Ravageurs et maladies des rosiers

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Les rosiers, Rosa spp. et hybrides, peuvent être touchés par divers ravageurs, maladies et désordres. Un grand nombre des problèmes affectant les rosiers sont saisonniers et climatiques[1].

Tétranique tisserand, Tetranychus urticae, sur Gardenia spp.
Thrips Thysanoptera sp.
Cochenille australienne Icerya purchasi
Altise Aphthona flava

Certaines variétés de rosiers sont naturellement plus résistantes que d’autres à certains ravageurs ou maladies, voire immunes.

Les règles de culture des diverses espèces ou cultivars de rosiers, lorsqu’elles sont observées, facilitent souvent la prévention des ravageurs, maladies et désordres[2].

Ravageurs[modifier | modifier le code]

Arachnides[modifier | modifier le code]

Tétranyque tisserand (Araignée jaune) (Ordre des Acariens, famille des Tetranychidae) Tetranychus urticae
Ces arachnides préfèrent la face inférieure des feuilles et sont difficiles à voir à l’œil nu. La preuve de leur présence est la coloration argentée que prennent les feuilles là où ces ravageurs ont détruit des cellules. Un fin feutrage de fils ou des œufs à l’envers des feuilles sont d’autres signes qui confirment la présence de Tetranychus urticae.

Insectes[modifier | modifier le code]

Les ravageurs sont souvent considérés comme étant les insectes qui affectent les rosiers :

Aphides (Pucerons) (Ordre des Hemiptera 
famille des Aphididae) Macrosiphum rosae
Présents surtout sur les jeunes pousses et les bourgeons, les pucerons sont des insectes à corps mou de 1 à 2 mm de long. Souvent verts, plus rarement brun clair, et parfois ailés, ils peuvent couvrir complètement, sous forme de colonie, les pousses terminales en croissance de la plante. Les pucerons sont plus actifs au printemps et en été et se multiplient à une vitesse prodigieuse en se nourrissant de la sève des plantes en piquant les cellules végétales à l’aide de leur proboscis (trompe). En grand nombre, ils peuvent retarder sérieusement la croissance de la plante et ruiner les bourgeons. Ils sont particulièrement nuisibles pour les nouvelles pousses causant des dégâts aux feuilles émergentes qui sont malformées prenant l'aspect de celles touchées par la cloque du pêcher b[3].

Remède: la cocinelle. Elle mange 100 pucerons par jour.

Thrips du rosier (Ordre des Thysanoptera)
Les thrips sont de petits insectes minces et ailés de 1mm de long, ressemblant à de petits éclats de bois noirs. Affectionnant les floraisons de couleurs claires et apparaissant souvent en colonies nombreuses, ils laissent souvent les fleurs comme flétries et sans éclat[4].
Tordeuses (Ordre des Lepidoptera). Voir aussi Liste des Lépidoptères ravageurs des rosiers
La tordeuse (tortrix) Lozotaenia forsterana est l’un des principaux ravageurs des rosiers, bien qu’elle ne soit pas la seule. Les chenilles vertes mesurent jusqu’à 15 mm de long et peuvent se trouver forant des galeries dans les bourgeons ou à l’intérieur de feuilles enroulées. Lorsqu’elles sont dérangées, ces chenilles se déplacent rapidement, se laissant descendre au sol le long d’un fil. Les dégâts touchent les feuilles dévorées et les fleurs et bourgeons criblés de trous.
Charançons (Famille des Curculionidae)
Cochenilles (Ordre des Hemiptera)
Cochenille australienne (Ordre des Hemiptera 
famille des Coccoidea) Icerya purchasi
Cette cochenille infeste les rameaux et les branches. La femelle adulte, de forme ovale, est brun-rougeâtre avec des poils noirs et fait 5 mm de long. A maturité, l’insecte reste immobile et produit, par extrusion, une oothèque qui renferme des centaines d’œufs rouges. Cet insecte cause peu de dégâts mais produit un abondant miellat qui peut entraîner l’apparition d’une fumagine dommageable.
Pou de Californie (Ordre des Hemiptera 
famille des Coccoidea) Aonidiella aurantii
Cochenille dure, orange à rose-orangé, la femelle a moins de moins de 1,5 mm de long. Souvent en colonies nombreuses, cette cochenille infeste la face supérieure des feuilles provoquant leur jaunissement et leur chute et le dépérissement terminal des rameaux et des branches. Une infestation grave peut provoquer la mort de la plante.
Cochenille du rosier (Ordre des Hemiptera 
famille des Coccoidea) Aulacaspis rosae
On les trouve principalement sur les tiges et les branches de la plante, mais elles peuvent envahir aussi les pédoncules floraux et les pétioles des feuilles si on les laisse se répandre. À ce point, la plante risque de voir sa croissance retardée, de se rabougrir et couverte d'une croûte blanche et écailleuse de cochenilles sur l’écorce. La femelle d’Aulacaspis rosae peut vivre pendant une année et pondre 80 œufs à la fois, plusieurs générations vivant à quelques millimètres du parent initial[4].
Abeille coupeuse de feuilles (Ordre des Hymenoptera 
famille des Megachilidae) Megachile spp.
Les abeilles coupeuses de feuilles ont 6 à 16mm de long et sont presque noires avec des bandes de poils de couleur claire. Elles découpent des encoches de forme régulière, circulaire ou ovale, à partir du bord des feuilles. Les dégâts ne sont pas importants.
Altises (Ordre des Coleoptera 
famille des Chrysomelidae) Altica rosae
Ces Altica, petits coléoptères brillants, métalliques, ont d’épaisses pattes arrière adaptées au saut, à l’instar des puces. Ce sont des insectes de 3 mm de long qui forent des trous de forme irrégulière dans les jeunes feuilles et les bourgeons. Avec la croissance des feuilles, les trous s’élargissent.
Bupreste du rosier (Ordre des Coleoptera 
famille des Buprestidae) Coraebus rubi .
Ce Bupreste, petit coléoptère brun noir à reflets dorés de 10 mm de long vit également sur les ronces (Rubus spp.). L'adulte se nourrit des feuilles tandis que les larves creusent des galeries dans les racines entraînant le jaunissement du feuillage et l'affaiblissement, voire la mort, de la plante.
Galle due au cynips du rosier
Cynips du rosier (Ordre des Hymenoptera 
famille des Cynipidae) Rhodites rosae L.

