Ramdane Touhami

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Ramdane Touhami, né le 23 septembre 1974 à Montauban, est un artiste, créateur de mode, designer, DJ et journaliste français.

Souvent qualifié de touche-à-tout par la presse internationale, son tempérament lui permet très jeune de s’imposer dans le milieu de la mode parisienne tout en voyageant en Asie et en Europe pour gérer ses différents commerces (les bougies Trudon et Carrières Frères notamment). Il est aujourd’hui à la tête de deux griffes de vêtements à son nom, Résistance et RT, du restaurant L’Africain à Tanger et de la plus ancienne manufacture de cire au monde, la Cire Trudon.


La mode par le skate[modifier | modifier le code]

Teuchy[modifier | modifier le code]

Ramdane est conduit à la « mode » par la voie du skate : au lycée, Ramdane partage sa chambre avec un autre skateur inscrit dans la branche « textile ». Ni l’un ni l’autre ne trouvent alors de quoi satisfaire leurs appétits de style. Cet ami a créé sa marque de tee-shirts et de baggies : « Ritch Abracadabra ». Ramdane observe et prend goût au « vêtement ».

En 1993, il crée le premier tee-shirt « Teuchy », sample spontané de « Stussy », célèbre graphe d’une marque de skateurs. 100 pièces sont alors sérigraphiées pour un investissement de 6 000 FF. Elles sont vendues en deux semaines, le buzz est immédiat et Ramdane a pris goût à l’affaire. En quelques mois, le lycée s’éloigne tandis qu’il parvient à vendre pour le marché des skateurs de son coin de Tarn-et-Garonne natal.

À Paris au Métro Châtelet, dans la rue Saint-Denis, s’affiche alors une des boutiques de hip-hop les plus connus du temps : « Alpha New York store ». Passé par hasard devant la vitrine et décidé, Ramdane entre et propose ses pièces. Première commande de 100 « Teuchy », première diffusion parisienne. Dans l’élan, Ramdane sample une seconde marque et crée « Teuchiland ». Les pièces se diffusent d’abord dans le milieu du Skate et du Hip-hop pour rapidement passer dans la rue, voire sur le dos de quelques célébrités. Un des signes de cet engouement est la contrefaçon subie par la collection. Elle contribue à inciter Ramdane à poursuivre son expérience, entre contest de Skate, fin de scolarité et arrivée définitive à Paris.

King Size[modifier | modifier le code]

Début 1996, fermement décidé à amplifier l’expérience, Ramdane Touhami recherche un producteur. Il arpente le sentier, se présente comme styliste auprès de différentes maisons. L’une d’elle l’accueille, l’installe sur sa boutique et, avec ce soutien, Ramdane Touhami lance « King Size », qui sera la toute première marque française de vêtement de Skate[réf. souhaitée]. « French savoir-faire finaly comes to skateboarding ». Cette fois, Ramdane crée une collection complète : pantalons, blousons, Tee-shirts, sweats… trente pièces sont réalisées. Il travaille sur les toiles denim, leur grammage, se passionne pour la qualité des tissus, les coupes… 62 boutiques distribuent la marque en Europe. En France, Ramdane Touhami parvient en peu de temps à se tailler 30 % de parts de marché du vêtement Skate[réf. souhaitée], monopolisé jusqu’alors par l’industrie américaine. Son projet est alors de s’associer avec d’autres marques européennes et de lancer un mouvement de « Skateurs réunis » : E.U, dont le principe est de créer un contre-pouvoir face aux marques américaines. Mais le milieu du skate reste divisé et, lassé par le manque d’audace des investisseurs[réf. nécessaire], il lâche l’affaire en avril 1997.

« L’Epicerie »[modifier | modifier le code]

Polette[modifier | modifier le code]

Pendant toute cette période « King Size », une idée est en germe. Désormais rompu à la discipline de création (de la collection à l’identité graphique), et de production (de la réalisation à la distribution à la promotion), Ramdane Touhami rêve d’un endroit bien à lui, un vrai « park » de la tendance où se mêlerait vêtements, accessoires, musiques, œuvres d’art, objets, meubles, magazines (en collaboration avec OFR[Qui ?])… Le concept de l’Epicerie est en herbe mais les financiers restent hésitants malgré l’investissement de base qu’il peut apporter. Janvier 1997, tandis que Ramdane Touhami est tout à son projet, s’ouvre rue Saint-Honoré, avec un skate trônant au rez-de-chaussée, la boutique colette. Le succès de ce premier concept store parisien est exponentiel et la boutique devient très rapidement « in-tou-cha-ble » ![non neutre] C’est à ce moment que Ramdane Touhami crée, produit et diffuse, un tee-shirt provocateur qui fera le tour des rédactions de mode[réf. souhaitée] et que la boutique colette tente de récupérer à la vente afin d’endiguer l’affaire[réf. souhaitée] : « Polette / de la balle si t’as d’la caillasse ». Au dos, un texte grinçant souligne ironiquement les dix commandements du « polettien ». Ce tee-shirt est tiré à 286 exemplaires et diffusé par envois ciblés.

