Rap français

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Rap

Origines stylistiques Funk
Disco
Origines culturelles Années 1970 Drapeau des États-Unis États-Unis
Instruments typiques Électrophone
Chant
Popularité Internationale

Le rap français est un courant musical français qui a vu le jour en France au milieu des années 80 et s'est popularisé dans la décennie suivante avec l'éclosion de groupes de rap comme IAM, Suprême NTM , ou encore BHT . Tout en restant continuellement inspiré par les rappeurs d'outre-Atlantique, le rap français élabore progressivement sa propre personnalité, oscillant entre revendications sociopolitiques, messages positifs ou festifs et tentation commerciale. Il est généralement admis que le rap fait partie du mouvement culturel plus général dit hip-hop.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine du mot rap provient du verbe anglais « to rap » qui signifie « bavarder sur un fond rythmique » dans l'argot noir américain[1].

Il est généralement admis que le rap fait partie du mouvement culturel plus général dit hip-hop qui recouvre la danse (appelée break dance), la peinture (le graffiti) et enfin la chanson (le rap)[2]. Pour cette raison le rap est parfois dénommé « musique hip-hop[3]. »

Historique[modifier | modifier le code]

Années 1980 : l'émergence du rap français dans les médias[modifier | modifier le code]

L'apparition du rap en France remonte à la diffusion de Rapper's Delight, premier titre rap de renommée mondiale sorti en septembre 1979 par le groupe américain Sugarhill Gang. Cependant, si aux États-Unis le rap était avant tout une pratique urbaine qui s'est ensuite diffusée dans les médias, le cheminement a été inverse en France : selon l'universitaire Sébastien Barrio, le rap « s’est d’abord infiltré dans les médias pour ensuite se répandre dans les banlieues et les quartiers défavorisés, bref dans la rue[4]. »

La diffusion médiatique du rap en France s'appuie d'abord sur Radio Nova, radio pirate créée en 1981 et spécialisée dans les musiques nouvelles et expérimentales. Radio Nova consacre ainsi une émission entière sur le rap (« Deenastyle ») animée par celui qui sera reconnu plus tard comme le parrain du rap français, Dee Nasty[5].

En 1982, les émissions consacrées au rap se multiplient, et en 1984 la chaîne TF1 diffuse à son tour une émission nommée H.I.P. H.O.P. sur cette nouvelle culture musicale. L'émission, animée par l'animateur Sydney, est cependant arrêtée l'année suivante et le rap est alors considéré comme un phénomène de mode sur le déclin[6]. Le courant rap est toutefois relancé dès 1987 avec la percée d'artistes comme Assassin, N.T.M. ou encore MC Solaar qui réalisent leurs premières improvisations musicales et verbales en direct (dites « freestyles ») dans l'émission de Dee Nasty[7].

Années 1990 : médiatisation et succès du rap français[modifier | modifier le code]

Le début des années 1990 est riche pour le rap français avec la sortie d'une dizaine d'albums francophones dont les artistes se réclament explicitement du rap. L'artiste le plus connu est alors MC Solaar, « qui par son style frais et nouveau, basé sur la poésie, contribua à crédibiliser et à populariser le rap en France, aussi bien au niveau du public que des médias[8]. » Son album Qui sème le vent récolte le tempo commercialisé en 1990 est un succès vendu à plus de 400 000 exemplaires. D'autres artistes connaîtront également un véritable succès (NTM, IAM, Lunatic, Fonky Family, Ideal J ou un peu plus tard Rohff) ou accèderont à une notoriété plus relative (Sens Unik, Ministère AMER, Little MC, Timide et Sans Complexe, Saliha, Destroy Man, Lionel D, Bouducon Production)[9].

La médiatisation du rap se poursuit également avec l'émission « Rapline » créée en 1990 et présentée par Olivier Cachin, qui aborde l'actualité rap américaine et française ; l'émission participera à l'émergence de nombreux artistes et restera à l'antenne durant trois ans et demi[10].

