Rattachement de la Savoie à la France (1792)

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La réunion de la Savoie à la République française fut décrétée le 27 novembre 1792, suite au rapport du député du Loir-et-Cher, l'abbé Henri Grégoire.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les troupes révolutionnaires françaises envahissent le duché de Savoie dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792, sans déclaration de guerre préalable. Celles-ci forment l'Armée des Alpes, menée par Anne Pierre de Montesquiou-Fézensac. L'avant-garde de cette armée est formée par la Légion des Allobroges[1], dont fait partie Joseph Marie Dessaix.

Le 27 novembre, l'abbé Grégoire à la Convention nationale lit son Rapport et discussion sur la question de l'incorporation de la Savoie à la France au cours duquel il demande à l'assemblée sa décision face au « vœu librement émis de la Savoie » d'incorporer la République française. Cette demande repose sur la demande faite par l'Assemblée nationale des Allobroges ou Assemblée des députés des Communes de la Savoie, lors d'une séance du 22 octobre 1792 à Chambéry[2],[3]. Le travail des membres de l'Assemblée, dont Philibert Simond, mène à l'incorporation du duché de Savoie à la France, ainsi que la proclamation de la fin de la monarchie et du système féodal[4]. Soumise au vote par assis et levé, seul le député de la Corrèze Pénières s'oppose à la proposition. Le décret est adopté.

Texte du décret[modifier | modifier le code]

Le préambule du décret du 27 novembre 1792 (réunion de la Savoie à la France) débute ainsi :

« La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses comités, et avoir reconnu que le vœu libre et universel du peuple souverain de la Savoie, émis dans les assemblées de communes, est de s'incorporer à la toute jeune République française proclamée alors le 21 septembre de la même année ; considérant que la nature, les rapports et les intérêts respectifs rendent cette réunion avantageuse aux deux peuples ; déclare qu'elle accepte la réunion proposée, et que dès ce moment la Savoie fait partie intégrante de la République française ».

L'article premier spécifie que « la Savoie formera provisoirement un quatre-vingt-quatrième département, sous le nom de département du Mont-Blanc ».

Commémoration[modifier | modifier le code]

À l'automne 1872, Jules Philippe est à l'origine de la venue de Léon Gambetta en Savoie pour les célébrations du 80e anniversaire de la première réunion de la Savoie à la France[5].

En 1892, la Savoie célèbre le Centenaire du rattachement avec la réalisation d'une statue, La Sasson. Le sculpteur est Alexandre Falguière (1831-1900)[6].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Sorrel, Histoire de la Savoie : images, récits, La Fontaine de Siloé,‎ 2006, 461 p. (ISBN 978-2-8420-6347-4), p. 270-271.
  2. Allobroges 1792, « Séance du 22 octobre 1792 », p. 4 à 6.
  3. Christian Sorrel et Corinne Townley, La Savoie, la France et la Révolution: repères et échos, 9782866770532,‎ 1989, 380 p. (ISBN 978-2-86677-053-2), p. 112.
  4. Louis Girod, Evian et le Chablais : au fil de l'histoire, Éditions Cabédita,‎ 1993, 249 p. (ISBN 978-2-88295-091-8), p. 171-173.
  5. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé,‎ 1999, 399 p. (ISBN 978-2-8420-6374-0), p. 25.
  6. Denis Varaschin (dir.), Aux sources de l'histoire de l'annexion de la Savoie, Peter Lang,‎ 2009, 625 p. (ISBN 9-05201-570-8), p. 46.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Dessaix, Histoire de la réunion de la Savoie à la France en 1792 : documents inédits recueillis et publiés, Imprimerie nationale,‎ 1857, 463 p.
  • [Allobroges 1792] Assemblée nationale des Allobroges, L'Assemblée nationale des Allobroges en 1792 : 21-27 oct. 1792, Imprimerie du Cercle social,‎ 1792, 91 p. (lire en ligne)