Raphael von Koeber

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Raphael von Koeber

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Raphael von Koeber

Naissance 15 janvier 1848
Flag of Russia.svg Nijni Novgorod, Empire russe
Décès 14 juin 1923 (à 75 ans)
Flag of Japan.svg Yokohama, Empire du Japon
Nationalité Flag of Russia.svg Russe
Profession Professeur de philosophie, conseiller étranger au Japon
Formation

Raphael von Koeber (15 janvier 1848 - 14 juin 1923) est un professeur de philosophie russe d'origine allemande. Il fut notamment conseiller étranger au Japon pendant l'ère Meiji et enseigna à l'université impériale de Tokyo.

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Raphael von Koeber est né à Nijni Novgorod en Russie d'un père médecin allemand. Sa mère mourut lorsqu'il avait un an, et il fut élevé par sa grand-mère qui était la fille d'un prêtre qui fut le tuteur de la femme du Tsar Alexandre II. Elle lui enseigna le piano et eut une grande influence sur sa vie en général. De culture et de langue maternelle allemande, il eut des difficultés à l'école russe, qu'il finit par fréquenter irrégulièrement. À 19 ans, il entra dans une école de musique de Moscou, malgré l'opposition de son père, où il rencontra Tchaïkovski et Rubinstein. Le diplôme en poche à 24 ans, il décida de ne pas poursuivre une carrière dans la musique à cause de sa timidité et partit à Iéna en Allemagne pour étudier l'histoire naturelle, puis la philosophie en suivant les cours de Rudolf Christoph Eucken. Il obtint son doctorat à 30 ans, et enseigna l'histoire et l'esthétique de la musique à l'université de Berlin, de Heidelberg et de Munich.

Vie au Japon[modifier | modifier le code]

Koeber partit enseigner au Japon en juin 1893 (à 45 ans), sur les recommandations de son ami Karl Robert Eduard von Hartmann qui le rassura au sujet du long voyage en mer et des tremblements de terre. Koeber avait alors assez de maîtrise de l'anglais pour donner des conférences dans cette langue.

Il travailla à l'université impériale de Tokyo pendant 21 ans de 1893 à 1914. Il enseignait la philosophie, et en particulier la philosophie grecque, la philosophie médiévale et l'esthétique.

Koeber était alors connu pour être un peu excentrique. Il n'est jamais sorti de Tokyo pour aller autre part au Japon excepté une fois où il se rendit dans la ville voisine de Kamakura et sur l'île d'Enoshima. Il était indifférent à l'argent et aux beaux habits, et porta les mêmes vêtements d'hiver pendant 17 ans.

Parmi ses nombreux étudiants, l'on peut citer l'écrivain Natsume Sōseki et les philosophes Nishida Kitarō et Watsuji Tetsurō. Koeber enseigna également le piano à l'école nationale de musique de Tokyo (actuelle université des Arts de Tokyo). En 1901, il composa la musique pour l'inauguration de l'université pour femmes du Japon. En 1903, il fut pianiste dans le premier opéra du Japon.

Pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905), il refusa de rentrer dans son pays et le gouvernement japonais ne s'opposa pas à son choix.

En 1912, Koeber assista à un événement qui le choqua, le suicide de sa domestique originaire de Munich. Pendant l'été de la même année, Natsume Sōseki contacta Koeber, et écrivit de lui qu'il était un "professeur de noble caractère" dans un petit article intitulé Professeur Koeber (Koeber sensei).

Il prit sa retraite en 1914 et décida de rentrer à Munich. Cependant, juste avant de monter à bord du navire de retour dans le port de Yokohama, la Première Guerre mondiale commença. Privé de destination, il vécut dans une chambre du consulat de Russie à Yokohama pendant 9 ans jusqu'à sa mort en 1923. Il est enterré au cimetière Zōshigaya à Tokyo.

Sa collection de livres composée de 1 999 volumes et constituée principalement de classiques grecs et latins, et d'ouvrages de philosophie et d'histoire se trouve aujourd'hui dans la bibliothèque de l'université du Tōhoku.

Bibliographie[modifier | modifier le code]