La profusion d'artistes et d'albums (l'universitaire Karim Hammou recense ainsi pas moins de 450 albums de rap interprétés en français et distribués sur le territoire français de 1990 à 2004[11]) témoigne non seulement de la diversité du rap français, mais aussi d'une appréciation diverse des artistes sur leurs créations respectives. L'universitaire Laurent Béru relate ainsi qu'une scission se crée entre les différents artistes dès leurs premiers succès discographiques des années 1990 entre ceux qui diffusent un discours positif d'espérance, et ceux qui rejettent le « consensus conformiste » et propagent des appels à la révolte (ne serait-ce qu'intellectuelle)[12], ces derniers pouvant généralement être rattachés au courant dit « hardcore[13] ». Cette distinction persiste encore de nos jours[14].

Années 2000 : Nouvelle vague du rap français[modifier | modifier le code]

Psy 4 de la Rime - 113 - Rohff - Kamelancien - Mafia K'1 Fry - Despo Rutti - Kery James - Shampayne - Scred connexion - Sinik - Diam's - La caution - Sefyu - La Fouine - Alkpote - Youssoupha - Booba - Sexion d'Assaut - Orelsan - Médine - Mysa - Sniper - Mister you - Guizmo - Demon One - lim - Hayce Lemsi - Lacrim

Années 2010[modifier | modifier le code]

[réf. nécessaire]Vers la fin des années 2000 et au début des années 2010, le rap continue à évoluer, se dirigeant vers le rap Hardcore/rap de banlieue et le rap conscient . Dans le premier, on trouve des artistes comme Rohff, Booba, Soprano, Sefyu, Mac Tyer, Alibi Montana ou encore La Fouine. Dans l'autre, on peut citer des artistes comme Kery James, Medine, Bakar, Keny Arkana ou Youssoupha, qui préfèrent aborder des thèmes politiques, d'amour, ou plus universels comme la misère, les difficultés rencontrées dans la vie.

On peut aussi noter l’émergence de nouveaux rappeurs comme Orelsan, Zbatata, 1995, Guizmo, Joke, Sultan, Deen Burbigo, Nemir,ou encore Niro, Kaaris, Hayce Lemsi lors des exercices 2010 à 2013

Les différents styles du rap français[modifier | modifier le code]

Même s'il est fréquent que les artistes évoluent d'un « genre » à l'autre (en général dans le sens d'un apaisement du propos), voire mélangent les « styles » au sein d'un même album, y dévoilant une certaine richesse et hétérogénéité, dès le début des années 1990, on peut distinguer quelques "constantes" dans le rap français. Toutefois, on ne saurait réduire un artiste à ces constantes qui ne sont que des lignes directrices. De nombreux rappeurs ont fait fi de ces schémas et ont tenté d'explorer leur propre chemin.

Rap politique (aussi appelé rap conscient)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rap politique.

Chronique de la vie sociale et porteur d'un message quel qu'il soit, cet aspect du mouvement tend à dénoncer ce que ses interprètes perçoivent comme des injustices tout en responsabilisant son public. Se considérant comme des porte-voix des groupes socio-culturels dont ils sont issus, ils s'adressent à tous. Ces artistes abordent des thèmes pouvant être très vastes (oppression, écologie, injustice, racisme, immigration, extrême droite, problèmes d'identité) se rapprochant par là de la devise aux sources du Hip-Hop : Peace, Love, Unity and Having Fun. Les rappeurs de ce style sont Assassin et un de ses rappeurs : TyranTyran (Area 51) rappeur clermont-ferrand, Rockin' Squat, Kabal, Alien K., Medine, Empathik, NTM, V-laskes,Youssoupha Kery James, Fabe, Matt Moerdock, Sniper, Rohff … Il ne faut pas sous-estimer l'importance de certains rappeurs dans l'évolution de la société française au sujet de certains sujets sensibles. Pendant les émeutes de banlieue en 2005, Axiom écrit (après Boris Vian et Renaud) "Ma lettre au Président" dont l’accompagnement est samplé sur La Marseillaise. Il s’en prend alors à Sarkozy et la classe dirigeante en général et reprend un thème : l’appel à une 6e République. Les réactions ne tardent pas : en trois semaines, il reçoit des lettres venues du monde entier et finalement, une réponse du président de l'époque Jacques Chirac. Il est alors considéré comme un porte-parole des quartiers populaires, considération qu'il refuse.

