Raymond Lambert (alpiniste)

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Raymond Lambert est un alpiniste suisse né à Genève en 1914 et mort le 24 février 1997.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raymond Lambert est né à Genève, en 1914. Il commence à grimper très jeune, à une époque où l’alpinisme était encore largement affaire d’improvisation et d’amateurisme.

Pour autant, il existe des cadres. Ainsi, il fréquentera l’école des guides en Valais et il sortira premier de sa classe en 1937. C’est la passion qui s’exprime et celle-ci, maîtresse exigeante, le conduira à tutoyer le drame dès l’année suivante.

En février 1938, il fait partie de l’équipe qui réussit la première traversée hivernale des aiguilles du Diable mais la tempête survient et tous se retrouvent coincés au fond d’une crevasse, à plus de 4 000 mètres d’altitude. L’attente dure cinq jours au bout desquels Lambert tente une sortie, ce qui lui permettra de retrouver l’équipe de secours et ainsi de sauver ses compagnons. Il y perd quelques doigts et tous ses orteils, emportés par le gel.

Mais la passion ne faiblit pas. Raymond Lambert se fait confectionner des chaussures spéciales et enchaîne les courses, surtout s’il sent qu’il y a un défi à relever.

C’est ainsi qu’il se retrouve dans l’Himalaya avec l’expédition suisse du printemps 1952. Il y rencontre Tensing Norgay en compagnie duquel il tentera les deux assauts vers le sommet de l'Everest et auquel le liera une solide amitié : les deux hommes se reverront souvent par la suite, Norgay effectuant même à plusieurs reprises le voyage en Suisse.

Raymond Lambert reviendra par la suite dans l’Himalaya. Il ira également au Pakistan puis dans les Andes avant de se prendre de passion pour l’aviation, dans les années soixante. On le verra ainsi monter une compagnie de charters ; on le verra embauché ensuite par une filiale de la Swissair et surtout, on le verra piloter jusqu’à l’âge de 72 ans.

Raymond Lambert s’éteint le 24 février 1997. L’été suivant, son fils disperse ses cendres depuis le sommet du mont Blanc.

Everest[modifier | modifier le code]

Everest, arête sud, 28 mai 1952.

Raymond Lambert et Tensing Norgay sont à 8 600 mètres. Cela fait cinq heures qu’ils marchent, cinq heures pendant lesquelles les deux grimpeurs ont gagné 200 mètres. Les appareils à oxygène ne sont d’aucun secours, chaque pas demande un effort et une concentration extrême. C’est alors que le vent se lève. Il suffit d’un coup d’œil pour évaluer la situation : le sommet sud est si près… Lambert et Tensing comprennent néanmoins que s’ils continuent, ils n’en reviendront jamais.

Ils ont le bon réflexe. Ils redescendent vers le camp dressé au col Sud (7 900 m) où les attendent leurs compagnons mais les forces manquent quand même comme le rappelle Lambert deux jours plus tard : « Flory et Aubert ont dû nous traîner dans les tentes. Il y avait dix mètres à remonter, on ne pouvait pas. »[1] Ainsi se termine la tentative suisse du printemps 1952, celle qui aura exploré la versant népalais de l’Everest et littéralement ouvert la porte du sommet.

Raymond Lambert et Tensing Norgay reviendront à l’automne et ils tenteront un nouvel assaut mais le cœur n’y est plus vraiment après les accidents qui ont endeuillé cette expédition-là. Tensing reviendra un an après quasiment jour pour jour (le 29 mai 1953) et ce sera le triomphe, en compagnie d’Edmund Hillary. Quant à Raymond Lambert, il reviendra lui aussi dans l’Himalaya et il ira dans les Andes et encore un peu partout avant de se transformer en aviateur, spécialisé dans la haute montagne, bien sûr.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. G. Chevalley, R. Dittert, R. Lambert, Avant-premières à L'Everest, Paris, 1953, p. 178.