Raoul Villain

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Plaque commémorative au Café du Croissant, 146 rue Montmartre (à l’angle du côté pair de la rue du Croissant), 2e arrondissement de Paris, Paris.

Raoul Villain (Reims, 19 septembre 1885 - fusillé par les colonnes Républicaines à Ibiza, Espagne, 17 septembre 1936) est l'assassin de Jean Jaurès, le 31 juillet 1914, à la veille du déclenchement de la première guerre mondiale.

Sommaire

[modifier] Etudiant nationaliste

Fils de Louis Marie Gustave Villain (1854-1940), greffier au tribunal de Reims et de Marie-Adèle Collery (1863-), Raoul Villain est surveillant au collège Stanislas[1], un temps militant du Sillon, le mouvement chrétien social de Marc Sangnier condamné par Pie X en 1910, puis adhérent de la « Ligue des jeunes amis de l'Alsace-Lorraine », groupement d'étudiants ultra-nationalistes d'extrême droite, et partisan de la guerre. Il a un frère aîné, Marcel Villain (1884-1972), commis-greffier et officier de la Légion d'Honneur[2].

[modifier] Assassinat de Jaurès

Article détaillé : Assassinat de Jean Jaurès.

Raoul Villain assassine, de deux balles dans la tête, Jean Jaurès au Café du Croissant, 146 rue Montmartre à Paris (2e arrondissement), le vendredi 31 juillet 1914 à 21h40[3].

Cet assassinat a lieu trois jours avant le début de la Première Guerre mondiale, et précipite le déclenchement des hostilités, notamment en permettant le ralliement de la gauche, y compris de certains socialistes qui hésitaient, à l'« Union sacrée »

Article connexe : Union sacrée et socialistes.

[modifier] Le procès

Raoul Villain est incarcéré en attente de son procès durant toute la Première Guerre mondiale. Dans un contexte patriotique, après cinquante-six mois de détention préventive, il est acquitté lors de son procès devant la cour d'assises de la Seine par un jury populaire, après une courte délibération, par onze voix contre une, le 29 mars 1919. La veuve de Jaurès, partie civile, est condamnée aux dépens[4]. En réaction, Anatole France adresse à La Béchellerie une brève lettre à la rédaction de L'Humanité[5] : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! » (parue dans le journal le 4 avril)[6]. Dès sa publication, ce billet provoque une manifestation organisée par l'Union de Syndicats et la Fédération socialiste de la Seine le dimanche 6 avril suivant de l'avenue Victor-Hugo jusqu'à Passy, où habitait Jaurès[5].

[modifier] La mort de l'assassin

Raoul Villain s’exile alors à Santa Eulalia, plus précisement à la cala San Vicente, sur l’île d’Ibiza dans les Baléares, où les locaux le surnomment « le fou du port ».Peu après le début de la guerre d’Espagne en juillet 1936, l'ile tombe rapidement aux mains des franquistes, puis est reconquise par les républicains, qui la quittent rapidement. Celle-ci est alors reprise par des groupes anarchistes, mais l'île est bombardée par l'aviation franquiste et dans le chaos, le 13 septembre 1936, les anarchistes l’exécutent pour espionnage au profit de l’armée franquiste, sans que l'on sache s'ils savaient qui il était[7].

[modifier] Notes et références

  1. Jérôme Dupuis, « Tueurs d'élites », compte-rendu paru dans L'Express, 6 janvier 2000
  2. voir sur la base Léonore : Cote 19800035/1121/28306.
  3. François Broche, Jaurès, Paris 31 juillet 1914, Paris, Balland, « Les grands crimes politiques », 1978, 220 pages
  4. Jean Rabaut, 1914, Jaurès assassiné, Éditions Complexe, 2005, 184 p. [lire en ligne], p. 126 .
  5. a et b Édouard Leduc, Anatole France avant l'oubli, Publibook, 2004, 303 p. [lire en ligne], p. 260 
  6. Marie Claire Bancquart, Anatole France: polémiste, A.G. Nizet, 1962, 688 p., p. 601 .
  7. Jean Rabaut, 1914, Jaurès assassiné, Éditions Complexe, 2005, 184 pages, p. 150.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Jean Rabaut, Jaurès et son assassin, 1971, 257 p.
  • Jean Rabaut, 1914,Jaurès assassiné, 2005, 184 p.
  • Sophie Darblade-Mamouni, L'affaire Villain, 2006, 185 p. 1ère édition : 1999.
  • Le procès de l'assassin de Jaurès : 24-29 mars 1919, 2010, 454 p.
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