Raniero Cantalamessa

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Raniero Cantalamessa (né le 22 juillet 1934 à Colli del Tronto, dans les Marches, Italie - ) est un théologien, un historien, un prêtre franciscain (capucin) et un animateur de télévision italien. Il est prédicateur de la Maison pontificale, au Vatican, depuis 1980, où il donne une méditation, chaque semaine en Avent et en Carême, en présence du pape, des cardinaux, des évêques, des prélats de la curie romaine et des supérieures généraux des ordres religieux, lors des pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Il est aussi l'une des personnalités du Renouveau charismatique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raniero Cantalamessa est ordonné prêtre en 1958.

Professeur à l'Université catholique du Sacré-Cœur de Milan, il est membre de la commission théologique internationale de 1975 à 1981. Au début de sa carrière, il a réalisé plusieurs études sur les origines chrétiennes.

Après avoir quitté l'enseignement en 1980, il entre à la maison pontificale et devient prédicateur. Il anime régulièrement une émission sur RAI Uno pendant la fin de semaine.

Le 16 décembre 2006, Raniero Cantalamessa suggère publiquement qu'un jour de jeûne et de pénitence soit établi spécifiquement en réparation des affaires d'abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique, pour exprimer "notre repentance devant Dieu et notre solidarité avec les victimes"[1].

Lors de son homélie du Vendredi saint de 2010, il cite une « lettre reçue d'un ami juif » qui compare les attaques dont l'Église est victime au phénomène de l'antisémitisme : « L'utilisation du stéréotype, le passage de la responsabilité et faute personnelle à celle collective me rappellent les aspects les plus honteux de l'antisémitisme »[2]. Cette comparaison est ressentie comme d'autant plus « malvenue » qu'elle a lieu un Vendredi saint, jour difficile pour les relations entre judaïsme et christianisme[3], et que, d'autre part, les critiques, même virulentes, contre le pape et l'Église sont sans commune mesure avec l'antisémitisme et la Shoah, comme le soulignent plusieurs organismes ou personnalités tels que l'American Jewish Committee ou le grand-rabbin de Rome Riccardo Di Segni[4]. Le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, prend aussitôt ses distances avec les propos du père Cantalamessa[5],[6]. Ce dernier présente ses excuses le lendemain dans les colonnes du Corriere della Sera, réaffirmant sa solidarité tant envers les juifs qu'envers les victimes de la pédophile et expliquant par ailleurs que le pape ignorait le contenu de ce sermon[7].

Le 11 avril, le Jerusalem Post revient sur la polémique. Regrettant le sensationnalisme et la précipitation manifestés dans la lecture, il relève plusieurs passages de l'homélie particulièrement significatifs de l'approfondissement des relations entre Juifs et Chrétiens. Il déplore enfin qu'il devienne « de plus en plus difficile pour les religieux d'envoyer un message pondéré, avec une certaine complexité, des nuances, une profondeur historique et théologique, sans devoir se préoccuper du fait qu'une partie en sera extrapolée pour faire des titres qui sont erronés »[8].

On a également reproché au P. Cantalamessa son soutien à Vito Carlo Moccia, fondateur d'Arkeon un groupe de psychothérapeutes issus du Reiki, qui a connu des dérives en Italie. [9]

Citations[modifier | modifier le code]

« Quelle était la nature de ce grand péché du veau d'or, dont la réprobation se répercute tout au long de la Bible ?
Ce n'était certainement pas, comme on le pense parfois, le péché d'avarice qui fait de l'or son Dieu, car le peuple a manifesté à cette occasion une générosité extraordinaire en donnant largement l'or qu'il possédait. Ce n'est pas non plus le fait d'abandonner le Seigneur pour quelque divinité étrangère, puisque le veau d'or est acclamé comme le Dieu d'Israël, celui qui a fait sortir le peuple d'Égypte, et la fête organisée autour du veau est bien une « fête en l'honneur du Seigneur ». Pourquoi donc Paul, avec l'ensemble de la Bible, appelle-t-il idolâtrie un tel comportement ? C'est une idolâtrie parce que la relation entre le peuple et son Dieu est renversée. Le peuple se fabrique un veau d'or pour se donner un « Dieu qui marche en tête ». Il veut une sorte de bannière ou d'étendard à déployer devant lui pour s'assurer de la victoire dans les combats contre ses ennemis. Dieu avait libéré le peuple d’Égypte « pour qu'il le servît dans le désert »; et désormais le peuple, plutôt que servir Dieu, se sert de Dieu. »[10]
  • La Transfiguration : un mystère trinitaire
« La Transfiguration, comme plus tard la résurrection, n'est pas d'abord un fait apologétique ; elle a une valeur mystérique. Elle est avant tout un don que le Père accorde au Fils, une façon de lui témoigner sa complaisance. Sur le Thabor, Jésus est moins le maître qui dispense un enseignement, donne à ses disciples des preuves de sa divinité, que le Fils accueillant un instant ses amis dans sa vie intime avec le Père des cieux, pour qu'ils soient témoins et participants de sa gloire. »
« Ce jour-là, Jésus dans son humanité fut pris d'extase ! »
« C'est peut-être la catégorie la moins inadéquate que nous ayons pour décrire ce qui, alors, s'opéra en Jésus. Une extase particulière car, en fait, Jésus est l'unique être qui ne doive pas « sortir de soi » pour entrer en Dieu. Si vous permettez cette image, il s'agit d'un court-circuit intérieur entre divinité et humanité. L'« isolant » qu'était sa chair humaine a, pour ainsi dire, fondu en devenant à son tour lui-même énergie et lumière. »
« Jésus était heureux. La transfiguration est un mystère du bonheur divin. Tout le torrent de joie qui s'épanche du Père vers le Fils et du Fils vers le Père, et qui est l'Esprit Saint lui-même, « déborda » alors du vase qu'est l'humanité du Christ.[11] »