L’Epicerie[modifier | modifier le code]

Classof1999

L’ouverture de colette le conforte dans son projet initial : un concept store certes, mais avec l’envie de « faire l’histoire de la mode » à force de révolutions… Il lance l’idée de L’Epicerie avec l'artiste Artus de Lavilléon… Le mercredi 1er avril 1998, Ramdane et Artus organisent une soirée « Respect » à L’Epicerie, au Queen, sur fond de musique des années 1980, lors de laquelle ils doivent divulguer la future adresse de la boutique. Le test est positif : presque 3 000 personnes viennent y attendre l’info… mais cette adresse n’existe pas encore. Conscient de ne pas devoir manquer l’occasion souhaitée que lui offre ce buzz, Ramdane Touhami lève 300 000 FF, trouve un local et s’installe, avec Artus de Lavilléon, au 30 de la rue du Temple. Verrière, caisses de fret en bois en guise de présentoirs, quelques posters de voitures (la vraie passion de Ramdane Touhami)… La boutique est née.

Du 17 septembre 1998 au 3 avril 1999, se croisent à l’Epicerie créateurs confirmés ou encore inconnus : Jeremy Scott, « R. New Bold » (Paul Smith et Ian Paley[1]), Gaspard Yurkievitch, Madeleine King, Marc Jacobs, André Walker, Alain Mikli, Éric Bergère, Alexander Van Slobhe, Étienne Zücher, Zeus, XII Prod, Éric Halley, Arnehn Institute, Franck Fournès, Ryo Maeda, Franck Slama, Fred Mathias… La démarche de Ramdane Touhami est volontairement militante : « L’Epicerie » soutient les créateurs, les talents, l’art. Seuls ou en collaboration, ils peuvent y présenter et y vendre toutes leurs idées : on y produit des vêtements, des accessoires, mais aussi un rarissime vin « château l’Epicerie » et quelques confitures. On y finance défilés, on y produit des œuvres, on y écoute de la musique… Ramdane Touhami crée sa propre collection qui compte environ 150 pièces et développe plusieurs imprimés exclusifs. La vie de la boutique est rythmée par des thèmes qui se succèdent, parfois limitées à une journée. L’Epicerie se transforme tour à tour, à la grande surprise de ses clients et visiteurs, en magasin de musique, en galerie d’art, en camps retranché camouflage pour une nuit etc. Le jeu d’invitation et de collaboration avec les créateurs fonctionne dans tous les sens : « X pour l’Epicerie », « L’Epicerie par X »… Ramdane va jusqu’au bout de sa démarche.

Le 3 avril 1999, l‘Epicerie ferme ses portes comme elle les a ouvertes : en un instant. L’exigence de réactivité, l’esprit tribal, la gestion trop « philanthropique » de sa vraie richesse (les créateurs, leurs collaborations…), et l’absence du relais nécessaire d’investisseurs assidus ont raison de l’affaire[réf. souhaitée]. Pendant cette période d’euphorie, l’Epicerie comptabilisera plusieurs parutions dans la presse nationale et internationale. À travers l’Epicerie, Ramdane termine son apprentissage de l’événement, de l‘image, de la presse qui constituent désormais ses outils privilégiés.

Collaboration avec Castelbajac[modifier | modifier le code]

À la suite de cette expérience, Ramdane Touhami travaille à l’élaboration du concept store de Jean-Charles de Castelbajac, pour lequel il dirige les achats en matière de produits électroniques qu’il rapporte du Japon. L’événementiel qui doit accompagner l’ouverture du point de vente lui est également confié. Ramdane Touhami conçoit une « block party », la rue Madame est fermée à la circulation. L’aire de la fête est délimitée à l’aide d’un ruban de chantier orange fluo, imprimé au nom de l’événement. Le tracé qui mène à cet endroit, inédit à Paris, est parcouru d’étoiles orange. Il y associe Ariel Wizman pour la programmation musicale et Yorgo Tloupas pour la conception graphique.