Nématodes[modifier | modifier le code]

Nématodes (Ordre des Tylenchida 
famille des Heteroderidae)
Nématode de la nodosité des racines Meloidogyne spp.
Voir - Nématode de la nodosité des racines – Les symptômes d’une infestation par les Meloidogyne chez les rosiers sont le ralentissement de la croissance, le rabougrissement, les feuilles vert pâle, et le flétrissement par temps doux[2].

Maladies[modifier | modifier le code]

Les rosiers sont affectés par diverses maladies d’origine cryptogamique, bactérienne ou virale :

Maladies cryptogamiques[modifier | modifier le code]

Maladie des taches noires (Classe des Leotiomycetes 
famille des Helotiales) Marssonina rosae syn. Diplocarpon rosae
Le Marssonina rosae provoque l’apparition de taches noires sur les feuilles[4]. Ces taches, qui peuvent atteindre 12 mm de diamètre, sont généralement circulaires et ont des bords irréguliers souvent marqués d’un fin liseré jaune. Fréquemment, les feuilles atteintes jaunissent et tombent prématurément. Parfois de nouvelles feuilles sont produites, mais peuvent aussi être affectées par la maladie. Une défoliation continuelle peut provoquer un affaiblissement, le dépérissement terminal ou la mort de la plante. Certaines espèces très sensibles peuvent voir également les tiges affectées avec une réduction considérable de la vigueur de la plante.
Blanc du rosier Oidium sp.
L’oïdium produit un très fin revêtement poudreux blanc à la surface des bourgeons et des feuilles. Lors d’attaques importantes, les tiges, et particulièrement les aiguillons, sont également infectés. Les attaques sur les jeunes feuilles provoquent des déformations entraînant un retard de croissance. Les bourgeons infectés s’atrophient et avortent. La maladie est favorisée par un temps chaud et humide, les spores du champignon passant l’hiver sur les tiges et dans les feuilles mortes.
Mildiou (Classe des Oomycetes 
famille des Peronosporaceae) Peronospora sparsa
Le Peronospora provoque l’apparition de taches rouge pourpre à brun foncé aux bords irréguliers, souvent angulaires, sur les feuilles. les tiges, les pétioles et les pédoncules floraux peuvent se fendre et se couvrir de marques pourpres. Les bourgeons, les sépales et les pétales peuvent être affectés et présenter des taches pourpres. Les nouvelles pousses sont déformées. La maladie est répandue par le vent.
Rouille du rosier Phragmidium mucronatum
La rouille du rosier apparaît sous forme de petites taches jaunes à la face supérieure des feuilles, correspondant à des pustules orange de spores sur la face inférieure. Le champignon est répandu par le vent. Les feuilles affectées tombent avant les feuilles saines, ce qui peut entraîner une sérieuse défoliation en cas d’attaque importante.
Anthracnose Sphaceloma rosarum
Les taches provoquées par ce champignon prennent leur origine en des points où les feuilles sont imbibées d’eau ; elles passent en général inaperçues au début, jusqu’à ce qu’elles virent au noir avec un bord très nettement défini. Lorsque les taches s’élargissent, le centre devient gris et peut tomber, laissant apparaître un trou dans le limbe. La défoliation est possible mais n’est le plus souvent pas grave[3].
Pourriture grise (Classe des Leotiomycetes 
famille des Sclerotiniceae) Botrytis cinerea
Chez les rosiers, la pourriture grise est principalement une maladie des fleurs et des bourgeons, les feuilles étant moins souvent attaquées. Les bourgeons infectés pourrissent sur la tige et l’infection peut progresser vers le bas de la tige. Sur les pétales, botrytis cinerea forme des anneaux roses.
Verticilliose (Classe Incertae sedis 
famille des Verticillium) Verticillium dahliae
Fumagines Alternaria spp.
La fumagine apparaît sous la forme d’une poudre sèche, noire, évoquant la suie de cheminée. De nombreuses fumagines se développent sur le miellat secrété par des insectes piqueurs comme les pucerons et les cochenilles. L'Alternaria ne cause pas de dégâts directs à la plante mais en occultant la surface des feuilles, il peut réduire sa capacité de photosynthèse et peut donner un aspect peut satisfaisant à la plante[5].
Chancre Leptosphaeria coniothyrium et Cryptosporella umbrina
Les chancres se présentent sous la forme de petits points jaunâtres ou rougeâtres augmentant progressivement de taille sur l’écorce. Le Leptosphaeria coniothyrium devient marron, augmente en taille et peut à la fin engainer la tige. Le tissu touché par l’infection commence à se dessécher et à se contracter, présentant un aspect flétri. Si la maladie infecte seulement une partie de la tige, la croissance au-dessus du chancre peut se poursuivre. Si elle engaine totalement la tige, la croissance est arrêtée et la tige est condamnée[6].

