Raymond de Peñafort

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Raymond de Peñafort

Saint Raymond de Peñafort (en catalan: Penyafort), né à Vilafranca del Penedès, près de Barcelone, entre 1175 et 1180, et mort en 1275 (presque centenaire), est un frère prêcheur (dominicain). Il est surtout connu pour avoir rassemblé, à la demande de Grégoire IX, les multiples lois et décrets de l'Église en les systématisant. Cette codification canonique, la première officiellement promulguée par un pape, est connue sous le nom de Décrétales de Grégoire IX (1234). Canonisé en 1601 par Clément VIII, il est liturgiquement commémoré le 7 janvier.

Formation[modifier | modifier le code]

Il suit des études à l’université de Barcelone, puis part se perfectionner en droit à l’université de Bologne, où il est fait docteur in utroque jure. De 1195 à 1210, il enseigne le droit canon. En 1210, il part enseigner à Bologne, où il reste jusqu’en 1222, occupant trois années la chaire de droit canon. À son retour à Barcelone en 1222, il entre dans l'ordre des Frères prêcheurs.

Carrière[modifier | modifier le code]

Châsse de Saint Raymond à la Cathédrale de Barcelone

Il est le confesseur du roi d’Aragon Jacques Ier. Contacté par Pierre Nolasque, il obtient le soutien du roi pour la fondation en 1218 de l’ordre de Notre-Dame de la Merci pour le rachat des chrétiens enlevés par les musulmans.

En 1230, il est appelé à Rome par le pape Grégoire IX pour participer à la codification[réf. nécessaire] du droit canon. Il compile les Decretales Gregorii à partir de compilations partielles antérieures (d'où l'ajout de décrétales antérieures à Grégoire IX[1]. Ces décrétales font interdiction formelle aux laïcs de s’immiscer dans la désignation des évêques.

Il reste en contact avec Jacques Ier, et le pousse à instaurer le tribunal de l’Inquisition en Aragon (1232)[réf. nécessaire].

De retour en Espagne, il y devient maître général des dominicains en 1238 et publie les constitutions de l'ordre (version en vigueur jusqu'en 1924) ; il résigne sa charge en 1240. En 1242, il édite le premier manuel de l’Inquisition.

Il obtient que les veilles de dimanche et jours de fête soient fériés[réf. nécessaire].

Il meurt le 7 janvier 1275,

Dès la fin du XIIIe siècle, puis sous Jean XXII, on parle de le canoniser, ce qui sera concrétisé par Clément VIII en 1601, après plusieurs essais infructueux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

'Summa juris canonici' (1221)[modifier | modifier le code]

Première œuvre canonique de Raymond, la Summa iuris canonici n'est connue que par un unique témoin incomplet, datant d'environ 1221[2]. Plan de l'ouvrage Prohemium.
Prima pars: de jure naturali; de jure gentium; de jure civili; de origine juris; de constitutionibus; de conciliis; de rescriptis et eorum interpretationibus; de privilegiis; de consuetudine; de differentia juris naturalis ad alia jura; de differentia constitutionis ecclesiastice ad secularem; de juris et facti ignorantia.

Secunda pars: de ministris canonum et differentia eorundem; de examinatione ordinandorum; de qualitate ordinandorum; quod ordinandus debeat esse sine crimine; de bigamis; de continentia clericorum et de cohabitatione clericorum et mulierum; de sobrietate ordinandorum; de prudentia ordinandorum; de prudentia ordinandorum; de ornatu ordinandorum; de hospitalitate ordinandorum; de pudicitia ordinandorum; de doctrina ordinandorum; quod prelatus vel clericus non debeat esse percussor; de litigiosis non ordinandis; de cupidis non ordinandis; quod ordinandibus sit domui sue bene prepositus; de neophito non ordinando; de sollempniter penitentibus non promovendis; de curialibus et obligatis ad ratiocinia ordinandis vel non; de servis ordinandis vel non, et manumissoribus eorundem; de corpore vitiatis ordinandis vel non; de filiis presbiterorum et ceteris illegitime natis ordinandis vel non; de differentibus baptizari non promovendis; de peregrinis vel alias ignotis promovendis vel non; de etate ordinandorum; de feminis non ordinandis; delapsis non ordinandis; a quibus, quando, ubi, qualiter sint ordines conferendi; de temporibus jejuniorum quatuor; de intersticiis; de clericis ad superiores ordines suscipiendos compellendis vel non; de postulatione; de electione; de auctoritate et usu pallii; de renuntiatione; de translatione; de supplenda negligentia prelatorum; de tregua et pace; de majoritate et obedientia.

Tertia pars: de questionibus juris.
[fin de l'ouvrage par lacune matérielle du manuscrit] Edition Raymond de Peñafort, 'San Raimundo de Penyafort. Summa juris', éd. José Rius Serra, Barcelona, 1945, 156 p. notice BnF, d'après le ms. Vatican, Bibl. Apost. Vat., Borghes. 261

'Summa de penitentia sive de casibus' (1222-1229/1235)[modifier | modifier le code]

L'œuvre qui en fait le canoniste le plus influent de son temps est la somme pénitentielle (Summa de poenitentia ou Summa de casibus) en trois livres, qu'il publia dans une deuxième version avec sa Summa de matrimonio ajoutée comme quatrième livre (vers 1235). L'influence de cette œuvre est accrue par le nombre de versions révisées par d'autres auteurs (entre autres Guilelmus Redonensis, Adam Teutonicus, mais aussi des anonymes)[1].

'Liber Extra' (1234)[modifier | modifier le code]

Manuel de l'inquisiteur[modifier | modifier le code]

Légende[modifier | modifier le code]

Envoyé aux Baléares par le roi Jacques Ier d'Aragon, il désire retourner à Barcelone, contre la volonté du souverain, qui interdit à tous les marins de le prendre à leur bord, de lui vendre ou de lui louer un bateau. Alors Raymond de Peñafort étend sur l'eau sa cape de dominicain, en relève un pan en guise de voile sur son bâton, et navigue ainsi à une vitesse fulgurante jusqu'à Barcelone. Cet exploit a fait de lui le saint patron des véliplanchistes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b H. Zapp, 'Raimund (Raymund) v. Peñafort', dans Lexikon des Mittelalters, Stuttgart: Metzler, 1977-1999), vol. 7, col. 414-415
  2. 'Summa iuris', éd. J. R. Serra, Barcelona, 1945 notice de la BnF

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Régine Pernoud, Les Saints au Moyen Âge - La sainteté d’hier est-elle pour aujourd’hui ?, Paris, Plon,‎ 1984, 367 p. (ISBN 2-259-01186-1), p 23