Les rappeurs comme Despo Rutti ou Mac Tyer abordent aussi des tabous, comme le passé esclavagiste et/ou colonisateur de la France.

Les rappeurs "conscients" se voient avant tout comme des journalistes des banlieues, estimant que les médias donnent un aperçu très partiel de leurs quartiers. Déjà, IAM dénonçait dans "Petit Frère" :

Les journalistes font des modes, la violence à l'école existait déjà / De mon temps, les rackets, les bastons, les dégâts/ Les coups de batte dans les pare-brises des tires des instituteurs/ Embrouilles à coups de cutter/ Mais à en parler au journal tous les soirs ça devient banal/ Ça s'imprime dans la rétine comme situation normale…

Le rap conscient essaie de rétablir une vérité loin des clichés sur les banlieues, essayant ainsi de redonner des repères universels aux jeunes en général et aux jeunes des quartiers sensibles en particulier. Alors qu'il tournait en rond au cours des années 1990, Lunatic révolutionna le genre en apportant une touche consciente au rap de rue principalement avec l'album Mauvais Œil chose déjà amorcée au milieu des années 1990 avec l'explosion d'Ideal J dont faisait partie Kery James.

Plus récemment, l'émergence d'artistes comme Keny Arkana ou Medine a redoré le blason d'un style dont la finalité s'est quelque peu perdue à l'avantage d'un style plus egotrip et un peu moins porteur d'espoir.

Rap hardcore[modifier | modifier le code]

Plus cru au niveau des textes qui évoquent le vécu des artistes ou le rejet des valeurs établies, le rap hardcore est assez peu présent dans les grandes maisons de disques et se développe plutôt dans des studios indépendants permettant d'éviter le formatage du circuit des maisons de disques. Très critique et revendicatif, il rejette le système social et économique avec parfois des propos violents et explicites.

Particulièrement agressif vis-à-vis de la police et de certaines institutions, le rap hardcore a connu une évolution. Alors qu'il ne se ressentait que dans le fond et dans le flow au départ avec des artistes comme Ministère A.M.E.R., Tout simplement noir ou NTM , il a connu une évolution avec l'arrivée de groupes comme La Cliqua, Lunatic, Ärsenik, 113, Ideal J, Mafia k'1 fry etc.

En France, le rap hardcore prend de l'ampleur avec le groupe Suprême NTM dans les années 1980. Certains[Qui ?] affirment que JoeyStarr et Kool Shen furent les premiers à chanter du rap hardcore.[réf. nécessaire]

Les origines du rap hardcore viennent du rap East Coast à la fin des années 1980 à Philadelphie. Les premiers artistes furent Schoolly D ainsi que des rappeurs originaires de New York tels que Public Enemy ou Boogie Down Production. Ce sont les premiers[réf. nécessaire] à parler de la pauvreté, de l’abus d’alcool, de la drogue, des violences de rue, des guerres de gangs et des crimes dans leurs textes en leur attribuant un message politique et revendicatif.

Au début des années 1990, ce genre de rap gagna en célébrité avec l’arrivée de rappeurs tels que Ice Cube, Ice T, Cypress Hill. Le rap hardcore devient ainsi synonyme du rap West Coast. Néanmoins, des groupes originaires de New York tels que Wu-Tang Clan, Mobb Deep, Onyx, Nas ou encore M.O.P. réinventent une nouvelle fois le rap hardcore. Ce rap se caractérise par des battements minimalistes[réf. nécessaire], des samples de jazz ou de soul.

