Raphaël Imbert

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour les personnes ayant le même patronyme, voir Imbert.

Raphaël Imbert

Description de cette image, également commentée ci-après

En 2009, à Entrevennes.

Informations générales
Naissance 2 juin 1974 (40 ans)
Thiais
Genre musical Jazz
Instruments Saxophone
Années actives Depuis 1996
Labels Jazz Village,
Zig-Zag Territoires
Influences Duke Ellington,
Albert Ayler,
John Coltrane
Site officiel http://www.raphaelimbert.com

Raphaël Imbert est un saxophoniste de jazz, chef d'orchestre, compositeur, et professeur de musique français. Il est fondateur et directeur artistique de la Compagnie Nine Spirit.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raphaël Imbert est né à Thiais le 2 juin 1974. Il apprend à jouer du saxophone à l'âge de quinze ans en autodidacte, puis entre au conservatoire de Marseille dans la classe de jazz de Philippe Renault. Il y obtient le Premier prix de Conservatoire en 1995 avec Jean-Jacques Elangué. Il fut lui-même assistant professeur dans la classe de jazz du conservatoire de Marseille de 2003 à 2006.

En 1996 il fonde les groupes Hemlé Orchestra et Atsas-Imbert Consort (Émile Atsas (guitare), Vincent Lafont (piano), et Jean-Luc Di Fraya (percussions)), avec lesquels il se produit notamment sur les scènes de Jazz à Vienne, Nice Jazz Festival, et la Fiesta des Suds à Marseille.

Il crée à Marseille en 2002 avec des musiciens, sociologues, journalistes, mélomanes, le Collectif l’Enclencheur, à la vie éphémère, qui défend un projet de réflexion intégrant la pratique du jazz dans une vision de la société plus globale.

En 2003, il est lauréat du programme «La Villa Médicis Hors les Murs »[1] pour son travail de recherche sur la musique sacrée dans le jazz, réalisé pendant six mois à New York. Dès lors, ce séjour devient l'élément fondateur des compositions de Raphaël Imbert[2].

Raphaël Imbert développe un projet pédagogique qu’il met en pratique au conservatoire de Marseille depuis 2003, ainsi que dans de nombreux séminaires, tels que le festival Jazz à Cluny et la formation des arts de la rue de la Fai’art. Il propose en classe de maître une méthode d'improvisation pour ensembles de musique de chambre.

Suite au projet Bach – Coltrane avec le Quatuor Manfred et André Rossi, il collabore régulièrement avec de nombreux musiciens classiques : Chiara Banchini, Johan Farjot, Arnaud Thorette, Karol Beffa, Jean-Guihen Queyras, Pierre-Olivier Queyras, Geneviève Laurenceau...

Il est membre du Conseil d’administration de l’Orchestre national de jazz de septembre 2004 à septembre 2007 et remporte avec son groupe Newtopia Project le grand prix d'orchestre ainsi que le deuxième prix de soliste du 28e Concours national de jazz de la Défense en juin 2005.

Il a composé pour le cinéma et la télévision pour les projets de Philippe Carrese et Isabelle Boni-Claverie.

Le projet OMax at Lomax[modifier | modifier le code]

En 2010 Raphaël Imbert devient membre du groupe de recherche « Improtech »[3], qui étudie le rapport entre improvisation et nouvelles technologies, pour le compte de l'Agence nationale de la recherche. Le projet de Raphaël Imbert, Omax at Lomax, est une mission de recherche aux États-Unis sur le terrain des racines musicales traditionnelles, des savoirs musicaux relevant de l'oralité, et leur lien avec l'improvisation et les nouvelles technologies. OMax est le nom d'un logiciel mis au point à l'IRCAM, qui analyse en temps réel le jeu d'un musicien, ses articulations mélodiques et sonores, qui en construit un « modèle », et restitue en retour ses propres improvisations[4]. Lomax fait référence à Alan Lomax, un célèbre ethnomusicologue spécialiste des musiques traditionnelles américaines.

Ce projet permet à Raphaël Imbert de rencontrer lors de plusieurs voyages dans le sud des États-Unis en 2010 et 2011 des musiciens locaux détenteurs de racines musicales profondes, de les interroger, de jouer et d'improviser avec eux, lors de rencontres artistiques inédites.

La Compagnie Nine Spirit[modifier | modifier le code]

Raphaël Imbert se produit au sein de plusieurs formations qu'il a fondées au sein de la Compagnie Nine Spirit, ainsi qu'avec de nombreux musiciens en France et sur la scène internationale.

Conçue en 2000 comme une « plateforme entre les traditions orales de l'improvisation et l'écriture musicale »[5], la Compagnie Nine Spirit est à l'initiative de plusieurs projets qui révèlent une recherche avancée sur le spirituel dans la musique afro-américaine, la narration comme élément de composition musicale, le patrimoine musical et la création. Elle se définit comme un dispositif de création et de recherche musicales au service d'une œuvre dans laquelle la composition, l'improvisation, la narration et la littérature se trouvent mêlées.