Maladies virales[modifier | modifier le code]

Mosaïque du rosier
Cette maladie est provoquée par un complexe de virus et se caractérise par l’apparition de motifs jaunes sur les feuilles. Ces motifs varient considérablement, allant de toutes petites taches à des motifs en forme de lignes ondulées. Ils peuvent apparaître sur quelques feuilles, ou au contraire sur de nombreuses feuilles. Les plants sont infectées par ces virus lors de la propagation par l’emploi de matériel végétal infecté[4].
Flétrissure du rosier
La flétrissure du rosier est due à un complexe de virus. La maladie peut se transmettre par des vecteurs tels que les pucerons. Les symptômes sont variables et vont de retards de croissance à l'enroulement des jeunes feuilles enroulées. les symptômes de tissus mous sont plus visibles au printemps et les nouvelles feuilles s'enroulent vers leur propre pétiole. Les feuilles infectées sont fragilisées et tombent facilement. les feuilles adultes se flétrissent comme si la plante était en manque d'eau.

Maladies bactériennes[modifier | modifier le code]

Galle du collet Agrobacterium tumefaciens
Galle du collet (Classe Alpha Proteobacteria 
famille des Rhizobiaceae) Agrobacterium tumefaciens
Cette maladie se caractérise par large lumps à la base des tiges de la plante ou sur les racines. Des galles peuvent apparaître plus haut sur les tiges au fur et à mesure de la progression de la maladie. Les galles sont plus molles que les tissus de la plante environnants. La bactérie pathogène pénètre dans la plante par une blessure. Si la maladie touche la plante alors qu'elle est encore jeune, celle-ci peut être affecté au point de ne pas atteindre le stade de la floraison. Toutes les plantes touchées se flétrissent rapidement et leur croissance est fortement affectée[4].

Agressions environnementales[modifier | modifier le code]

Gelée blanche sur Rosa sp.
Gel
Le gel peut détruire les pousses tendres provoquant le flétrissement, puis le noircissement des tiges et des feuilles, qui peuvent se détacher de la plante. Une taille préventive pour stimuler la croissance après une menace de gel est un moyen de limiter ou d'éviter les dégâts dus au gel.
Salinité
La présence de sel se traduit chez les rosiers par des feuilles défraîchies brun clair au bords desséchés. Il peut être nécessaire d'analyser le sol pour déterminer le niveau de salinité. Les symptômes apparaissent si le taux de salinité excède 1200 parties par million[7].
Dégâts dus aux herbicides
Une pulvérisation excessive ou un lessivage du sol par des pulvérisations d'herbicides peuvent provoquer différents symptômes : une exposition prolongée à des pulvérisations de glyphosate provoque le jaunissement des feuilles, tandis que les nouvelles feuilles sont plus petites et allongées. Les herbicides à base d'hormones (par exemple 24-D & 245-T) peuvent provoquer des malformations des nouvelles pousses avec des feuilles fines et entortillées et des bourgeons déformés. Dans les cas les plus graves, les plantes peuvent périr. Les herbicides pré-émergents entrant en contact avec le système racinaire de la plante par le sol provoquent le jaunissement du feuillage. Les effets des herbicides présents dans le sol peuvent subsister de nombreuses années[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ross, D.,Rose-growing for Pleasure, Lothian Publishing, Melbourne, 1985, ISBN 0 85091 181 8 pp. 27
  2. a et b Botanica's Organic Gardening, Random House Publishing, Sydney, 2002, ISBN 1 74051 426 2
  3. a et b Ross, D.,Rose-growing for Pleasure, Lothian Publishing, Melbourne, 1985, ISBN 0 85091 181 8 pp. 28
  4. a, b, c, d et e McMaugh, J. What garden pest or diesase is that?, New Holland Publishing, Sydney, 2001
  5. Macoboy, S., Macoboys' Roses, Mallon, Melbourne, 1999, ISBN 1875696008
  6. Canker of Rose
  7. Ross, D.,Rose-growing for Pleasure, Lothian Publishing, Melbourne, 1985, ISBN 0 85091 181 8 pp. 26