Durant les années 1990 et au début des années 2000, le rap hardcore connu une variante plus commerciale avec des artistes tels DMX, Tupac, The Notorious B.I.G. ainsi que Big Punisher.

Notons toutefois que le rap hardcore connait un véritable succès en 1995 avec " Le Crime Paie " de Lunatic, une très grosse réussite non attendue par ce premier groupe de rap hardcore en France.

La plupart critiquent le système, la police ou la justice, et revendiquent le fait que la société est nuisible, voire hostile, ce qui peut expliquer la promotion difficile de leurs albums. En effet, les labels acceptant de les "signer"[Pourquoi ?] (par ex : Neochrome, Karismatik ou encore Because) sont pour la plupart indépendants et ont des moyens moins importants que les majors.

Rap poétique ou rap jazz[modifier | modifier le code]

Le sample est à l'honneur au début des années 1990 et les groupes de rap n'hésitent pas à emprunter des échantillons musicaux pour agrémenter leur propre musique. On redécouvre par ce biais de vieux classiques de Soul Music, de Funk, de Jazz.

MC Solaar semble le précurseur de ce genre de rap et connait un énorme succès dans les années 1990. Le texte prend une très grande importance et les rappeurs hexagonaux veulent rivaliser avec la créativité de groupes américains tels GangStarr, De La Soul, A Tribe Called Quest. Jimmy Jay, le DJ de MC Solaar lancera bon nombre d'artistes dans une compilation nommée Les Cool Sessions. Des groupes comme IAM ou NTM ont également écrit de nombreux morceaux qui pourraient rentrer dans cette catégorie.

Cette compilation révèlera de nombreux talents avec entre autres Ménélik (Bye bye, Je me souviens, Ma cité va Ké-kra), MC Janik (L'homme qui tient le Mic), SLEO (Je lance les dés), Démocrates D (Le crime), Les Sages Poètes de la Rue dont Zoxea est membre, Lucien qui a notamment rappé avec Q-Tip du groupe A Tribe Called Quest

À l'instar de Common ou de Mos Def aux États-Unis, en France le flambeau du rap poétique est repris par Rocé, et Oxmo Puccino.

La décennie du rap poétique (1990 - 2000) est considérée par beaucoup comme l'âge d'or du Rap français car elle a représenté l'alliance de la sonorité et du rythme ambient.

Rap « egotrip »[modifier | modifier le code]

Le terme egotrip provient du magazine hip-hop Ego trip, créé en 1994. Surnommé "the arrogant voice of musical truth", soit "l'arrogante voix de la vérité musicale", le titre du magazine a donné par la suite naissance au type de rap du même nom.

Dans ce type de textes, le rappeur cherche à s'autoproclamer de la manière la plus flamboyante possible comme l'unique prodige du rap, son leader incontestable. Il crée le côté clash du rap français (le fait de s'affronter à coup de paroles percutantes derrière un micro). Les adeptes de ce style sont nombreux car il permet d'écrire des rimes libres sans se soucier d'avoir un thème à structurer en discours. L'egotrip est construit sur l'accumulation de punchlines (phrases-choc), dont le but est de marquer l'esprit et d'emporter l'adhésion de l'auditeur.

Les rappeurs connus dans ce style sont Rohff, Booba, 113, Arsenik, Seth Gueko, L'Skadrille, Dany Dan, Ol' Kainry, 1995, La Fouine.[réf. souhaitée]

On notera que la majorité des rappeurs a plus ou moins eu recours à l'egotrip au cours de sa carrière[réf. souhaitée], pour s'affirmer au sein d'une discipline où la compétition "virile" reste une donnée de base.