Projet Hypeteam[modifier | modifier le code]

Consulté par Renault pour la recherche de noms et la conception d’objets, il rebondit ensuite sur d’autres projets. En juin 1999, Ramdane Touhami décide de créer « hypetam.com », un site internet que lui ont inspiré ses voyages au Japon et sa découverte de marques inconnues ou non distribuées en Europe. Pour lui, le web doit mettre à portée de main des produits qui, sans technologie, resteraient inaccessibles. Le site est alors conçu, en collaboration avec François Alaux, comme un aéroport international : les destinations sont Paris, Stockholm et Tokyo. À chaque « embarquements » qui constituent les différentes boutiques et zones d’achat dans le site, correspond un univers spécifique. Ramdane Touhami envisage même de jouer le jeu jusqu’à une zone de duty-free… Les internautes sont conduits dans le site par vols directs ou indirects si l’encombrement de l’un des embarquements est trop dense. Les clients ont ainsi le sentiment de voyager à la recherche des produits dont la sélection change chaque mois.

L’exemple de la faillite de Boo.com, autre site d’achats sur le Net, ne favorise pas le décollage de ce type d’initiative et l’expérience fait reculer les investisseurs potentiels. L’ergonomie du site et son concept fait de l’internaute un acteur, mieux encore, un découvreur de la tendance. De plus, les produits proposés restent inaccessibles hors du site. Produits d'importation et parfois ventes exclusives, ils ne sont pas, ou peu, distribués à proximité des internautes. Le site peut devenir l’unique « hall » d’accès à l’objet convoité.

Le corner 33 1 R lax[modifier | modifier le code]

Toujours en 1999, au moment de l’élaboration de « hypeteam.com », Ramdane Touhami est contacté par le Bon Marché pour concevoir et mener à bien la réalisation du « corner de la hype » sur la Rive Gauche, un petit îlot de la tendance au sein du célèbre grand magasin. Il installe ainsi « 33 1 R lax », où se trouvent réunis magazines, disques, produits électroniques, meubles, objets, accessoires… Ramdane Touhami, avec la collaboration de Yorgo Tloupas, crée également l’identité visuelle du lieu.

AndA 2000/2001[modifier | modifier le code]

AndA Tokyo
AndA Osaka

L’an 2000 arrive et avec lui réapparaît le groupe Sazaby qui s’était, au moment du succès de L’Epicerie, intéressé au personnage et avait même envisagé une première collaboration. Dirigé par Riku Susuki, le groupe japonais Sazaby souhaite réévaluer son image. Ce groupe possède notamment une chaîne de boutiques par l’intermédiaire desquelles cette reconquête peut être entreprise. Ces boutiques de la marque And A, au nombre de 7, distribuent une offre « salary japanese woman » composée d’articles assez hétéroclites (vaisselle, accessoires, objets, plantes, vêtements…). L’ambition est de re-lancer la marque en retrouvant une cohérence de son offre, et de la « re-qualifier » en restaurant notamment son image dégradée.

La direction artistique est confiée à Ramdane Touhami. Le 25 avril 2000, il s’installe à Tokyo afin d’y mettre en place une équipe, de créer des bureaux, de formater de nouvelles conditions de réflexion. Tout est à faire : la collection, les achats, la création et l’aménagement des boutiques, la conception ainsi que la mise en œuvre de l’identité visuelle et de l’image (presse, communication, événementiel).

AndA design
AndA store

College & Coolax[modifier | modifier le code]

Ramdane Touhami s’engage à faire « table rase ». C’est autour de deux collections de vêtements et d’accessoires pour And A (College et Coolax), d’une sélection de produits (électroniques, meubles, livres, magazines, bijoux…), et d’une politique de réédition ou d’édition select (montres) que va désormais s’articuler toute la nouvelle personnalité de l’offre And A. L’identité des boutiques est intégralement redéfinie ainsi que l’image graphique. En amont, un travail de sélection est effectué auprès de nouveaux fournisseurs par Ramdane Touhami lui-même afin de convaincre ces fabricants du renouveau de la marque.

