Raphaël de Casabianca

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Raphaël de Casabianca
Image illustrative de l'article Raphaël de Casabianca

Naissance 27 novembre 1738
Vescovato (Corse)
Décès 28 novembre 1825 (à 87 ans)
Bastia (Corse)
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade Général de division
Années de service 1817
Distinctions comte de l'Empire
Grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Autres fonctions Sénateur

Raphaël de Casabianca est un général de division et sénateur français, né le 27 novembre 1738 à Vescovato (Corse) et mort le 28 novembre 1825 à Bastia.

Son frère est Luc-Julien-Joseph Casabianca.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'ancien régime[modifier | modifier le code]

Il nait le 27 novembre 1738 à Vescovato en Corse[1]. Élevé dans la haine des Gênois, et plaçant le bonheur de la Corse dans la réunion de cette île à la France, Casabianca concourut à la soumission de son pays en servant dans les troupes que Louis XV y avait envoyées[2].

Nommé en 1770 capitaine de grenadiers dans le régiment d'infanterie de Buttafuoco, levé pour servir en France, il vint à Paris ; mais les services qu'il avait déjà rendus auprès de ses compatriotes, décidèrent Louis XV à le renvoyer en Corse[2].

Il est fait capitaine au régiment Provincial-Corse, le 23 août 1772, il reçut en 1773 le brevet de major et fut chargé de plusieurs missions délicates par les gouverneurs de Narbonne et de Marbeuf, dont il justifia la confiance par sa conduite[2].

Il est promu, en 1777, lieutenant-colonel du régiment dans lequel il servait comme capitaine, il le commandait encore lorsque l'Assemblée constituante déclara la Corse partie intégrante du territoire français[1],[2].

La Révolution[modifier | modifier le code]

Envoyé à Paris, en 1790, pour remercier l'Assemblée au sujet de cette déclaration[1], il reçut, le 15 septembre 1791, le grade de colonel et le commandement de la 49e demi-brigade d'infanterie[2].

Envoyé à l'armée du Nord, commandée par le maréchal de Rochambeau, il conduisit l'aile droite des troupes de la division Biron aux attaques dirigées contre Mons, et combattit constamment à la tête du bataillon de campagne de son régiment. Son intelligence et sa bravoure lui valurent les éloges du général Biron, en présence de l'armée[2].

Forcé de suivre le mouvement de retraite qui s'opéra alors, Casabianca battit un corps de uhlans, le poursuivit dans Quiévrain, escalada les murs de cette ville, fit enfoncer les portes, et s'en empara ; mais les 8 000 hommes du corps de Biron, qui croyaient cette entreprise téméraire et impossible, admirent aisément la nouvelle de la défaite et de la mort de Casabianca, se prirent de panique, se débandèrent et se sauvèrent jusqu'à Valenciennes ; et, n'étant pas préparé à un siège, Casabianca dut abandonner la place qu'il avait si heureusement enlevée[2].

Le ministère le récompensa de ce fait d'armes, le 30 mai 1792[1], par le grade de maréchal de camp.

Envoyé à l'armée des Alpes aux ordres du marquis de Montesquiou, il fut placé à l'avant-garde, s'empara de la grotte de Pont-de-Beauvoisin, rejoignit le corps principal de l'armée à Chambéry, enleva Chatelart, perça dans la Tarentaise, prit position au pied du petit Saint-Bernard, chassa les Piémontais de la Maurienne et de la Savoie, et assura de la sorte la conquête de ces deux pays[2].

Il se rendit en Corse, où Paoli lui donna le commandement en second d'Ajaccio[2]. Dans la lutte d'influence que se livre les Bonaparte et Pozzo di Borgo, il soutient les premiers[3].

Embarqué pour la Sardaigne, que l'on voulait surprendre, il investit Cagliari ; mais l'insubordination, fomentée par une phalange, le contraignit de ramener ses troupes à Toulon. Lorsque la Convention décréta d'accusation Paoli, Saliceti le démit du commandement de la 43e division militaire qu'il confia à Casabianca[4]. Cependant, Paoli avait soulevé la Corse et y avait appelé les Anglais[2].

Enfermé dans Calvi, avec environ 2 000 hommes, il y soutint pendant trente-neuf jours[1], un siège entretenu par l'amiral Hood[5] et le général Stuart[6].

Début août, la citadelle étant en partie détruite par le feu continue des batteries anglaises, Casabianca accepte de capituler. La garnison n'est pas considérée comme prisonnière de guerre et les 1 250 survivants sont acheminés avec leurs armes à Toulon par la marine anglaise[6].

C'est devant le siège de Calvi qu'il avait été élevé, le 19 mars 1794, au grade de général de division. En 1796, il servit, sous Masséna, en Italie, puis sous le général en chef, Napoléon Bonaparte[7], qui le chargea d'une expédition vers la Corse.

Les Anglais ayant évacué l'île[8], il prit le commandement du département de Liamone, qu'il quitta bientôt pour celui de Gênes, où il parvint à apaiser les factions. Employé en 1798 à l'armée de Rome[1], commandée par Championnet, il repoussa vivement l'armée napolitaine, et s'empara de Coni le 6 décembre[2].

En 1799, après avoir fait la guerre avec Masséna à l'armée d'Helvétie[1], il fut envoyé dans l'Ouest. Il s'occupait à faire fortifier Saint-Brieuc, lorsque le premier Consul récompensa ses services, en le faisant nommer au Sénat conservateur parmi la première promotion, avec d'autres gloires de la Révolution[9].