Rap gangsta (surnommé rap bling bling)[modifier | modifier le code]

« Bling-bling », un idéophone du bruit qui est produit par les longues chaînes en or qu'ont ces rappeurs, quant à elle, désigne un type de rap faisant, de manière plus ou moins volontaire et explicite, l'apologie de valeurs telles que l'individualisme, la consommation ostentatoire, l'argent et du machisme. Sa sonorité renvoie au gangsta rap (en Français rap de gangster) de la côte ouest des États-Unis et au rap Dirty South.

Généralement, ses protagonistes se défendent en disant que les valeurs qu'ils prônent sont celles que les jeunes des quartiers populaires n'ont pas d'autre choix de possible, étant donné les conditions de vie qui leur sont réservées. En 2006, en France, le rappeur Booba peut être considéré comme l'archétype d'un tel rap.

À ne pas confondre : les variantes du rap, telles que le Dirty ou le Crunk, ne contenant pas forcément des paroles bling-bling.

Rap indépendant[modifier | modifier le code]

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Le rap indépendant est un style de rap méconnu du très grand public : celui-ci a toujours existé, mais l'arbre du rap commercial cache la forêt d'artistes indépendants. Les artistes indépendants se revendiquent comme des rappeurs-autoproducteurs : tout est financé de A à Z par l'artiste lui-même et la commercialisation se fait généralement sur les marchés et/ou à la sauvette, notamment au nord de Paris, à la Porte de Clignancourt. Le rap indépendant est symbolisé par des dizaines, et même des centaines de rappeurs divers et variés, qui revendiquent leur auto-production, leur indépendance vis-à-vis des structures du disque et des radios. Ce rap peut être très souvent revendicateur mais pas seulement ; il peut être également aux antipodes du rap commercial.

Rap commercial[modifier | modifier le code]

Comme la quasi-totalité des courants musicaux en vogue, la musique pop et la variété se sont approprié certaines de ses caractéristiques rythmiques et thématiques.

De nombreux artistes originaires d'univers musicaux et de styles variés, interprètent donc une musique qui conserve certains aspects du rap, pour enrichir leur musique et créer quelque chose de nouveau.

À l'inverse, certains artistes de rap ont eux aussi puisé chez leurs collègues de la variété pour renouveler le style et aussi pour s'adapter à un public plus large avec des sonorités « moins agressives » car ancrées dans une histoire musicale commune. Ceci permet de rencontrer plus aisément un succès de grande ampleur, à ce titre, Doc Gynéco est l'exemple type, il a rencontré un énorme succès avec son album Première consultation et revendiquait ce statut de chanteur de variété notamment dans sa chanson « Classez moi dans la variet' ».

Cependant, presque aucun artiste ne se revendique de cette tendance, le vocable « rap commercial » correspondant principalement à une volonté de la part des artistes indépendants et de leur public de dénoncer ce qu'ils considèrent être un dévoiement de l'esprit initial du rap pour répondre à des objectifs mercantiles. Ils stigmatisent en particulier une démarche marketing fondée sur l'usage d'un vocabulaire caricatural, de thèmes « cliché » sur la banlieue, d'une musique plus abordable présentant souvent un aspect mélodique plus marqué et d'une durée optimisée pour les passages radio (se rapprochant autant que possible de 3m30s). Le milieu rap souffre donc de schizophrénie, vendre plus d'albums au risque de devenir trop commercial ou restreindre son public en performant dans les MJC (Maisons des Jeunes et de la Culture).

Rap alternatif[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1990, parallèlement à l'apparition du format « rap et R'n'B » de la radio Skyrock, plusieurs rappeurs font preuve d'originalité, avec de nouvelles sonorités, mélangeant les styles de musique, inventant de nouveaux concepts et de nouvelles façons de rapper.

Les précurseurs sont Les X Men (Time Bomb), Oxmo Puccino, Triptik, Lone et Busta Flex ainsi que Zoxea (Sages Poètes de la Rue). Matt Moerdock, Hocus Pocus ou encore Sly the Mic Buddah, Explicit Samouraï et Sir Samuel forment au même moment le collectif Saïan Supa Crew, dont certains refuseront de coller l'étiquette de rap, malgré les performances des MC qu'ils resteront jusqu'à aujourd'hui, à cause de leur ouverture sur tous les styles de musique : soul, funk, bossa, zouk, reggae, ragga, jazz, rock. Les rappeurs de La Caution mélangent quant à eux leur flow particulier à de la musique à tendance plutôt électronique, tout en gardant un véritable esprit rap [réf. nécessaire].