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • Méliton de Sardes : une christologie antignostique du II° siècle, 1963
  • Tertullien et la formule christologique de Chalcédoine, 1966
  • La Pâque dans L'Église ancienne, 1980
  • Joie de Dieu sur notre terre, 1988
  • Evangiles de l'Enfance de Jésus, 1988
  • L'Eucharistie notre sanctification, 1989
  • La Virginité, éd. Du Lion De Juda, 1990
  • L'Obéissance, 1990
  • La vie dans la seigneurie du Christ, Cerf, 1990
  • L'Esprit Saint, âme de l'évangélisation, Desclee De Brouwer, 1991
  • Marie, un miroir pour L'Église, Desclee De Brouwer, 1992
  • Le Baptême dans le Saint Esprit, 1992
  • La tentation qui guette le Renuoveau, 1993
  • La montée au Sinaï. A la rencontre du Dieu vivant, 1996 (ISBN 2850496642)
  • Amoureux de l'éternité, 1996
  • La sobre ivresse de l’Esprit, 1996
  • L'Esprit Saint dans le ministère de Jésus, 1996
  • La force guérissante de l'Esprit Saint, 1996
  • Nous Prêchons un Christ Crucifié, 1996
  • Le baptême dans l'Esprit, 1997
  • Saint François et la création, 1997
  • Notre Sœur la Mort, 1997
  • Bible et antijudaïsme, 1998
  • Le Mystère de Pentecôte, 1998
  • Pauvreté, éditions des Béatitudes, 2000
  • L'Eucharistie notre sanctification, Edition Saint Augustin, 1999
  • L'Esprit créateur, 1999
  • Le Mystère Pascal, Edition Salvator, 1999
  • Notre soeur la mort, éditions Saint Paul, 2001
  • La vie dans la seigneurie du Christ, Cerf, 2001
  • Le Christ de la Transfiguration, éd. Saint-Augustin, 2001, (ISBN 978-2880112240)
  • Aimer autrement, éditions des Béatitudes, 2004
  • Le Passage à ce qui ne passe pas,Editeur Parole Et Silence, 2004
  • Aimer l'Eglise, éditions des Béatitudes, 2005
  • Contempler la Trinité, éditions des Béatitudes, 2006
  • Viens Esprit Créateur, éditions des Béatitudes, 2008
  • L'amour fou de Dieu pour moi, éditions des Béatitudes, 2008
  • Ta parole me fait vivre, éditions des Béatitudes, 2009

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Pope's pastor urges day of repentance for sexual abuse, MercuryNews.
  2. Texte de l'homélie du Vendredi Saint
  3. En raison du mythe du peuple déicide, de nombreux massacres de Juifs eurent lieu plus particulièrement lors des Vendredis saints. Ce mythe a pourtant été rejeté par le concile de Trente, rejet confirmé par le concile Vatican II.
  4. « Le grand-rabbin de Rome condamne les comparaisons du père Raniero Cantalamessa », Le Monde, 3 avril 2010.
  5. « Le prédicateur de la maison pontificale relance la polémique », Le Monde, 3 avril 2010>.
  6. La Croix, 3 avril 2010.
  7. Sermon du Vendredi Saint : le prédicateur du Vatican présente ses excuses, dépêche AFP, 04/04/2010
  8. (en) Alon Goshen-Gottstein, We are bad listeners
  9. Libération, 29 mail 2010
  10. La montée au Sinaï, Édit. Saint-Paul, Versailles, 1996, p.  135-136
  11. Le Christ de la Transfiguration, éd. Saint-Augustin, Paris, 2001, p.  30-31

Liens externes[modifier | modifier le code]

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