L'Empire[modifier | modifier le code]

Sénateur sous l'Empire, il est chargé d’une enquête par Napoléon lorsque Charles Antoine Morand procède à une vingtaine d’arrestations à Ajaccio.[réf. nécessaire]

Il est fait membre de la Légion d'honneur le 11 vendémiaire de l'an XI, et grand officier de l'Ordre, le 26 prairial an XIII[10]. Il est titulaire de la sénatorerie d'Ajaccio[11]. L'Empereur l'éleva à la dignité de comte en 1808[12]. Il fait partie du cercle de la mère de l'Empereur[13].

Lors des événements de 1814, il adhéra à l'acte de déchéance formulé par le Sénat conservateur[1], et reçut de Louis XVIII la pairie, le 14 juin[1], et la croix de Saint-Louis, le 21 décembre[1].

La Restauration[modifier | modifier le code]

Napoléon, à son retour, le conserva à la Chambre des pairs, d'où l'élimina Louis XVIII[14].

Mis à la retraite le 1er septembre 1817[1], et réintégré dans sa dignité de pair, le 21 novembre 1819, il mourut le 28 novembre 1825[1].

États de service[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason fam fr Casabianca 1.svg
Armes des Casabianca Page d'aide sur l'homonymie

Parti : au 1, de gueules, à une tour sommée à senestre d'une guérite et adextrée d'un cyprès, le tout d'argent ; au 2, d'or, à un arbre de sinople, sommé d'une colombe d'argent.[19]

Blason fam fr Casabianca 2.svg
Ou 
« Parti: au 2, » au lieu de : « d'or à un arbre de sinople etc.., » lisez : d'or à un arbre arraché de sinople, sommé d'une colombe d'argent tenant en son bec une banderole sur laquelle est écrit : « In bello leones, in pace columbae[19]. »
Orn ext comte sénateur de l'Empire GOLH.svg
Blason Raphaël de Casabianca (1738-1825) 2.svg
Armes du comte Casabianca et de l'Empire
Lettres patentes du 26 avril 1808 (Bayonne
Premier : quartier du Sénat ; deuxième & troisième, quartier de gueules chargés d'une tour surmontée d'une guérite, d'argent, ayant à dextre un cyprès de sable, lampassé d'argent ; quatrième, quartier de gueules chargé de trois poignées d'argent, placées deux et une.[17],[16]
Lettres patentes du 5 octobre 1808 (Erfurt
Écartelé ; au premier, quartier des comtes sénateurs ; au deuxième de gueules à la tour d'argent crénelée de cinq pièces sommées à sénestre d'une guérité d'argent et adextréde d'un cyprès d'or ; au troisième de gueules au pin d'or, sommé d'une colombe d'argent ; au quatrième d'azur, au badelaire d'argent poigné et virolé d'or.[17],[16]
Orn ext Comte (baron-pair) GOLH.svg
Blason Raphaël de Casabianca (1738-1825) pair de France.svg
Armes du comte « de » Casabianca, pair de France

Parti ; au 1er, de gueules à la tour d'argent, crénelée de cinq pièces, sommée à senestre d'une guérite d'argent et adextrée d'un cyprès d'or ; au 2e, d'or au pin au naturel, sommé d'une colombe d'argent.[16]

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Jean Tulard (dir.), Dictionnaire Napoléon, vol. I-Z, Fayard,‎ octobre 1999 (ISBN 2-213-60485-1), p. 74-75
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k « Raphaël de Casabianca », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition] [1]
  3. Jean Tulard, Napoléon, Fayard,‎ 1999 (ISBN 2-213-01813[à vérifier : isbn invalide]), p. 55
  4. Antonello Pietromarchi, Lucien Bonaparte : le frère insoumis, Perrin,‎ 2004 (ISBN 2-262-02207-0), p. 21
  5. Dont le représentant sur place est Horatio Nelson qui perd un œil au cours du siège
  6. a et b Georges Fleury, Nelson : Le héros absolu, Flammarion,‎ janvier 2004 (ISBN 2-08-068090-0), p. 210-228
  7. Frédéric Hulot, Le Maréchal Masséna, Pygmalion,‎ janvier 2005 (ISBN 2-85704-973-0), p. 335 (Annexe III)
  8. Jean Tulard (dir.), op. cit., p. 562
  9. Thierry Lentz, Le grand Consulat : 1799-1804, Fayard,‎ novembre 1999 (ISBN 2-213-60498-3), p. 126
  10. « Notice no LH/439/40 », base Léonore, ministère français de la Culture
  11. Thierry Lentz, « Le Sénat de Napoléon : de la complicité à la "trahison" », Napoléon Ier : Le magazine du Consulat et de l'Empire, no 15,‎ juillet-août 2002, p. 44-49 (ISSN 1298-6380)
  12. Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d'Empire, Tallandier,‎ avril 2001 (ISBN 2-235-02302-9), p. 190
  13. Michel Lacour-Gayet, Joachim et Caroline Murat, Perrin,‎ septembre 1996 (ISBN 2-262-01199-0), p. 147
  14. Georges Six, Les généraux de la Révolution et de l'Empire : Étude, Bernard Giovanangeli Éditeur,‎ 2002 (ISBN 2-909034-29-1), p. 270
  15. a et b François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 septembre 2005 (consulté le 18 juin 2011)
  16. a, b, c, d, e, f, g et h « Tout sur l'héraldique : dessin de blasons et d'armoiries », Noblesse impériale, sur toutsurlheraldique.blogspot.com (consulté le 24 juin 2011)
  17. a, b, c, d et e « Registres de [[lettres patentes]] de collation de titres et d'armoiries et armorial. », 1808-1815., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011)
  18. A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur, biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre,‎ 1842 [détail de l’édition] (notice BnF no FRBNF37273876)
  19. a et b Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887

Articles connexes[modifier | modifier le code]