Rangifer tarandus dawsoni

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Rangifer tarandus dawsoni ou Caribou de la sous-espèce dawsoni est une sous-espèce de caribou du genre Rangifer, endémique au Canada. On lui attribue plusieurs noms, comme caribou des bois de Dawson[1] ou caribou des bois des îles de la Reine-Charlotte[1]. La sous-espèce se serait éteinte avant les années 1920. La population était insulaire à la partie nord-ouest de l'île Graham, l'île la plus septentrionale des deux îles majeures de l'archipel des Îles de la Reine-Charlotte (ou Haida Gwaii) en Colombie-Britannique[1],[2]. Il est l'un des deux mammifères présents au Canada et maintenant éteints dans le monde, l'autre étant le vison de mer. Il est aussi l'une des deux sous-espèces de caribous éteintes en Amérique du Nord, l'autre étant rangifer tarandus eogroenlandicus[3].

Description[modifier | modifier le code]

On ne sait que peu de choses sur cette sous-espèce. Nous savons du moins que son pelage était pâle[2] et grisâtre[1]. C'était un petit caribou ayant 1 m de hauteur jusqu'à l'épaule et semble-t-il que les bois étaient petits et peu développés chez les mâles et rarement portés chez les femelles[2].

Habitat[modifier | modifier le code]

Ce caribou habitait les tourbières sans arbres de la forêt boréale humide[2] caractérisant l'île Graham. De plus, habitant dans l'archipel des Îles de la Reine-Charlotte, il y avait donc beaucoup de précipitations et des montagnes atteignant jusqu'à 1 100 m de hauteur par rapport au niveau de la mer. Ces dernières étaient même continuellement enneigées par endroits[4]. Le climat devait être relativement chaud et la forêt dense. Ces forêts étaient constituées de thuya géant de Californie (Thuja plicata), de pruche de l'Ouest (Tsuga heterophylla) et d'épinette de Sitka (Picea sitchensis) ainsi qu'une dense population de salal (Gaultheria shallon), de ronce remarquable (Rubus spectabilis), de lysichiton américain (Lysichiton americanum) et une variété de mousses[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Le caribou de Dawson se serait établi sur l'archipel des Îles de la Reine-Charlotte, il y a de ça 9 000 - 10 000 ans, en traversant, du continent, à la nage une étendue d'eau restreinte ou par la présence d'un pont de glace pendant la fin de la glaciation de Fraser[4]. La présence de caribous sur cette île a été découverte à l'arrivée des Européens en 1878. Un crâne fut pour la première fois identifié le 21 août 1878 par le Dr. George Dawson[4](d'où son nom). La sous-espèce n'a été connue que par cinq individus, ce qui laisse présager que la population n'a jamais été bien grande[2].

Personnages en découvrant la présence[modifier | modifier le code]

Le Dr. George Dawson, fut, en effet, le premier qui en fit la découverte. Géologue de profession, il faisait une inspection du terrain de l'île Graham à l'été 1878. Le 21 août il a écrit dans son carnet :

« Des wapitis existent surement sur la pointe nord-ouest de l'île [Graham], mais sont rarement tués, comme ils ne sont pas suivis à l'intérieur des terres. »

Il trouvera plus tard que cette identification était celle de caribous.

Relation avec l'homme[modifier | modifier le code]

Le caribou de Dawson était peu connu des indigènes[5], mais l'on sait maintenant qu'il était beaucoup chassé pour sa viande et pour faire des pointes de lances, flèches et même des harpons[6].

Extinction[modifier | modifier le code]

D'après des documents historiques, la sous-espèce s'est éteinte entre les années 1920 et 1930[1],[2],[5]. Il aurait été dernièrement aperçu en 1908 selon des documents compétents et son statut a été réitéré en 2000 par le COSEPAC[7]. Cette même année (1908), il serait devenu une espèce menacée[8],[5] et les 3 des 4 derniers individus aperçus (2 mâles et 1 femelle) furent abattus en novembre, laissant derrière un jeune, qui dut mourir sans se reproduire[4]. La peaux et le os de ces spécimens furent envoyés au Royal British Columbia Museum à Victoria[5], où ils sont encore préservés et exposés, sous un seul individu[9],[6]. La sous-espèce n'est pas reconnue ou l'information n'est pas disponible sur l'UICN et l'ITIS, mais elle l'est sur le NCBI. La chasse excessive est la cause qui semble la plus admissible, bien que la dégradation de l'habitat[2] par les changements climatiques aient pu jouer un rôle significatif[1].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette sous-espèce prend présentement place sous l'un des trois grands groupes de caribous du Canada, établi selon leur écotype. Elle fait partie du groupe des caribous des bois, les deux autres étant les caribous de Peary et les caribous de la toundra. D'après de récentes analyses génétiques, le caribou de Dawson ne serait pas si différent de son frère, le caribou des bois, bien qu'il soit différent physiquement[2]. Ces caractéristiques particulières se seraient développées durant son séjour sur l'île[5]. La sous-espèce est tout de même considérée comme une population distincte[2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens de références[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Le caribou », sur ffdp.ca/index_f.asp, Faune et flore du pays,‎ 2005 (consulté le 19 avril 2010)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Registre public des espèces en péril, « Caribou de la sous-espèce dawsoni », sur registrelep.gc.ca/default_f.cfm, Gouvernement du Canada,‎ 2010 (consulté le 19 avril 2010)
  3. « Caribou », sur larousse.fr, Larousse (consulté le 19 avril 2010)
  4. a, b, c, d et e (en) David J. Spalding, « The early history of woodland caribou (Rangifer tarandus caribou) in British-Colombia », Wildlife bulletin (British Columbia. Wildlife Branch), no B-100,‎ mars 2000, p. 61 (ISBN 0-7726-4167-6, lire en ligne)
  5. a, b, c, d et e (en) S.A. Byun, B.F. Koop et T.E. Reimchen, « Evolution of the Dawson caribou (Rangifer tarandus dawsoni) », Canadian Journal of Zoology, vol. 80, no 5,‎ mai 2002, p. 956-960 (ISSN 1480-3283, lire en ligne)
  6. a et b (en) Monte Hummel et Justina C. Ray, Caribou and the North: A Shared Future, Totonto, Ontario, Canada, Dundurn Press,‎ 2008, 288 p. (ISBN 978-1-55002-839-3, lire en ligne), p. 110
  7. « Caribou de la sous-espèce dawsoni », sur cosepac.gc.ca, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC),‎ 2000 (consulté le 11 avril 2010)
  8. (en) Anne Mease, « Endangered, Threatened and Extinct Species », sur Northern Research Portal, University of Saskatchewan,‎ 2005 (consulté le 19 avril 2010)
  9. « Caribou in Canada », sur canadiangeographic.ca, Canadian Geographic magazine (consulté le 28 avril 2010)