Raymond Guyot

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Raymond Guyot
Fonctions
Député
1937 - 1940
1945 - 1958
Sénateur
1959 - 1977
Gouvernement IIIe République-IVe République-Ve République
Groupe politique Groupe Communiste (Sénat)
Biographie
Date de naissance 17 novembre 1903
Date de décès 17 avril 1986
Résidence Seine
Aube
Seine
Paris

Raymond Guyot, né le 17 novembre 1903 à Auxerre (Yonne) et mort le 17 avril 1986 à Paris, est un homme politique français, dirigeant du parti communiste français.

Il a occupé d'importantes fonctions dans l'appareil communiste international et a été membre du Bureau politique du PCF de 1945 à 1972. Beau-frère de Lise Ricol et de son mari Artur London, il a également été élu député et sénateur.

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Le père de Raymond Guyot était charretier et mourut d'un accident du travail un an après sa naissance. Raymond et son frère sont élevés par leur mère et la famille de son grand-père maternel, petits cultivateurs. A seize ans, après son brevet élémentaire, il travaille au bureau de la voie du PLM à Tonnerre et adhère la même année au syndicat des cheminots et aux jeunesses socialistes. Licencié pour fait de grève, il trouve du travail à Troyes dans une maison d'alimentation. Après le Congrès de Tours, en 1921, il adhère aux jeunesses communistes, dont il devient un ardent militant utilisant parfois le pseudonyme de Trotski. Il se lance dans le travail antimilitariste clandestin pour lequel il est condamné en août 1923 à quinze jours de prison de "provocation de militaires à la désobéissance". Pendant son service militaire, il est condamné à soixante jours de prison dont quinze de cellule pour activité militante.

Après son service, il adhère au parti communiste et renonce à ses sympathies trotskistes pour se rallier à la ligne du Komintern. Fin 1925, remarqué pour son action dans l'Yonne et dans l'Aube, il est appelé à Paris et affecté au travail antimilitariste tout en occupant un emploi de comptable aux magasins du Louvre, où il crée un syndicat qu'il fait adhérer à la CGTU.

Responsable des Jeunesses communistes avant-guerre[modifier | modifier le code]

Il est élu membre du Comité central des Jeunesses en 1927, et il se rend à Moscou en 1928 pour le congrès de l'Internationale communiste des Jeunes (ICJ). Il devient membre du comité exécutif de l'ICJ et secrétaire de la Fédération nationale des JC, puis, en 1929, membre du Comité central du PC. Après la publication dans La Caserne d'un article " Accentuez l'action de classe " il disparaît de son domicile pour échapper à la justice qui le condamne par défaut à deux ans de prison (1930).

Entre 1928 et 1931, Raymond Guyot fait partie du "groupe de la jeunesse", aux côtés de Henri Barbé, Pierre Celor et Maurice Thorez. L'Internationale avait confié la direction du parti à ce groupe pour appliquer la politique "Classe contre classe". Lorsque l'Internationale change de politique, c'est lui qui est utilisé par son représentant Eugen Fried pour dénoncer le groupe fractionnel Barbé-Celor.

Pendant deux ans, Raymond Guyot reste dans la clandestinité, notamment à Villejuif, ce qui ne l'empêche pas de continuer à assumer ses responsabilités à la tête des Jeunesses Communistes. Il est finalement arrêté le 24 juin 1932 et fait un an de prison ferme. Une fois libéré, il joue toujours un rôle important dans les Jeunesses Communistes et dans l'appareil communiste international : membre titulaire du Comité exécutif de l'IC et secrétaire de l'ICJ en 1935. En avril 1936, Il se rend à Moscou prendre ses fonctions de secrétaire de l'ICJ. En 1937, il est élu député de Villejuif, en remplacement de Paul Vaillant-Couturier, décédé. Il alterne les séjours en France et en URSS. En 1934, Raymond avait épousé Fernande Ricol, fille d'un vieux révolutionnaire espagnol et dont la sœur épousera le communiste Tchèque Artur London, ancien des Brigades internationales.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, Raymond Guyot est en URSS au moment de la signature du Pacte germano-soviétique. Il rentre en France le 20 septembre. On ne sait pas très bien s'il était porteur de directives de Dimitrov en direction du parti français. Mobilisé en décembre, il vient sièger à la Chambre le 10 janvier 1940 et reste assis avec 3 de ses camarades (Fernand Grenier, André Mercier et Charles Michels) lors de l'hommage adressé aux armées françaises. Déchu de ses fonctions le 24 janvier, il déserte et rejoint Moscou en passant par la Belgique.

Raymond Guyot est ensuite envoyé en mission en France : Parti d'Arkangelsk en novembre 1941, bloqué un mois à Mourmansk, il arrive en Écosse en passant par l'Islande et il est enfin parachuté dans la région de Montpellier en compagnie de Daniel Georges, le frère de Pierre Georges, connu sous le nom de colonel Fabien et de Francine Fromond, militante de l'IC, formée pour être opératrice radio. Raymond Guyot et Francine Fromond gagnent Lyon, où Raymond Guyot sera un des principaux dirigeants du parti, pour la zone sud.

Après guerre[modifier | modifier le code]

À la Libération, il reprend ses responsabilités tant au Parti que dans la vie publique : membre titulaire du Bureau politique du PCF de juillet 1945 (Xe Congrès du PCF) jusqu'en décembre 1972 (XXe Congrès du PCF), il demeure membre du Comité central jusqu'en février 1985. 1er secrétaire de la Fédération parisienne de juin 1946 jusqu'en 1956, député de l'Aube le 21 octobre 1945, député du 3e secteur de Paris de 1946 à 1958, sénateur de 1959 à 1977. Dans les années 1951-52, il joue un rôle important dans les manifestations de rues assez dures à cette époque (manifestation contre Ridgway par exemple).

En plus de son courage physique et de son sens de l'organisation, Raymond Guyot se signale par sa fidélité au PCF. En 1952, il participe à l'éviction de Charles Tillon et André Marty, n'hésitant pas à dénoncer ce dernier comme policier. En janvier 1953, il demande aux médecins français proches du parti de s'associer à la condamnation des médecins soviétiques impliqués dans le complot des blouses blanches.

En revanche, Raymond Guyot est intervenu auprès de Maurice Thorez et des autorités tchèques pour faire libérer son beau-frère Artur London devenu après guerre membre du gouvernement communiste tchèque et mis en cause, en 1951 lors du procès de Prague contre Rudolf Slánský, Vladimír Clementis et douze autres coaccusés. London est libéré en 1955 et autorisé à partir en France en 1963.

En 1961, il participe au procès monté contre les "khrouchtcheviens français" Marcel Servin et Laurent Casanova, succédant à ce dernier comme représentant français au Conseil mondial de la paix.

En 1968, après l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques, Raymond Guyot est convoqué avec Gaston Plissonnier à l'ambassade de l'URSS dans la nuit du 20 au 21 août 1968 pour être avisés de l'événement. Dix ans plus tard, dans un article publié dans L'Humanité, Raymond Guyot écrit que « la plaie ouverte jusqu'au plus profond du mouvement communiste et ouvrier international, reste béante ».

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]