En 2012 les artistes membres de la Compagnie sont Carine Bonnefoy (piano), Christophe Leloil (trompette), Émile Atsas (guitare), Jean-Luc Di Fraya (percussions), Marion Rampal (chant), Pierre Fénichel (contrebasse), Simon Tailleu (contrebasse), Thomas Savy (saxophone), Simon Sieger (piano et trombone), Thomas Weirich (guitare), et André Rossi (orgue).

Des artistes invités travaillent à ce projet, parmi lesquels Gerald Cleaver, Joe Martin, Paul Elwood, Yaron Herman, Sarah Quintana ou Zim Ngqawana.

La Compagnie Nine Spirit forme plusieurs ensembles :

Nine Spirit[modifier | modifier le code]

La première œuvre du Nine Spirit, Les Musiques sacrées de Duke Ellington, est jouée avec des narrations extraites de l'œuvre de Théodore Monod. D'autres compositions s'intéressent aux musiques sacrées de Sun Ra, John Coltrane, Albert Ayler, et Pharoah Sanders. Le Nine Spirit a également présenté des spectacles sur Théodore Monod, Amadou Hampâté Bâ, Martin Luther King.

  • Raphaël Imbert (saxophones, direction),
  • Thomas Savy (saxophones, clarinettes),
  • Christophe Leloil (trompette),
  • Émile Atsas (guitare),
  • Isabelle Fruleux (narration),
  • Carine Bonnefoy (piano),
  • Hubert Rousselet (contrebasse),
  • Jean-Luc Di Fraya (percussions, chant),
  • Mourad Benhammou (batterie).

Sixtine Group[modifier | modifier le code]

Le Sixtine Group explore les éléments mélodiques, entre culture classique, références argentines et américaines, et dialogues improvisés.

  • Raphaël Imbert (saxophones, direction),
  • Christophe Leloil (trompette),
  • Jean-Marc Fabiano (accordéon),
  • Stephan Carraci (vibraphone),
  • Marion Rampal (chant),
  • Jean-Luc Di Fraya (percussions, chant),
  • Simon Tailleu (contrebasse),
  • Cédrick Bec (batterie).

Brotherhood Consort[modifier | modifier le code]

Cette formation qui associe un quartet de jazz à un quatuor classique a montré dans l'œuvre Bach – Coltrane les parentés spirituelles et musicales entre les deux compositeurs, en suivant notamment la trame de la liturgie luthérienne, présente aussi bien dans le cantor que dans les negro spirituals et les thèmes écrits par Coltrane. En 2011 est présenté son nouveau travail, Mozart Ellington, qui fera l'objet de l'album Heavens - Amadeus & the Duke publié en 2013 sur le label Jazz Village.

  • Raphaël Imbert (saxophones, direction),
  • André Rossi (orgue),
  • Jean-Luc Di Fraya (percussions, chant),
  • Michel Peres ou Pierre Fénichel (contrebasse),
  • Le Quatuor Manfred (Marie Béreau : violon, Luigi Vecchioni : violon, Emmanuel Haratyk : alto, Christian Wolf : violoncelle).

Newtopia Project[modifier | modifier le code]

Newtopia Project, Jazz in Marciac, 2005
  • Raphaël Imbert (saxophones, direction),
  • Yaron Herman (piano),
  • Zim Ngqawana (saxophone),
  • Stephan Caracci (vibraphone),
  • Simon Tailleu (contrebasse),
  • Cédrick Bec (batterie).

Le Mediterranean Charlie Orchestra[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de l'évènement Marseille-Provence 2013 au titre de capitale européenne de la culture, le Mediterranean Charlie Orchestra rassemble les jazzmen confirmés de la compagnie Nine Spirit et l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée[6], un orchestre de chambre de 24 musiciens issus des conservatoires de Provence-Alpes-Côte d'Azur et d’une dizaine de pays du bassin méditerranéen. Cette création est présentée en coproduction lors de la soirée d'ouverture du Charlie Jazz Festival 2013 à Vitrolles (Bouches-du-Rhône)[7].

  • Raphaël Imbert (saxophones, direction artistique),
  • Johan Farjot (direction musicale, Fender Rhodes),
  • Majid Bekkas (chant, guembri, oud)),
  • Marion Rampal (chant),
  • Thomas Weirich (guitare),
  • Simon Sieger (trombone, claviers),
  • Simon Tailleu (contrebasse),
  • Jean-Luc Di Fraya (percussions, chant),
  • Orchestre des Jeunes de la Méditerranée.