La première collection de Ramdane Touhami pour And A, « Collège », est le fruit de l’observation de la société japonaise et en particulier de l’univers des écoliers. L’uniforme est de mise partout, l’espace de libre arbitre vestimentaire reste étroit, les jeunes filles au lycée n’ont que le loisir de « styler » le port de la haute chaussette obligatoire. Cette toute mince part d’individualité, cette chance d’expression, ténue, fragile, concentre l’attention de Ramdane Touhami, le fascine. Il visualise une photo de classe, un improbable cliché de fin d’année : deux rangs d’écoliers portant « Collège ». C’est cette photo qui inspire toute la collection. Ramdane revisite alors « l’habit d’écolier », il s’approprie le costume de la lycéenne british et nippone, joue sur le thème de l’égalité par le costume, de la contrainte par le costume et de la créativité générée par cette contrainte. Cette démarche permet également de toucher le marché japonais, très spécifique, par l’utilisation de l’une de ses « icônes » marketing. Ramdane Touhami prend une à une les pièces de la panoplie, imperméable trois-quarts, jupes plissées, pantalon sobre, chemise, gilet, débardeur, chaussette, Teddy… mais une à une les transforme. Outils de prédilection depuis l’apprentissage Skate, l’imprimé, le patch, le sticker, l’écusson… rythment son travail de coupe, de sélection des matières, de soin apporté aux détails. Les impers se parent de silhouettes de 103 Peugeot, 2-chevaux, Fuego et 250 GTI, machines mythiques du « panthéon » Ramdanien, très exotiques pour l’acheteur nippon.

La collection est présentée à Paris en octobre et à Tokyo en novembre 2000. La photo de classe est là. La collection est portée par des mannequins de tissu sur fond de gazon et de jardin.

Pour capter une clientèle plus masculine et plus streetwear, Ramdane Touhami crée la gamme « Coolax ». Cette collection sera vendue uniquement à Osaka et Aoyama. Elle se compose de tee-shirts, pantalons, sweats, blouson et accessoires… tous siglés d’un rivet or (l’une des signatures « fétiche » du créateur). Pour cette collection, Ramdane Touhami décline l’imprimé camouflage relancé par l’Epicerie en 1998, et qui tend à devenir l’une de ses spécialités. Un ensemble de produits est également sélectionné ou édité en écho à cette collection (CD, « Ghetto Blaster », casque audio, montres…).

Chacune des deux collections, « Collège » et « Coolax » possède son identité graphique propre. Simultanément avec son équipe, Ramdane conçoit l’architecture des boutiques et leur identité visuelle de façon indépendante. Celles-ci peuvent ainsi bénéficier d’une image forte au-delà des produits des deux collections, tandis que les deux collections conservent quant à elles une grande intégrité par rapport à la chaîne de magasins. Cette combinaison à plusieurs entrées, rendue possible par la mise en place de trois identités visuelles distinctes, permet aux boutiques de pouvoir présenter d’autres marques et aux vêtements de pouvoir être distribués tant par And A que par d’autres acheteurs à l’étranger.

Ramdane Touhami utilise, pour la conception des boutiques, le cube noir mat. Ce cube, sous toutes ses formes, compose petit à petit l’univers des boutiques (façade, volume intérieur, mobilier, éclairage…). Ramdane Touhami en fait un principe de l’univers And A de la façade de la boutique, au sac de courses. Ramdane Touhami impose, en un temps record, la nouvelle personnalité de la marque[non neutre].

Parfumerie Générale[modifier | modifier le code]

Á son retour du Japon en 2001, Ramdane Touhami se lance dans un nouveau projet, d’entrepreneur cette fois. Inspiré par la passion de sa compagne Victoire, il investit et crée d’un nouveau concept store spécialisé dans la cosmétique et l’univers de la beauté. Victoire et Ramdane fondent avec un petit budget la première boutique Parfumerie Générale, qui ouvre discrètement ses portes dans le huitième arrondissement et réunit près d’une centaine de marques inédites, innovantes, exotiques, biologiques ou non… La plupart d’entre elles, souvent inconnues du public, arriveront ainsi pour la première fois sur le marché français. Plus de 200 marques font l’objet d’une sélection dans le monde entier et 80 sont finalement retenues, le plus souvent assorties d’une exclusivité. Des « pieds jusqu’à la tête », du soin des ongles aux produits capillaires, du maquillage aux parfums, en passant par les soins du visage et du corps, les marques, sélectionnées par Victoire, Ramdane et leur associé Mustapha Bouhayati, composent une offre mixte, pour garçons, filles et même enfants.

