel.shtml Colonisation de Jérusalem-Est Radio-Canada
  20. http://www.internethaber.com/fransaya-bu-sozlerle-ders-verdi-392264h.htm
  21. http://www.tetedeturc.com/home/spip.php?article3752
  22. 18

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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