Ainsi, on peut présenter le rap alternatif comme un rap ouvert sur le reste de la musique, touchant ainsi un large public d'une manière différente des groupes radiophoniques, préférant l'esprit underground de la scène musicale française.

Aujourd'hui, le rap alternatif est représenté aussi bien par des MC aux textes obscurs : L'Atelier, travaillé comme MC Patarovic, une nouvelle tendance étant le retour à l'utilisation d'instruments pendant les concerts.

Les groupes représentant ce mouvement sont Eko Lsa, TTC, La Caution, L'Armée des 12, Klub des Loosers, L'Atelier, Svinkels, MAP, James Delleck, Grems Aka Supermicro, Le Jouage, DSL, Charly Greane, ATK, Gravité Zéro, Rocé, Octobre rouge, Cyanure, Donkishot, FRER 200, Scred Connexion, 1995, Les Gourmets.

Rap féminin[modifier | modifier le code]

Les premières femmes à avoir eu du succès en France sont sans doute B-Side (Odéon) au milieu des années 1980 et Melaaz, cinq ans plus tard (Non, non, non, Je marche en solitaire). Mais elles sont aux limites du rap et de la chanson et ne jouissent pas d'une reconnaissance totale dans le mouvement hip-hop à la différence de Saliha qui apparait sur la première compilation de rap français Rap'attitude.

Dans le milieu des années 1990 des rappeuses comme B-love (sur Rap'attitude 2), Sté Strausz et Princess Aniès apparurent.

Une étape importante est certainement la réussite commerciale de Diam's, artiste qui semble avoir su s'adapter aux contraintes commerciales pour toucher un large public avec un album vendu à plus de 800 000 exemplaires.

Liste non exhaustive de femmes ayant connu la notoriété dans le rap : Casey, Lady Laistee, Diam's, Sté Strausz, Princess Aniès, Keny Arkana, Black Barby, Messia Louva.

Sur le plan thématique, elles ne se différencient généralement pas des groupes masculins (ou mixtes) cependant leur émergence permet l'apparition de nouveaux sujets tels que le viol, l'homosexualité, la place des femmes dans les banlieues ou la violence conjugale.

Disque d'or dans le rap français[modifier | modifier le code]

1995-1999[modifier | modifier le code]

Liste d'albums certifiés disque d'or ou plus (Double Or, Platine, Double Platine, Triple Platine et Diamant)[15].
Année Artistes
1995
1996
1997
1998
1999

2000-2009[modifier | modifier le code]

Liste d'albums certifiés disque d'or ou plus (Double Or, Platine, Double Platine, Triple Platine et Diamant)[23].
Année Artistes
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009

2010-2013[modifier | modifier le code]

Liste d'albums certifiés disque d'or ou plus (Double Or, Platine, Double Platine, Triple Platine et Diamant)[61].
Année Artistes
2010
2011
2012
2013

Bibliographie indicative[modifier | modifier le code]

Ouvrages et articles[modifier | modifier le code]