Directeur artistique, Ramdane Touhami conçoit une boutique autour d’un beauty bar mixte avec un « barber shop corner »[Quoi ?] pour les hommes. Il imagine un code couleur, un univers graphique qui tranche radicalement et efficacement avec les habitudes des enseignes de beauté. Les codes du luxe cosmétique sont revisités : les produits de soins et le maquillage sont présentées par famille. Les clients sont invités à s’asseoir pour prendre le temps de tester, de sentir et de recueillir les conseils de véritables professionnelles de la beauté. Cette façon de vendre contraste alors radicalement avec les options prises par les « supermarchés » de la beauté des grandes enseignes. Rapidement, la presse relate le phénomène « Parfumerie générale » et découvre à travers elle de nouvelles marques, qui ont depuis conquis le marché français et sont aujourd’hui vendues par les plus grands distributeurs de produits de soin et de beauté : Re Vive, Ren, Philosophy, Fresh, Erbaviva, Miller Harris… Un catalogue de vente par correspondance, un site et un fanzine (« Beauty notes ») sont créés. Un second point de vente est créé au Printemps : Ramdane imagine un meuble comptoir vert laqué, qui reprend l’idée du bar mais rompt avec les codes du corner cosmétique en grand magasin.

Parfumerie Général

RT et Résistance[modifier | modifier le code]

ResistanceRT

Au cours de la mission menée pour le magasin Liberty de Londres, Ramdane Touhami constate que l’offre vestimentaire pour l’homme reste lacunaire. Il ne parvient à trouver la marque dans laquelle il peut se reconnaître. Pour créer cette marque, il lance R.T, une nouvelle ligne de vêtements chics, d’inspiration classique, fabriqués par des artisans. Pour R.T, Ramdane Touhami dessine et développe des propres tissus, ses imprimés. Tous les patronages sont mis au point au Japon avec l’obsession de la coupe et du détail. Une seconde marque, Resistance, s’inspire quant à elle d’un univers plus urbain. Ramdane Touhami y célèbre certaines grandes icônes politiques et figures historiques. Il remet, avant que la tendance ne s’en empare, les révolutionnaires en tête de gondole. Pour Résistance, Ramdane Touhami démocratise l’idée des Guérilla shop (2004) avant la vague des pop up stores[Quoi ?]. Le magasin parisien, situé en plein quartier latin, est baptisé le « bureau politique » et ne montre aucun vêtement en vitrine, contrastant avec l’ambiance d’un quartier latin qui s’abandonne progressivement aux boutiques de mode et aux grandes enseignes. Du choix des mannequins atypiques, à la tonalité des défilés, du design des boutiques aux vendeurs et jusqu’à la conception musicale, Ramdane Touhami utilise les collaborations les plus exigeantes : Howie B, les Black panthers, Hangin Tan, Darius Konji, Philippe Parreno… Les vêtements R.T. et Résistance sont alors vendus dans 180 points de vente parmi les plus prestigieux de la planète : Maria Luisa à Paris, Nom de guerre à N.Y, Isetan à Tokyo

Bureau politique

Cire Trudon[modifier | modifier le code]

En 2006, le propriétaire d’une maison de cire française propose à Ramdane Touhami[réf. souhaitée] l’occasion de reprendre avec lui la société pour la relancer. Il s’agit d’une illustre maison qui dort depuis plus de cent ans… Son identité a été dissoute dans un groupe qui fait à la fois du cierge et des bougies d’anniversaire ou décorées. Ramdane mène pendant plusieurs mois une étude sur les archives et redécouvre l’histoire de la « Manufacture Trudon ». Une entreprise fondée en 1643 et parée par la suite du titre de « cirier du Roy ». Il s’agit de l’une des plus vieilles maisons françaises à l’activité ininterrompue depuis plus de 300 ans. Les codes de la maison sont exhumés, restaurés, avec une attente du marché pour les produits d’une véritable maison traditionnelle : devise, blason, origines, histoire… Ramdane Touhami revient au nom d’origine et à la perfection de la formule originale de cire végétale car il anticipe les problèmes de nocivité que vont rencontrer les marques diffusant des bougies issues de la pétrochimie. Stratégiquement, il place cette exigence de naturel au centre de la nouvelle gamme de produits qu’il invente pour Cire Trudon. Douze parfums sont créés pour la ligne des bougies parfumées. Chacune à une histoire, le plus souvent en lien avec celle de la maison qui croise la grande Histoire de France : Marquise, Roi Soleil, Madame de Lavallière, Trianon…

Les verres à bougie sont dessinés par Ramdane Touhami et soufflés par des artisans verriers italiens, comme s’ils sortaient encore de l’ancienne manufacture. Ils sont tous différents et séduisent par leur couleur et leur belle épaisseur. Chacune est frappée des armes de l’ancienne manufacture –une ruche et des abeilles- et de la devise que Ramdane a exhumé des archives, « Deo Regique laborant » (elles travaillent pour Dieu et pour le Roy).