Recherches[modifier | modifier le code]

Raphaël Imbert mène parallèlement à ses activités artistiques des recherches sur la musique, plus particulièrement sur le spirituel dans le jazz. Il étudie l’anthropologie à l’EHESS sous la direction de Jean Jamin. C’est dans ce cadre qu’il intègre le projet « Improtech »[3] et le Laboratoire d'anthropologie et d'histoire de l'institution de la culture (LAHIC), pour lesquels il effectue une mission de recherche dans le sud des États-Unis depuis 2011. Il publie de nombreux articles, dont « Jazz en vies : De l'exemplarité du fait spirituel et maçonnique chez les musiciens de jazz » pour la revue française d’anthropologie L’Homme, sur l’un de ses domaines de prédilection, le fait maçonnique chez les musiciens de jazz afro-américains[8]. Il étudie également le rôle de l’oralité dans la transmission de l’improvisation en musique[9].

Discographie[modifier | modifier le code]

En tant que leader ou coleader[modifier | modifier le code]

En tant que sideman[modifier | modifier le code]

Avec Christophe Leloil
  • 2008 : E.C.H.O.E.S. (AJMISéries)
Avec Ensemble Contraste
  • 2009 : Café 1930, tangos (Zig-Zag Territoires)
  • 2011 : Songs (Naïve)
  • 2013 : Miroir(s) (Naïve)
Avec Archie Shepp
  • 2013 : I Hear The Sound - Attica Blues Orchestra Live (Archieball)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Manifeste pour le projet. », Jazzman, mai 2004
  • « John Zorn, un bol d'air pour Marciac », Libération, août 2005
  • « Du spirituel dans la musique et dans le jazz en particulier », Mouvement no 47, avril-juin 2008) : 62-64.
  • Participation à John Coltrane, 80 musiciens témoignent, sous la direction de Franck Médioni, ed. Actes Sud, 2008 (ISBN 2-7427-6926-9)
  • « John Coltrane, mystique solitaire », Cahiers du Jazz, no 6, 2009
  • « Albert Ayler, prophète du saisissement », in. Albert Ayler, témoignages sur un Holy Ghost, sous la direction de Franck Médioni, ed. Le Mot et le Reste, 2009
  • « Jazz et Franc-Maçonnerie, une affaire d'initiés », Jazz Magazine no 589, février 2008[10]
  • « Cab Calloway, un initié du Jazz », avec Jean-François Pitet, Initiations Magazine, no 28, juin/juillet 2009 (ISBN 176-8-4633-0002-8)
  • « Transmettre l'intransmissible », Mouvement, 21 octobre 2009[9]
  • (en) « The Father, the Son and the Holy Ghost. The Avant-Garde Trinity of Coltrane, Sanders, and Ayler », conférence au symposium Sound in/as Religion, XXe Congrès mondial de l’AIHR (Association Internationale pour l’Histoire des Religions) à Toronto au Canada, 17 août 2010
  • « De l’exemplarité du fait spirituel et maçonnique chez les musiciens de jazz », L'Homme. Revue française d'anthropologie, no 200, octobre 2011[8]
  • Raphaël Imbert, Jazz suprême, initiés, mystiques et prophètes, Éditions de l'Éclat, coll. « Philosophie imaginaire »,‎ 2014, 320 p. (ISBN 978-2-84162-344-0)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Villa Médicis Hors les Murs : Ce programme d'études et de recherche est cofinancé par l’AFAA et le Ministère des Affaires étrangères. [1].
  2. Écouter à ce sujet l'interview de Raphaël Imbert sur le site de Radio Grenouille (écoute en ligne au format Mp3, durée 30')
  3. a et b Improtech est financé par l'Agence nationale de la recherche, en partenariat avec le CNRS, l’EHESS, l’IRCAM, l’ENS et le Laboratoire d'anthropologie et d'histoire de l'institution de la culture (Lahic).
  4. Gérard Assayag, « page consacrée à OMax », sur etincelle.ircam.fr, le journal de la création à l'Ircam (consulté le 22 octobre 2013).
  5. Raphaël Imbert, sur son Myspace
  6. Mediterranean Charlie Orchestra sur le site de l'Orchestre des jeunes de la Méditerranée
  7. Laurent Dussutour, « Orchestral manœuvres in the jazz », sur www.journalventilo.fr, Ventilo,‎ 20 mars 2013 (consulté le 21 mars 2013).
  8. a et b Raphaël Imbert, « De l’exemplarité du fait spirituel et maçonnique chez les musiciens de jazz », L'Homme. Revue française d'anthropologie, no 200,‎ 4e trimestre 2011 (lire en ligne).
  9. a et b Raphaël Imbert, « Transmettre l'intransmissible », Mouvement,‎ 21 octobre 2009 (lire en ligne).
  10. Raphaël Imbert, « Jazz et Franc-Maçonnerie, une affaire d'initiés », Jazz Magazine, no 589,‎ février 2008 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]