  • Christophe Rubin, « Le rap est-il soluble dans la chanson française ? », Volume !, vol. 3:2,‎ 2004, p. 29-42 (lire en ligne)
  • Sébastien Barrio, Sociologie du rap français, état des lieux (2000/2006) : Thèse dirigée par M. Rémy Ponton, Université Paris 8, Ecole doctorale de sciences humaines,‎ juin 2007 (lire en ligne)
  • Marie Nathalie LeBlanc, Alexandrine Boudreault-Fournier et Gabriella Djerrahian, « Les jeunes et la marginalisation à Montréal : la culture hip-hop francophone et les enjeux de l’intégration », Diversité urbaine, vol. 7, no 1,‎ 2007, p. 9-29 (ISSN 1913-0694 et 1913-0708, lire en ligne)
  • Thomas Blondeau et Fred Hanak, Combat Rap : 20 Ans de hip-hop en France, t. 2, Le Castor Astral, coll. « Castor Music »,‎ 2008, 248 p. (ISBN 2859207600 et 978-2859207601)
  • Jacques Denis, « Rap domestiqué, rap révolté », Le Monde Diplomatique,‎ septembre 2008, p. 31 (lire en ligne)
  • Karim Hammou, « Des raps en français au "rap français" : Une analyse structurale de l’émergence d’un monde social professionnel », Histoire & Mesure, vol. XXIX-1,‎ 2009, p. 73-108 (ISBN 9782713222139, lire en ligne)
  • Isabelle Marc Martínez, « Voix signifiantes : le cas du rap français », Thélème: Revista Complutense de Estudios Franceses, vol. 25,‎ 2010, p. 183-195 (ISSN 11399368, lire en ligne)
  • Lorenzo Devilla, « "C’est pas ma France à moi..." : identités plurielles dans le rap français », Synergies Italie, vol. 7,‎ 2011, p. 75-84 (ISSN 1724-0700, lire en ligne)

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Rimes et châtiments, réalisé par Leila Sy et Arnaud Fraisse (2011)[70].
    Retrace l'histoire des pionniers et des professionnels du rap en France. Ce film fut diffusé en 2011 sur les chaines Direct Star puis France Ô.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Jacono, « Pour une analyse des chansons de rap », Musurgia, Editions ESKA, Vol. 5, n°2, pp. 65-75.
  2. Manuel Boucher, Alain Vulbeau, Émergences culturelles et jeunesse populaire : Turbulences ou médiations ?, éditions L'Harmattan, 359 pages, 2003, : « Rapidement, le hip-hop se fait connaître par sa triple dimension expressive : sa danse (le break), sa peinture (le graf est une fresque murale et le tag la signature du nom de l'auteur) et sa chanson (le rap). » (p.326)
  3. Marc Martínez 2010, p. 185
  4. Barrio 2007, p. 28
  5. Barrio 2007, p. 28
  6. Barrio 2007, p. 29
  7. Barrio 2007, p. 30
  8. Barrio 2007, p. 30
  9. Hammou 2009, p. 4
  10. Barrio 2007, p. 30
  11. Hammou 2009, p. 5
  12. Béru 2009
  13. Devilla 2009, p. 78
  14. Denis 2008
  15. « Site du SNEP, organisme officiel chargé de remettre les certifications Disque d'Or et plus »
  16. (fr) « Certifications Albums Or - année 1997 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  17. (fr) « Certifications Albums Or - année 1997 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  18. (fr) « Certifications Albums Platine - année 1997 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  19. a et b (fr) « Certifications Albums Or - année 1998 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  20. a et b (fr) « Certifications Albums Or - année 1998 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  21. (fr) « Certifications Albums Or - année 1998 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  22. (fr) « Certifications Albums Argent - année 1999 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  23. « Site du SNEP, organisme officiel chargé de remettre les certifications Disque d'Or et plus »
  24. a et b (fr) « Certifications Albums Or - année 2000 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  25. (fr) « Certifications Albums Or - année 2000 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
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  27. (fr) « Certifications Albums Or - année 2001 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  28. (fr) « Certifications Albums Or - année 2001 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  29. (fr) « Certifications Albums Argent - année 2001 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
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  31. (fr) « Certifications Albums Or - année 2002 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  32. (fr) « Certifications Albums Or - année 2002 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  33. (fr) « Certifications Albums Or - année 2002 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
  34. (fr) « Certifications Albums Or - année 2002 », sur disqueenfrance.com, Syndicat national de l'édition phonographique,‎ (consulté le )
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