Rapport Lytton

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La commission Lytton à Shanghai (Victor Bulwer-Lytton est au centre avec un manteau clair).

Le rapport Lytton (リットン報告書, Ritton Hōkokusho?) est rédigé en décembre 1931 par la société des Nations dans le but de comprendre les causes de l'incident de Mukden qui avait mené à la conquête de la Mandchourie par l'empire du Japon.

La Commission[modifier | modifier le code]

La commission Lytton est menée par le Britannique Victor Bulwer-Lytton, second comte de Lytton (en), et composée de l'Américain Frank Ross McCoy (en), l'Allemand Heinrich Schnee, l'Italien Luigi Aldrovandi Marescotti (de), et le Français Henri Claudel[1]. Le groupe passe six semaines en Mandchourie au printemps 1932 pour une mission d'enquête, après avoir rencontré des membres du gouvernement de la république de Chine et du Japon. Le rapport rédigé par la commission avait pour but officieux d'aider à désamorcer l'hostilité croissante entre le Japon et la Chine et d'installer la paix et la sécurité en Extrême-Orient.

Le rapport Lytton[modifier | modifier le code]

La commission Lytton, qui enquête sur le point du chemin de fer de l'explosion.

Le rapport Lytton contient une description de la situation en Mandchourie avant septembre 1931, présentant les insatisfactions de l'administration chinoise et donnant du poids à diverses réclamations et plaintes japonaises. Cela est suivi d'un récit des événements en Mandchourie après le 18 septembre 1931 à partir de témoignages. Ce récit porte une attention particulière aux origines et au développement de l'état du Mandchoukouo, qui avait déjà été créé au moment de l'arrivée de la commission en Mandchourie. Il parle également de la question des intérêts économiques du Japon en Mandchourie et en Chine tout entière, et de la nature et des effets du boycott chinois anti-japonais. Les intérêts de l'Union soviétique dans la région sont également mentionnés. Finalement, la commission présente une étude des conditions selon lesquelles, pour elle, une solution satisfaisante serait trouvée, et fait plusieurs propositions et suggestions.

Le rapport n'étudie cependant pas assez l'un de ses buts principaux : les causes de l'incident de Mukden. Au lieu de cela, il ne donne qu'une simple présentation de la situation japonaise (dont les Chinois étaient responsables) sans commenter la légitimité des réclamations japonaises[2]. Bien qu'il n'y avait aucun doute sur la culpabilité du Japon pour les cinq membres de la commission[3], Henri Claudel (le délégué français) insista pour que le Japon ne soit pas représenté comme l'agresseur[4].

En dépit du soin apporté pour préserver l'impartialité entre les avis conflictuels de la Chine et du Japon, le rapport est considéré comme justifiant beaucoup le cas chinois dans de nombreuses questions fondamentales. La commission avait déclaré en particulier que les opérations de l'armée impériale japonaise faisant suite à l'incident de Mukden ne pouvaient être considérées comme un acte de légitime défense. Sur le cas du Mandchoukouo, la commission conclu que le nouvel état n'aurait jamais été formé sans la présence des troupes japonaises, qu'il n'avait aucun soutien chinois, et qu'il n'était pas issu d'un mouvement spontané d'indépendance.

Conséquences[modifier | modifier le code]

En septembre 1932, même avant l'annonce publique de la publication du rapport Lytton le 2 octobre 1932, le gouvernement japonais reconnait officiellement le gouvernement fantoche du Mandchoukouo. Lorsqu'en février 1933 le rapport est lu devant l'assemblée générale de la société des Nations et qu'une motion est votée condamnant le Japon pour son agression, la délégation japonaise menée par l'ambassadeur Yōsuke Matsuoka quitta la pièce. Le Japon se retire officiellement la société des Nations le 27 mars 1933.

Finalement, le rapport Lytton montre les faiblesses de la société des Nations et son incapacité à imposer ses décisions. La situation était particulièrement compliquée durant la durée de rédaction du rapport, pendant laquelle le Japon affermit son contrôle sur la Manchourie et se montre capable de rejeter la condamnation de la société sans impunité.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Five Wise Westerners Time Magazine 10 Oct 1932
  2. The Mukden Incident by Thomas Ferrell, Journal of Modern History March 1955 (see page 67),
  3. Memo from the US Ambassador in Japan to the US Secretary of State, 16 July 1932, Foreign Relations of the United States, Japan 1931-1941 (see pages 93-94),
  4. Myopic Grandeur by John E. Dreifort (see pages 80-83)
  • Walters, F. P. A History of The League of Nations. London, UK: Oxford University Press, 1960. pg 491-492

Liens externes[modifier | modifier le code]