Chaque odeur, chaque histoire est présentée sous de grandes cloches de verre sur les tables de bois de la boutique que Ramdane Touhami a également complètement revisitée. En soulevant la cloche, les senteurs s’échappent : ce présentoir et ce geste inventés par Ramdane Touhami deviennent l’un des signatures de la maison. Une façon aussi de donner un parfum de la maison mère partout dans le monde avec cet écrin qui voyage et recrée partout l’atmosphère de la boutique parisienne. Très rapidement Cire Trudon est vendue dans points de vente, de N.Y à Tokyo ou Sidney : Selfridges à Londres, Barneys à New York, … Tout a changé dans cette enseigne historique de la rue de Seine, au cœur du 6e arrondissement.

Après les « Grandes bougies » qui permettent aux clients de trouver de grands formats de bougies parfumées à leur odeur favorite, les « contes de Cire Trudon » ou « Récits à lire à la bougie » deviennent la première collection d’odeurs pour enfants accompagnée d’un livret illustré reproduisant une version adaptée des plus célèbres contes orientaux et européens. Dans le même temps, Ramdane Touhami lance un conditionnement d’odeurs tout à fait inédit dans le domaine des senteurs d’intérieur : les boules puantes parfumées. Ces petites capsules, lorsqu’on les projette au sol, diffusent les odeurs de la collection : elles font le tour du monde et séduisent une clientèle nouvelle. Une réussite pour cette maison traditionnelle qui a su restaurer son histoire.

Santa Eulalia[modifier | modifier le code]

Santa Eulalia tienda

Ramdane Touhami est approché pour revisiter intégralement le concept de la célèbre et élégante boutique de Barcelone. Santa Eulalia a été fondée en 1843 et est demeurée dans la même Famille, les Sanz, une véritable famille barcelonaise, très attachée aux traditions.

Ramdane Touhami conseil sur les achats, imagine une « collection » de Pop up Corners avec une série de nouvelles marques qu’il attire : Maison Michel, Montcler[précision nécessaire], Aesop, Lego, thé mariage… Il met en scène la totalité du merchandising, notamment en créant un « bar à eaux de Cologne », imaginé comme un orgue de parfumeur. Il suscite aussi des collaborations inédites pour le restaurant du magasin où l’on goûte désormais une cuisine de bar catalane élégante sur d’élégantes chaises Thonet.

Le grand classique[Quoi ?] est revisité dans le respect de l’esprit des lieux pour lesquels il crée deux odeurs exclusives : la senteur d’une Rolls Royce neuve à l’étage homme (un cuiré) et un floral cuiré pour l’étage consacré à la mode femme. Des eaux parfumées « Santa Eulalia » mixtes sont également composées avec l’aide d’un nez, tandis que Ramdane Touhami conçoit les flaconnages et les packs. Ramdane supervise aussi la création d’une nouvelle identité graphique des lieux : une orientation est prise autour d’une police de caractère des années 1930 et d’un treillage. La musique n’échappe pas à la sélection de Ramdane Touhami (qui mixte dans des clubs à travers le monde) et une radio Santa Eulalia est créée avec un choix de 50 heures de musique chaque mois.

De 2001 à 2006[modifier | modifier le code]

  • 2001 lancement du bureau de presse VDT avec Victoire de Taillac (ex directrice de communication colette)
  • 2003 participe a l expo 30 d hello kitty au Mory Museum à Tokyo
  • 2004 : associe dans Day 14 publishing books
  • 2005 : Écrit des articles dans des magazines comme Jalouse, L’Officiel, V USA, Intersection, etc.
  • 2005-06 : organisateur des 40 ans des blacks panthers .
  • 2006 : premier film réalisé avec l’artiste et graphiste français Artus de La Villéon, View on the sea.
  • 2007 : costume designer pour l’opéra du Festival de Manchester en juillet 07.

Notes et références[modifier | modifier le code]